C'est la fin de Requiem. Merci de prendre en compte le sujet dans les news.

 

 Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô]

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MessageSujet: Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô]   Lun 23 Jan - 23:56


    10 octobre 2011 - 01:20
    À l'avant du sanctuaire de Yasukuni


Au-dessous de l’immense torii qui faisait face au sanctuaire de Yasukuni, se dessinait une silhouette fine et longue, toute vêtue de noir. Il n’y avait personne d’autre. L’endroit était calme et vide. Tsukio pensait que c’était ici l’un des meilleurs endroits pour se ressourcer, il s’y sentait serein. Il était debout, dos au sanctuaire. Devant lui il pouvait observer un grand immeuble, et un sourire se dessina en coin sur ses lèvres minces tandis qu’il pensait au contraste que cette vision donnait. Comme il fut rapidement lasse de ce bâtiment carré, sans forme et sans esthétique, il se retourna doucement vers le sanctuaire. Cette fois-ci, son visage se durcit un peu. Ce lieu honorait la mémoire de militaires japonais qui avaient perdu la vie pendant différentes guerres. Il y avait parmi celles-ci la guerre sino-japonaise, ce qui rappela à Tsukio feu l’existence de sa mère adoptive, Aiko. Son époux y était décédé. Elle aussi était morte, mais à cause du jeune vampire. C’était il y a environ quatre vingt dix ans. Il ne le regrettait pas. En aucun cas il n’avait éprouvé le moindre remord pour son crime. Cette femme qui l’avait aimé et choyé l’avait aussi étouffé au point de gâcher sa vie, il le lui avait fait payer en supprimant la sienne. Il se souvenait encore des yeux exorbités de cette pauvre femme au moment où il l’avait saisie par la gorge, la peur et l’incompréhension ancrées sur son visage de paysanne. S’il avait pu tuer aussi facilement Akira, le vampire qui l’avait engendré, Tsukio l’aurait forcément fait, seulement la force de cet homme était supérieure à la sienne et il n’y avait aucun doute sur le fait qu’en tant « qu’apprenti », il aurait échoué. Tous ces vieux souvenirs l’ennuyaient, parfois il aurait aimé pouvoir les faire disparaître d’un seul coup. L’américano-japonais secoua la tête comme pour chasser ces pensées déplaisantes, puis il s’avança vers le sanctuaire. Son ombre derrière lui semblait le suivre à la trace.

Cela faisait deux jours qu’il ne s’était pas nourri. Il avait faim, et son corps avait déjà commencé à refroidir. Si un être humain le touchait et remarquait sa froideur, il craignait qu’on le soupçonne de quoi que ce soit. De toute façon, ce n’était même pas humain d’être aussi froid. Il savait que des chasseurs rodaient dans la capitale, il était risqué de se vendre en se laissant dessécher. Ce soir, puisqu’il ne travaillait pas, Tsukio avait décidé de faire le tour de quelques quartiers en espérant trouver un animal errant à se mettre sous la dent. Il y avait quelques rongeurs sauvages qui gambadaient ici et là, mais il n’y touchait jamais. Curieusement, il vouait de l’affection à ces petites créatures. Peut-être étaient-ce leurs grandes dents qu’elles avaient en commun avec lui, bien que les siennes n’étaient en réalité pas longues. Ou bien était-ce leur apparence si fragile et adorable à la fois qui le séduisait. Il avait depuis un moment songé à s’acheter un animal de compagnie, un rongeur nécessairement, mais pour un être qui ne pouvait pas vivre le jour, ce n’était pas évident de se rendre dans une animalerie, alors il avait laissé tomber l’affaire. Pourtant, il en rêvait.

D’un pas lent, et silencieusement, Tsukio s’approcha du sanctuaire. Il trouvait ce bâtiment magnifique. Il s’arrêta à un mètre de celui-ci et dressa son visage tout maigre en l’air, pour en observer sa beauté. La lune se dessinait juste au-dessus du toit, on aurait presque dit qu’elle se reposait dessus. Ses faibles lueurs éclairaient timidement le jeune vampire. Il était en pleine contemplation quand il perçut les couinements d’une souris en panique. Les yeux bridés du garçon parcoururent le sol pour la trouver, et il la remarqua enfin en train de galoper dans tous les sens. Juste derrière elle, un chat noir la contemplait de ses grandes mirettes qui brillaient dans la nuit. Sa queue en l’air qui se balançait et ses pattes avant repliées, le félin s’apprêtait à bondir sur sa victime. En l’espace d’une seconde, il l’avait saisie entre ses crocs et commençait à jouer avec. Le pauvre rongeur s’égosillait tandis qu’il agonisait. Le chat ne prêtait aucune attention à Tsukio qui, immobile, l’observa finalement dévorer la souris. Il avait pitié pour elle, mais qu’aurait-il pu faire? C’était après tout les dures lois de la chaîne alimentaire et de la sélection naturelle. Tout du moins, une fois que l’animal eut terminé son joyeux festin, il devint à son tour une cible. Le vampire, qui n’était qu’un autre prédateur affamé, se lança à toute vitesse vers le chat qui, prit de peur, chercha à fuir. Tsukio fut plus rapide et il attrapa brusquement la queue dont les poils noirs s’étaient dressés. La bête se retourna pour se défendre et griffa le garçon en plein visage qui poussa un cri en lâchant prise. Cette attaque fut vaine, le vampire avait trop faim pour se laisser abattre, et il revint à la charge, poursuivant sa proie le long du sanctuaire. Celle-ci courait très vite et il peinait à la rattraper. Ce ne fut qu’au bout de plusieurs mètres qu’il réussit enfin à l’atteindre. Cette fois-ci, ses mains maigres empoignèrent les pattes arrière du chat qui poussa un terrible miaulement de douleur. Tsukio avait senti sous ses doigts un os craquer. Il lui avait en effet cassé la patte dans son geste violent. Sa victime, blessée, ne put fuir plus longtemps, et il s’en saisit donc facilement. Un sourire aux lèvres, fier d’avoir remporté la bataille, le vampire attrapa dans sa main gauche les pattes avant, et dans sa main droite les pattes arrières pour soulever l’animal, comme un cochon pendu à un bout de bois, prêt à être mit sur le feu. Il se mit à rire sadiquement.

« Et bah, j’aurais jamais vu aussi coriace! »

Le chat se débattait en vain en miaulant tout fort. Le visage de Tsukio était recouvert de griffures dont certaines saignaient légèrement. Heureusement qu’il se régénérait assez rapidement, il aurait été dommage qu’il ne soit pas présentable pour ses prochaines représentations sur scène. Dès qu’il aurait sucé tout le sang de cette pauvre bête, il n’aurait plus que de brèves traces sur sa peau. Personne ne les remarquerait.

Manger debout n’était pas une position des plus confortables pour Tsukio, et il se laissa délicatement tomber à genoux afin de poser le chat par terre tout en tenant fermement ses pattes. Ses canines se rapprochèrent du cou de l’animal et vinrent effleurer ces poils qu’il trouvait toujours si désagréable à la bouche. À chaque fois, de petites touffes venaient se coller à ses lèvres ou à ses dents, ce qui avait le don de l’irriter. C’était comme avoir un cheveu sur la langue, qu’on peine à retirer car étrangement il semble s’accrocher à nos papilles.


