C'est la fin de Requiem. Merci de prendre en compte le sujet dans les news.

 

 Donner l'illusion

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Âge : 819. Mort à 34 ans. A l'air d'en faire 20...
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MessageSujet: Donner l'illusion   Ven 10 Fév - 14:33


21h30
Le 08 Octobre 2011
Monsoon café


Sensui avait réservé, comme il le faisait de manière régulière au moins une fois par semaine, une table au Monsoon Café. L’endroit était un savant mélange de modernité et de cuisine traditionnelle qui avait su séduire le vampire qu’il était. Certes, l’intérêt de manger pour Sensui était nul… Mais il fallait bien entretenir les illusions et parfois il arrivait qu’il mange ici avec Minamoto Yori, l’actuelle tête du dragon qu’était Tenkyû. Leurs relations étaient tantôt cordiales, tantôt chaotique et s’il était vrai que l’homme devait avancer avec précaution sur le territoire du vampire, Sensui ne pouvait pas non plus se permettre de faire n’importe quoi.

Ce n’était pas parce qu’il avait un jour décidé qu’il n’avait pas envie de siéger au conseil et d’en dépendre qu’il devait forcément s’éloigner de ses principaux idéaux. Après tout, lui-même avait été à la conception du tout premier conseil alors cracher dessus aujourd’hui aurait été être bien ingrat envers lui-même.

Quoi qu’il en soit… Monsoon Café donc. Depuis le temps qu’il venait, il avait eu l’occasion d’apparaître comme un habitué. Et un habitué d’un certain standing et aux manières un peu précieuses peut être. Disons que Sensui avait toujours eu du mal à sortir de son maintient un peu guindé. La faute à trop de siècles passés ici bas, sans doute… Mais la faute également à la dégénérescence d’une certaine classe dans le monde humain.

D’un point de vu technologique, l’avancé avait fait un bond en avant formidable et si Sensui n’entendait pas grand-chose à cette dernière, il devait néanmoins reconnaître qu’avec la technologie avaient émergé des avancés dans le monde médical ou scientifique qui avaient déjà plus son intérêt. En revanche, la tradition qui pouvait parfois –souvent, d’accord- lui être si chère avait, quant à elle, fait de très nombreux pas en arrière.

Certes, les occidentaux avaient tendance à trouver le Japon un peu arriéré dans certaines de ses traditions. Ils avaient peine à croire qu’on puisse voir le pays comme totalement sortit d’une époque médiévale même si la technologie y était reine. Et pourtant… C’était simplement qu’ils comparaient avec une image clichée du Japon qui n’était bonne que pour les romans ou pour les paysages de carte postale. Croyez-le, lui il avait vu le Japon se transformer… Et ce n’était pas arrivé « tout doucement ». Le changement avait été pour le moins brutal, forcé… Et comme beaucoup de japonais, il avait longtemps eu la haine de l’étranger et une pensée nationaliste forte avec le culte de l’Elite du peuple.

Aujourd’hui, les idées de ce genre, qu’on classera dans les idées politiques, étaient moins présentes chez Sensui. Peut être parce qu’il commençait réellement à regarder le Japon, voir même l’ensemble du monde avec le regard d’un vieillard. Mais n’était-ce pas ce qu’il était… ? Il pouvait avoir l’air si jeune et pourtant, des siècles entiers avaient passé sur lui. L’ennui en lui-même n’avait pas été un ennemi. Mais les époques avaient dût être apprivoisée.

En moyenne, dans sa vie, un homme vie un changement brutal dût à l’époque. Quand les conditions naturelles s’en mêlaient, ils en vivaient deux et pour peu que les hommes soient à l’apogée d’une idée, trois. C’était un changement de monnaie, une catastrophe naturelle, une guerre, une découverte technologique de pointe, une avancée majeure dans le secteur de la santé ou un scandale politique… Quelque chose qui faisait que les trois quart de siècle d’existence d’un homme étaient « bien remplis ». Alors que dire pour lui ? Combien d’évènement marquant avait-il pu vivre ? Et en plus des évènements marquant « du siècle », n’avait-il pas connu plusieurs des évènements marquant du millénaire ? On pouvait sans doute le dire compte tenu de son âge avancé.

Mais peut être qu’il ne faisait que radoter en maugréant tout seul. Sensui pouvait être très fort à ce petit jeu là. Le jeu du « c’était mieux avant ». Mais on ne pouvait comprendre toute la détresse de cette expression que lorsque « avant » signifiait déjà des tas d’évolution d’une seule et même chose. Ce qui était mieux, c’était avant tout le confort d’avoir sa place dans l’univers, d’évoluer avec les choses… Et depuis quelque temps –pour faire simple- Sensui se demandait s’il évoluait encore avec le monde ou bien s’il avait terminé sa « croissance ».

Il savait à partir de quel âge un vampire sortait de l’enfance pour tomber dans l’adolescence puis de cette dernière pour aller vers l’âge adulte. Mais à partir de quel âge exactement devenait-on un « vieux » vampire. Y avait-il une sénilité particulière pour leur race ? Certes, Sensui ne se considérait pas comme un vieux vampire malade. Mais disons que lorsqu’il prenait le temps d’y réfléchir, il se demandait exactement quelle était la place de chaque chose, chaque être. Et bien sûr, la question de sa propre place l’intriguait parfois.

Digression mise à part, Sensui s’approche de l’entrée et il n’a pas besoin d’ouvrir la bouche que le maître d’accueil le salue en l’appelant par son prénom. Sensui incline légèrement la tête pour lui rendre son salut, n’ouvrant néanmoins pas la bouche. Il n’en avait pas besoin et la preuve, voilà que l’homme appelle une jeune serveuse pour que cette dernière l’amène à sa table. Oui, « sa » table. Disons que Sensui avait ses petites habitudes et qu’il ne venait jamais ici sans réserver ni demander une table bien particulière, légèrement à l’écart, à l’intérieur du bâtiment.

Il la suit et de fait, quelle n’est pas sa surprise de constater que quelqu’un se trouve déjà là… Une personne seule. Un homme en fait. Jeune, chétif, l’aspect un peu maladif… Rien qui lui donne très fin en réalité même si cet être humain n’était pas dénué d’un certain charme propre aux hommes légèrement plus féminin que de nature.

La serveuse semble perplexe et Sensui lui dit que ce n’est pas grave. Ils s’arrangeront. Ainsi donc, elle s’excuse bien bas, le remerciant de sa compréhension et finalement, elle s’en va, laissant Sensui seul avec sa « compagnie » inopinée.

Le vampire se glisse sur la banquette, derrière une table à la nappe blanche et bien dressée. Il vient récupérer ses baguettes pour les casser, les reposant ensuite avec précaution près de lui et tout en retournant son verre, il s’en sert un d’eau. Geste inutile pour lui mais il avait le sens de la politesse et de fait, il propose à son invité mystère :

◈ Je vous serre un verre d’eau ?

Il n’allait pas non plus lui offrir un verre vu la situation ! D’ailleurs, il explique :

◈ J’ai normalement réservé cette table pour cette heure-ci. Vous attendez quelqu’un ? Si c’est le cas, j’apprécierais que vous demandiez une autre table.

Sinon, il était prêt à partager sa table le temps d’un repas pourvu que l’autre soit silencieux et sache se faire oublier, perdu dans son coin. Néanmoins, parce que Sensui était un homme –nous nous comprenons, poli, il ajoute :

◈ Kuromiya Sensui.

Et de fait :

◈ Et vous êtes… ?

Il vient déplier une petite serviette en tissu qu’il vient poser sur ses genoux puis saisit le menu. Habitué certes, mais il ne prenait pas non plus chaque fois la même chose. D’accord, c’est vrai, les aliments n’avaient pas de goût pour lui comme déjà dit. Mais quitte à venir donner le change ici en prenant un peu de temps pour être seul, autant que ses yeux prennent un minimum de plaisir non ?

◈ Si vous êtes seul, je crois que personnellement, je pourrais m’accommoder de votre présence pour cette fois.

Mais si le petit humain était gêné pour sa part et bien… Tant pis pour lui, il pouvait toujours prendre la poudre d’escampette…



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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Sam 11 Fév - 12:42


Allez au coeur de la nuit,
Assis sur le lit de son frère, il feuilletait un livre de vampire. Un roman que son frère avait annoté avec soin. Les conclusions de son frère sur ce qu'il lisait était toujours intéressant. Son frère avait véritablement eu à coeur de rencontrer ces êtres de la nuit. Pourquoi l'avoir privé de ce plaisir ? Pourquoi lui avoir dit le fond de sa pensée et sans y croire maintenant marché sur les traces de son double. Il attrapa son carnet de note pour réécrire un commentaire de son frère, celui qui sembla le plus pertinent. Il y avait une foule d'information, et il avait parfois du mal avec les contradictions qui pullulaient dans les écrits de son frère. Une fois qu'il eut terminé d'écrire, son regard se tourna vers les carnets que son frère avait constitué. Il y en avait tellement, un bâillement d'ennui et de lassitude ne put être retenu.

Il avait en tête de ne pas décevoir son frère, mais à quel prix ? Il avait l'impression de perdre son temps, le restant de sa vie à chercher quelque chose en quoi il ne croyait pas. Il posa alors son regard sur la photo de son frère en vampire pour Halloween. Il n'avait que 12 ans, mais il était amusant dans cette tenue, habillé non pas comme on voyait couramment avec une cape noir et des vêtements rouge, terminé par des dents pointus. Il avait certes les dents pointus, mais sa tenue était loin d'être hideuse et grossière. Il avait pris soir d'être une créature des plus attirante, avec même des faux ongles à l'image de certaine chanteur de visual kei.

Il quitta le lit à force de regarder cette photo, trop de souvenir revenait à la surface. Et si ? Il ne cessait de se poser la question, que serait-il arrivé s'il avait su fermer sa bouche ce jour-là. S'il avait été capable d'attendre et de ne pas être obnubilé par son maudit film. Tout ce qui comptait pour lui c'était de laisser une marque de son passage, qu'on sache qu'il a existé, mais visiblement, son frère rêvait de vivre simple et de frôler l'immortalité. Il avait assisté à sa descente en enfer et maintenant, il ne pouvait que prier pour qu'il attende avant de revenir dans le corps d'un autre. Il voulait, avant sa mort tout tenté, et notamment tenter de le faire revenir d'entre les morts.


Il s'approcha et prit la photo entre ses mains, il ne put retenir un sourire avant de se mettre à la dépoussiérer au même titre que toutes les affaires de son frère, il n'y avait pas un gramme de poussière dans cette partie de la de la chambre. Il faisait tellement attention à tout, car le jour où son frère reviendrait, il aurait sa place, il retrouvera toute ses affaires, même les livres étaient soigneusement ranger selon la méthode de son frère. Yuki tenait tellement à lui, il avait l'impression d'être vide depuis sa mort, depuis... cet accident. Il avait ainsi qualifié le suicide se rendant bien compte qu'il était pour quelque chose dans cette histoire. S'il n'était pas aussi égoïste.

Malheureusement, être égoïste est le propre de l'homme, même tous ceux qui disent ne pas l'être le sont. Tout le monde pense à ses intérêt, à ses désirs, ses envies avant celles des autres. Il avait eu la malchance d'être humain en vérité. Il était en train de se nier en chassant les vampires, il en avait conscience, et c'est pour ça qu'il avait toujours sa caméra, le sujet de son film avait changé. Il racontait la vie de Fubuki uniquement, s'effaçant toujours plus. Il regarda alors l'heure, et justement se rendit compte qu'il était temps pour lui de faire son sac pour aller justement dans les ruelles sombres de Tokyo.

Il commença par faire son sac de caméraman, et ensuite, il prit le carnet de note, la carte, la boussole, mais aussi encore un cahier de note de son frère. Il suivait les raisonnements de son frère à la lettre, mais il avait de plus en plus l'impression que c'était de la « connerie », il n'en avait toujours pas croisé - si seulement il savait -. Il alla donc s'habiller, une tenue qui ne sortait pas de l'ordinaire, un slim noir basique, qu'il agrémenta d'une chaîne à la couleur argenté, belle manière de dire que ce n'était qu'une vulgaire chaine en métal. Puis, il fit le tour de ses hauts avant de s'arrêter sur une chemise blanche des plus simple, et il va ensuite ajouter une veste noire.

Il ne put retenir un sourire en se regardant dans la glace. Il termina de se préparer dans sa salle de bain en se faisant une coiffure à l'effet coiffé – décoiffé. Il se maquilla, enfin, ne nous emballons pas, il traça simplement un trait sous son oeil après avoir mis un peu de fond de teint pour cacher les imperfections, mais surtout cacher son aspect maladif. Il ne voulait pas qu'on voit sa peau pâle comme la lune. Une fois prêt, son regard se posa sur l'heure. Il pouvait sortir, le soleil s'était couché. Il allait enfin pouvoir se dégourdir les jambes, mais surtout en trouver un, il savait qu'il en était capable.


Il soupira légèrement en sentant le froid de la nuit. L'hiver approchait à grand pas, il se demandait d'ailleurs si cette année il y aurait de la neige. Il regarda alors le ciel avec intérêt. Il vit alors un nouveau nuage annonçant un risque de plus. La nuit allait être aussi longue que maussade. Il fut pris d'un frisson, il faisait plus froid qu'il ne l'aurait cru, mais il ne souhaitait pas remonter chercher un manteau. Il soupira un peu et il se mit à marcher dans les rues sombres de la ville. Il regardait tous les gens autour, il y avait quelques personnes, des gens pressés de rentrer chez eux, et des amoureux. Il marchait d'ailleurs derrière un couple, une jeune femme qui parlait assez fort, riait à gorge déployé. Il vit immédiatement à son attitude que c'était une occidentale au bras d'un nippon.

Il trouvait ça ridicule cette manière de se comporter, elle ne savait pas sortir en public, être réservé. Elle criait, se faisait donc remarquer le plus possible, et pourtant, personne ne la voyait. Elle n'avait que peu d'importance dans une ville si grande, qui continue encore de grandir et qui n'avait visiblement pas fini. Il mit ses mains dans les poches et continua de regarder le dos de ce couple quand subitement il faillit foncer dedans. En effet, la jeune femme s'était retourné subitement, et elle avait arrêté son homme pour l'embrasser sans gêne. Yuki ne s'y attendait pas, et il eut juste le temps de se déporter d'un pas sur le côté.

Il grogna aussi et continua de marché dans les rues de Shinjuku. Et il entra dans un métro pour changer de quartier. D'après son frère, il y aurait quelque chose d'intéressant à Shibuya, son frère était persuadé qu'un vampire fréquentait régulièrement. Il avait même dessiné un portrait rapide de celui qu'il soupçonnait être un vampire. Il soupira par contre une fois arrivée, et il vit le Monsoon café. Il poussa la porte, et salua les gérants.



Et finalement, s'installer à une table d'un café,
Une fois dedans, il s'avança dans la salle chauffée par les personnes déjà présente. On entendait les gens qui parlaient, les personnes qui s'amusaient ensemble. Il soupira et s'avança vers une table dans un coin plus tranquille. Il n'avait pas envie de toute de suite manger. Il ressortit son carnet pour travailler un peu sur ce mystérieux vampire. Il avait les traits jeunes, des cheveux courts et un visage assez fin, il avait visiblement une petite allure androgyne. Yuki ne le dessinait pas, mais il était en train de commenter les traits de cet étrange dessin. Il soupira un peu, et continua son étude jusqu'à ce qu'il soit dérangé.

Il ne leva pas immédiatement la tête, mais il entendait des excuses d'une serveuse. Et, il vit ensuite quelqu'un s'asseoir en face de lui. Il ne parlait pas, il avait quand même le droit d'être assis à cette table, l'autre pouvait choisir une autre table. Il continuait de commenter sans un bruit, il n'avait pas non plus l'intention de le déranger, jusqu'à ce qu'il l'entende dire « Je vous serre un verre d’eau ? », il releva alors la tête, mais respectant la politesse japonaise, ne le regarda pas dans les yeux. Il comprit la petite pointe d'ironie de cette phrase quand il continua de parler, expliquant la situation. « J’ai normalement réservé cette table pour cette heure-ci. Vous attendez quelqu’un ? Si c’est le cas, j’apprécierais que vous demandiez une autre table. »

Il le regarda encore une fois, en comprenant le problème. Il le trouvait légèrement impoli, il pouvait parfaitement prendre une autre table, il n'y avait pas de marque indiquant que cette table était plus réservée qu'une autre. Personne du personnel ne l'avait prévenu. Il baissa alors légèrement la tête vers son carnet, et il ferma celui-ci comprenant qu'il allait tout faire pour le pourrir. Il n'empêche, qu'un instant, il ne put s'empêcher de penser qu'il ressemblait au dessin de son frère. Il rangea donc le carnet et il va enfin répondre.

    Yuki - « Non, je n'attend personne. Et, je n'avais pas vu que cette table était réservée. »


Il n'allait pas non plus se fondre en excuse, ce n'était pas de sa faute, et l'autre pouvait très bien s'accommoder de cette situation, ou changer de table, Yuki n'avait pas dans l'idée de s'en aller, même loin de là. Il continua de griffonner quelques mots sur son cahier personnel de recherche et il releva la tête lorsque l'autre se remit à parler : « Kuromiya Sensui. Et vous êtes...? »

    Yuki - « Takaya Yuki »


Il s'était présenté, chose qu'il ne faisait que rarement. Il l'écouta alors, décidément, il pensait réellement que ce Sensui aurait mieux fait de changer de table, ou de faire un scandale pour sa table. Il ne montra pas le signe que ça l'ennuyait un peu d'être perturbé dans ce qu'il écrivait « Si vous êtes seul, je crois que personnellement, je pourrais m’accommoder de votre présence pour cette fois.  ». Eh bien voilà, le problème était réglé, alors pourquoi ce poser de question.

    Yuki - « Merci, ne vous en faites pas, je ne comptais pas m'arrêter ici tous les jours ! »


Autant le rassurer, il n'était pas du genre à toujours s'arrêter dans des lieux comme ça. Il mangeait souvent des petites choses à emporter pendant qu'il était dehors. Il n'avait pas encore regarder la carte, mais il se doutait que le prix de ce qu'il allait manger irait en conséquence du cadre. Il se servit un verre d'eau, ne parlant pas au jeune homme face à lui. Il faisait comme s'il n'était pas là. Il n'avait pas envie de s'attarder sur la présence de quelqu'un, jusqu'à ce que la serveuse arrive pour prendre la commande de Sensui, et au passage demander à Yuki ce qu'il prendrait. Mais, elle s'attardait bien plus sur Sensui, lui redemandant encore si la présence du jeune homme ne le dérangeait pas. Il comprit alors qu'il était vraiment pas le bienvenu. Et en réponse à ça, il prit la carte et passa commande se moquant bien de ce qu'ils pouvaient tous dire de sa présence. Il était irrité de cette volonté de privilégier un client sur un autre.