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MessageSujet: Re: Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô]   Dim 12 Fév - 4:22


Un long frisson traverse la silhouette sombre postée contre le mur d'un des temples du sanctuaire Yasukuni. Si seulement un vent frais avait accompagné ce mouvement presque trop humain pour appartenir à un mi-mort... Mais, non. La soirée était chaude. Quoi qu'il en fut, Seijûrô ressentait lui-même la froideur de sa peau, lui semblait-il. Rien n'aurait pu le réchauffer, même pas l'atmosphère agréable de cette soirée d'octobre. Agréable pour lui, naturellement. Nul doute qu'un humain, faible créature, aurait frissonné à juste titre s'il n'avait pas porté au moins une veste légère pour couvrir l'épiderme fragile de ses bras. Mais pas un vampire... et pourtant, celui là avait froid. Ce n'était pas sans bonne raison, bien que celle-ci ne soit plus apparente. Car si Seijûrô était très fort pour son âge, il lui restait encore à apprendre la guérison vampirique...

Ce n'était assurément pas gagné d'avance... et il en était fort conscient. Sensui probablement plus que lui, car lorsque le sujet venait sur le tapis entre eux, ça déraillait rapidement... et généralement, la conversation n'était pas dans le bon ton pour Runa, sa très chère compagne nocturne sur quatre pattes. Celle-ci, à lécher une plaie, savait la guérir entièrement et avait rendu Seijûrô très paresseux sur le sujet. Il en était conscient, bien qu'il ne soit pas prêt à l'admettre à qui que ce soit, fierté masculine oblige ! Ainsi donc, si cette main était posée sur ses côtes, c'est que quelques jours plus tôt, il avait eu droit à une blessure que Runa ne pouvait guérir... et ça avait été là l'intention de Sensui lorsqu'il l'avait blessé, c'est clair. Des côtes cassées... et le voilà partit pour plusieurs jours de vache maigre, à tenter de se régénérer sans avoir grand chose à se mettre sous la dent, se traînant comme un vulgaire chien de ruelle...

Ces jours-là étaient terminés. Néanmoins, le repas du soir allait être déterminant pour retrouver complètement toutes ses forces. Et de fait, alors que Seijûrô aperçoit un jeune prête bouddhiste qui sort tout juste d'un des temples, il glisse lentement sa langue contre ses lèvres, affamé. Il lui semblait soudainement que la douce brise tiède de cette soirée d'automne transporte le parfum exquis de son futur repas. De fait, Seijûrô n'attend pas plus longtemps. Il s'élance avec agilité, bondissant tel le félin qu'il devait sûrement être dans une autre vie sur le jeune prêtre, toutes dents sorties. Une de ses mains se pose vivement sur le torse de l'homme, histoire de le forcer à appuyer fortement son dos contre lui. Son autre saisit sa tête, histoire d'avoir un meilleur accès à son cou... et que le festin commence.

Juste avant de mordre, appréciant tout autant le moment de boire que celui de la petite victoire qu'une traque même facile amenait, Seijûrô murmure à l'oreille de l'homme effrayé qui se débat en vain :

SEIJÛRÔ Laisse-moi te faire goûter pendant quelques secondes ce à quoi tu as renoncé...

Sans plus une seconde d'attente, ne pouvant plus se contenter de seulement goûter la peur de l'humain, Seijûrô enfonce ses crocs pour rencontrer la jugulaire tant attendue. D'une façon nette, précise... Il avait eu un bon professeur. Ce sang n'est certes pas le meilleur qu'il ait goûté de son existence, celui-là appartenant à un être qui était tout sauf une proie pour lui, mais se classait assez haut, à sa plus grande joie. Si le prêtre se débattait tout d'abord comme un forcené, n'ayant au moins pas la chance de pratiquer les arts martiaux, visiblement, à présent, il laissait plutôt échapper un petit gémissement qui traînait en longueur, son corps se détendant complètement entre les bras puissants et pourtant fins de Seijûrô. L'effet aphrodisiaque de la morsure se faisait sentir... jusqu'à ce que soudainement, la vie quitte le corps de l'homme.

Et sans plus de considération, Seijûrô le relâche. La masse lourde de ce poids mort s'effondre sans manières au sol, dans un bruit mat fort caractéristique. Mais déjà, les sens de Sei' ne sont plus du tout tournés vers lui... Car quelque chose s'est fait entendre. Quelque chose d'inquiétant... Un miaulement. Celui de Runa, c'était clair comme de l'eau de roche à ses oreilles. Et elle avait des problèmes... Si son coeur avait encore pu être agité dans sa poitrine, il aurait eu des battements fous, présentement. Seijûrô s'élance vivement vers la source du bruit de lutte, son regard noir prenant quelques teintes d'un rouge violent alors que déjà, il est tous crocs sortis. Il n'est qu'à quelques mètres de la scène lorsque soudainement, le bruit d'un os cassé lui parvient... et lorsque le vampire, ce sale charognard indigne à sa race, s'accroupit au sol pour boire le sang de sa petite Runa, Seijûrô fond dessus en crachant à la manière de sa chatte quelques secondes plus tôt.

Il fait chuter le vampire, Runa en profitant pour s'échapper. Clopin-clopant, effrayée, la chatte s'éloigne vers un des temples, non sans jeter quelques regards inquiets à son maître. Mais Seijûrô n'a d'yeux que pour cet être immonde sous lui... Violemment, il l'agrippe par le col de son blouson, l'attirant vers lui avant de donner une bonne poussée vers le bas, histoire que sa tête entre brusquement en collision avec le sol. Rageur, Seijûrô crache une nouvelle fois d'une façon on ne peut plus féline.

SEIJÛRÔ Toi, tu ne sembles pas être la chose la plus coriace que j'ai réduit en bouilli jusqu'à maintenant, malheureusement pour toi !

En effet, le vampire n'était pas dans le même état que lui déjà à la base... Sa peau très froide en était la preuve. Sei', quant à lui, venait de faire un très bon repas... ça n'avait rien à voir. Aussi n'est-il pas trop effrayé de relâcher. De toute façon, ce n'est que pour mieux saisir un de ses bras, forçant la frêle mais haute silhouette à se retourner face contre le sol. D'un mouvement sec, ce même bras est replié vers le haut du dos de l'individu, chose à ne pas faire... et de fait, un craquement sinistre se fait entendre. Oeil pour oeil... Seijûrô se relève, laissant l'immonde chose au sol, crachant une nouvelle fois entre ses crocs, son regard de braise ne quittant pas l'autre une seule seconde.

SEIJÛRÔ Cannibale !! Charogne !! Immondice !!

Ce vampire n'en était pas un ! Un végétarien... ce qu'on appelait végétarien, du moins, car pour Seijûrô, ce n'était même pas un vampire. Ce que Sensui dirait s'il voyait ça !!

SEIJÛRÔ Cette chatte est la mienne ! Et je me demande encore pourquoi tu es toujours en vie, saleté ! Je devrais te réduire en cendre pour avoir osé porter la main sur Runa !! Te couper les doigts... te les faire avaler, charogne !!

Lentement, d'une démarche on ne peut plus féline, Seijûrô commence à tourner autour de sa proie acculée, glissant sa langue tout contre ses crocs toujours apparents. Comment avait-il pu oser porter la main sur Runa ?! Sa petite Runa adorée... !! Seijûrô était dans une fureur innommable !!

SEIJÛRÔ Relève-toi ! Bat-toi ! La victoire n'en sera que meilleure...


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MessageSujet: Re: Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô]   Jeu 15 Mar - 14:09


La famine et l’instinct de survie étaient capables de pousser n’importe quel être à endurer l’insupportable. Tsukio ne prenait plus de plaisir à tuer depuis des années, cela était même parfois difficile pour lui, et pourtant il continuait de le faire de crainte de mourir. Lui qui se considérait comme maudit en tant que vampire s’obstinait de manière contradictoire à demeurer en tant que tel. Certes il ne sacrifiait dorénavant plus de vies humaines mais des vies animales parce que cela lui semblait plus facile à supporter, toutefois il lui arrivait de temps à autres d’éprouver de la pitié pour ses victimes. Il « dévorait » de préférence des animaux errants lorsqu’ils lui tombaient sous la dent, se persuadant que, n’ayant aucun propriétaire, il ne causerait de peine à personne. Mais quand la faim se manifestait si puissamment qu’il devenait trop froid et trop faible, Tsukio finissait par choisir n’importe quelle bête. Ce qui était arrivé ce soir, c’était ce cas second. Le vampire était terriblement affamé, il avait donc suffit que la pauvre chatte noire se présente à lui pour qu’il décide d’en faire son festin. Quand il s’en était d’ailleurs saisi, son esprit était si occupé par la pensée d’assouvir sa faim qu’il ne perçut que trop tard la grande silhouette qui se jetait sur lui en crachant comme un félin...

La silhouette en question s’avérait être un autre vampire. Sa force et sa vivacité n’étaient pas humaines, et elles étaient d’ailleurs si puissantes que Tsukio n’eut pas le temps de réagir contre son attaque. Il se débattit comme un ver sur un hameçon, mais sa faiblesse physique due à son manque de sang l’empêcha de vraiment lutter contre son agresseur qui, l’attrapant par le col, fit percuter sa tête contre le sol. Le choc fut si douloureux qu’il arracha d’entre les lèvres presque décolorées de la créature affamée un terrible cri. Ses mains rachitiques se saisirent de celles de l’autre vampire et il les serra le plus fort possible dans l’espoir de les retirer et de se libérer, en vain. On le retournait déjà pour lui casser le bras. Les gémissements qu’il poussait pour manifester sa souffrance se mêlèrent aux insultes que l’immense silhouette proférait, abandonnant bientôt sa victime pour lui tourner autour et l’observer geindre de douleur. Tsukio continuait de gesticuler par terre tel un misérable asticot, sans pour autant pouvoir se relever. Il était trop faible. Il émit quelques plaintes en essayant de bouger son bras cassé qui certes restait inerte, puis il répondit aux menaces de son interlocuteur, avec agressivité :

« Je ne peux pas me battre, je crève de faim! »

Il n’y avait rien de juste dans ce combat, l’un des adversaires possédait bien trop de handicap comparé à l’autre. Comment ce lâche pouvait-il lui demander de se relever et de se battre alors qu’il venait de lui briser un bras et de lui cogner la tête? Tsukio cracha aux pieds du vampire avant d’ajouter :

« Tu n’es qu’un lâche pour vouloir te battre avec un vampire affamé! Va te faire voir! »

Inutile de préciser que la fierté de Tsukio passait avant tout, à un point où il jouait maintenant avec le feu. Si ce type l’avait déjà salement amoché, il ne se priverait certainement pas d’en rajouter une nouvelle couche face à quelques insultes. Certes, se battre avec un vampire dans l’intérêt de le tuer n’était pas tâche facile – sauf avec un matériel adéquat que son adversaire ne semblait pas posséder –, de fait l’américano-japonais ne craignait pas grand-chose mis à part la douleur. Il ne pouvait pas se laisser marcher sur les pieds et se rabaisser aussi facilement par un inconnu. Quitte à finir dans un piteux état, il préférait lutter jusqu’au bout. Utilisant ses dernières forces, Tsukio redressa son buste avec peine. Il était incapable de totalement se relever et il resta donc assis par terre... mais cela ne l’empêcha pas d’attaquer son adversaire dont il se saisit brusquement de la jambe avec son bras qui n’était pas cassé, et il tira brusquement dessus pour lui faire perdre l’équilibre. L’immense ombre qui se dressait fièrement tomba à la renverse, mais il sembla se rattraper juste avant que sa tête n’atteigne le sol, et avant qu’il ne puisse attaquer à son tour, Tsukio lui mordit le mollet avec férocité. Ses petites canines traversèrent le tissu du pantalon de l’autre vampire, mais elles ne restèrent pas plus d’une seconde enfoncées dans la chair. Cet assaut avait de quoi provoquer son adversaire, il n’y avait rien de plaisant à se faire mordre par « une charogne ».

Tsukio, après avoir mordu le vampire, se redressa vivement sans savoir comment il avait fait. Aussitôt il recula de quelques pas en tenant son bras cassé contre lui. Il était en mauvaise posture, il était certain qu’il perdrait cette bataille, mais ça lui était égal. Il ne fallait simplement pas qu’il fuie et qu’il abandonne de la même façon toute sa fierté. Ses cheveux étaient dans tous les sens, autant que ses vêtements. Il était pathétique à voir. Même si la moindre menace était inutile au vu de la situation, il eut une réaction instinctive en plissant légèrement ses lèvres afin de dévoiler ses canines, poussant à la fois un étrange sifflement pour impressionner l’adversaire. Ses yeux parcouraient rapidement la silhouette de l’inconnu, cherchant à cerner quelle serait sa prochaine attaque ; s’il comptait lui donner un coup de poing ou un coup de pied, voire s’il allait de nouveau se jeter sur lui. Ce vampire était très grand, il l’était un peu plus que Tsukio mais de peu. Il était rare de rencontrer un japonais de cette taille, et ce n’était pas bon signe sur ce coup.

S’apprêtant à esquiver le moindre assaut, l’amérasien commença à tourner autour de son adversaire, certes très lentement. Il était inutile qu’il se remue dans tous les sens pour l’instant, il ne ferait que perdre le peu d’énergie qui lui restait. Il avait faim, terriblement faim. Et dire qu’au départ il n’avait eu que l’intention de se nourrir du sang de cette chatte qu’il avait croisée par hasard, et voilà que maintenant il se retrouvait à devoir combattre un vampire en pleine puissance. C’était définitivement une sale soirée. Lui qui travaillait demain soir, avec un bras cassé, il ne ressemblerait à rien.


[Désolé, cette réponse est vraiment misérable... T_T’
Si tu veux que j’y change quelque chose n’hésites pas à le signaler.]



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MessageSujet: Re: Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô]   Jeu 26 Avr - 13:51


Un rire un brin cruel et froid s'élève d'entre les lèvres fines de Seijûrô alors que ce moins que rien qu'il ne pouvait qualifier de vampire s'insurge. Il était lâche car il s'attaquait à cet abrutit, mais ce dernier ne l'était pas en prenant pour cible une pauvre chatte sans défense ? Enfin... sans défense, façon de parler. On avait assurément vu moins coriace que Runa et Seijûrô était convaincu que la chatte ne s'était pas laissé attaquer sans donner du fil à retordre à son adversaire. D'ailleurs, on le voyait aux griffures et morsures que le vampire avait récolté. De ça, Sei' était fort fier, qu'on se le tienne pour dit ! Il n'avait pas un jour mordu Runa pour faire joli et forcément, c'est en partie son caractère qui l'avait attiré... Cette force même alors qu'elle était en train de succomber à ses blessures dans cette ruelle miteuse d'un Shizuoka entièrement différent, pas encore façonné par le siècle qui avait ensuite passé.