    Yuki - « Des nouilles sautées au porc s'il vous plait ! Merci. »


Mais au timbre de sa voix, on voyait qu'il en avait un peu assez, et il passa sa commande, tendant ensuite la carte à la jeune fille qui la prit en souriant légèrement. Puis, son attention se reporta sur la seule personne qui comptait à cette table, c'est à dire Sensui. Il soupira un peu, et il reprit son crayon pour faire des annotations. Il relut les remarques qu'il avait fait sur sa lecture et ratura toutes les données qui semblait finalement erroné, et il prit ensuite la carte de la ville et il cocha le coin. Il lui restait encore le quartier Arakawa a exploré entièrement, sinon il avait vu presque toute la ville, et pourtant rien... ! Il n'y arrivait décidément pas.

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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Mar 14 Fév - 18:03


◈ Non, je n’attends personne. Et, je n'avais pas vu que cette table était réservée.

Quelle importance… ? Sensui ne relève pas les yeux de son menu, continuant de le détailler silencieusement. C’était bien sa veine que de ne pas être aussi seul qu’il l’aurait souhaité pendant une des rares soirées qu’il s’octroyait… Surtout que Sensui n’avait jamais eu de feeling particulier pour les parfaits inconnus. Il avait même une légère tendance à la paranoïa qui, l’espace d’une seconde, l’avait fait se concentrer sur les battements de cœur du jeune homme en face de lui. Du moins, il semblait jeune.

Ca avait été délicat à cause du bruit ambiant mais finalement, il les avait entendus. Pas un vampire donc… Et un rapide coup d’œil à sa carotide lui avait permit de déterminer qu’il n’était probablement pas un calice non plus. Ou alors depuis très peu de temps. Sa silhouette malingre n’était pas celle d’un combattant, peu importe son camp et en fait, il avait vraiment l’air de n’être… Personne, au Monsoon, ce soir.

Certes, lui non plus ne claquait pas dans le décor et à la limite, il en était plutôt satisfait. Mais la remarque suivait ses questionnements quant à la nature de celui qui était assit en face de lui. Et finalement… Finalement rien. Il n’avait rien que de très ordinaire. Et la brève déception de cette constatation donne finalement lieu à un sentiment d’approbation. Il n’avait pas envie d’être plongé dans un complot ou une guerre inutile ce soir. Les choses étaient déjà assez compliquées en ce moment au Bloody Sunday avec Seijûrô.

L’homme se présente… Yuki… Au teint assez livide pour justifier le probable kanji de ce prénom, pourvu qu’il en soit composé. Sensui n’a qu’un imperceptible petit mouvement de tête pour le saluer, poli mais néanmoins pas moins élitiste qu’à l’ordinaire. Peu de gens arrivaient à captiver Sensui. Et rarement très longtemps. En fait, il pouvait les compter sur les doigts d’une main probablement. Les autres… ? De simples passants dans sa vie. Rien qui mérite une épitaphe.

◈ Merci, ne vous en faites pas, je ne comptais pas m'arrêter ici tous les jours !

Sensui lève finalement les yeux à cette remarque. Et après… ? Est-ce qu’il était sensé être intéressé par cette remarque… ? Voilà pourquoi les gens l’ennuyaient et plus particulièrement les êtres humains. Leur conversation était souvent d’une futilité déroutante et Sensui avait généralement l’impression de se mourir d’ennui face à eux. Pourtant, le minois en face de lui était agréable pour peu qu’on excepte ses joues creuses. Le timbre de sa voix ne lui écorchait pas les oreilles et son élocution était ronde et simple. En tout, il aurait tout eu pour être un orateur que Sen aurait aimé suivre. Mais là…

Et puis de toute façon, Yuki semblait absorbé par ses gribouillis auxquels Sensui ne tente même pas de jeter un œil, entièrement désintéressé pour l’heure. De toute façon, une serveuse arrive, lui demandant à nouveau si la compagnie de Yuki ne l’indisposait pas. Mais il a peu l’occasion de lui répondre que de manière tout à fait impolie, le jeune homme lui coupe la parole pour passer sa propre commande.

Vous voyez, ça c’était une chose que Sensui tolérait mal… L’incorrection. Il était vieux jeu oui, et en plus de ça, il avait été élevé dans une discipline très stricte qu’il n’avait jamais jeté aux orties. Alors voir ce gamin jouer les impudents, ça l’irrite, fatalement. Et qu’on ne vienne pas lui raconter que « ce n’est pas lui qui a commencé ». Dans ces cas là, quitte à être impoli, autant que ce soit intelligent et dirigé contre la bonne personne… C'est-à-dire quelque chose qui serve au débat et qui cible celui qui doit l’être. Hors là, voilà que c’était contre lui et parfaitement inutile. Charmant. Dire qu’il n’avait pas cherché à renvoyer ce gamin avec pertes et fracas alors qu’il l’aurait pu…

Sensui laisse ainsi passer une poignée de secondes silencieuse, le regard simplement posé sur Yuki qui est déjà repartit, sans considération aucune, sur ce qu’il faisait. Finalement, le vampire relève les yeux vers la serveuse, lui rendant à son tour la carte avant de passer une commande contenant entrée et plat, de manière très claire. Il demande également un bon alcool pas trop fort de sa connaissance… Toujours pas pour le goût… Mais il était possesseur du bar à alcool le plus prisé de la ville… S’aurait été une erreur de passer devant quiconque pour un simple buveur d’eau, de fait…

Et comme la serveuse répète les deux commandes pour s’assurer d’avoir tout noté et ce, sans erreur, Sensui acquiesce, stipulant :

◈ Et si vous retrouver la politesse que ce jeune homme à perdu entre ici et la cuisine, je vous serais gré de la lui rapporter, s’il vous plaît.

Merci mais lui ne l’ouvrait pas pour ne rien dire et présentement, il était évident qu’il était froissé par l’attitude de Yuki.

Sensui étire un bras, venant saisir son verre d’eau, en buvant une petite gorgée tout en ne sentant que le froid du liquide entre ses lèvres et sur le dessus de sa langue. Eau, vin, saké, vodka, rhum… Sur ses papilles décomposées, ces alcools avaient tous le même goût insipide pour lui. Il n’y avait bien que le sang pour raviver ces dernières. Le côté ferrique… Parfois sucré des diabétiques. Dire que de leur vivant, les vampires répugnaient probablement tous au goût du sang…

D’une poche intérieure, Sensui sort une petite montre à gousset, décroisant les jambes sous la table pour les croiser dans l’autre sens. Il était bientôt dix heure moins le quart et le coup de feu du Monsoon avait sonné. L’endroit était plein à craquer, comme bien souvent… Et il y avait fort à parier qu’en sortant, la population la plus « jeune » des lieux se ruerait vers la station de métro la plus proche pour rejoindre Shinjuku. Certains iraient peut être au Bloody Sunday, d’autres esseulés se rendrait aux Candies & Leather peut être… Mais une majorité irait sûrement rejoindre les pistes chaudes du Tenjô Tenge. Lieu que lui-même n’aimait pas véritablement, on le comprenait vite à sa personnalité.

Son regard tombe presque malgré lui sur le plan que fixe Yuki. Un plan de la ville avec de multiple encoche. Hé bien quoi ? Ce gamin visitait ?

L’entrée de Sensui arrive et arrêtant la serveuse, il signale :

◈ Nous ne dînons pas ensemble.

Et de fait, se tournant vers Yuki :

◈ Vous désirez récupérer votre plat immédiatement ?

Puis désignant ses petites affaires :

◈ Ou bien vous êtes trop occupé à chercher quelque chose ?

Puis finalement, se disant que sa bonne âme allait le perdre, il demande malgré tout :

◈ Je peux vous aider peut être ?


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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Mer 15 Fév - 12:15


Regretter des paroles dîtes trop rapidement sans réfléchir.

Lorsque quelque chose irritée Yuki, il avait tendance à en oublier les bonnes manières. Pourtant, pour un jeune il était quand même en moyenne extrêmement poli. Il avait simplement un caractère qui surpassait sa propre conscience. Il ne parla pas, et retourna à son dessin. Il s'était rendu compte, après coup, après une courte réflexion, qu'il n'aurait jamais du parler comme ça à la jeune femme. Il n'était pas idiot, et il avait ensuite sentit le poids du jeune homme face à lui. Bon, il n'était pas vraiment une personne très doué dans les rapports humains, c'est bien pour ça que d'ordinaire il ne s'arrêtait pas dans les cafés, mais plutôt dans les snack où toute la nourriture était à emporter. Lorsqu'il releva Sensui pris la parole pour dire, des paroles assez cinglante il faut dire. «  Et si vous retrouver la politesse que ce jeune homme à perdu entre ici et la cuisine, je vous serais gré de la lui rapporter, s’il vous plaît.  ».

Il l'avait dans le fond bien mérité. Et c'est pour ça qu'il ne le prit pas mal, il savait qu'il n'avait pas été un jeune homme des plus respectueux. Il devait savoir depuis le temps que les gens plus âgé étaient presque voué au culte des ancêtres. A cette table, ce Sensui était le plus âgé, et en plus, il représentait visiblement une personne d'un assez haut rang pour que tous, même une femme un peu plus âgé courbe l'échine devant lui. Yuki ne le connaissait pas, mais, après réflexion il pouvait aisément comprendre que c'était un client assez important. Il soupira légèrement, non pas contre le vampire face à lui, mais contre lui-même. Il se trouvait aussi méprisable que le jour, à cause de ses mots, il avait poussé son frère au suicide. Certes, ce n'était pas réellement comparable car là, ce n'était qu'une marque d'impolitesse. Mais, il était réellement pris de remord d'avoir fait ça. Il releva alors le regard sur l'homme qui partageait sa table.

Il le vit déguster un verre d'eau. Cela n'avait rien d'étonnant après tout dans un restaurant que de voir les gens boire dans un restaurant. Il l'observa un instant, non, il ne le dévisageait pas non plus. Il ne s'imaginait pas tout à l'heure se retrouver dans une situation comme celle-là. Il l'observa ensuite regarder l'heure. Il avait l'impression qu'il devait le dire maintenant. Toutefois, il ne le fit pas immédiatement, il devait aussi le faire devant la serveuse. C'était aussi devant elle qu'il se présenta comme un nuisible gamin qui importunait Sensui. Il attendit en regardant son plan, il aurait voulu qu'il s'anime subitement pour lui dire où les vampires pouvaient bien se cacher. Malheureusement, celui-ci restait inanimé, presque vide de tout sens. Il avait parfois l'impression de perdre son temps, que ce n'était pas la bonne méthode pour parvenir à ses fins. Il devait pourtant trouver le moyen de sauver son frère. Il n'avait que ça en tête en faisant son plan.

Il était finalement retourné dans son petit monde, dans son univers de recherche de vérité, de cette vérité qu'il aurait connaître depuis bien longtemps mais qui restait insaisissable. Peut-être qu'un humain comme lui ne devait pas savoir, peut-être qu'un humain n'avait pas à connaître la vérité et attendre patiemment qu'un vampire le cueille s'il représentait finalement un quelconque petit intérêt. Mais, voilà qui était encore moins sûr. A force de réfléchir, il ne réalisa pas immédiatement que la serveuse était revenue. Il s'en rendit compte en entendant de nouveau la voix de son compagnon.

« Nous ne dînons pas ensemble. », ça il s'en était un peu douté quand même. Il n'allait pas s'imposer à lui de toutes manières. « Vous désirez récupérer votre plat immédiatement ? », un petit temps fut alors marqué, et son regard suivit celui de Sensui sur ses affaires : « Ou bien vous êtes trop occupé à chercher quelque chose ? ». En effet, la place n'était pas réellement libre. Il rangea donc ses affaires en silence. Attendant bien cette fois de ne couper personne, et il se releva légèrement pour pouvoir s'incliner respectueusement, il le fit au milieu car il parlait évidemment aux deux en même temps.

    Yuki - « Je tenais à m'excuser sincèrement de mon attitude de tout à l'heure. Je sais que j'ai été extrêmement impoli envers vous deux, et je tenais à vous présenter mes plus humbles excuses. »


Il se rassit ensuite, ne laissant que son bloc sur le côté. Et il la remercia en acceptant son plat. Il posa ensuite son regard sur le jeune asiatique face à lui. Il avait aussi présenté ses excuses à lui, mais il n'était pas du genre à attendre qu'on lui dire qu'on le pardonner. Il avait présenté ses excuses, mais surtout, il l'avait pensé, c'était à ses yeux ce qui comptait le plus. Par la suite, on pouvait très bien ne pas apprécier, ou dire qu'il mentait, cela lui était un peu égale ce qu'on pensait de lui après tout. Les gens du jour avait déjà put assez parler de lui, se moquer. Il n'en avait presque plus rien à faire finalement de toutes ces réflexions mettant en doute ce qu'il pouvait faire ou dire.

Toutefois, il fut réellement surpris aux paroles de son voisin de table : « Je peux vous aider peut être ? ». Il ne s'attendait pas à ça. Il pensait qu'il n'allait pas du tout s'intéresser à lui, faire comme s'il n'existait pas et cherchait à ce que le silence règne en maître à cette table. Yuki ne s'en aurait pas plaint. Pas que l'idée de discuter lui déplaise, il aimait faire des rencontres sans lendemain, juste le temps d'un repas partagé, communiqué, et finalement s'oublier.

Pour être honnête, cela lui arrivait assez peu fréquemment. Plus personne ne se souciait des autres depuis tellement longtemps. L'égoïsme seul survivait dans cette société. Enfin, trêve de pensées inutiles en l'instant ! Yuki lui adresse un petit sourire. Il était en vérité heureux qu'il lui demande quelque chose comme ça. Il se mordit un peu la lèvre, un peu gêné de la question qu'il va lui faire. Il avait l'impression qu'il allait le prendre pour un fou.

    Yuki - « Vous allez sûrement trouver ma question bête, mais … est-ce que vous croyez en l'existence des fées, fantômes ou encore vampires ? »


Il n'avait pas uniquement parler des vampires, d'un part parce qu'il était persuadé que les fantômes existaient, mais d'une autre part parce qu'il ne souhaitait pas paraître comme un fanatique des vampires. Il savait que souvent, on avait une vision très hollywoodienne d'eux comme s'ils se résumaient à des êtres capables des pires atrocités, se présentant comme des monstres de foire. Ou encore, on avait la vision pour les jeunes filles pré-pubères qui bavent devant un beau mâle aux pouvoirs surnaturelles. Ridicule vision qui dénaturait l'image des vampires. Enfin, ces visions pouvaient être réaliste, dans le fond qui savait la réalité.

Yuki garda son regard poser sur lui. Il continuait de se mordre nerveusement la lèvre en se demandant s'il pouvait lui poser la question. Il avait peur d'être pris pour un fou. Il prit alors une grande inspiration et, troublant sûrement le repas de Sensui, il posa sa question.

    Yuki« Pensez-vous, qu'il soit possible pour un banal humain de croiser la route d'une créature de la nuit? »


Il voulait dans le fond savoir s'il perdait son temps. Cet inconnu lui paraissait tout ce qu'il y a de plus posé. Il avait l'impression qu'il allait lui rire au nez et lui demander de se taire pour qu'il puisse profiter calmement de ce repas. Il inclina ensuite la tête en baissant légèrement le regard.

    Yuki« Enfin, je vous pris de me pardonner. Je ne troublerais plus votre repas. »


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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Sam 18 Fév - 12:33



Alors que son entrée lui est posée sous le nez, Yuki pour sa part range ses propres affaires. Tout son bordel qui n’avait probablement pas sa place sur la table d’un restaurant. Soit, lui aussi ouvrait parfois un livre lorsqu’il dînait. Mais il ne s’en permettait pas quant il n’était pas seul à table, quand bien même cette personne lui était inconnu. Mais on en revenait encore au fait que Sensui était le genre vieux jeu qui pouvait avoir l’air salement psychorigide.

Comme de toute façon il n’avait pas pour habitude de beaucoup se fier à ce que les autres pouvaient bien penser, ça n’avait pas une grande importance. Du moins, en ce qui concernait les gens qui « comptaient ». Pas dans sa vie mais « dans la société ». Tout était une histoire de paraître et les biens pensant avaient beau vanter le fait qu’on ne devait pas juger un livre à sa couverture, c’était pourtant ce que tout le monde faisait. Même eux. C’était tristement et pathétiquement « humain ».

Quoi qu’il en soit, la serveuse s’était absentée pendant ce rangement pour aller chercher le plat de Yuki puisque visiblement, il comptait bel et bien manger son plat pendant que lui ne ferait qu’entamer son entrée. Et elle a à peine le temps de le déposer devant lui que le gamin est debout…

◈ Je tenais à m'excuser sincèrement de mon attitude de tout à l'heure. Je sais que j'ai été extrêmement impoli envers vous deux, et je tenais à vous présenter mes plus humbles excuses.

La serveuse à tôt fait de rassurer Yuki. Evidemment. Elle n’allait pas lui dire qu’il avait été d’une grande incorrection de toute façon… Ca aurait été un grave manquement à son métier. Sensui, lui, ne se serait pas gêné s’il avait connu Yuki. Mais il n’avait pas d’éducation à donner. Pas le temps, pas l’envie… Et puis il avait déjà eu assez de Seijûrô pour donner dans le paternalisme.

Quoi qu’il en soit, c’est malgré tout apprécié. Ces excuses spontanées semblaient plutôt sincère et Sensui ne cherche pas midi à quatorze heure. A quoi bon ? Yuki pouvait bien s’excuser sans le penser s’il en avait envie que ça ne le concernait pas. De fait, le vampire n’a qu’un bref signe de tête pour son vis-à-vis, simplement pour donner son approbation devant ces quelques excuses finalement fort peu orthodoxes.

Négligeant les baguettes en fin de compte, Sensui s’empare d’une fourchette pour venir taper un peu dans cette salade qui était fort jolie mais qui s’annonçait forcément sans savoir. Il fait aller l’instrument un instant entre les différents ingrédients colorés qui la compose puis piquant sa fourchette dans un quartier de tomate, il vient l’enfoncer entre ses lèvres. Froid, sans goût… Finalement, elle n’avait que sa couleur qui avait suscité une certaine envie chez Sensui. Rouge vif…

De son côté, Yuki semble bien décidé à mettre sa proposition à profit. Il semble également un peu mal à l’aise à l’idée de parler et Sensui n’ajoute rien… Ni pour le mettre plus mal à l’aise encore ni pour l’encourager. Il voulait bien être gentil mais pas bonne poire ce soir. D’ailleurs, aucun jour de sa vie mais ça…

◈ Vous allez sûrement trouver ma question bête, mais … est-ce que vous croyez en l'existence des fées, fantômes ou encore vampires ?