Mais alors qu'il se perd un peu dans ses pensées, cette distraction étant principalement alimentée par la crainte qu'il éprouvait à l'endroit de Runa, se demandant si elle aurait le bon réflexe d'essayer de se cacher près de Sensui. Il en doutait fortement... Mais même si les végétariens n'étaient pas chose fréquente, même qu'il n'en avait jamais vu avant cette soirée, merci de l'en avoir préservé aussi longtemps, il paranoïait un peu, soudainement. De fait, cette charogne a juste assez de temps pour lui faire perdre l'équilibre et le mouvement est si rapide qu'il n'a absolument pas le temps de le voir venir et de le contrer. Seijûrô ne tombe pas lourdement au sol, d'une façon même plutôt gracile. Mais le grognement et le feulement qui suivent sa chute ne le sont pour leur part pas du tout ! Sa rage se transforme d'ailleurs en quelque chose de beaucoup plus effrayant lorsque soudainement, il sent les dents fines du vampire s'inviter dans sa peau. Seijûrô a un haut-le-coeur tout en donnant un bon coup de cette jambe dans le vide. Vivement, il se relève, lançant un regard terriblement haineux à cette bête sans conscience.

Mordre un autre vampire sans autorisation était une abomination. On pouvait presque le comparer à un viol lorsqu'il était porté à une des artères principales. En fait, c'en était un. C'était certes moins pire ainsi, au mollet et surtout, en légitime défense... mais lui n'était pas homme à pardonner. Et présentement, la rage de Seijûrô était innommable. Elle brûlait vivement dans ses yeux, signe que celui-là devrait immédiatement arrêter d'en ajouter à son état. Il avait toujours eu trop d'honneur... Néanmoins, le vampire ne fait pour autant plus rien. Il se contente d'observer cette chose qui ne lui inspirait que du dégoût de part son végétarisme et ses actions ce soir à l'encontre de sa Runa et de lui-même.

SEIJÛRÔ Tu n'es même pas foutu de t'attaquer aux humains et c'est moi le lâche ?! Sais-tu au moins que tu étais en train de...

Seijûrô se tait. Qu'est-ce qui lui prenait ? Il avait faillit révéler l'état vampirique de Runa. Certes, il fallait être un peu con pour ne pas se douter de quoi que ce soit dans le milieu lorsqu'on fréquentait un minimum Sensui, mais Seijûrô et son mentor avaient toujours gardé plutôt secret l'état de la chatte, histoire de ne pas lui attirer d'ennuis. Et là, qu'est-ce qu'il faisait ? Rien qui ne l'encourageait à aimer davantage ce vampire ! En effet, Seijûrô était du genre à rejeter ses propres torts sur les autres. Des heures de plaisir en perspective s'il décidait de s'occuper du cas de celui-là ce soir, n'est-ce pas ? Mais ce n'était pas le cas... Parce que si ça l'était, forcément, Seijûrô aurait déjà attaqué une nouvelle fois. Néanmoins, il avait repris son pas lent autour de l'autre, son regard félin posé sur la silhouette maigre qui en faisait de même de son côté. Si des humains étaient passés dans le coin, ils auraient probablement eu l'impression de croiser des fous. Si ça avait été des vampires, néanmoins, ils auraient supposés qu'une grosse bataille était sur le point d'éclater. Mais non.

Seijûrô a un petit froncement de nez dédaigneux tout en continuant à observer ce vampire aux moeurs particulières.

SEIJÛRÔ Je ne suis pas lâche... Et t'attaquer pour sauver une compagne à laquelle je tiens énormément n'est pas lâche non plus. Néanmoins, tu n'as que ma parole... Je suis homme d'honneur. Je te laisserai donc la vie ce soir... Et t'affronterai la prochaine fois que nous nous voyons. Alors, aie fait un festin d'un peu plus que des tamias qui rôdent dans le coin cette nuit-là, conseil « d'ami »...

Et parlant des petites bêtes à fourrure rayée, Seijûrô a un grognement de dégoût. Quelle idée que d'abandonner le sang souvent très bon, parfois absolument divin des êtres humains ! Ce vampire avait-il pigé sa conscience bon marché dans une pochette surprise ?! Quoi qu'il en soit, Seijûrô ne semblait absolument pas décidé à partir. Ses yeux bien noirs étaient toujours posés sur l'individu qui avait faillit lui arracher Runa. S'il savait ce dont la chatte était capable !! Il y a un moment de battement avant que le vampire ne reprenne la parole, autoritaire.

SEIJÛRÔ Quel est ton nom et pourquoi te rabaisser à une telle existence ?! J'espère pour toi que tu t'en caches généralement mieux, car bientôt, tu seras la risée de cette ville et on te traquera pour le plaisir de le faire... Parce que c'est ce qu'on fait avec les bêtes de foire, ne crois-tu pas ?

Un sourire moqueur vient étirer les lèvres fines du sombre vampire alors qu'il s'arrête soudainement de tourner autour de cette proie mobile. Vraiment... on rencontrait n'importe quoi de nos jours. D'ailleurs, plus pour lui-même que pour son interlocuteur, Seijûrô murmure :

SEIJÛRÔ Plus personne n'a de respect pour la condition vampirique...

Et c'était tellement vrai !


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MessageSujet: Re: Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô]   Mar 29 Mai - 11:54


Les deux vampires se tournaient autour, lentement, comme deux chats se préparant à une attaque. Il ne manquait que les feulements longs et menaçants de mâles pour qu’ils aient l’air de deux félins (ou de deux fous selon un point de vue humain, en effet). Tsukio s’était attendu à ce que son adversaire attaque rapidement dès lors qu’il s’était redressé, et pourtant il n’en avait rien fait. Au lieu d’un assaut, il avait contre toute attente préféré la parole. En silence, avec ses sourcils arqués qui affichaient un air aussi menaçant que ses yeux noirs, l’amérasien ne lâchait plus du regard la créature qui s’adressait à lui.

Pour la plupart des vampires, il était choquant d’être végétarien. Il était inconcevable que l’un des leurs soit incapable de sacrifier des vies humaines au nom de son immortalité. Les moqueries, Tsukio les supportait presque à chaque fois qu’il se faisait surprendre avec un animal sous la dent. Rares étaient ceux qui ne voyaient pas son végétarisme comme une tare ; soit c’était par curiosité, soit parce qu’ils « comprenaient » sa pitié pour les êtres humains. Le vampire qu’il venait de croiser cette nuit, cette immense silhouette féline, faisait clairement partie de la majorité de ceux qui ne supportaient pas ce genre de comportement...

Son adversaire n’avait pas terminé sa première phrase, mais à cela Tsukio n’en fit aucune remarque, ni n’en pensa la moindre chose. Il ne s’attendait pas non plus à ce que Runa soit une créature vampirique. Ses canines étaient aussi pointues que celles des autres félins, et sa température n’avait pas été assez basse pour éveiller le moindre soupçon sur son état. Bien que l’amérasien avait déjà brièvement entendu parler de Seijûrô et de son mentor Sensui, il n’avait aucune idée de leurs apparences physiques. Inutile, donc, de préciser qu’il ignorait totalement l’identité de l’homme qui se tenait devant lui. Si cela en avait été le cas, ça n’aurait néanmoins pas été une raison pour qu’il ne se défende pas. Qu’importe la réputation de ces deux hommes, Tsukio ne craignait presque personne, aussi peu qu’il craignait pour sa vie.

« Ce n’est que trop d’honneur que de m’épargner! Et si tu souhaites m’affronter lors de notre prochaine rencontre, alors qu’il en soit ainsi... tant que l’un de nous ne sera pas trop faible pour combattre, ce qui serait bien injuste. »

L’ironie se faisait évidemment ressentir dans sa façon de parler et dans l’intonation de sa voie. C’était une provocation, certes une petite provocation comparée à la morsure qu’il avait fait quelques temps plus tôt dans le mollet de son adversaire. Accompagné de son regard menaçant, un sourire un tantinet sarcastique s’était dessiné sur les lèvres de Tsukio tandis qu’il avait prit la parole. À vrai dire, le fait de provoquer cet homme l’amusait autant que la plaisanterie que celui-ci lui avait semblé faire à propos des tamias – puisque l’amérasien avait prit cette dernière phrase comme une plaisanterie. Lui, avaler le sang d’un rongeur? C’était inconcevable. Non seulement ces animaux étaient trop petits et trop peu consistants à ses yeux, de plus il portait une certaine affection pour ces derniers, sans savoir pour quelle raison. Peut-être pour leurs aspects inoffensifs et fragiles.

À l’avant-dernière réplique de son adversaire, Tsukio laissa échapper un léger rire. Il refusait de prendre au sérieux cette menace. Bien sûr il ne refusait pas de la croire, mais pour quelle raison en aurait-il peur? S’ils souhaitaient faire une risée de lui, alors qu’ils le fassent. Il avait de toute façon l’admiration des êtres humains dans le domaine artistique, il n’allait pas craindre que les vampires soient pour leur part contre lui. On ne pouvait pas être aimé par tout le monde après tout, n’est-ce pas? D’une certaine manière, même si toutes ces créatures nocturnes décidaient un jour de le traquer, Tsukio ne les craindrait pas. Qu’ils le tuent s’ils le désirent, il s’en foutait éperdument. Cent ans était une vie déjà trop longue pour lui, et il ne s’attendait pas à vivre pendant plus de deux cent ans... Sans doute serait-il même capable de se laisser mourir tout seul le jour où il deviendrait trop las.

« Je me fait appeler Akai Tsukio. Et toi, qui es-tu donc pour croire que tes menaces me feront peur? Je ne suis pas aussi lâche que tu peux le prétendre, et je ne crains pas non plus grand-chose. Pas même la mort. De toute façon, je suis déjà mort depuis au moins quatre vingt dix ans... »

« Akai » n’était pas le véritable nom de famille de Tsukio. En cent vingt ans, seul son prénom n’avait jamais changé. Son nom d’origine, celui qu’il avait porté en tant qu’être humain, il l’avait oublié. Ou plutôt il avait décidé de le faire disparaître dans les méandres de sa mémoire. Cet ancien Tsukio qu’il avait été, à cette lointaine époque, il préférait le savoir disparu. Il était trop faible pour exister, trop naïf, il ne méritait pas de rester dans les mémoires, pas même dans la sienne. Un rire sournois éclata tandis que l’amérasien continuait de tourner lentement en même temps que l’autre homme. Malgré la tension qui régnait entre eux, il refusait de se montrer totalement sérieux. Ce n’était pas dans ses habitudes. Son orgueil démesuré l’empêchait de trop bien respecter autrui et il se permettait facilement de le descendre par de désagréables moqueries, comme il le faisait actuellement avec son adversaire. Malgré les menaces et les dangers qui pesaient sur lui, Tsukio restait étrangement d’un calme olympien.

Il stoppa son rire à l’entente de la dernière phrase du gigantesque vampire, mais un sourire narquois persista sur ses lèvres. Les vampires avaient-ils tous réellement choisi de le devenir? Si ce n’était pas le cas, alors à quel titre devaient-il respecter cette condition? Tsukio n’avait jamais rien demandé, il ne voyait pas pour quelle raison il devrait donc « avoir du respect pour la condition vampirique ». Avec un faux sérieux, il lança vivement à son adversaire :

« Tout le monde ne choisit certes pas de subir cette condition vampirique. »

Et c’était aussi une vérité incontestable...

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MessageSujet: Re: Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô]   Mar 5 Juin - 19:28


Le végétarien se joint à sa danse du prédateur et Seijûrô grogne vers lui, visiblement peu intéressé à ce genre de petite provocation. C'est lui qui dominait, présentement ! Vu l'état de faiblesse dans lequel se trouvait ce vampire indigne de porter ce nom, il aurait pu en faire une seule bouchée... Façon de parler, puisque Seijûrô ne comptait pas mettre les crocs sur cet être impur ! Impur qui ne sait d'ailleurs pas quand s'arrêter, vraisemblablement, car voilà qu'il en rajoute, se faisant sarcastique au possible. Et le pire, c'est que sans ce petit air suffisant, il aurait bien raison de se sentir honoré d'être épargné ! Le fils Kuromiya était dans un état près de la rage meurtrière et ne devait son salut qu'au fait qu'il serait effectivement vexé qu'on prétende qu'il avait réussi à tuer si facilement le végétarien juste parce que ce dernier était dans un certain état de faiblesse. On dit souvent que la fierté sera la chute des hommes... Peut-être Seijûrô ne faisait pas vraiment exception !

Il serait donc juste de conclure que malgré tout, son adversaire touche une corde sensible. D'ailleurs, un nouveau grondement sourd remonte le long de la gorge de Sei' pour franchit le seuil de ses lèvres boudeuses. Il fait un geste vif vers l'insignifiant vampire, suivit d'un pas qui réduit la distance les séparant, une certaine violence semblant vouloir s'échapper de lui. Néanmoins, il ne touche toujours pas le végétarien. Ça ne l'empêchait pas de se faire menaçant... Et pas seulement en paroles, merci bien !

« Je ne sais pas ce que tu cherches, mais tu es bien bête à jouer ainsi les impertinents. », gronde Seijûrô, son regard félin bien ancré en celui fort sombres de son vis-à-vis. « Je n'ai pas de pitié pour les êtres souillés et si je ne règle pas ton problème dès maintenant, c'est seulement pour te prouver que même après que tu te sois fait un festin de roi -si seulement ça peut exister dans ta déchéance...-, je peux te vaincre aisément. »

Était-ce le cas ? Seijûrô croyait dur comme fer que si. Après tout, le sang humain était bien plus nourrissant... et même sans ça, voyez ce vampire rachitique et frêle. Seijûrô était peut-être mince, mais ses épaules étaient assez larges pour en imposer et son allure générale bien plus costaude que celle du faux vampire ! Toutefois, dans les faits, il était possible qu'il eût droit à un combat plutôt épique, n'ayant jamais vu cet homme se battre. Il y avait néanmoins un autre point important à son honneur... Le végétarien étant ce qu'il était, il n'avait probablement pas l'habitude des très grosses proies... Quoiqu'il en soit, il ne lui servait à rien de songer encore et encore à quel genre de combat ce sera. Il le verrait bien en temps et lieu... Et ça pourrait même être plus vite que prévu, qui sait ? Seijûrô n'était pas réputé pour sa patience une fois qu'on l'avait bien cherché.

Et le peu de patience qu'il possédait s'étiolait jusqu'à devenir fils d'araignée pouvant être balayés d'une main. « Akai Tsukio », puisque c'est là le nom de ce bâtard, ne le prenait pas du tout au sérieux et ça commençait à l'énerver prodigieusement. Peut-être que comme il l'affirmait, il ne craignait rien et surtout pas la mort, mais Seijûrô savait bien que personne n'était complètement insensibles. Peut-être mis à part quelques sociopathes qui courraient encore dans les rues, mais il était évident qu'Akai n'en était pas un.