Effectivement, Sensui trouve cette question absurde. Quoi qu’il avait toujours eu un certain amusement à voir ainsi la race humaine caresser du bout des doigts une vérité que trop peu d’entre eux ne trouvaient réellement un jour. Pourtant, pour beaucoup, ils croyaient en « quelque chose ». Mais la science et leur esprit rationnel tout autant que leur désir de sécurité les éloignait de cette vérité après laquelle, pourtant, ils courraient toute leur vie.

C’était une mauvaise idée de toute façon que de remettre la vérité aux mains de la race humaine. Elle avait tendance à casser tout ce qu’elle touchait. Elle rendait le merveilleux laid et quand on lui donnait la main, il fallait s’attendre à ce qu’ils vous prennent tout le bras. Certains vampires ne comprenaient pas pourquoi leur société, probablement plus intelligente de par leurs expériences devait rester dans l’ombre.

C’est que la nature humaine était… Très mal faite. Très « imparfaite ». Très inattendue aussi. Leur peur les poussait à vouloir détruire tout ce qui pouvait représenter une menace or une guerre entre les deux races aurait été nuisible pour les deux camps. Personne n’avait à gagner dans ce genre de duel à mort qui ne manquerait pas d’arriver et ça, même les chasseurs indépendants l’avait comprit, pour la plupart. En plus du fait, bien sûr, que personne ne les aurait jamais cru. De toute façon, les vampires avaient des relations jusque très haut dans la hiérarchie humaine que se soit par leurs propres moyes ou ceux de Tenkyû.

◈ Je devrais ?

Sensui reste très calme, continuant à picorer sans appétit le contenu de son assiette, le regard posé avec quiétude sur Yuki qui en revanche ressemblait, à cet instant, à une petite bête traquée lui semblait-il. Peut être que ce n’était que son imagination mais l’impression était bel et bien là. Ca lui laissait penser que le jeune homme, lui, croyait dur comme fer à l’une de ces possibilité. Fées, fantômes, vampires…

De fait, la paranoïa de Sensui remonte légèrement. En fait, elle remonte même pas mal. Normal non ? C’était quand même une « sacrée coïncidence » qu’il se retrouve dans un restaurant, à la même table qu’un homme qui lui parlait de vampires…

◈ Si les fées et les vampires existent, ils se cachent bien. On a déjà plus de pseudo preuves de l’existence de fantômes, il me semble.

Il aurait pu lui rire au nez mais ça lui ressemblait vraiment très peu… Alors Sensui se contente de répondre sans se presser et avec attention. Il n’avait pas spécialement l’intention de lui révéler quoi que ce soit au sujet des vampires mais de toute façon, il n’était pas complètement certain encore que Yuki ne sache pas déjà… Il avait apprit à ne pas se fier aux coïncidences, quelle qu’elles soient, quitte à le faire à tort. On était jamais trop prudent et comme on dit « mieux vaut prévenir que guérir ».

◈ Pensez-vous, qu'il soit possible pour un banal humain de croiser la route d'une créature de la nuit ?

Hé bien disons que compte tenu des circonstances présentes, il aurait été délicat pour Sensui de penser le contraire. C’était d’autant plus vrai qu’il tenait un bar à alcool certes fréquenté par de très nombreux vampires mais également par de simples êtres humains… Lui-même avait affaire avec certain d’entre eux… Yori, Fubuki… Toujours à des degrés différents mais néanmoins bien réels.

◈ Autre question : pensez-vous avoir déjà croisé la route de l’un d’eux ?

A ce stade, Sensui ajoute :

◈ « Créatures de la nuit ». Il me semble que nous avons doucement quitté le domaine des fées n’est ce pas ? Et celui des fantômes également. Vous vous intéressez donc au vampirisme ?

Comme beaucoup d’êtres humains avant celui-là… Que ce soit par jeu, lubie ou phénomène de mode. Il y avait toujours eu, et il y aurait toujours, des humains pour rêver à la nation des vampires. Pour la fantasmer sur les pages d’un livre ou pour la transposer sur écran géant. Et ce avec souvent beaucoup de bêtises…

Yuki s’excuse ensuite de troubler son repas, assurant qu’il ne le ferait plus mais de toute façon, la conversation n’était-elle pas déjà engagée ? Alors pourquoi tenter de se rétracter ? Autant poursuivre…

Le sommelier arrive, ne restant que quelques instants, le temps d’une rapide dégustation de vin avant de laisser la bouteille sur la table. Sensui se serre, proposant d’un petit mouvement de main d’en servir un également à Yuki. C’était un vin de beaucoup d’âge et qui valait une petite fortune à lui tout seul alors si Yuki acceptait, Sensui espérait qu’il ait au moins la décence de ne pas le couper avec de l’eau ou de le boire comme de la piquette.

◈ Alors c’est ce que vous cherchez ? Une rencontre avec un vampire ?

Puis reposant la bouteille :

◈ C’est trop si je vous demande pourquoi ?

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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Dim 19 Fév - 8:54


Yuki sourit à la jeune femme qui faisait le service. Il se mit ensuite à attendre patiemment son plat cherchant à ne plus être aussi mal poli. Mais, voilà bien quelque chose de difficile pour lui, il avait tendance à laisser son sang bouillir et à exprimer le fond de sa pensée comme si c'était normale. Pour lui, il n'y avait que de cette manière que les hommes pouvaient réellement vivre en harmonie loin des mensonges et des faux-semblant. Il fallait être honnête, même si cela blessé les personnes à qui on tenait. Un peu à l'image de ce qui était arrivé à son frère, ces mots qu'il avait dit s'en retenus.

Et même si ce n'était pas aussi grave, il avait depuis appris à s'excuser. Il avait grandit, il s'était rendu compte qu'il fallait respecter les autres, parce que vivre en harmonie avec les autres c'est dire ce qu'on pense, mais il ne fallait pas ébranler les autres pour autant. Au moins, il était devenu plus … humain, ne ressemblant plus à la machine sans coeur qu'il incarna tout ce temps. Il remercia donc la serveuse qui venait de lui apporter son repas. Il était aimable, et il ne releva pas son visage immédiatement sur Sensui. Il était en train de se demander quelle mouche l'avait piqué de poser une question à cet homme.

Il ignorait tout de lui après tout, il ne savait pas s'ils allaient pouvoir discuter tous les deux. Peut-être que Sensui s'amusait de la situation en le prenant pour un fou ? Mais, Yuki ne pouvait pas exclure la possibilité que lui aussi croyait aux vampires. A force de réunir des témoignages de toutes parts, à force d'écouter inlassablement les histoires de tout le monde, il savait qu'il parviendrait à en dénicher un, car oui, Yuki était persuadé qu'il n'y en avait pas plus de 10 dans tout Tokyo. C'était selon lui la raison de ses recherches infructueuses depuis tant d'années.

C'est en ça que ses recherches différaient avec celles de son frère. Lui, il était sûr et certain que des vampires, ils en voyaient tous les jours. Qu'ils vivaient justement cacher, juste à côté d'eux car après tout, ce qu'on voit le moins, c'est ce qu'on a sous le nez. Yuki était en train de se perdre dans ses idées – sans aucune réalité bien fondée – avec la voix de Sensui. « Je devrais ? ». En réponse à cette question, Yuki ne fit qu'un bref haussement d'épaule. Est-ce qu'il devait y croire ? Bonne question.

A cette instant, il se dit que le jeune homme devant lui n'était pas de ceux qui y croyait. Ce n'était pas grave après tout, il n'était pas le premier sceptique à rencontrer vu que Yuki lui-même, malgré ses recherches restaient légèrement sceptique. Il ne parvenait pas à se dire que c'était une potentielle réalité. Quoiqu'il en soit, il lui sourit, le remerciant d'avoir répondu, et il cassa ses baguettes pour pouvoir commencer à manger. Il n'aimait pas manger avec des fourchettes, il savait que de plus en plus de monde le faisait mais … il avait l'impression de perdre une part de leur tradition quand ils mangeaient à « l'occidentale »

Il n'en avait pas oublié la conversation, bien au contraire, il écouta donc avec attention ce qu'il lui dit ensuite. « Si les fées et les vampires existent, ils se cachent bien. On a déjà plus de pseudo preuves de l’existence de fantômes, il me semble. ». Yuki le regarda un instant, il n'avait plus de doute en cet instant, ils allaient sûrement discuter un petit moment, sûrement le temps du repas, mais, ce serai sûrement suffisant pour que Yuki écrive ensuite son témoignage sur son carnet.

    Yuki – « En effet, même si les scientifiques ne cessent de dire que ce ne sont que des montages. A l'instar des soucoupes volantes, il y a des canulars, cela va sans dire, mais... tout ce qui dépasse l'homme semble pour eux inexistant. Je suis sûr, que même si on a jamais vu d'être fantastique, ni même de fantôme, dans la masse de personne qui parle d'eux, quelqu'un, au moins un, ne les a pas inventé... Après tout, le mythe du loup-garou en Occident est né à l'époque moderne, après les grandes épidémies de Peste, et des hivers plus que rudes, les loups se sont alors rapproché de l'homme. Mais, ils le firent à leurs dépens, et ce que nous appelons des monstres ne sont qu'une interprétation humanisée. Et si finalement, le seul monstre était l'être humain... »


En disant cette phrase, il repensa à ce qu'il avait lu. Les hommes se montrèrent d'une immense cruauté envers ces animaux. Ils pensaient qu'ils étaient des monstres, mais ils se montrèrent aussi cruels envers leur propre communauté car ils pensaient que l'esprit du loup abritait le corps et le coeur de certains habitants. L'église avait contribué à cette diffusion. C'est d'ailleurs principalement des textes ecclésiastique. Yuki ne se perdait pas dans sa réflexion malgré les apparences.

Pendant qu'il cherchait sur les créatures de la nuit, il avait souvent été confronté aux loups, surtout depuis la sortie du film mondialement connu : Twilight. Tout le monde décrivait le livre de cette dénommée Stéphanie Meyer sur la toile, comme la nouvelle référence en matière de paranormal. Avait-elle la vérité ? Yuki en doutait, mais il n'avait pu s'empêcher de se dire que peut-être des liens étaient à établir. Après tout, si tous ces êtres restaient cacher, il se pouvait fort bien qu'ils vivaient en communauté, et en harmonie ensemble.

Il sortit une nouvelle fois de ses pensées en entendant son compagnon répondre à son autre question sur la possibilité à un humain de rencontrer un vampire... Il faut dire que cette question là, elle était ciblée pour une raison : il devait en rencontrer, souvent on lui disait que c'était impossible, mais il espérait, sûrement vainement qu'un jour on lui dise qu'il était possible qu'un vampire se présente à lui.

Pour être honnête, il fut surpris de la réponse légèrement … inattendue, il s'attendait à un oui, ou un non.
« Autre question : pensez-vous avoir déjà croisé la route de l’un d’eux ? ». Il releva la tête de son assiette pour poser le regard sur lui, détaillant un instant ce visage. Il n'était pas mal poli, et n'insistait pas, il regardait simplement, se mordant la lèvre en restant attentif à chaque paroles ; « Créatures de la nuit ». Il me semble que nous avons doucement quitté le domaine des fées n’est ce pas ? Et celui des fantômes également. Vous vous intéressez donc au vampirisme ? »

    Yuki – « Je pense en fait que les vampires et les fantômes sont liés. J'espère au moins qu'ils peuvent avoir un lien avec les morts vivants... »


Yuki ne put s'empêcher de s'interrompre pour se mordre la lèvre, le visage baissé de nouveau vers son assiette.

    Yuki – « Mais, pour répondre à votre question, j'ignore si j'en ai déjà croisé. Je ne pense pas, j'étudie avec attention comment ils devraient être,e t j'espère un jour être capable d'en reconnaître un... Et pour le moment, ce n'est malheureusement pas le cas. »


Il soupira un peu, et se remit à manger une bouchée. Il avait l'impression d'être décidément peu doué dans la chasse aux vampires. Depuis tout ce temps qu'il cherchait, il n'en restait pas moins qu'il était toujours au même point. Il avait beau collecté le plus de donnée possible, il lui était impossible de trouver la vérité. Cette histoire avait tout de même quelque chose de frustrant.

Il voulait pourtant essayer de garder bonne figure, ne pas montrer qu'il était presque décomposé à Sensui. Lui, qui semblait si impassible. C'était presque surprenant pour être franc. Il regarda un instant le sommelier, et il ne dit rien, ne demanda rien, jamais il n'aurait les moyens de s'offrir une bouteille de vin. C'est en cela qu'il fut surpris par la proposition de Sensui. Il ne pensait pas qu'il lui en proposerait, et il n'aurait jamais demandé qu'il le fasse. Il hocha la tête pour dire qu'il voulait bien, le remerciant très poliment.

Il aurait souhaité sentir le vin, mais pas politesse, il n'allait pas se jeter sur son verre. Il lui sourit encore une fois, touché qu'il est pu faire ça. La conversation reprenant ensuite sur l'histoire des vampires. Il était presque certains, que même dans plusieurs heures, il n'en aurait pas fait encore le tour complet. « Alors c’est ce que vous cherchez ? Une rencontre avec un vampire ? », il le regarda poser la bouteille en silence, réfléchissant à comment répondre à cette question, « C’est trop si je vous demande pourquoi ? »

Yuki ne put s'empêcher de déglutir à cette question, il se doutait que cette question interviendrait. Quand on était jeune, on ne passait pas sa vie à traquer la nuit des vampires. On avait plus tendance à s'amuser, se distraire... ou simplement, plus banal dormir. Sur le net, il n'avait pas à justifier ce qu'il faisait, car personne ne connaissait son âge. Mais en face, il ne pouvait dissimuler que c'était un gamin. Il prit doucement le verre, et huma son odeur avant d'en boire une gorgée. Il ne put s'empêcher de se dire qu'il n'y avait pas que le prix qui avait fier allure, ce vin... était réellement délicieux. Il reposa ensuite son verre encore plein. Il ne buvait que de petite gorgée, pour mieux apprécier le goût.

    Yuki - « En effet. Si je cherche cette rencontre, c'est pour qu'il ramène à la vie mon jumeau. C'est un promesse que je lui ai faite sur son lit de mort... je chercherais un vampire capable de le sauver de la mort. Vu qu'on a été incapable de le trouver avant qu'il ne passe dans le monde de l'au-delà. C'est pour ça, que j'espère réellement les vampires capable d'invoquer l'esprit des morts... »


Il prit une petite bouffée d'air en gardant son regard sur son assiette. Il était plus facile pour Yuki de parler de ça, à sa nourriture qu'à un autre humain. Rares étaient les fois où il parlait de ses véritables motivations. Il aurait pu mentir, mais... à quoi bon, les vrais raisons étaient celles là. Il ne voulait pas nier son frère, qu'il était la cause de sa mort. Alors, dans un soupire, il continua de parler.

    Yuki – « Beaucoup de monde pense mon entreprise folle, mais surtout impossible. Mais, j'espère dans le fond qu'ils ont tord... »


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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Mer 22 Fév - 21:48



◈ En effet, même si les scientifiques ne cessent de dire que ce ne sont que des montages. A l'instar des soucoupes volantes, il y a des canulars, cela va sans dire, mais... tout ce qui dépasse l'homme semble pour eux inexistant. Je suis sûr, que même si on a jamais vu d'être fantastique, ni même de fantôme, dans la masse de personne qui parle d'eux, quelqu'un, au moins un, ne les a pas inventé...

Bien que vampire, Sensui faisait sans doute partit de ces incrédules qui ne croyait pas aux fantômes. Et quand on avait derrière soit le même bagage que lui, la même expérience… Sans jamais avoir rien vu qui puisse vous faire penser le contraire, c’était tout bonnement impensable.

Certes, toute histoire prend ses racines dans quelque chose de réel. Il n’y avait qu’à voir pour les vampires pour en être convaincu. Néanmoins, avec le temps on partageait son opinion entre la crédulité et le doute. Sensui n’était pas fermé à un quelconque dialogue sur le paranormal ou tout ce qui s’en rapprochait… Mais il avait son avis sur la question et il entendait le faire respecter. Comme on dit : on ne prêche pas un convaincu.

◈ Après tout, le mythe du loup-garou en Occident est né à l'époque moderne, après les grandes épidémies de Peste, et des hivers plus que rudes, les loups se sont alors rapprochés de l'homme. Mais, ils le firent à leurs dépens, et ce que nous appelons des monstres ne sont qu'une interprétation humanisée. Et si finalement, le seul monstre était l'être humain...

En fait, pour ce sujet bien précis, Yuki avait tort. Enfin… A demi. On avait donné toutes sortes de raisons au mythe des loups-garous mais celui qui avait réellement alimenté le sujet c’était un mythe tiré du vampire. Il avait lu quelque chose à ce propos voilà fort longtemps et ça avait été des plus intéressants. Tout ne lui revenait pas en mémoire, sur l’instant, mais il s’agissait de vampires incomplets qui tenait plus de l’animal que de l’être noble et surnaturel. Un vampire qui répondait plus fortement à l’appel de son instinct et qui n’avait pas tout ce qu’il lui fallait pour savoir mener à bien une morsure. En somme, une créature imparfaite et qui pourtant devait être fascinante…

Mais elles avaient été peu nombreuses et vouées à l’extermination… Chasseurs, vampires… Tous s’étaient mit sur les pas de ces créatures incomplètes. Les vampires qui avaient eu le malheur de les créer par mégarde avaient été sèchement abattu par leurs paires eux aussi et de fait, le sujet était comme tombé dans l’oubli. C’était à croire que depuis quelques siècles, il n’y en avait plus eu un seul.

Le repas avance, Sensui mange de façon plus ou moins distraite, par automatisme. Sans s’en rendre réellement compte, il triait un peu dans son assiette, mangeant tout mais séparément. Un vieux toc qui ne l’avait jamais tout à fait laissé.

◈ Je pense en fait que les vampires et les fantômes sont liés. J'espère au moins qu'ils peuvent avoir un lien avec les morts vivants...

Ha oui mais non. Cette fois encore, Yuki se trompait. Et complètement pour le coup. Aucun rapport entre les fantômes et les vampires… Mais ce n’était pas à lui de lui faire ce genre d’exposer et Sensui était le genre de vampire à se préserver de ce type de conversation. Il appréciait le confort que la méconnaissance des humains donnait à sa race et n’avait pas l’intention de briser le secret pour un minois aussi joli ou passionné soit-il.

Sensui avait toujours été discret, que ce soit parmi les humains ou même parmi les siens. S’il avait voulu attirer l’attention, cela fait longtemps qu’il aurait réclamé à Sasara la place de Grand Conseiller. Il n’était pas sans savoir qu’il lui suffirait de demander pour que les différents membres du conseil approuvent. Peut être même cette vieille vampire pourtant toujours aussi belle.

Bref… Tout cela pour dire que Sensui ne révélait rien. Il bavardait, tout au plus… Et c’est exactement ce qu’il faisait à présent, en sommes.

◈ Mais, pour répondre à votre question, j'ignore si j'en ai déjà croisé. Je ne pense pas, j'étudie avec attention comment ils devraient être, et j'espère un jour être capable d'en reconnaître un... Et pour le moment, ce n'est malheureusement pas le cas.

Forcément, ce point précis avait de quoi être amusant, pour peu que l’on soit omniscient. Surtout quand, comme Sensui, on avait une vague idée du nombre de vampires qui grouillaient dans la ville. Il y en avait tant, finalement, que Sensui était certain que Yuki avait déjà croisé la route d’au moins un d’entre eux. Lui mis à part bien sûr.

En tout cas, le radar que Yuki espérait aiguiser avec le temps semblait encore loin d’être au point. Malheureusement pour lui peut être… Heureusement pour leur communauté.

◈ Je suis curieux. Comment est-ce qu’ils devraient être alors ? A quoi pourrait-on reconnaître un vampire, par exemple ?

Son ton n’est absolument pas moqueur. Tout est dit sur le ton de la conversation toujours et Sensui ne se départit pas de son sérieux naturel. De toute façon, il n’avait jamais été un bout en train qui entre blagues potaches et rire à gorge déployée avait du mal à récupérer un semblant de sérieux.

◈ Si je cherche cette rencontre, c'est pour qu'il ramène à la vie mon jumeau. C'est une promesse que je lui ai faite sur son lit de mort... je chercherais un vampire capable de le sauver de la mort. Vu qu'on a été incapable de le trouver avant qu'il ne passe dans le monde de l'au-delà. C'est pour ça, que j'espère réellement les vampires capables d'invoquer l'esprit des morts...

Hé bien… Toute cette histoire se compliquait drôlement non ? Voilà qu’au milieu des fantômes et des vampires naissait l’histoire d’un frère jumeau décédé. Visiblement, Yuki et lui avaient cherché des vampires à une époque à présent révolue, ensemble. Et maintenant, il cherchait seul. Sensui à une petite marque de politesse pieuse et discrète pour respecter la mort de ce frère partit trop en essuyant ses lèvres sur un coin de serviette.

Peut être n’était-il pas la personne la plus compatissante du monde… Peut être qu’il était même la personne la moins compatissante qui soit ! Mais il respectait la mort. Parce que c’était « une philosophie de vie » en quelque sorte mais également parce que Sensui savait ce que c’était que de voir les gens mourir autour de soit.

On a pas huit cent ans passé sans avoir conscience de ce que la vie est très éphémère. Fatalement, le temps nous apprenait à forger une certaine carapace vis-à-vis de ce genre de chose… Mais cette dernière pouvait se révéler fragile chez certains vampires.

◈ Vous pensez réellement que c’est possible ? De ramener quelqu’un à la vie comme ça ? Comment les vampires s’y prendraient-ils ? Je n’ai jamais entendu parler de vampire ramenant des morts à la vie.

Et avec un sens inné de la comédie, il ajoute humblement :

◈ Je reconnais cependant que je suis très mal renseigné sur le sujet du vampirisme.

Ouais… Genre ! En tout cas, son jeu d’acteur n’était pas émoussé et il se savait très crédible. De toute façon, pourquoi irait-il mentir sur un sujet comme celui-là n’est ce pas ?

◈ Beaucoup de monde pense mon entreprise folle, mais surtout impossible. Mais, j'espère dans le fond qu'ils ont tord...

Sensui acquiesce, trouvant lui aussi l’entreprise complètement folle mais ne l’affirmant pas à voix haute. De toute façon, les êtres humains étaient connus pour leurs idées de grandeurs, leurs envies d’aventures et toutes ces choses qui pourraient bien leur porter préjudice.

◈ Vous êtes jeune. Je suppose que vous avez encore le temps de chercher ce que vous voulez faire de votre vie de toute façon.

Le vampire vient prendre son verre de vin, le dégustant comme il l’aurait fait de son vivant, ne sentant pourtant pas la robe âpre sur sa langue ni contre son palais.

◈ Peut être qu’un jour prochain, vous ferez votre deuil et que cette quête prendra fin. En attendant, si vous pouvez assumer financièrement, psychologiquement et socialement cette quête… Qui serais-je pour juger de son bien fondé ?

Néanmoins, quand bien même Yuki trouverait ce qu’il cherche : un vampire… Et quand bien même ce vampire négocierait avec lui plutôt que de lui sauter à la jugulaire… Le jeune homme ne pourrait jamais obtenir ce à quoi il aspirait. C’était triste… Mais prévisible. D’ailleurs, du coup, Sensui se fait curieux :

◈ Que ferez-vous si vous parvenez à trouver un vampire mais qu’il ne peut pas vous aider ?

Et aussi, question pertinente :

◈ Ca ne vous effraie pas ? Pourtant les vampires sont décrit comme belliqueux. Votre quête pourrait moins les intéresser que votre sang.


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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Dim 26 Fév - 8:02


Yuki avait eu un instant l’impression de s’égarer dans ses rêveries, au fil de ses lectures, il avait cherché à comprendre, à mieux regarder le monde en ne tirant pas de conclusion hâtive. Il y avait tellement d’hypothèses qui circulait sur les êtres fantastiques, tellement de portrais que parfois faire le tri était assez difficile. Il ne tirait aucune conclusion, il ne savait pas… tout simplement. On ne pouvait pas tout savoir, c’était tout de même logique. Mais, pour Yuki, si un être merveilleux devait exister, ils étaient tous là, quelque part, cacher peut-être dans d’autres coins. Toutefois, il était le premier à reconnaître qu’un lien pouvait très bien ne pas exister. Peut-être que tous vivaient dans des mondes séparés s’ignorant royalement. Certains plus « humanisés » que d’autres.

Yuki parlait donc un peu tout seul, cela ne le gênait pas réellement, il en avait l’habitude. Depuis la mort de son frère, il continuait de parler dans cette chambre pourtant vidée de la moitié de vie qu’elle contenait. Il était toujours là, face à la mort, Yuki était encore un gamin, il n’acceptait pas, et refusait même l’idée d’accepter. Pour lui, il y avait toujours quelque chose, quelqu’un, il refusait de laisser l’esprit de son frère s’en aller de cette chambre. Tentative peut-être désespéré de vouloir retenir l’âme de son défunt frère, mais… il fallait bien qu’il tente tout. Il fallait qu’il se rachète de l’avoir conduit dans cette urne. Il ne pouvait accepter de se dire que c’était fini. La mort, ne pouvait pas être la réponse finale à leur histoire. Il était clair pour lui, qu’il n’accepterait jamais de se dire : c’est fini.

Il reprit donc une petite gorgée de vin, délicieux vin d’un raffinement réel. C’est en buvant qu’il se rendait compte que dans sa quête pour les chauves-souris vampire, il en avait oublié de profiter un peu de la vie. A l’instar de ce qu’il avait reproché à son frère, il en était venu à son tour de délaisser le reste de sa vie pour parvenir à ne serait-ce que vois un peu l’ombre d’un vampire. Il comprenait mieux, en étant à la place de son frère, ce qu’il avait ressenti quand il l’avait brisé. Fuyu n’était pas un roseau, il ne pliait pas au gré du vent. Non, il l’avait juste brisé !

Yuki sortit un peu de ses pensées grâce à la question de Sensui, et dans le fond, il l’en remerciait, repenser à son frère n’était jamais une bonne idée. « Je suis curieux. Comment est-ce qu’ils devraient être alors ? A quoi pourrait-on reconnaître un vampire, par exemple ? ». Cette question fit légèrement sourire Yuki. Pas qu’il avait la solution, mais justement, c’était ça le plus amusant, tout le monde donnait une description différente de ces êtres. Il y avait sûrement quelque chose de spécial, des personnes avaient peut-être raison. Alors les décrire était une tache bien ardue, il était sûrement loin de la vérité, du bon mélange. Mais il voulait, contrairement à son frère laissé son imagination prendre le pas sur la réalité en décrivant des vampires, les dessinant, sans aucune preuve … juste par instinct.

    Yuki – « Je suis persuadé que quelque chose les trahit. Je pense que tout est dans les yeux, l’aura qu’ils dégagent. Ils sont sur cette planète depuis si longtemps… je suis persuadé qu’ils doivent être parfois blasés, comme piégés, pour certains tous du moins. »


Il était sûr et certain que c’était la meilleure manière pour voir un vampire. Il ne pouvait pas se soucier de futilité comme le faisait son frère. D’ailleurs, il reposa son verre qui était encore remplit à moitié de vin, et il prit le carnet de son frère. Il l’ouvrit sur une page où il y avait plusieurs dessins, des visages. Des visages assez réalistes, qui représentaient une beauté figée sur le papier comme sur le visage réel des personnes. Il y en avait au moins vingt. Il le regarda en souriant.

    Yuki – « Pour mon frère, c’était la beauté figée. J’ignore s’il a raison, mais je trouve que … c’est un peu trop facile. Et, d’après ses dessins, je ne sais pas, vous ressembleriez au 6ème dessin par exemple, mais … beaucoup de monde y ressemble aussi… Je crois que ce serait trop facile. »


Il le laisse regarder le carnet s’il le souhaite, sinon il le rangera dans son sac. Il ne voulait pas être comme son frère, il n’avait pas envie de tirer des conclusions qu’ils étaient comme ça surtout que la beauté figée n’avait pas réellement de sens. Selon Fuyu, on pouvait sentir la mort à travers le visage de quelqu’un. Conception des plus… étrange aux yeux de son frère. Pour lui, l’immortalité n’était qu’un aspect du miroir, cette beauté, était ce qui leur restait d’humain finalement. Et comment pourraient-ils attirer des jeunes gens à les suivre sinon ? Ils dégageaient l’envie de marcher dans leurs traces !

Yuki lui sourit, une fois le carnet ranger. C’était bien la première fois qu’il montrait ces dessins à quelqu’un, et … il avait peut-être un peu envie de comprendre, trouver une autre interprétation. Finalement, tout garder pour soi n’était pas une bonne idée. Il était en train de plus en plus de se demander s’il ne devrait pas tenter, au hasard des choses, sur le net. Mais pour le moment, ce n’était pas le sujet. Il l’écouta, toujours avec cette même attention. « Vous pensez réellement que c’est possible ? De ramener quelqu’un à la vie comme ça ? Comment les vampires s’y prendraient-ils ? Je n’ai jamais entendu parler de vampire ramenant des morts à la vie. ».

Il est vrai qu’il fallait se le demander. Personne n’avait jamais réellement parlé, mis à part dans quelques lectures de conquête du monde des humains par les vampires à l’aide des morts vivants. Mais là, l’histoire n’était pas tendre avec ceux revenu à la vie par la puissance du vampire. Ils n’étaient dès lors plus que des esclaves. Peut-être que son frère était finalement mieux là où il était … reposant enfin en paix. Mais, Yuki avait promis ! « Je reconnais cependant que je suis très mal renseigné sur le sujet du vampirisme. ». Un peu comme tout le monde, qui pouvait prétendre être au courant de tout à leur sujet.

    Yuki – « J’en suis persuadé, j’ai lu plusieurs livres qui parlaient de ce genre de pouvoir. L’humain en putréfaction devenant alors l’esclave de la puissance qui l’a fait revenir à la vie ! Sinon… J’aurais cherché les vampires en vain, et je crois que mon opinion sur eux n’aura pas changé. »


Il est vrai qu’à l’origine, Yuki trouvait la quête de son frère futile et dans intérêt. Et pourtant, il partait maintenant en chasse après les vampires comme s’ils existaient réellement et qu’il en était lui aussi persuadé. Peut-être aurait-il mieux fallut pour lui de ne pas promettre, mais quand il avait vu son frère dans cet état, en train d’agoniser, il ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il devait faire quelque chose. La médecine était incapable de soulager son frère, alors pourquoi pas… la cause même du conflit ? Mais face aux questions de son compagnon de tablé par la soirée, il comprenait aussi que cela pouvait être une vaine entreprise dans laquelle il s’était engagé. Et, presque dans un soupire il ne put s’empêcher de dire :

    Yuki – « S’ils n’ont que l’immortalité, et aucuns pouvoirs sur la mort… Leur existence sur cette terre devient aussi futile que celle des humains. »


Et c’est, comme pour se consoler un peu qu’il se remit à manger un peu, maintenant que ses nouille avaient un peu refroidit, il était plus facile pour lui de manger. Il n’aimait pas souffler, ou même manger alors que les nouilles étaient brûlantes. Il savait qu’il y avait une méthode lié au bruit et tout, mais non… Yuki n’était pas ce genre de personne, surtout en pleine conversation, il n’allait pas faire un boucan d’enfer. Il avait encore envie d’entendre ce que lui disait Sen. Il trouvait, pour parler honnêtement, que le jeune homme devant lui était une personne agréable. Ils pouvaient parler d’un sujet que beaucoup pensait idiot et, ridicule.

Toutefois, lorsque Sen lui adresse ces paroles : « Vous êtes jeune. Je suppose que vous avez encore le temps de chercher ce que vous voulez faire de votre vie de toute façon. », cela blessa un peu Yuki qui baissa les yeux. Ce n’était pas écrit sur son front, mais cela le ramener à la dure réalité de sa maladie. Il avait conscience qu’il ne pouvait pas savoir, ne pouvait simplement pas deviner, mais cela avait toujours pour lui comme un goût amer. Il ne pouvait pas toucher du doigt, ce que tous pouvaient vivre : une vie remplie d’amour, d’incertitude, de doute, de jeu, de colère, de jalousie, de rupture… Vivre simplement. « Peut-être qu’un jour prochain, vous ferez votre deuil et que cette quête prendra fin. En attendant, si vous pouvez assumer financièrement, psychologiquement et socialement cette quête… Qui serais-je pour juger de son bienfondé ? »

Le jeune moon child se mordit la lèvre assez violemment en comprenant que pour Sen, il devait juste faire son deuil, comme si c’était la raison de son obstination, cette promesse n’était finalement qu’une manière de ne pas laisser Fuyu mourir. Dans le fond, il avait quand même raison. Il n’était pas idiot, et il fallait qu’il l’entende pour se dire que c’était vrai.

    Yuki – « De toutes manières, on ne vit qu’une fois, alors faire ça ou autre chose de ma vie… »


Cela avait l’air d’une révélation fataliste, mais elle trahissait la pensée du jeune homme. Pour lui, il ne restait que deux ans avant que son état ne s’aggrave au point de devenir intenable. Il avait conscience que cette quête, serait la dernière, et son film… sa manière de rester dans l’esprit des gens allait mourir avec lui. Il allait disparaître sans réaliser son rêve parce qu’il avait fait une promesse.

Quoiqu’il en soit, il ne voulait pas encore abandonner malgré cette réalité. Il n’avait pas envie de se dire que c’était inutile, cela représenté tellement d’année de travail. « Que ferez-vous si vous parvenez à trouver un vampire mais qu’il ne peut pas vous aider ? ». C’est vrai que cette question c’était déjà posé à lui. Il n’y avait que peu de monde qui parler de cette capacité. Il se mordit la lèvre, et revint boire une gorgée du délicieux breuvage que lui avait offert l’homme devant lui.

    Yuki – « Si jamais, il est vrai qu’ils en sont incapables, je crois que j’abandonnerais définitivement, ou, plus vraisemblablement, je chercherais un vampire encore plus puissant. »


Après tout, tout était une histoire de puissance ! Il y en aurait bien un capable de lui donner ce qu’il veut, le plus grand des grand, celui que tout le monde redoute, que personne n’est capable d’arrêter. Cet être ! Ce monstrueux vampire que rien ne résiste. Il fit une petite moue en l’entendant dire ça. « Ça ne vous effraie pas ? Pourtant les vampires sont décrit comme belliqueux. Votre quête pourrait moins les intéresser que votre sang. ».

Pas que ça le blessé, non, il se disait simplement qu’il n’y avait aucune raison pour qu’un vampire s’intéresse un jour à son sang. Les vampires devaient être des personnes délicates, des êtres qui savaient pertinemment qui avait du sang bon pour eux. Et s’ils existaient, ils auraient fini par le mordre s’il avait pu en croiser sans le savoir non ? Surtout, qu’il avait tendance à laisser son cou dégagé.

    Yuki – « Honnêtement, non ! Je pense que s’ils existaient, ce serait possible, puis je me dis que non, mon sang ne peut pas les intéresser. »


Non, les vampires ne doivent pas aimer le sang aromatisé aux médicaments. Il ne doit rien y avoir d’agréable pour eux, et c’est pourquoi, il est travail. Il recommença alors à manger un peu, quelques petites bouchée de nouille, appréciant véritablement son repas. Il se régalait, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas mangé un vrai repas dans la nuit, qu’il n’avait pris le temps de s’arrêter pour profiter un instant. Se poser, et simplement se régaler. Il finit par reposer ses baguettes, faisant une petite pause même si son assiette était loin d’être terminé. Il avait parfois du mal à manger une quantité normale, les médicaments lui coupant assez rapidement l’appétit.

    Yuki – « Mais vous savez, je pense qu’ils ont tort. On les décrit comme des êtres immondes, parfois même on les réduit à l’image d’une bête. Un peu comme s’ils étaient des sous hommes, restreint à garder leur animalité… Mais je pense que ce n’est qu’un fantasme de l’homme de se dire qu’il est supérieur en tout occasion. Même devant le surnaturel ! »


Yuki ne put retenir un petit sourire, il avait l’impression de défendre de plus en plus leur cause, comme s’il y croyait. Mais dans le fond, s’ils existaient, et que tout était vrai…

    Yuki – « Je suis persuadé, qu’on pourrait apprendre beaucoup, ils ont vécu dans beaucoup de nos époques après tout. Et si jamais je me trompe, je n’avais qu’à voir les vampires, de la même manière des autres. »



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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Sam 3 Mar - 13:43




Le repas aurait pu se passer plus mal et l’incident aurait pu se révéler plus dramatique. Sommes toute, en dehors du fait que Sensui ne pouvait pas profiter à loisir d’un petit moment de tranquillité comme il l’aurait voulu, le moment n’était pas non plus désagréable. Peu orthodoxe peut être… Mais pas problématique. Il y avait pire que de se faire raconter des histoires de vampires par un fanatique en culotte courte tout en flanelle.

Au fond, c’était même un peu amusant que d’avoir ce genre de conversation. On disait tellement de choses toutes plus absurdes les unes que les autres sur les vampires qu’à chaque nouvelle génération, Sensui était admiratif devant le talent des humains pour se raconter des histoires. Il y avait toujours un truc en plus auquel personne en temps normal n’aurait jamais songé. Nul doute : sa race captivait les hommes plus encore qu’elle ne les effrayait. Y avait qu’à voir comme de « tueur sanguinaire de film d’horreur » le vampire était passé à « créature terriblement romantique ».

A la vérité, le monde de la nuit n’avait rien de romantique et tenait probablement finalement plus du film d’horreur. Quoi qu’il en soit, les éléments « réels » dont l’imagination populaire s’étaient inspirés étaient noyés sous tout un tas de stupidités qui se surpassaient les unes les autres et cette conversation promettait de lui faire arquer plus d’une fois les sourcils.