« Peut-être craindras-tu la douleur si je décide de m'acharner sur ton sort, néanmoins... », assure Seijûrô, la voix d'une douceur inquiétante. « Et moi, je ne me fais pas appeler. Je « suis » Kuromiya Seijûrô, fils de Kuromiya Sensui. Tu en as sûrement entendu parler si tu tends ne serait-ce qu'un minimum l'oreille dans cette ville... »

Car Akai ne devait pas côtoyer beaucoup de vampires, n'est-ce pas ? Seijûrô aurait été déçu que ça ait été le cas, pour être franc. Il avait déjà assez perdu foi en leur race, mieux valait ne pas en ajouter une couche en découvrant qu'Akai avait une foule de potes. Ça aurait été particulièrement perturbant... Et finalement, aux dernières paroles du végétarien, Seijûrô passe à « l'attaque ». Il ne fait pas vraiment mal, se glissant seulement rapidement derrière le vampire, encerclant d'un bras son torse, le forçant à plaquer son bras valide le long de son corps. De sa main libre, il attrape le bras cassé pour le presser de façon conséquente. La douleur.. Voilà qui pouvait assurément être pire que la mort ! Seijûrô n'est pas idiot pour autant et est conscient qu'il a maints avantages dans ses poches présentement. La blessure du vampire, sa faiblesse relative à un manque de nourriture... Mais il voulait lui faire peur. Il le devait, histoire de ne pas faire entacher son nom par une pourriture de végétarien !

Il claque des crocs tout près de l'oreille du vampire, mais pas question de le mordre pour vrai...

« Je suis le premier à ne pas avoir choisis ma condition. », informe rapidement Seijûrô, la voix grondante d'un tonnerre de colère. « Mais, j'assume qui je suis et j'ai fais la paix avec cette partie de ma vie. Être vampirisé a été le plus beau cadeau qu'on m'ait fait. Naturellement, tous n'ont pas la chance d'avoir un père vampirique comme Sensui... »

Il ferme brièvement les yeux, appréciant le prénom prononcé d'une voix chaude avant de finalement en revenir à Akai. Il le repousse d'un geste brusque, profitant de ce moment pour s'en éloigner.

« Quelle erreur monumentale a fait ton père vampirique pour avoir droit à un fils si peu digne de lui ? »

C'était là une question à laquelle Seijûrô attachait plus d'importance que tout ce qui avait été dit jusqu'à présent, pour être sincère... Comment pouvait-on décider d'être végétarien ?!


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MessageSujet: Re: Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô]   Dim 24 Juin - 22:38


Même lorsque la distance qui les séparait se fit plus courte, Tsukio n’eut pas peur. Il était aussi imprudent qu’impertinent, et il était là bien différent de ce qu’il avait été quatre vingt dix ans plus tôt. À l’époque où il était encore un humain, il se serait certainement écrasé et se serait totalement soumis sans même se défendre. Aujourd’hui, il n’était plus le même. La minuscule fourmi insignifiante qu’il avait été s’était transformée en un redoutable prédateur ; peut-être pas pour les êtres humains, mais pour ceux qui s’opposaient à lui, oui. Même lorsqu’il semblait évident qu’il n’était pas à la hauteur de son adversaire, Tsukio continuait de se montrer sûr de lui. La situation présente en était un parfait exemple. Après tout ce n’était pas parce que Seijûrô avait décidé de l’épargner ce soir qu’il serait toutefois incapable de devenir agressif après trop de provocations. Le plus jeune des deux vampires jouait avec le feu, et il adorait ça. Il n’y avait rien de plus excitant à ses yeux qu’une forte montée d’adrénaline. S’il buvait le sang d’animaux, ce n’était pas parce qu’ils étaient des proies faciles mais uniquement parce qu’il était devenu incapable de tuer des êtres humains depuis environ un an.

En parlant de sang, il était vrai que celui des animaux était moins consistant que celui des humains. De fait, Tsukio était contraint de devoir se nourrir plus régulièrement que les autres vampires. C’était un véritable point faible puisqu’il l’empêchait d’être aussi puissant que ses semblables en générale, tout autant que c’était un problème lorsqu’il se retrouvait confronté à l’un d’eux. Il était rare qu’il se batte avec un vampire, cela était déjà arrivé à de très brèves occasions mais ça n’avait jamais été de grands combats. Malgré son handicap, Tsukio savait bien se défendre, néanmoins il était loin d’être invincible et en ce qui concernait les blessures, elles cicatrisaient moins rapidement quand on se nourrissait de sang d’animaux.

Tsukio ricana légèrement en entendant dire qu’il était un « être souillé ». Qu’importe ce qu’on pouvait dire de lui, cela n’avait aucune importance et il n’avait aucune honte à être végétarien. Bien qu’il ne dévoilait jamais cette tendance aux autres vampires, il ne cherchait pas non plus à la cacher, évitant de la nier quand on le surprenait. Seijûrô était persuadé de le battre aisément? Sans doute, bien qu’ils étaient grands tous les deux, il était vrai que la carrure de ce vampire était plus imposante que celle de l’amérasien qui n’avait que la peau sur les os. Il était rachitique, mais il n’était pas faible pour autant, et surtout il avait l’esprit trop combatif pour être capable de se laisser dominer par qui que ce soit. Quitte à mourir, s’il devait un jour se battre contre Seijûrô, alors il le ferait et il n’abandonnerait pas. Il préférait disparaître avec un minimum de dignité et non pas en tant que lâche.

Son sourire narquois sur les lèvres, Tsukio ne sembla pas réagir en apprenant le nom de son adversaire. Bien sûr on parlait beaucoup des Kuromiya dans la société vampirique, comment ne pouvait-on pas les connaître à moins de vivre en ermite? Cela ne faisait pas si longtemps que le vampire d’Hokkaïdo s’était installé dans la capitale de Tôkyô, mais il avait appris assez de choses sur cette ville et sur ses occupants, autant humains que vampires. Seuls les chasseurs lui étaient tous inconnus même s’il était au courant de leur existence. Vis-à-vis de la réputation des Kuromiya, beaucoup d’autres personnes auraient certainement calmées leurs ardeurs ou se seraient montrées craintives à la place de Tsukio, mais lui, il continuait de se montrer hautain dans sa posture.

De la surprise apparût dans le regard de Tsukio quand Seijûrô passa à l’attaque, entourant son torse pour le retenir tandis qu’il éveillait de nouveau – et fortement – la douleur de son bras cassé. Le vampire ne put retenir un cri grave et presque animal face à la souffrance qu’il éprouva sur l’instant. Trop faible et trop lent contrairement à Seijûrô, il n’avait pas eu le temps d’agir ni d’esquiver l’attaque, et il se retrouva totalement soumis à son adversaire qui claqua des crocs à son oreille. Ce bruit était désagréable et Tsukio le manifesta par une grimace tandis qu’il gémissait, cherchant un instant à se défaire de son entrave, certes en vain. Chacun de ses gestes ne faisait qu’accentuer la douleur et il dût se résigner à rester immobile après quelques secondes de lutte inutile. Il étouffa un grognement long pendant qu’il écoutait Seijûrô. Ce vampire qui semblait si fier de sa personne l’écoeurait, et s’il aurait pu le faire, Tsukio ne se serait pas privé de le mordre à nouveau et tout de suite, quitte à ce que cette attaque soit totalement suicidaire. Le cou aurait été la meilleure cible, mais il ne pouvait malheureusement pas l’atteindre. Un nouveau cri s’échappa de sa gorge, cette fois-ci moins agressif mais tout aussi fort, alors qu’il se faisait brusquement repousser. Tsukio dû faire un effort surhumain pour garder son équilibre et ne pas chuter, et lorsqu’il fût stable, il se saisit de son bras cassé comme s’il cherchait à le protéger d’une éventuelle seconde attaque. Il observa de ses yeux noirs la silhouette de Seijûrô qui s’éloignait. Pourquoi ce recul, qu’avait-il à craindre? Tsukio avait envie de rire, et il ne s’en retint pas quand il entendit parler de son père. Sa voix résonna même fortement alors qu’il prenait la parole avec amusement.