◈ Je suis persuadé que quelque chose les trahit. Je pense que tout est dans les yeux, l’aura qu’ils dégagent. Ils sont sur cette planète depuis si longtemps… je suis persuadé qu’ils doivent être parfois blasés, comme piégés, pour certains tous du moins.

Oui, sans doute… Mais ça, même les hommes pouvaient le ressentir. Arrivés en bout de vu, après soixante ou soixante-dix années, la lassitude commençait à les peser. Sensui se demandait si c’était d’avoir « tant vécu » réellement ou par résignation pour la mort. Il n’était pas certain de la réponse en tout cas.

Quant à ce qui trahissait les vampires… Il y avait peut être bien quelque chose mais dans l’essentiel, c’était propre à chacun. Il n’existait aucun signe distinctif, heureusement. Si on avait pas eu peur de frôler de trop près le point Godwin, on aurait parlé des chiffres tatoués sur les bras des juifs.

Enfin… Toujours est-il que les vampires étaient peut être bien, pour quelques uns, des êtres blasés. Ou « piégés » même si le terme semblait trop excessif au vampire qu’il était. Mais être blasé ne signifiait pas être un vampire et donc finalement, ça n’avait à ses yeux rien de très distinctif. Pas étonnant qu’avec ses recherches pourtant visiblement très minutieuse, Yuki n’ait rien trouvé.

◈ Pour mon frère, c’était la beauté figée. J’ignore s’il a raison, mais je trouve que … c’est un peu trop facile. Et, d’après ses dessins, je ne sais pas, vous ressembleriez au 6ème dessin par exemple, mais … beaucoup de monde y ressemble aussi… Je crois que ce serait trop facile.

Tout en lui disant cela, Yuki lui tend un carnet de différents croquis. Sensui vient s’essuyer la bouche sur un coin de serviette puis ses mains afin de ne pas salir le papier et finalement, il récupère le carnet tout en réfléchissant à ce qui venait d’être dit.

« La beauté figée ». C’était vrai pour beaucoup de vampire. Mais pour certains… Pas tellement. On croyait souvent, à tord, que les vampires n’engendrait que par goût pour la beauté. Ce n’était pas vrai en réalité. Beaucoup de vampires étaient attiré simplement par le concept d’aboutissement ou de réussite. C’est ainsi que la société vampirique était souvent composé de belles personnes c’est vrai… Mais aussi de beaucoup de sages et d’érudit. D’hommes et de femmes autrefois intelligent et à la pointe de leur discipline, des artistes aussi. Ou plus sobrement des êtres qui avait un charisme qui aurait fait plier l’échine à n’importe quel dictature en face to face.

Bien sûr, cette tendance se perdait peut être de plus en plus avec les nouvelles générations. Disons qu’il était difficile de serrer la bride et de faire une sélection dans le choix des nouveaux vampires.

Quoi qu’il en soit, Sensui tourne lentement les premières pages pour voir les premiers dessins, ne reconnaissant personne en particulier même si le troisième lui faisait éventuellement penser à quelqu’un sans qu’il mette forcément bien son nom dessus.

Il arrive ainsi au sixième dessin, l’observant donc un peu plus scrupuleusement puisque Yuki prétendait qu’il lui ressemblait. Il doutait néanmoins que ce soit le cas puisque le jeune homme avait ajouté que ça pouvait ressembler à « beaucoup de japonais ». Hors bon… Même si Sensui s’en cachait et préféré qu’on pense qu’il fut débrider, ses origines bâtardes étaient visibles sur son visage. Il n’avait pas le même faciès que n’importe quel japonais qu’on trouve dans la rue et ainsi, les yeux sur le croquis sont beaucoup plus allongés que les siens, dans cette amande particulière qui appartient aux nippons.

Sans aller plus loin, Sensui referme le carnet de croquis pour le rendre à son propriétaire en signalant :

◈ Désolé de vous décevoir mais je crains ne pas me reconnaître dans ce dessin. Avec le temps, vous y voyez sûrement un peu tout le monde tant vous les avez regardé.

Sensui reprend sa fourchette, revenant manger alors que son plat lui a été rapidement et discrètement rapporté.

Yuki, lui, est repartit sur cette idée tiré d’il ne savait où comme quoi les vampires pouvaient ressusciter les morts. Si ça avait été vrai, s’aurait été nettement plus difficile de préserver leur secret… Certes, les vampires étaient morts pour ressusciter… Mais le processus était très différent : c’est la morsure qui les avait tués, rien d’autre.

◈ J’en suis persuadé, j’ai lu plusieurs livres qui parlaient de ce genre de pouvoir. L’humain en putréfaction devenant alors l’esclave de la puissance qui l’a fait revenir à la vie ! Sinon… J’aurais cherché les vampires en vain, et je crois que mon opinion sur eux n’aura pas changé.

Ha… Ca fait penser à quelque chose à Sensui. Lui qui lisait énormément, sur bien des sujets et dont la bibliothèque était pleine à craquer demande donc :

◈ Vous ne parlez pas plutôt de la nécromancie ?

Et puis tout de même, il s’enquiert :

◈ Vous dites que cette vie est une vie d’esclavage et vous voulez pourtant que ça arrive à votre frère ?

C’était un peu étonnant pour être honnête. Surtout que Yuki ne semblait en rancune avec ce fameux frère. En tout cas :

◈ J’ai moi aussi entendu dire que la nécromancie ne relevait que le corps et absolument pas l’âme. Il s’agit de coquille vide.

L’intérêt était donc plutôt moindre… Et de toute façon… Hé bien la nécromancie, ça n’existait pas, voilà tout.

◈ S’ils n’ont que l’immortalité, et aucuns pouvoirs sur la mort… Leur existence sur cette terre devient aussi futile que celle des humains.

Allons donc ! Quelle drôle de réflexion à laquelle Sensui ne peut évidemment s’empêcher de répondre :

◈ Qui a dit que la vie humaine était futile ? Les hommes sont capables de grandes choses qui leur prennent parfois toute une vie voir plusieurs générations à mettre en place. Si les vampires existaient, ils seraient donc capable d’encore plus de prouesse car ils auraient acquit des connaissances plus nombreuses et auraient pu aboutir à plus encore de résultats.

D’ailleurs, bien des découvertes avaient des origines vampiriques…

◈ De toutes manières, on ne vit qu’une fois, alors faire ça ou autre chose de ma vie…

Sensui a un petit mouvement d’épaules. Ce n’était pas dénué de sens et en même temps :

◈ Si vous croyez en la possibilité d’une vie après la mort, cette remarque ne se défend pas.

Mais lui n’avait pas grand-chose à redire sur la manière dont Yuki voulait mener sa vie. Pas qu’il s’en moquait mais… En fait si, un peu. C’était dit sans méchanceté mais ils ne se connaissaient pas malgré tout… Et tout au plus dans soixante-dix ou quatre-vingt ans, Yuki ne serait plus de ce monde alors que lui le serait vraisemblablement encore.

◈ Si jamais, il est vrai qu’ils en sont incapables, je crois que j’abandonnerais définitivement, ou, plus vraisemblablement, je chercherais un vampire encore plus puissant.

◈ La quête du Saint Graal. Ils sont tous mort en le cherchant.

Et c’est aussi ce qui arriverait sans doute à Yuki. Et comme dans l’histoire, tout autour de lui mourrait avant ça. Peut être qu’il pourrait caresser l’espoir, au moment de sa mort, d’entre-apercevoir la vérité… La réponse… Mais c’était malheureusement pour lui peu probable encore.

Yuki parle ensuite de son sang qui ne pourrait pas intéresser un vampire et Sensui arque un sourcil un rien surprit et dubitatif. Il présumait beaucoup le petit là…

Le jeune homme fantasme ensuite un peu sur les vampires et Sensui le laisse faire, profitant de ce moment de monologue pour continuer de manger sans faim et sans envie, buvant à petits intervalles réguliers…

◈ Je suis persuadé, qu’on pourrait apprendre beaucoup, ils ont vécu dans beaucoup de nos époques après tout. Et si jamais je me trompe, je n’avais qu’à voir les vampires, de la même manière des autres.

La dernière phrase reste… Complètement obscure. Sensui n’y avait rien comprit… Mais peu importe, le début avait plus d’intérêt.

◈ Mais c’est bien joli tout ça… Sauf que finalement, qu’est ce que les vampires gagneraient à partager tout ça avec nous ?

Ouais… « Nous »… Fallait bien garder les illusions quoi.

◈ Jusqu’à présent vous parlez de ce qu’ils auraient à nous offrir… Mais au fond… Pourquoi le feraient-ils ?

Et là, c’était un peu du vampire en lui qui parlait. Sans mépriser réellement la race humaine, il ne jugeait pas lui devoir quoi que ce soit… Surtout pas un tribu aussi cher que le savoir.


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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Mer 14 Mar - 13:49


Yuki est un jeune homme qui est plus qu’obnubilé par cette histoire de vampire. Du soir au matin, du matin jusqu’au soir, il ne cessait d’y penser. Il avait l’impression… Non ce n’était déjà plus une impression sa vie, le peu de vie lui échapper au profit de cette recherche. Il allait mourir, et cette évidence ne l’empêcher pas de continuer. De toutes manières que pouvait-il faire de plus ? S’apitoyer ? Tenter en vain de vivre une vie à laquelle il ne pouvait pas même aspirer ? C’est bien pour cette raison qu’il avait cessé d’aller à l’école. Il savait lire, écrire, compter alors pourquoi vouloir connaître plus. Son frère, tout comme lui ne serait que de très mauvaises recrues pour les vampires, ils n’auraient jamais su briller d’intelligence. Yuki en était le témoignage parfait.

Lui montrer les dessins de son frère n’avait rien de réellement étonnant. Il les avait même publiés sur le net pour savoir ce que les autres pensaient. Mais, en l’entendant, il ne pouvait se dire que c’était vrai, il voulait encore avoir un petit espoir, mais la flamme s’éteignait de plus en plus. Il n’y croyait pas. « Désolé de vous décevoir mais je crains ne pas me reconnaître dans ce dessin. Avec le temps, vous y voyez sûrement un peu tout le monde tant vous les avez regardé. ». Il savait qu’il avait raison, il avait passé des heures, et il espérait tellement croiser la route d’un vampire, atteindre cet objectif dément qui ne lui appartenait pas, ce rêve qui n’était autre que celui de son frère, qu’il voyait en chaque être qu’il croyait un vampire.

Enfin, pour certains, il y croyait plus que pour d’autres. C’est un peu comme le jeune homme face à lui, avant de venir lui parler, il s’était dit qu’il aurait pu être un vampire. Maintenant qu’il discutait, il se rendait compte que plus les gens étaient intéressé par les vampires, et plus ils pouvaient dégager quelque chose de mystique. L’aura de Sensui, ce qu’il ressentait en le voyant, lui donnait une impression. Mais, il devait se faire à une évidence simple : ce n’était pas une aura mystique qu’il détectait, mais simplement, l’aura de la connaissance. Il était en face d’un jeune intellectuel qui s’était visiblement posé plus d’une question à leur sujet, qui réfléchissait et rien de plus.

Il se mordit la lèvre avant de lui tendre un petit sourire. Il ne souriait jamais de toutes ses dents, toujours une petite esquisse, ce n’était pas un sourire en coin moqueur, non, il était reconnaissant que quelqu’un perde un peu de son temps pour lui remettre les idées en place. Il se sentait un peu idiot, réalisant qu’il avait un esprit qui vagabondait peut-être parfois trop.

    Yuki – « Je pense que vous avez raison, je ne fais qu’espérer la fin de cette quête… Mais, ce n’est pas suffisant. En tous cas, je vous remercie… Je crois que j’avais besoin qu’on m’ouvre les yeux. »


Il regarda ensuite son assiette, il y avait encore des nouilles, il n’avait pas l’habitude de manger autant. D’ordinaire, un petit pain et il avait mangé, la nuit, il était plus du genre à grignoter au fil de ses envies et non de rester assis derrière une table. C’était tellement rare, et pourtant, cela lui faisait le plus grand bien. Il reprit donc une bouchée, appréciant simplement les nouilles qui doucement mais sûrement refroidissait. Le fait de discuter n’était pas l’allier des personnes qui aimaient les manger chaudes, voir plus que chaudes. Lui, n’était pas de ceux-là. Il n’aimait pas devoir faire du bruit en aspirant les nouilles pour les refroidir. Ainsi, quand Sensui se remit à lui parler, il ne fit pas le difficile, et reposa ses baguettes sans même se soucier de n’avoir encore rien mis dans sa bouche. « Vous ne parlez pas plutôt de la nécromancie ? »

A ces mots, il comprit qu’il y avait un réel nom pour ce qu’il attendait des vampires. Il ne s’était jamais réellement intéressé à ce pouvoir, à cette manière de faire, dans les livres le nom n’était pas évoqué, simplement décrit. Dans son esprit, cela ne pouvait être que possible. Après tout, si les vampires pouvaient exister, ils avaient obligatoirement quelque chose qui sortait de l’ordinaire, un pouvoir sur la mort. Les êtres des ténèbres étaient des démons capables de lever des armées. Enfin, dans son esprit, cette image était la plus vivante ! Il n’imaginait même pas des vampires simples immortels.

Il avait l’image de l’homme qui devient la goule d’un vampire, obligé de le servir de vendre son humanité à chaque morsure pour que le vampire soit comblé, simplement heureux, enfin, si celui-ci peut encore aspirer au bonheur. Yuki était ce genre d’humain. Et la réflexion de son compagnon de tablée ne put que lui arracher un nouveau sourire « Vous dites que cette vie est une vie d’esclavage et vous voulez pourtant que ça arrive à votre frère ? ».
Yuki ne lui en voulait pas, non, il comprenait cette question parce qu’il pouvait avoir une logique déroutante. Il était même prêt à devenir le petit insecte qu’écrase le grand vampire. Il était prêt à vendre sa vie au vampire le plus offrant sous réserve qu’il sauve son frère et le fasse être son serviteur. C’est ce dont rêver le plus au monde Fuyu. Il voulait être au service d’un vampire, devenir ensuite lui-même un vampire et briller dans les légendes comme étant le précurseur d’une nouvelle génération de vampire. Il avait vu son frère imaginait sa vie au service d’un être de la nuit. Au point, que Yuki avait eu souvent l’impression de ne pas compter à côté du rêve de vampire de son frère.

    Yuki – « Cela peut paraître idiot et sans cœur, mais … il voulait être le serviteur d’un vampire de son vivant. »


Il se mordit la lèvre, il ne voulait pas qu’on juge son frère, de ses envies. Nombreuses sont les personnes qui de son vivant, quand il parlait de ça, lui disait qu’il aurait mieux fait de vendre son corps à un proxénète plutôt que d’aspirer à une vie de servitude. Tant de personne avait lutté pour améliorer la condition humaine, et certains voulaient revenir à cet état primitif. Mais, la révélation qu’il fit à Yuki le détruisit d’une certaine manière…« J’ai moi aussi entendu dire que la nécromancie ne relevait que le corps et absolument pas l’âme. Il s’agit de coquille vide. ». Une petite larme, marque qu’il était réellement touché par ce qu’il venait de dire vint poindre au bord de ses yeux.

Il n’allait pas non plus pleurer devant un étranger, il ne faut pas croire, en un instant il se reprit. Mais l’idée que son seul but était en train de s’éloigner, de disparaître… Il n’allait donc pas être en mesure de le sauver ? Il allait revoir son corps, mais sans son âme ? Alors à quoi bon faire tant d’effort. Il avait l’impression que son monde était en train de se briser à cet instant. Il avait l’impression… non, ce n’était pas une impression mais une réalité qui devenait de plus en plus présente. Il était incapable de réagir, il restait impassible, muet le temps de réfléchir, espérant que son interlocuteur se trompait.

    Yuki – « J’espère que non, je ne veux pas que mon frère soit une poupée articulée…»


A cela, s’ajouta une réflexion sur la futilité de la vie humaine, si jamais son frère ne devenait qu’une simple poupée à laquelle on accroche des ficelles, il était évident pour lui qu’il ne serait plus rien. L’être humain, tout comme les vampires n’auraient de sens à ses yeux. Sans son frère, sans cette possibilité de le retrouver, de le câliner, ou même… simplement lui ébouriffer les cheveux, sa quête devenait simplement inutile. L’homme, il n’y croyait plus, il ne pensait plus qu’il était capable de grandes choses depuis bien longtemps déjà. Toutefois, il écouta les paroles emplit d’espoir et d’indulgence pour l’homme. « Qui a dit que la vie humaine était futile ? Les hommes sont capables de grandes choses qui leur prennent parfois toute une vie voir plusieurs générations à mettre en place. Si les vampires existaient, ils seraient donc capables d’encore plus de prouesse car ils auraient acquis des connaissances plus nombreuses et auraient pu aboutir à plus encore de résultats. »

Les paroles de Yuki étaient principalement motivées par son absence d’espoir à vivre plus longtemps. L’homme cherchait, mais pour l’humanité entière, depuis combien de temps on cherchait un remède au SIDA ? Alors que pour sa maladie, elle touche trop peu d’humain pour que ce soit important. La médecine ne s’y intéressait simplement pas. Il se mordit la lèvre, il ne comptait pas parler des raisons de ses dires. Il savait qu’il faudrait des années, des décennies pour qu’enfin un remède soit cherché à sa maladie. Les vampires, peut-être qu’ils auraient été les seuls à trouver un intérêt à chercher une solution. Après tout, à ne pas avoir de soleil, son sang ne doit pas être des plus délicieux, et leur réserve de sang ne pouvait prendre le risque de contaminer le reste.

Contaminer était sûrement un terme trop fort, après tout sa maladie n’était pas contagieuse bien que tout le monde pensait qu’en le touchant, ils risquaient de l’attraper. Il était parfois amusé de voir la bêtise humaine. Il pencha un peu la tête sur le côté. Il avait vraiment l’air d’un dépressif, « Si vous croyez en la possibilité d’une vie après la mort, cette remarque ne se défend pas. ». Il secoua alors la tête et reprit une gorgée de vin avant de reprendre la parole.

    Yuki – « Je crois en des âmes errantes, aux fantômes : nos esprits prisonniers, plus qu’en une réelle vie après la mort. »

Sensui avait ce quelque chose que peu de monde avait, en quelques phrases il parvenait à cadrer Yuki sur des vérités qu’il avait inconsciemment niées. « La quête du Saint Graal. Ils sont tous mort en le cherchant. ». Chaque parole résonnait en Yuki. Il savait qu’il allait mourir en cherchant un vampire assez puissant, si ce n’est en ne sachant pas la réalité, ou, par un vampire lui-même.