« Comment peut-on être un fils digne quand son père ne l’est justement pas? »

Tsukio respirait vite et fort, et son corps tout entier peinait à rester stable, ce qui se remarquait dans ses très légers balancement. Il avait affreusement mal au bras mais il n’en montrait rien, trop orgueilleux pour se résoudre à se soumettre et à se taire. Rapidement il poursuivit :

« Je ne connais ton cher père que de réputation, mais je ne doutes pas qu’il vaut certainement mieux que le miens que j’ai justement abandonné et que j’espère mort aujourd’hui. »

Prononcer de telles paroles était un véritable blasphème pour les vampires qui considéraient leurs « géniteurs » comme importants. Ceux-ci n’avaient pour autant forcément pas connus de père aussi égoïste que celui de Tsukio.

« Si cela peut te rassurer, alors saches que je ne comptes pas engendrer qui que ce soit. Après tout, en tant « qu’être souillé » il vaut mieux que je ne me reproduise pas, n’est-ce pas? »

Tsukio lança un rire sarcastique. L’autodérision était un point fort et il prouvait aussi qu’il était difficile d’atteindre l’amérasien par de simples critiques. D’une certaine manière il s’appréciait aussi peu qu’il appréciait les autres vampires. Rares étaient ceux qu’il tenait en bonne estime ; des personnalités comme Izumi ou Takeru ça ne courait pas les rues.

« Quand on y pense, les vampires sont de véritables opportunistes. Ils attendent que les humains se reproduisent pour ensuite mordre la chair fraîche de leurs progénitures. Il n’y a que comme ça que les vampires peuvent se répandre. Sans les humains, ils en seraient incapables. »

Le cas de Tsukio était plutôt contradictoire, ironiquement il n’aimait pas sa situation vampirique, et pourtant il fallait avouer qu’il préférait sa vie actuelle à celle qu’il avait vécu en tant qu’humain. Avec toutes les années qui lui avaient été données, il avait eu l’occasion de prendre sa revanche. Autrefois détesté et sous-estimé, il était aujourd’hui aimé et respecté. Cependant il était persuadé que tout cela ne durerait pas, et pour cette raison il avait prévu de ne jamais profiter de son immortalité. Cette particularité était pour lui une tare plutôt qu’un don du ciel, et il ne souhaitait en aucun cas la léguer.


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MessageSujet: Re: Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô]   Dim 15 Juil - 15:36


Ce type ne tenait peut-être pas vraiment à la vie. Seijûrô en avait croisé maints, des vampires dans ce cas. C'était faire preuve d'une faiblesse honteuse, selon lui, que de céder à la mélancolie sans chercher à apprivoiser leur nouvel état. Surtout que celui-ci avait bien plus de possibilités qu'un simple mortel. Il savait très bien de ce qu'il parlait pour avoir été malade pendant toute sa vie humaine... Celui-là ne semblait pas céder à la peur, probablement parce qu'il n'y tenait pas plus qu'il faut. Ou sinon, il était seulement très, très inconscient. Seijûrô était peut-être jeune, mais il était féroce et cruel lorsqu'il s'y mettait réellement. La douleur, cependant... Il savait comment l'infliger et comment l'utiliser envers ceux qui, comme Tsukio, restaient de marbre face à lui. Oui, il aspirait à le faire trembler de peur. Non, il n'était pas certain de pouvoir réussir. Mais, malgré tout, il allait blesser... Car si ce bâtard pouvait souffrir pour ce qu'il avait fait à sa douce Runa, ce sera déjà ça de pris. Oeil pour oeil...

Ces cris d'animal enragé que Tsukio poussait faisaient ainsi donc le plus grand bonheur d'un Seijûrô qui savourait chaque seconde de torture. Mais ce soir, il n'allait pas trop pousser... Il avait à faire ailleurs. Et surtout, il devait quitter le plus rapidement possible pour aller soigner sa chère Runa, qui aurait du mal à venir à bout de ce genre de blessure malgré ses dons particuliers. La respiration rapide et hachurée du végétarien attire néanmoins l'attention d'un Seijûrô qui, pendant un moment, ne bouge plus du tout. Il écoute seulement cette respiration anormale pour un vampire. Tsukio en était-il encore à ces réflexes typiquement humains, sachant que les vampires n'avaient guère besoin de respirer pour vivre ? Ça lui soutire une petite grimace. Bien qu'il était plus que fréquent chez les jeunes vampires d'avoir ce genre de réflexe, lui le premier, Seijûrô prenait tout ce qui venait pour se trouver des raisons supplémentaires de mépriser ce grand vampire dégingandé...

Et vraisemblablement, celui-ci avait des griefs contre son père vampirique. En même temps, les troubles psychologiques ne viennent généralement pas du voisin... En effet, c'est ainsi que percevait le végétarisme de Tsukio. Une tare, une déficience, une perversion... Et il n'allait pas le cacher.

« Dommage. », déclare platement le sombre vampire, sans grande émotion. « Tu aurais pu avoir un peu d'allure si tu avais été mordu par un homme sain d'esprit. »

Quant à savoir si Sensui était bien plus digne que ce père vampirique quelconque qui avait mis au monde au végétarien... Nul doute qu'à bien des égards et même à tous, il lui était nettement supérieur.

« Je devrais te mépriser pour ces paroles... », commence lentement Seijûrô, alors que Tsukio lui annonce qu'il aimerait plutôt savoir son père vampirique mort à l'heure actuelle. « Mais, je crois qu'en effet, je le préfère mort aussi. Qui sait quel genre de tare il traînait avec lui... »

Il était préférable que ce vampire ne se reproduise pas ? En effet. De fait, sans s'émouvoir d'une quelconque façon, Seijûrô acquiesce lentement. Il n'en ajoute pas sur le sujet, parce qu'il lui semblait que sa position face à cette histoire de reproduction était plutôt claire et nette. D'ailleurs...

« Je m'assurerai quand même personnellement que tu n’acquiert pas l'expérience nécessaire pour engendrer. », menace le sombre vampire. « Je n'ai pas le temps ce soir. Je dois aller soigner ma compagne féline. Mais nulle doute que je reviendrai pour mettre fin à tes souffrances... »

Car un tel vampire ne pouvait que souffrir de sa condition... Seijûrô montre une nouvelle fois les crocs, soufflant comme un chat enragé en direction de Tsukio avant de fait un pas sur le côté, étant vraisemblablement sur le point de quitter la scène. Toutefois, l'autre le retient encore un moment avec des paroles... plus qu'idiotes ! Seijûrô fronce les sourcils alors qu'il a l'impression de se faire traiter de tueurs d'enfants. Et c'est d'autant plus affligeant que ce n'était qu'une question de point de vue. Pourquoi s'en serait-il voulu ?