    Yuki – « Peut-être que cela m’arrivera. La révélation arrivera sûrement sur mon lit de mort, mais au moins j’aurais la satisfaction d’avoir fait tout ce que je pouvais de mon vivant pour le sauver. »


« Mais c’est bien joli tout ça… Sauf que finalement, qu’est-ce que les vampires gagneraient à partager tout ça avec nous ? ». En effet, les vampires sont tellement intelligent, ils ont tout ce qu’ils peuvent avoir, alors pourquoi s’occuper des humains ? Il fit une petite moue, « Jusqu’à présent vous parlez de ce qu’ils auraient à nous offrir… Mais au fond… Pourquoi le feraient-ils ? ». Il avait ciblé un cruel problème, le souci qui faisait penser à Yuki qu’ils n’existaient pas réellement. Ils étaient supérieur, ils n’auraient donc pas à se cacher, mais ils le fond. Tout cela va visiblement ensemble, le nœud du problème se trouvait bel et bien là ! Il mangea une bouchée de son plat en plissant un peu les yeux. Après avoir avalé, il eut un petit soupire, presque désespéré de ne connaître les réponses à toutes ses interrogations.

    Yuki – « Peut-être rien, mais s’ils existaient, pourquoi pense-t-il qu’il vaut mieux se cacher ? L’homme leur est inférieur après tout… Même s’ils ne gagneraient rien à partager, ils pourraient tous nous dominer… »


Cruelle vérité qui lui fit se dire qu’il avait probablement tort.

    Yuki – « Peut-être que je me trompe depuis le début… »


Oui, il ne voyait finalement pas d’intérêt à ce que les vampires aillent à la rencontre des hommes. Ils se cachaient sûrement pour une bonne raison : la peur des hommes face à l’inconnu. Et pourtant… Il était persuadé au fond de ses tripes que s’il y avait quelque chose, ils avaient intérêt à se côtoyer. Il suffisait de trouver la raison.

    Yuki – « On peut devenir esclave sinon … Je crois que c’est tout ce que l’homme serait capable de faire… servir ! On dit que l’homme à l’imagination, la fantaisie, mais … rien ne nous prouve qu’eux n’en ont pas. Je pense, qu’en réfléchissant, on peut trouver ce que l’homme pourrait apporter aux vampires ! »



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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Dim 18 Mar - 13:34




◈ Je pense que vous avez raison, je ne fais qu’espérer la fin de cette quête… Mais, ce n’est pas suffisant. En tous cas, je vous remercie… Je crois que j’avais besoin qu’on m’ouvre les yeux.

Si quelqu’un connaissant Sensui avait été là, nul doute qu’il aurait eu un moment de bug. Sen qui faisait quelque chose qui lui faisait mériter un « merci » d’un humain tout ce qu’il y avait de plus lambda, c’était limite surnaturel. Pas qu’il soit désagréable gratuitement envers ces petites choses fragiles mais Sensui évitait habituellement de perdre son temps en bavardages stériles. Et quoi qu’on en dise, même si la conversation était distrayante, elle ne portait pas vraiment à conséquences. Pas pour lui en tout cas et si Sensui n’était pas un nombriliste né, il n’allait pas non plus se mettre à compatir pour chaque personne qu’il rencontrait.

Le vampire accueil néanmoins ces remerciements d’un petit signe de la tête poli, toujours au fait d’une certaine politesse dont il ne se détachait que très rarement.

La conversation se recentre ensuite sur le frère de Yuki. Le « défunt » frère. Frère qui visiblement avait aspiré à servir un vampire. Pourquoi ? Pour être un vampire lui-même ? Ils étaient nombreux –plus qu’on ne l’imaginait- à connaître l’existence de leur race et beaucoup caressaient le secret espoir d’être un jour mordu. Forcément, en y pensant, c’est le visage de Fubuki qui vient à l’esprit de Sensui. Mais le serveur avait cela de bien qu’il savait ne pas être fanatique. Il avait trop d’orgueil pour ça sans doute et c’était ce qui faisait tout son intérêt. Est-ce que Sensui le mordrait un jour ? Mystère… Il y avait malgré tout peu de chance… Et c’était sans compter sur le fait que Seijûrô était le genre peu partageur…

En tout cas, la perspective de voir son frère comme une marionnette accroché à ses filets, sans âme et sans personnalité semble refroidir son vis-à-vis. En même temps, même lui qui savait paraître si détaché de tout pouvait comprendre qu’on ne désirait pas ramener une coquille vide à la vie. La présence physique n’était jamais suffisante. Le manque était mille fois plus psychologique, émotionnel.

Si Seijûrô venait à disparaître, Sensui savait déjà qu’il aurait tout le mal du monde à s’en remettre. Sans doute même qu’il n’y parviendrait pas. La première chose qu’il ferait, se serait de venger son fils. Tôkyô serait probablement mit à feu et à sang. Nul doute qu’à cette occasion, il se mettrait le Grand Conseil à dos, en plus de l’Ordre et des chasseurs… Mais qu’importe. Il y avait, chez les nouveaux vampires, un désir d’un grand avènement. Celui de l’ère vampire. De l’empire vampire même. Il rallierait ceux là à sa cause et marcherait sur la ville, cherchant à consoler son cœur brisé sans jamais y parvenir.

Et puis il mourrait, probablement. Tué par une faction ou une autre. Peut être même qu’il se donnerait la mort. Les êtres humains disaient souvent qu’il n’était pas naturel qu’un enfant meurt avant ses parents et ce n’était pas parce que les vampires touchaient du bout des doigts l’immortalité que cet adage était moins vrai. Pas parce que leur cœur s’était un jour arrêté de battre dans leur poitrine qu’il ne savait plus ressentir la moindre émotion.

◈ Je crois en des âmes errantes, aux fantômes : nos esprits prisonniers, plus qu’en une réelle vie après la mort.

Sensui acquiesce, plus pensif qu’autre chose, continuant son repas sans se presser mais malgré tout avec une certaine rapidité propre aux hommes qui manque souvent de temps pour prendre le temps de se poser. C’était vrai et en même temps, c’était aussi dût au fait que Sensui n’était pas en mesure de réellement profiter de ce repas, aussi délicieux soit-il. Yuki pour sa part semblait faire relativement honneur à son repas quoi qu’il mangeât du bout des lèvres, s’interrompant chaque fois qu’il avait quelque chose à dire ou que Sensui lui disait quelque chose d’un peu plus pointu.

◈ Peut-être que cela m’arrivera. La révélation arrivera sûrement sur mon lit de mort, mais au moins j’aurais la satisfaction d’avoir fait tout ce que je pouvais de mon vivant pour le sauver.

C’était une philosophie que Sensui n’était pas certain de partager. Quand on mourrait, on pouvait découvrir alors comme la vie était précieuse. Peut être pour ça que les vampires savaient parfois autant vivre dans l’excès. Ils avaient testé la mort, en était revenu… Et cette seconde vie leur apportait la chance d’essayer tout ce qu’ils s’étaient interdit de faire de leur vivant. Enfin… De leur première vie en tout cas. Quoi qu’il en soit, respectueux des morts, Sensui se contente de baisser légèrement les yeux, humble.

◈ Peut-être rien, mais s’ils existaient, pourquoi pense-t-il qu’il vaut mieux se cacher ? L’homme leur est inférieur après tout… Même s’ils ne gagneraient rien à partager, ils pourraient tous nous dominer…

Les pensées de Yuki font ainsi leur petit bonhomme de chemin. En effet, on pouvait se demander si, avec la supériorité qui était la leur, soit disant, les vampires n’auraient pas tout intérêt à sortir de l’ombre. A « domestiquer » l’être humain pour en faire un garde mangé à la manière d’une usine qui fabriquerait du lait en poudre. Mais le monde n’avancerait alors plus vraiment… Parce que l’humanité serait tant occupé à essayer de survivre ou de lutter que ce ne serait que guerres, de manière perpétuelle. Un affrontement d’autant plus délicat que les vampires avaient besoin des hommes pour se nourrir, pour survivre. Alors il fallait leur laisser leur part de libre arbitre. Les laisser croire qu’ils étaient tout en haut de la chaîne alimentaire…

◈ On peut devenir esclave sinon … Je crois que c’est tout ce que l’homme serait capable de faire… servir ! On dit que l’homme à l’imagination, la fantaisie, mais … rien ne nous prouve qu’eux n’en ont pas. Je pense, qu’en réfléchissant, on peut trouver ce que l’homme pourrait apporter aux vampires !

Voilà qui fait écho aux pensées de Sensui, quoi que pas exactement de la même manière. Encore que… Disons que c’était une légère différence de point de vue mais que les idées se rassemblaient. Le vampire vient récupérer son verre de vin, le portant à ses lèvres, en buvant une longue gorgée sans quitter Yuki des yeux. Ce n’était pas la première fois, en plus de huit-cent ans de vie, qu’un être humain lui parlait des vampires sans savoir qu’il en avait un en face de lui. Néanmoins, ces occasions n’avaient pas non plus été nombreuses et pouvaient finalement sans doute se compter sur les doigts d’une seule main. Toujours était-il que c’était toujours un peu pareil… Les mêmes questions, les mêmes peurs et tout en même temps, les mêmes désires. De toute façon, peur et envie avaient toujours été liées très étroitement. Une question de biologie ? Non pas tant… La preuve, les vampires partageait cet aspect de l’humanité et pourtant, tout ce qui fut un jour biologique chez eux était mort.

◈ Et vous croyez que s’ils avaient conscience de quelque chose que les hommes ont qu’ils n’ont pas, ils se révèleraient au grand jour pour marchander ?

Sensui fait une légère pause avant de demander :

◈ Vous ne pensez pas plutôt qu’il prendrait de force ce petit quelque chose ? Ou peut être que c’est moi qui imagine une société vampirique forte et violente…

S’il avait été humain, Sensui aurait soupiré. Mais là, il se contente de venir croiser ses couverts dans son assiette pas tout à fait terminée. Disons que « l’appétit lui manquait ». Oui… Ca devait être ça.

◈ Je vous souhaite bonne chance en tout cas. Je ne partage pas vos croyances, vous m’en voyez désolé… Mais ça ne m’empêche pas de vous souhaiter de trouver ce que vous voulez.

D’un petit geste de la main, Sensui interpelle une serveuse pour réclamer la carte des desserts. Il ne comptait cependant pas en prendre. Sensui allait juste l’observer quelques instants, faisant mine de se tâter et puis il la lui rendrait en demandant simplement l’addition et un thé vert. D’ailleurs, en parlant d’addition :

◈ Permettez-moi de payer la note pour nos deux repas.

Et parce que ce n’était pas une invitation à se brider, il ajoute :

◈ N’hésitez pas à commander un dessert et une boisson chaude. Je prendrais moi-même assurément un thé.

Ca lui rappellerait ses petits plaisirs de lorsqu’il était vivant.

◈ Ne vous pressez pas de finir, je ne suis pas attendu même si je ne passerais pas non plus la nuit ici.

Non… Forcément…


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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Mar 3 Avr - 19:03


« Et vous croyez que s’ils avaient conscience de quelque chose que les hommes ont qu’ils n’ont pas, ils se révèleraient au grand jour pour marchander ? » En l’entendant dire ça, Yuki comprenait l’ampleur de sa bêtise de penser que les vampires se montraient pour cette raison. Après tout, s’ils avaient voulu se montrer, voilà bien des siècles qu’on aurait eu la certitude de leur existence. Il était en train de se dire que non, il était fort probable que les hommes n’avaient rien à leur offrir. Les vampires, s’ils étaient réellement présent sur cette planète, n’avait finalement pas le moindre intérêt à venir leur parler.

C’était un peu comme sa quête, il recherchait un vampire capable de l’aider, mais, même s’il en trouvait un, ce vampire n’aurait pas plus d’intérêt que cela de venir en aide à une pauvre chose. Yuki avait légèrement baissé les yeux, se perdant en cet instant dans ses pensées. Il n’avait jamais réellement vu le problème sous un autre angle que celui des livres, des gens du net ou même de son frère. Mais pour lui, qui était un sceptique depuis toujours, il ne cessait de se demander… de s’interroger, et finalement, ce genre de questionnement le conforter dans l’idée que sûrement les vampires n’étaient pas de ce monde.

Yuki était en train de perdre sa vie, le peu d’heure qui lui était permis de sortir dans une quête inutile. Il avait commencé à prendre conscience de l’inutilité de sa vie depuis sa rencontre avec le prénommé Sensui. Il aurait voulu marquer la Terre entière de sa patte avant de mourir, malheureusement, il apparaissait que son rêve ne se réalisera jamais, et qu’il restera un anonyme dans un cimetière d’anonyme. Sa famille se souviendra de lui, et encore, avec le fil des années ils ne pourront que l’oublier. Yuki prenait conscience de plus en plus que rien ne changerait une fois qu’il disparaîtrait.

Il l’avait toujours su, d’où son envie de faire un film, marquer à jamais son passage sur terre avec une sorte de documentaire sur ce que fut la vie de jumeau atteint d’une grave maladie. Toutefois, il n’allait pas non plus se mettre subitement à pleurer à cause de ce qu’il était en train de se dire. Non, il restait attentif à toutes les paroles que pouvait dire son compagnon de tablée. « Vous ne pensez pas plutôt qu’il prendrait de force ce petit quelque chose ? Ou peut-être que c’est moi qui imagine une société vampirique forte et violente… ».

Un petit sourire ne put être retenu de la part de Yuki. Il releva le visage pour le regarder un instant, se demandant s’il était réellement sérieux en proposant l’hypothèse de la violence. La raison d’une telle réaction était simple : il avait longtemps eut cette hypothèse. Pour lui, les vampires, s’ils existaient, se serviraient sans aucune considération pour l’être humain. C’est à la longue de ses réflexions, mais surtout de ses conversations qu’il avait fini par se dire qu’ils ne devaient pas être violents.

Toutefois, cette hypothèse n’était pas négligeable à ses yeux, il le savait, après tout le premier grand mythe de vampire venant de Transylvanie, avec le comte Dracula n’était pas une histoire romantique, bien au contraire. Il suffisait de lire la première version. Yuki posa son regard sur l’assiette, puis, sur le jeune homme avant de prendre la parole.

    Yuki – « Aussi étrange que ça puisse paraître, j’ai longtemps pensé la même chose que vous. S’ils existaient, je ne les imaginais pas de la manière actuelle d’être romantique. Pour moi, je les voyais plus comme dans les premières descriptions comme des créatures assoiffés. Ils seraient à l’affût de ce qu’ils les tentaient que ce soit : sang, connaissance, ou autre… Et, ils … »


Subitement, Yuki se tut. Il se mordit alors un peu la lèvre en se disant qu’il était peut-être idiot. Il avait l’impression d’être un enfant face à lui. Il ignorait son âge, il ignorait tout de lui après tout, et il avait sûrement des pensées qui n’allaient pas plus loin. Il n’était pas particulièrement intelligent après tout. Il avait toujours eu ce petit sentiment d’infériorité envers les gens qui avaient sûrement pu faire de grandes études, réussir dans la vie. Il était aussi un peu jaloux.

Alors, il fut tout simplement toucher par les paroles. « Je vous souhaite bonne chance en tout cas. Je ne partage pas vos croyances, vous m’en voyez désolé… Mais ça ne m’empêche pas de vous souhaiter de trouver ce que vous voulez. ». Cela ne lui coûtait rien de lui souhaiter bonne chance, mais, il avait tellement peu l’habitude de ce genre de parole. Il le regarda alors appeler la serveuse. Pendant qu’il faisait ça, il se remit un peu à manger. Son plat était vraiment tiède, il ne fumait presque plus. Il pouvait ainsi manger sans mal.

Il appréciait son repas, il trouvait ça tellement délicieux, on pouvait un peu voir son aspect enfantin. Il avait encore cette innocence qui permet de simplement apprécier un plat. Un plat qui même banal prenait une toute autre dimension pour lui, comme s’il n’avait jamais rien mangé de meilleur au cours de sa vie. Une simplicité qui lui permettait d’aborder comme ce soir le sujet des vampires. Beaucoup serait parti, et n’aurait pas parlé à cet étranger de peur d’être jugé. A l’heure de la communication, on ne prenait plus le temps de sortir de son cercle de confort pour parler à des inconnus dans la rue.

    Yuki – « Le plaisir du partage, et justement de découvrir d’autres manières de penser. Je vous remercie. Je me sens impoli pour le coup, j’ai parlé de ma quête, mais j’ignore si vous aussi vous êtes en quête de … quelque chose de précis. »


Yuki était tranquillement en train de finir son repas, il n’en était qu’à la moitié mais il appréciait tellement qu’il n’avait pas envie que ce repas se termine trop vite. Il fut toutefois surpris à sa proposition. « Permettez-moi de payer la note pour nos deux repas. ». Ils venaient de se rencontrer et il lui proposait ça. Il en était quelques peu gêné pour être honnête. Il s’inclina d’ailleurs plusieurs fois en parlant d’une voix qui montrait sa reconnaissance.

    Yuki – « Je … vous remercie. Je suis terriblement touché par cette attention. Je … c’est trop ! »


Evidemment que s’était trop à ses yeux. Même ses parents ne lui offraient pas tant, raison pour laquelle il mangeait des petits pains dans les petits commerces ambulants. Il n’avait pas assez d’argent de poche pour se permettre de grandes folies. D’ailleurs, s’il devait payer sa part, il avait conscience que toutes ses économies y passeraient. Il sourit, se demandant s’il allait devoir se dépêcher. Mais, il fut assuré rapidement qu’il pouvait prendre son temps. « N’hésitez pas à commander un dessert et une boisson chaude. Je prendrais moi-même assurément un thé. » & « Ne vous pressez pas de finir, je ne suis pas attendu même si je ne passerais pas non plus la nuit ici. ».

Le jeune moon child garda alors son sourire en dégustant son plat et il se mit à réfléchir un bref instant. Il n’allait pas le faire payer plus qu’il ne devait à cause de sa générosité envers un inconnu. Il n’avait jamais été le genre de personne à profiter des situations qui s’offre à lui. Alors, le plus naturellement du monde, il allait lui avouer ce qu’il avait déjà choisi de prendre par la suite, sans même avoir regardé la carte. C’était au menu de tous les restaurants, et, il l’avait vu tout à l’heure, il était un peu venu pour ça aussi.

    Yuki – « Je pensais finir mon repas avec un café gourmand… »


Il garda son regard sur lui en se mordant un peu la lèvre.

    Yuki – « Je vous rassure, je ne comptais pas rester ici jusqu’au levé du soleil. »


Le jeune homme regarda un instant Sensui. Il avait un peu honte d’avoir dit ça comme ça. Il avait un peu l’impression qu’il allait le prendre pour un de ces hommes qui aiment tellement les vampires qu’il avait choisi de vivre avec leur rythme. Mais, ce genre de phrase pouvait aussi s’inscrire dans un contexte d’une logique normale. Pourquoi quelqu’un voudrait passer la nuit dans un restaurant.

Son regard se posa alors sur ses appareils pour filmer et une idée lui vint à l’esprit. Alors qu’il venait de manger la dernière bouchée de son plat, il montra sa caméra. Il ne l’avait pas allumé, mais, on voyait qu’une idée était en train de lui trotter dans la tête.

    Yuki – « Pardonnez ma manière cavalière de vous demander cela, mais … est-ce que vous accepteriez que je vous filme ? »


Il savait qu’il risquait de se demander pourquoi il voulait le filmer un peu.

    Yuki – « Ce film est le témoignage de ma vie… Est-ce que voudriez ? Je ne vous oblige pas, vous pouvez refuser. Mais sachez que je serais réellement reconnaissant si vous acceptiez. Je ferais ce que vous voudrez en échange… »


Yuki, comme à chaque fois qu’il parlait de son film avait des étoiles dans les yeux. On voyait toute la passion qu’il avait, son énergie mise dans son projet de témoigner de sa vie. Il voulait qu’on voie à travers les yeux d’un enfant malade qui a choisi de vivre au-delà de sa vie. Il savait que peu de monde voulait bien être filmé. Parfois, il imposait, mais, il avait compris depuis bien longtemps que cela ne plaisait pas toujours.

    Yuki – « En plus, avec un peu de chance vous pourriez devenir célèbre… A moins que vous l’êtes déjà… Mais dans ce cas, pardonnez-moi de ne pas vous avoir reconnu. »



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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Mar 10 Avr - 8:53


Spoiler:
 



◈ Aussi étrange que ça puisse paraître, j’ai longtemps pensé la même chose que vous. S’ils existaient, je ne les imaginais pas de la manière actuelle d’être romantique. Pour moi, je les voyais plus comme dans les premières descriptions comme des créatures assoiffés. Ils seraient à l’affût de ce qu’ils les tentaient que ce soit : sang, connaissance, ou autre… Et, ils …

Yuki commence… Mais ne finit pas. Sensui se contente de le fixer, attendant qu’il décide de finir sa phrase ou bien pas… Mais vu son air embarrassé, ça n’arrivera probablement pas. Pourtant, au point où il en était, il aurait pu poursuivre. Si Sensui était prêt à reconnaître que la société vampirique avait une de ses nombreuses racines dans la violence, il ne se sentait pas comme « assoiffé ». Peut être en même temps était-il mauvais juge ? Possible… Mais la race des hommes aussi était violente. Très. Trop sans doute. Et si éphémère qu’elle réglait ses conflit de façon intense et dramatique.

Les vampires n’étaient pas vraiment pires ou meilleurs –d’après lui- que les hommes sur le plan de la violence. Certes, ils tuaient presque à chaque jour… Mais les guerres qu’ils menaient étaient discrètes et si ce n’était pas du cataclysme qu’ils avaient dû affronter il y avait de cela cinq cent ans, ils n’auraient pas réellement eu de guerre dont ils auraient pu parler en étendard d’une activité guerrière vampirique.

En tout cas, sur ce point précis, Yuki était sans doute plus proche de la vérité que sur tous les autres. Il n’y avait peut être pas de magie, peut être pas d’ésotérisme… Mais il y avait du sang. De toute façon : rien n’importait plus que le sang. C’était « la vie ». D’une certaine façon, même s’ils ne l’utilisaient pas de la même manière, les hommes et les vampires avaient ceci en commun qu’ils en avaient besoin.

◈ Le plaisir du partage, et justement de découvrir d’autres manières de penser. Je vous remercie. Je me sens impoli pour le coup, j’ai parlé de ma quête, mais j’ignore si vous aussi vous êtes en quête de … quelque chose de précis.

Sensui vient se resservir une larme de vin pendant que Yuki poursuit son dîner. Il porte le verre à ses lèvres non sans l’avoir fait un peu tourner pour en apprécier la robe et la tenue… Puis il se fait pensif un instant. Est-ce qu’il était « en quête » ? Oui et non. Disons qu’il avait de nombreux objectifs mais rien qui puisse, sans doute, s’apparenter à une quête. C’était arrivé par le passé et peut être cela arriverait-il encore mais… Dieu l’en préserve, s’il existe.

◈ Non. Du moins à l’heure actuelle, rien ne me demande une si grande énergie qu’elle en soit comparable à la votre.

Néanmoins, pour ne pas passer pour un être insipide qui n’avait aucun but dans la vie, il ajoute :

◈ J’ai quelques objectifs quotidiens, quelques désirs… Mais rien que je pourchasse avec autant d’assiduité. Mais je suis un homme très occupé. Peut être que ça viendra un peu plus tard ?

Sensui a un rapide sourire, prenant une nouvelle gorgée de vin avant de reposer ce dernier sur la table, saisissant sa serviette pour venir la tamponner sur le dessus de ses lèvres. Yuki, de son côté, semble ne plus savoir où se mettre pour cette histoire de repas offert. Hé bien… Il lui en fallait peu pour être comblé à ce garçon. En tout cas, Sensui hausse légèrement les épaules, un petit sourire amusé venant flotter un instant sur ses lèvres.

◈ Nous disons donc un thé et un café gourmand, dès que vous aurez finit votre assiette.

De son côté, Yuki a une remarque qui, l’espace d’un instant, fait lever un sourcil de Sensui :

◈ Je vous rassure, je ne comptais pas rester ici jusqu’au levé du soleil.

C’était… Un peu spécial. Alors quoi ? Le jeune homme ne sortait que la nuit ? Il pourchassait à ce point les vampires ? Ou alors c’était une simple boutade vis-à-vis de leur conversation… ? Ca se pouvait aussi et Sensui ne relève donc pas particulière. Pas le temps ceci dit d’ajouter quoi que ce soit que Yuki lui montre d’un signe de main la caméra qu’il avait déposé près de lui.

◈ Pardonnez ma manière cavalière de vous demander cela, mais … est-ce que vous accepteriez que je vous filme ?

Il y a un instant de blanc pendant lequel le vampire observe le petit humain entre perplexité et suspicion… Et puis ce dernier précise ses pensées :

◈ Ce film est le témoignage de ma vie… Est-ce que voudriez ? Je ne vous oblige pas, vous pouvez refuser. Mais sachez que je serais réellement reconnaissant si vous acceptiez. Je ferais ce que vous voudrez en échange…

Il y avait des gens qui ne se rendaient pas compte qu’on n’accepte pas, sans savoir, de donner à un étranger « ce qu’il voulait » en échange de quoi que ce soit. Le regard de Sensui en revient néanmoins au petit appareil, sincèrement dubitatif.

◈ En plus, avec un peu de chance vous pourriez devenir célèbre… A moins que vous l’êtes déjà… Mais dans ce cas, pardonnez-moi de ne pas vous avoir reconnu.

Ha heu… Sensui a un petit rire, légèrement déridé par cette intervention avant d’assurer :

◈ Non non, rassurez-vous, personne de connu.

Du moins, pas dans la société humaine. Dans celle vampirique, c’était autre chose… Il y avait le bras très long et Sasara elle-même ne pourrait pas prétendre que son influence ne subordonnait pas la sienne. C’était un pari risqué pour elle et en même temps, elle avait pu le constater : Sensui sortait peu, voir pas du tout des rangs. Il faisait partit de ces vieux vampires sages et disciplinés.

Néanmoins, histoire d’expliquer en quelques mots très brefs ce qu’il fait dans la vie, Sensui ajoute :

◈ Je suis le propriétaire et gérant du Bloody Sunday. Vous voyez quoi ?

Un bar à alcool très prisé et à la clientèle assez particulière. L’endroit avait un bon standing, réputé… Sensui n’aimait pas qu’on s’y retrouve comme dans un bar quelconque et chassait sans vergogne les ivrognes ou les adolescents qui n’avaient pas l’âge de s’assoir à ses tables. Le Bloody Sunday était un gage de qualité. De la sienne. Et Sensui pouvait être sérieusement vieux jeu alors… Mais c’était aussi ce qui faisait sa réputation, à ce bel établissement.

Quoi qu’il en soit, après cette explication expéditive, Sensui en revient au problème plus immédiat, à savoir le caméscope :

◈ Que voudriez-vous que je dise ?

Puis avec un petit sourire en coin, Sensui signale :

◈ Je me vois assez mal expliquer devant un objectif ce que je pense des vampires. En fait, je n’y tiens pas.

Non seulement pour sa bonne réputation mais aussi parce qu’on était jamais trop prudent. Ses mots ne devaient pas être mal interprétés et s’il pouvait éviter d’être associer à cette chasse aux vampires, ça l’arrangeait plutôt…

◈ Libre à vous de répertorier à l’écrit ce que j’ai bien pu dire. Mais je passe mon tour pour la vidéo, puisque vous me laissez le choix.

De toute façon, des écrits, ça ce niaient.

◈ Je suis désolé. C'est-à-dire que mon image est importante pour mon commerce et votre quête associé au nom de mon établissement, admettez que ça fait mauvais genre.

C’était peu de le dire… « Bloody Sunday » et « Vampire » dans la même phrase, si Yuki montrait ça à de quelconques fanatiques, son bar allait être envahit par des idiots tout de noir vêtu et au maquillage gothique qui allaient peut être en faire leur lieu de culte satanique ou il ne savait quoi. Ok, il exagérait et voyait le truc en grand… Mais franchement, même un dixième de tout ça, ça ne le lui faisait pas.

◈ Vous avez interviewé beaucoup de personnes de cette manière ?

Et de fait, curiosité oblige, surtout sur un tel sujet :

◈ Des gens qui disaient des choses intéressantes ?


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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Sam 5 Mai - 9:39


Discuter avec Sensui était une bouffée d’air frais pour le jeune Yuki. Certes, il parlait toujours des vampires, ils n’avaient pas les mêmes opinions, mais simplement voir quelqu’un en chair et en os lui répondre. Avoir une discussion avec quelqu’un, cela lui avait tellement manqué. Ce n’était pas comme si ses parents le considéraient encore. Pour eux, comme pour tous, il était mort en même temps que Fuyu. La mort était ainsi la seule chose qui planait constamment autour de lui. Il avait ainsi l’impression de pouvoir oser, de pouvoir discuter. Cela faisait si longtemps.

Yuki prit alors son verre pour le finir. Il s’était délecté de ce vin. Ce n’était pas une vulgaire piquette qu’on trouve dans le premier supermarché. Il en avait bien conscience. Et il ne pouvait qu’en être reconnaissant envers le jeune homme qui lui avait permis d’en goûter. Une fois son verre terminé, il le posa tranquillement sur la table et regarda son assiette. Elle était presque vide. Il termina donc aussi son assiette en faisant une petite moue. Il écoutait tout en finissant de manger ce que lui disait le jeune homme.

« Non. Du moins à l’heure actuelle, rien ne me demande une si grande énergie qu’elle en soit comparable à la votre. ». Il était rare que quelqu’un reconnaissait qu’il fallait beaucoup d’énergie pour cette vaine chasse au vampire. Yuki sacrifiait le peu de vie qui lui restait dans un but des plus futiles. Sensui avait vraisemblablement d’autres choses à faire que de poursuivre des chimères. Il semblait tellement posé, raisonnable est pondéré que cela ne choqua pas Yuki. Il avait conscience que ce jeune homme avait mieux à faire, comme travailler par exemple. « J’ai quelques objectifs quotidiens, quelques désirs… Mais rien que je pourchasse avec autant d’assiduité. Mais je suis un homme très occupé. Peut-être que ça viendra un peu plus tard ? ».

Yuki le regarda quand il lui dit ça. Il haussa un peu les épaules. Est-ce vraiment primordial d’avoir un objectif qui vous prend tout … ? Plus il discuta avec lui, et plus il avait l’impression que non. Il avait l’impression que s’occuper constamment l’esprit devenait pour sa santé mentale de plus en plus dangereuse. Constamment il marchait sur le fil d’un rasoir à son plus grand désespoir. Pourtant, il continuerait, il ne pouvait pas se permettre d’abandonner de toutes manières. Il était : trop tard. Cette cruelle réalité venait de lui sauter aux yeux.

Mais, il n’avait pas le temps de penser à tout ça, il n’était pas l’heure à la déprime de toutes manières. Il releva donc la tête en l’entendant répéter leur commande à tous les deux. « Nous disons donc un thé et un café gourmand, dès que vous aurez finit votre assiette. ». Il était véritablement touché qu’il lui offre le repas. Et une fois qu’il eut finit sa bouchée, il se permit de prendre un peu la parole.

    Yuki – « De toutes manières… Je ne suis pas sur que vivre mes dernières années à les pourchasser profite. C’est peut-être fou, mais … J’aurais aimé qu’ils existent juste pour passer à autre chose et pouvoir me consacrer à ma vraie passion ! Encore merci, pour votre bienveillance. »


Il s’inclina d’ailleurs devant lui pour encore plus le remercier. C’est ainsi, d’autant plus normal aux yeux de Yuki de filmer son compagnon de table. Il se doutait qu’il pouvait refuser. Et, il ne serait pas blessé si c’était le cas. C’est ne pas demander qui l’aurait finalement dérangé. Il n’alluma pas sa caméra, préférant la garder en main jusqu’à avoir sa réponse. Il fut tout de même surpris par le petit rire de son interlocuteur. Il le trouvait aussi comique ? Cela ne gênait pas Yuki qu’il s’amuse à ses dépends.

Cela se vit encore plus quand Yuki ne put s’empêcher de sourire aussi. Il était toujours en apparence de bonne humeur, son regard était le seul qui ne resplendissait pas de cette même joie de vivre que le reste de son corps. Mais cette fois, le temps d’un instant il ne put retenir un éclair de joie. Il se mordit ensuite la lèvre quand il écouta sa réponse. « Non non, rassurez-vous, personne de connu. »

Ce genre de phrase ne menait jamais très loin. Il avait un peu l’habitude du refus, il s’attendait à une phrase : « je suis anonyme, et je compte le rester ». Il fut légèrement étonné par ce qu’il allait lui dire. « Je suis le propriétaire et gérant du Bloody Sunday. Vous voyez quoi ? ». C’était rare de voir quelqu’un dire sa fonction et le lieu où il exerçait son métier. Il devait réellement avoir des responsabilités. Un emploi du temps chargé, il compatissait. Il rêvait de pouvoir un jour travailler, rêve stupide qui ne verrait malheureusement le jour.

    Yuki – « Je connais de nom en effet, c’est un des endroits qui font parti d’un de mes clips … »


Il avait peur qu’il lui demande de retirer son clip. On ne voyait que la devanture, l’intérieur ne ressemblait pas au véritable intérieur, il avait juste « emprunté » la devanture, mais personne n’avait vu son clip encore. Il se mordit la lèvre, il savait qu’il n’avait aucun droit d’utiliser l’établissement de quelqu’un. Il ferma légèrement les yeux et il le regarda.

La peur se lit sur son visage pour une raison très simple, il craignait véritablement qu’il dise qu’il devait changer. Ce lieu, ce clip, c’était le dernier de son frère. Il y avait tellement de sentiment dedans, tellement de plaisir, de fou rire… De colère, de dispute. Ce clip était un concentrer de tous les tourments qu’avaient connu les deux jumeaux. Une relation autant conflictuelle que représentante d’un amour sans limite entre les deux frères. Yuki avait peur de devoir toucher ce travail qui était le dernier témoin d’une potentielle collaboration avec son frère.

Il savait qu’il n’aurait pas du filmer devant ce lieu, faire croire que c’était l’intérieur de celui-ci… Mais… Il avait tellement voulu trouver l’endroit parfait pour cette chanson. Il y a quelques années déjà, mais cela était si… important à ses yeux. Sensui n’avait sûrement pas remarqué les deux gamins qui chantaient et se filmaient tour à tour devant son établissement, pourtant… Ils étaient là. Il murmura alors, presqu’à contre cœur.

    Yuki – « Vous avouez une telle chose n’est peut-être pas une bonne idée, je peux masquer le nom de votre établissement si vous voulez … C’est que le nom, le lieu, cela dégageait une telle puissance et convenait parfaitement à la musique. Mon frère était persuadé que ce lieu renfermé un terrible secret ! »


Dans un soupire, il resta les yeux baissé avant de murmurer.

    Yuki – « Vous devez décidément nous prendre pour des fous… »


Evidemment, les jumeaux étaient des êtres étranges. Il regarda dans son sac et finalement enleva la carte mémoire pour en glisser une autre, il se mit à chercher quelque chose. Il voulait lui montrait ce qu’ils avaient fait espérant que cela le toucherait, et qu’il accepterait qu’il laisse le nom de son établissement. C’était peu de chose, mais il avait conscience que le sort de son clip était entre ses mains. Le dénaturer était pour lui une chose impensable contraire à ce que Fuyu voulait lui aussi.

Il releva ensuite son regard vers lui attendant le verdict définitif pour qu’il puisse le filmer le soir même. Il se mordit la lèvre, croisant légèrement les doigts. « Que voudriez-vous que je dise ? », cette phrase raisonnait un peu comme une évidence dans la tête de Yuki. Mais, Sensui n’était pas dans l’esprit du jeune réalisateur, il le savait. Il écouta donc la suite de sa phrase avec attention.« Je me vois assez mal expliquer devant un objectif ce que je pense des vampires. En fait, je n’y tiens pas. ».

Le sourire de Yuki avait définitivement disparu en entendant ces quelques mots. Il n’y tenait pas, le non était une chose facile à dire, mais toujours aussi difficile à entendre. Il ne lui en voulait pas du tout. Il savait qu’il avait la pure liberté de refuser. Mais, il n’était pas interdit pour lui de croire qu’on pouvait accepter ses requêtes. Et il va ainsi continuer sur sa lancée. « Libre à vous de répertorier à l’écrit ce que j’ai bien pu dire. Mais je passe mon tour pour la vidéo, puisque vous me laissez le choix. ».

A cet instant, sa pensée était qu’il aurait mieux fait de ne pas laisser le choix. Mais c’était contraire à ses principes. Il se mordit la lèvre en écoutant la suite. « Je suis désolé. C'est-à-dire que mon image est importante pour mon commerce et votre quête associé au nom de mon établissement, admettez que ça fait mauvais genre. ». Il comprenait tout de même sa position, il ne pouvait pas faire ce qu’il voulait. L’image de Sensui était très importante, il ne voulait pas être responsable de la ruine de son interlocuteur.

Il n’avait jamais travaillé, mais il se doutait quand même qu’il était facile de faire ou défaire une réputation. Et, après tant de bienveillance, lui faire un coup pareil était tout sauf respectable et acceptable aux yeux de Yuki. Il hocha donc la tête en posant bien sa caméra pour lui montrer qu’il ne comptait pas le filmer contre son gré. Il accompagna d’ailleurs son geste d’une petite phrase.