« N'est-ce pas ce que les humains font avec les animaux ? Qui sont-ils pour prétendre devoir être le chaînons supérieur de la chaîne alimentaire ? », demande Seijûrô, aberré qu'on puisse encore douter de ce qui est le simple cycle naturel de nos jours. « Les biens pensants dans ton genre sont seulement idiots. Les vampires sont une évolution. Et en tant que race supérieure, il est normal que nous soyons tout en haut de la pyramide de la vie. Les hommes devraient tous cesser d'abattre sauvagement des bêtes avant de se plaindre de nous servir de repas. Nous n'en faisons pas l'élevage dans de minuscules enclos, nous. Nous ne les gavons pas pour en faire de la volaille encore plus goûteuse. Nous ne posons pas des pièges pour leur déchirer peau et muscle, ne revenant les chercher que plusieurs jours plus tard. Remballe ta bonne volonté et tes idées GreenPeace, idiot. Ce n'est que l'ordre naturel des choses. »

Seijûrô a un petit rire moqueur alors qu'il tourne les talons, grognant par-dessus son épaule avec véhémence :

« Nous nous reverrons. Et cette nuit-là sera ta dernière. Tu n'as pas beaucoup d'instinct de survie pour t'attaquer à un chat domestique... Contente-toi donc des rongeurs et des chiens sauvages... si tu as la force de t'attaquer à ces derniers. »

Nul doute qu'ils allaient se revoir... et que ça n'allait pas être de tout repos pour Tsukio. Mais pour être franc, Seijûrô était curieux. Quelles seraient les aptitudes d'un vampire avec une telle volonté s'il se nourrissait de sang humain ? La force résidait souvent dans l'esprit et celui-là avait assurément beaucoup, beaucoup de courage... Une dernière fois, Sei' tourne la tête, observant ce grand vampire dégingandé avec curiosité. Et finalement, d'un mouvement rapide, il disparaît derrière un temple...


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MessageSujet: Re: Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô]   Sam 25 Aoû - 10:33


Le fait d’avoir fuit son « géniteur » avant qu’il ne lui ait appris tout ce qu’il fallait savoir avait sans doute eu des conséquences sur la personnalité de Tsukio qui était encore un peu trop impulsif. Preuve en était l’instant présent. Bien des vampires auraient sans doute cessé de provoquer leur adversaire s’ils avaient été à sa place, mais lui, il s’obstinait à continuer dans cette voie pourtant dangereuse. Il n’était clairement pas en état de se défendre correctement, alors que l’autre vampire était en pleine forme. Il y avait fort à parier qu’il perdrait s’ils combattaient ensemble, et à en juger la personnalité de ce Seijûrô, l’issue de cet affrontement ne pourrait être que la mort. Non bien sûr, Tsukio ne craignait pas de perdre la vie, mais s’il continuait de se montrer aussi arrogant, c’était aussi par question de fierté. Il était orgueilleux à souhait, à tel point qu’il était capable de risquer sa peau pour prouver qu’il n’était plus ce misérable insecte sans importance, minuscule et fragile. Tel un adolescent, il lui arrivait de paraître irréfléchi.

Tsukio avait en effet préservé, de manière inconsciente, certaines caractéristiques humaines. Même s’il était inutile pour lui de respirer aujourd’hui, il continuait de le « mimer ». Il était au moins certain que cela lui permettait de passer inaperçu dans une foule d’humains, qu’il côtoyait d’ailleurs très régulièrement. Ainsi, lorsqu’il s’essouffla tandis que Seijûrô venait de le repousser, il ne le remarqua même pas. Il se sentait affaibli et vide... et vide, c’était ce qu’il était en quelque sorte puisqu’il mourrait de faim. Cette chatte lui avait filé entre les doigts et il s’était retrouvé avec son satané maître sur le dos, c’était un peu décourageant. Cela n’empêcherait cependant pas Tsukio de se trouver une autre victime quand il serait enfin seul, et ce ne serait pas un misérable rongeur un peu trop petit pour le rassasier. Quel dommage qu’on ne trouvait pas du bétail en centre ville.

Seijûrô le complimentait-il? Quel élan de gentillesse, le végétarien ne lui en aurait pas tant demandé! Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu’il était amusé par les propos de son interlocuteur, qui prétendait qu’il aurait eu plus d’allure s’il avait eu un autre père vampirique. Il était vrai que si Tsukio avait eu un meilleur parent, il serait peut-être resté à Hokkaïdo. Sans son voyage jusqu’à Tôkyô, il ne serait jamais devenu végétarien. Mais quel genre de bête serait-il alors devenu? Aurait-il été un être sanguinaire, un être indifférent à la souffrance de ses victimes? Oh non, il ne regrettait pas de ne plus toucher aux humains, ni de juger de manière aussi péjorative ses concitoyens nocturnes. Il avait même envie de continuer de les détester quand il voyait des créatures comme Seijûrô, si hautaines et désagréables. Tsukio aurait presque eut envie de s’esclaffer en l’entendant dire que son père vampirique devait « traîner une tare ». Au moins, sur ce fait ils avaient tous les deux le même avis. Se retenant de rire sur l’instant, le métis évoqua la question de reproduction vampirique avant de se lâcher pour de bon. Son autodérision ne semblait pas déstabiliser Seijûrô, mais ça n’avait pas d’importance même s’il aurait toutefois tiré du plaisir à ce que cela arrive.

La menace suivante du fils de Sensui n’a rien d’intimidant, et c’est d’ailleurs avec sarcasme que Tsukio l’observe pendant qu’il parle. C’est aussi sans prendre la peine d’y répondre qu’il cherche de nouveau à le provoquer en traitant les vampires d’opportunistes. Cette fois-ci, il semble avoir touché une corde sensible. L’homme s’emporte et se lance dans un discours qui ne fait qu’accentuer l’amusement du végétarien. Bien sûr les hommes n’ont aucun droit de prétendre être le chaînon supérieur de la chaîne alimentaire, mais les vampires ne prétendent-ils pas l’être eux aussi? Tsukio ne défend ni l’un ni l’autre, et malgré le fait qu’il vive beaucoup avec les humains, il ne les surestime pas pour autant. Qu’importe l’espèce, elle est incapable d’être irréprochable. Observant sans bouger Seijûrô tourner les talons, l’amérasien reste silencieux, mais il continue de sourire. Ce type lui semble drôle à idolâtrer de la sorte son propre état, on aurait dit une parfaite caricature. Alors que celui-ci lance un petit rire moqueur, Tsukio ne se prive pas d’en faire de même. Il n’a pas besoin de remballer ses idées GreePeace auxquelles il ne croît même pas, au contraire, il s’estime bien heureux de voir autant de mal chez les vampires que chez les humains. Malgré les apparences il ne préfère ni l’un ni l’autre. Et tandis que son adversaire commence à s’en aller, Tsukio lui lance avec toujours autant de provocation :

« Oh, ce sera un plaisir de te revoir, quitte à y laisser ma peau. »

Mourir n’est pas une crainte pour lui, mais en réalité, l’idée que sa vie disparaisse entre les doigts de Seijûrô ne lui est pas si plaisante. Ce serait pour lui comme une injure à sa dignité. Mais s’il devait se battre contre lui, alors il le ferait, même sans espérer la victoire.

Observant la longue silhouette disparaître derrière un temple, Tsukio s’appuya sur un mur en tenant toujours son bras cassé et douloureux. Ce ne serait pas idéal pour chasser, mais il devait bien le faire avant de rentrer chez lui, au risque de finir froid et affamé. C’est donc après avoir patienté pendant quelques minutes, pour s’assurer qu’il est bien seul, que le vampire finit par quitter à son tour le sanctuaire de Yasukuni. Il ira se trouver un festin médiocre dans la ville tokyoïte, puis il ira s’affaler dans un fauteuil, chez lui, en espérant que les blessures causées par ce misérable Seijûrô disparaissent le plus vite possible.

- Fin du sujet -


HJ : Il n’y a pas de problème pour le retard, je crois même qu’on est quittes pour ça! En espérant simplement que cette réponse finale te conviendra.

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Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô]

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