    Yuki – « Ne vous en faites pas, je ne vous en veux pas du tout. Si je demande, c’est bien parce que je ne vous oblige pas. »


Obligez quelqu’un n’était pas son genre. Il trouvera un moyen pour retranscrire ses propos sur le film sans avoir à le citer. Si jamais… il arrivait à réellement faire son film. Le doute ne cessait de s’installer en lui quand il parlait de ce film, et si ? Il ne voulait pas mourir sans l’avoir fait, mais il devenait de plus en plus évident pour lui qu’il serait tout de même difficile de mener à bien son projet.

Yuki reprit une bouchée dans son assiette, la dernière pour dire vrai et il la mangea tranquillement, ne se pressant pas et il posa sur le rebord de son bol des baguettes. Il se recula un peu, très légèrement, le temps d’un instant pour digérer un peu le repas avant d’attendre son dessert. « Vous avez interviewé beaucoup de personnes de cette manière. ». Une petite moue apparut sur son visage à cette question.

Il ne put retenir un petit sourire à la suite de sa question. « Des gens qui disaient des choses intéressantes ? ». Dans le fond, il ne savait pas réellement quoi répondre. Il se mit à réfléchir un instant. Et c’est après un petit temps de réflexion, il se mit à parler.

    Yuki – « En fait … J’interviewe très peu de personne. J’aime parler, surtout quand je suis derrière l’objectif… Mais, les gens n’apprécient pas forcément. Pour la majorité des gens, je suis un sale gosse impoli quand j’agis comme ça, et je les agresserais. »


Il était un peu gêné d’avouer cela. Il se mordit la lèvre, il se rendait compte que peu de monde apprécier pourtant, il le faisait, c’était un aspect de son sale caractère, car ce qu’il ne disait pas, c’est qu’en général cela tournait après en une dispute avec la personne car Yuki ne se laissait évidemment pas faire. Il détestait qu’on le traite de gamin, ou de truc du genre, et il montait rapidement sur ses grands chevaux. Il avait beau être jeune, il ne pouvait simplement pas se laisser marcher dessus.

Mais tous n’étaient pas de ce genre là, fort heureusement.

    Yuki – « Quant aux rares personnes qui acceptent de parler devant la caméra, leurs discours sont souvent sans importance… fade et insipide. Ils sont juste des « fans » et disent des choses sans avoir réfléchit dessus car je retrouve le contenu dans le premier magazine pré-pubère que je trouve ! »


Un soupire traversa ses lèvres presque close, le regard un peu baissé. Il se rendait vraiment compte que sa quête pouvait ressemblait à celle de bien des ados en quête de quelque chose pour se sentir vivre. Fan d’Halloween, etc. Il n’était pas comme eux, mais il s’en approchait. Il aurait peut-être mieux fait de partir en quête d’un acteur, être un fan inconsidéré… Ah non impossible, il n’était pas du genre fan boy !

    Yuki – « C’est tellement dommage. »


Il releva le visage vers lui, son regard planté dans le sien, il conclut sur les interviews.

    Yuki – « Vous êtes la seule personne que j’ai rencontré à ce jour qui a une opinion qui n’est pas tranché, ou si elle l’est au moins vous êtes ouvert au dialogue. Je trouve qu’il y a de moins en moins de personne de ce genre. Les gens ne discutent plus pour discuter, mais simplement pour étaler leur science en criant qu’ils ont raison sans jamais se remettre en question… »


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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Dim 6 Mai - 19:53





Le repas touchait doucement, mais sûrement, à sa fin. Sans doute ne s’était-il pas déroulé comme il l’avait imaginé mais globalement, Sensui n’avait pas eu à se plaindre. Après cette nuit, il était plus que probable que Yuki et lui n’aient plus jamais à se rencontrer et c’est sans doute ce qui faisait une bonne part de l’intérêt qu’il portait à la conversation. Car soyons honnête : à son âge, il avait mieux à faire que de parler vampire à un profane. Certes… Ce profane là en savait sûrement un peu plus que les passionnés qui aimaient le vampirisme pour son côté « gothique ». Néanmoins, depuis sa position, ça faisait peu de différence.

Yuki en savait juste assez pour n’être pas insipide mais pas assez pour que sa vie soit menacée par les siens. Si les Conseils devaient sanctionner chaque humain qui croyait dur comme fer en leur existence, ils n’auraient pas finit de partir en guerre et au final, ils seraient débusqué plus vite que jamais.

Quoi qu’il en soit, Yuki avait finit par terminer son assiette et Sensui avait croisé le regard d’une serveuse, levant subrepticement une main, simplement pour lui signaler que sa venue était requise. Rien ne pressait évidemment mais savez-vous comme il pouvait être inconfortable d’être à table et de manger des heures durant alors que ce que vous avaliez n’avait aucun goût ?

◈ De toutes manières… Je ne suis pas sur que vivre mes dernières années à les pourchasser profite. C’est peut-être fou, mais … J’aurais aimé qu’ils existent juste pour passer à autre chose et pouvoir me consacrer à ma vraie passion ! Encore merci, pour votre bienveillance.

Sensui vient passer son index le long de sa fourchette, les yeux vaguement posés près de celle-ci avant de faire remarquer :

◈ Vous parlez comme si vous alliez mourir l’année prochaine. Ou dans quelques années, peu importe.

Voilà bien une chose que Sensui trouvait irritante chez les êtres humains mais pour le moment, il se contente de cette constatation. Il attendrait que Yuki en ait terminé pour lui exposer la « dure réalité de la vie ». Certes, l’humain était éphémère… Mais il n’avait jamais son pareil pour se poser en victime de la société. Le monde moderne engendrait un flot sans cesse grandissant de geignards. Brr… La décadence de son époque allait décidément crescendo.

◈ Quelle est votre passion dans ce cas ?

La question méritait sans doute malgré tout d’être posée…

◈ Je connais de nom en effet, c’est un des endroits qui font parti d’un de mes clips …

Sensui a un petit « Ha ? » en tournant la tête vers la serveuse pour lui commander le thé et le café gourmand de Yuki. Il n’allait pas jouer les étonnés parce que son bar était un minimum connu… Après tout, sans fausse modestie, le Bloody Sunday était un endroit populaire. Il était à sa place depuis bon nombre d’années aussi. Plusieurs dizaines en réalité. Ca faisait de lui un des dinosaures de cette capitale qui changeait plus vite que le rythme des saisons, assurément.

Quoi qu’il en soit, Yuki semble… Effrayé, pour une raison que Sensui n’identifie absolument pas. Hé bien quoi ? Qu’y avait-il donc, soudainement ? Avait-il dit quelque chose ? Sensui réfléchit… Mais ne voit rien et de fait, il envoi un petit regard à Yuki pour l’inciter à lui dire ce qui n’allait pas. Jouer aux devinettes n’avait jamais été son passe-temps préféré…

◈ Vous avouez une telle chose n’est peut-être pas une bonne idée, je peux masquer le nom de votre établissement si vous voulez … C’est que le nom, le lieu, cela dégageait une telle puissance et convenait parfaitement à la musique. Mon frère était persuadé que ce lieu renfermé un terrible secret !

C’était donc ça ? Yuki avait peur qu’il lui demande de censurer son « clip » ?

◈ Vous devez décidément nous prendre pour des fous…

Sensui a un petit rire un rien cynique, récupérant sa tasse de thé et la petite théière qui lui sont apportées. Il pose cette dernière sur le côté histoire que le thé puisse infuser un peu et néglige le sucre. De toute façon, quand on n’avait pas de sens du goût, que ce soit sucré ou bien pas importait peu.

◈ Je ne vais pas vous demander de retirer ces images ou le nom de mon établissement. La devanture est en quelque sorte publique. Toute fois, j’ose espérer que vous n’en dites aucun mal sans quoi là, par contre, les choses pourraient être différentes. Je tiens à cet établissement. Il est dans ma famille depuis longtemps maintenant.

Oui, « dans sa famille », on pouvait le dire comme ça, sans doute. Yuki lui donne en tout cas de quoi visionner le dit clip et Sensui reste assit bien droit et silencieux tandis qu’il observe les images du dit film, sans s’en émouvoir, excusez-le. Une fois terminé, il rend l’appareil à son propriétaire, offrant un bref sourire à ce dernier.

◈ Aucune objection.

De toute façon, avec un nom tel que le « Bloody Sunday », on avait souvent tenté de donner un caractère un peu ésotérique à son bar à alcool. Mais son établissement étant réservé à une clientèle respectueuse, Sensui n’avait jamais eu à déplorer aucun incident que ce soit. Ce n’était pas ce clip qui lui attirerait le moindre ennui. Au pire, il avait toujours eu le chic pour régler les problèmes de manière plutôt… Définitive.

Par la suite néanmoins, Yuki ne récupère pas ni son sourire ni sa relative bonne humeur. Forcément, Sensui venait de lui refuser d’être filmé pour des raisons qui lui étaient propre mais qui néanmoins, se défendait.

◈ Ne vous en faites pas, je ne vous en veux pas du tout. Si je demande, c’est bien parce que je ne vous oblige pas.

Certes… Mais la déception était visible. Pour autant, ça ne ferait pas changer d’avis Sensui qui avait toujours été un peu revêche à ce niveau là.

Le vampire vient finalement se servir de son thé, appréciant l’odeur de ce dernier à défaut de son goût ainsi que sa couleur.

◈ En fait … J’interviewe très peu de personne. J’aime parler, surtout quand je suis derrière l’objectif… Mais, les gens n’apprécient pas forcément. Pour la majorité des gens, je suis un sale gosse impoli quand j’agis comme ça, et je les agresserais.

Sensui se contente d’acquiescer, un petit « hm hm » aux lèvres. Il ne voyait pas ça comme du narcissisme. Simplement… Chacun son truc. Ce n’était pas le sien et tant que Yuki l’avait comprit, il n’y avait pas de problème.

◈ Quant aux rares personnes qui acceptent de parler devant la caméra, leurs discours sont souvent sans importance… fade et insipide. Ils sont juste des « fans » et disent des choses sans avoir réfléchit dessus car je retrouve le contenu dans le premier magazine pré-pubère que je trouve !

Voilà qui, somme toute, faisait écho à ce qu’il avait pensé un peu plus tôt. Hélas de nos jours, les profanes étaient beaucoup, beaucoup, beaucoup plus nombreux que les autres.

◈ Vous êtes la seule personne que j’ai rencontrée à ce jour qui a une opinion qui n’est pas tranché, ou si elle l’est au moins vous êtes ouvert au dialogue. Je trouve qu’il y a de moins en moins de personne de ce genre. Les gens ne discutent plus pour discuter, mais simplement pour étaler leur science en criant qu’ils ont raison sans jamais se remettre en question…

Nouveau hochement de tête de Sensui qui se fait pensif un instant… Et finalement, jugeant qu’il était temps de revenir à ce qu’il voulait dire au tout départ, il se permet d’interrompre Yuki, affirmant de manière un peu brusque sans doute, mais pas méchante et gratuite :

◈ Je crois que vous êtes un imbécile en revanche.

Sensui trempe ses lèvres dans sa tasse pour boire une gorgée de thé avant d’éclaircir ses pensés :

◈ Vous êtes là, en face de moi, à vous lamenter depuis une heure que nous parlons à propos de cette quête que vous poursuivez, du fait qu’elle vous gâche la vie… Et si on vous propose de changer de voie, vous vous plaignez alors de n’avoir pas le choix, de le devoir à quelqu’un ou toute autre excuse qu’il vous fera plaisir d’utiliser.

Et parce que lorsque Sensui commençait, il finissait, il poursuit encore :

◈ Je vous disais que vous parliez comme si vous alliez mourir dans « quelques années » pour reprendre vos mots. En fait, il semblerait que oui et honnêtement, la raison ne m’intéresse pas du tout. Je n’ai pas l’intention de vous prendre en pitié, ça ne me ressemble pas et je ne vois pas l’intérêt de vous conforter dans votre pseudo misère. Des gens qui meurent, il y en a des tas. Certains vont mourir dans six mois, dans une semaine, demain ou peut être même ce soir, dans ce restaurant. Maladie, accident, crime, suicide… La seule différence c’est que peut être, vous, vous vous savez condamné. De fait, vous devriez profiter de ce temps pour être un peu plus lucide sur ce qui compte et est important.

Sensui lève une main pour interrompre Yuki s’il comptait ajouter quelque chose immédiatement, concluant :

◈ En fait, vous n’êtes pas du tout à plaindre. Vous avez l’occasion de prendre toutes vos dispositions. Cessez donc de vous lamenter. Relevez un peu la tête. Peut être qu’on aura un peu plus envie de s’intéresser à vous et à votre quête.

A bon entendeur…


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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Lun 7 Mai - 8:05


« Vous parlez comme si vous alliez mourir l’année prochaine. Ou dans quelques années, peu importe. ». Subitement, en entendant ces mots Yuki se rendit compte qu’il n’aurait pas du formulé ainsi sa phrase. Le temps d’un instant, il se rendait compte de sa quête folle, mais lorsque le soir arrivait, il partirait forcément en chasse aux vampires dans l’unique espoir de trouver celui qui saurait faire renaître de ses cendres son frère. Il n’avait que ça en tête. Mais au bout d’un moment, il finissait par aussi être juste un gamin, un enfant perdu qui a du grandir avec l’évidence de la mort au bout du chemin. Comme tous les êtres humains, il avait cette magnifique capacité à ne pas voir la chance qu’il a, mais simplement la malchance qu’il avait de se savoir condamner, d’avoir vu sa mort à travers celle de son frère. Pourtant, à cet instant précis, il n’était pas mourant, mais bel et bien vivant, alors pourquoi ne pas en profiter ? La question restait entière, et on pouvait l’étendre à plus qu’une seule personne.

Yuki le regardait encore un peu, il ne répondit pas à sa phrase, quoi répondre de toutes manières ? Il était évident qu’il venait de parler comme un mourant, une personne condamné par la vie à mourir jeune. Son esprit était en lente agonie tandis qu’il vivait encore, la mort planait autour de lui. Est-ce que la personne qui allait mourir demain et qui l’ignorait était forcément plus heureuse ? Yuki eut alors un regard sur tous ceux qui l’entouraient, tous ceux qui autour vivait peut-être sans savoir que demain ils pouvaient mourir et il vit … Ce qu’il vit le surpris légèrement, ses congénères étaient tous à plus ou moins grande échelle sans sourire. La serveuse a qui ils commandèrent le café gourmand et le thé avait le sourire, mais son regard ne souriait pas. Elle était épuisée, elle semblait ne vouloir qu’une chose : dormir ! La cliente un peu plus loin, qui attendait depuis deux heures quelqu’un était triste… pleurait. Tous les humains condamné ou non ressentaient les mêmes choses.

Pourtant, cela ne soulage pas sa propre douleur de savoir quelqu’un triste. Il était bien placé pour le savoir, sa famille, les quelques amis qui étaient venu à l’enterrement de Fuyu étaient triste… peut-être que ce n’était pas de la comédie, il s’en rendait seulement maintenant compte. Il n’était pas la seule personne à être triste, à avoir été touché …son frère manque à ses parents, mais ce qu’il reproche à ses parents de l’avoir abandonné, c’est ce qu’il a aussi fait avec eux. Une prise de conscience, peut-être éphémère, mais elle était là. Yuki était humain, il faisait des erreurs, ce n’était qu’un sale gosse instable pour le moment ! Il ne put toutefois pas retenir un sourire quand il lui posa la question. « Quelle est votre passion dans ce cas ? ».

Il ne tarda pas à répondre, tout en préparant le petit clip qu’il voulait lui montrer le sourire aux lèvres. Il avait le regard subitement emplit d’étoile, il aimait, avait envie de partager sa véritable passion, cela se voyait. Un désir dévorant de faire connaître à tous ce qu’il appréciait. Il ne voulait pas partir sans qu’on le connaisse au moins de nom, qu’on sache ce qu’il avait fait, toute son œuvre. Rêve peut-être un peu idiot, comme celui d’être acteur, ou chanteur, mais c’était un rêve d’enfant. Il s’exclama, ne pouvant pas réellement cacher sa joie.

    Yuki – « Le cinéma… »


Il du se freiner lui-même pour ne pas se mettre à parler sans interruption de ce sujet. Le lancer sur ce sujet, s’était prendre la risque de rester deux heures de plus dans le « Monsoon café ». Il remercia la jeune femme qui apporta le café gourmand, et l’aida à le poser en la remerciant encore une fois. Il avait toujours aimé ce genre de dessert, trois petites mignardises et un délicieux cappuccino… c’était suffisant à ses yeux pour faire un délicieux dessert. Il regarda le jeune homme face à lui, il devait paraître plus que gourmand… Bah… il n’avait pas profité du fait qu’il payait pour prendre plus non plus, il avait juste pris un dessert. Il ne résista pas d’ailleurs, et pendant qu’il regardait le petit clip, il but une petite gorgée en observant ses expressions.

Il aurait aimé pouvoir lire sur ce visage si oui ou non il allait pouvoir garder le clip intact, la seule chose à laquelle il pensait sur le moment. C’est donc, le cœur battant la chamade qu’il va l’écouter. « Je ne vais pas vous demander de retirer ces images ou le nom de mon établissement. La devanture est en quelque sorte publique. Toutefois, j’ose espérer que vous n’en dites aucun mal sans quoi là, par contre, les choses pourraient être différentes. Je tiens à cet établissement. Il est dans ma famille depuis longtemps maintenant. ». Et, tout en récupérant sa caméra et l’éteignant pour prouver que non, il n’allait pas le filmer contre son gré il entendit la seule chose qu’il voulait entendre. « Aucune objection ».

Le jeune moon child s’inclina alors devant lui plus d’une fois pour le remercier de ce qu’il venait de faire. Il était tellement reconnaissant qu’il accepte qu’il laisse le nom de son établissement. D’ailleurs, il a du bien voir qu’ils avaient donné un caractère très … différent à l’environnement, quoiqu’il n’en sait pas grand-chose de l’intérieur du bar. Il n’était jamais rentré, il ne l’avait vu que d’une fenêtre. Il avait voulu quelques années plus tôt entrer pour demander l’autorisation comme cela se faisait normalement… Mais, l’interdiction aux mineurs l’avait dissuadé ne voulant pas avoir plus de problème encore. Alors, qu’il accepte qu’il garde son clip, le dernier clip de Fuyu était une chose qui le touchait et il ne voulait pas le cacher, disant plusieurs fois de suite un petit « Merci » emplit d’une gratitude sans nom.

Il était déçu pour le film, mais il s’en remettrait bien vite. Il n’était pas du genre à rester longtemps sur une émotion, c’est d’ailleurs ce qui gênait souvent les gens, qui le trouvaient de la sorte immature. Il pouvait être triste, puis joyeux, en colère même … le tout en l’espace d’un court instant qui se terminait aussi vite qu’il arrivait. Il n’aimait pas rester sur une émotion, sur un sentiment, seul ses yeux ne montrait souvent que la détermination et la tristesse. Il lui manquait quelque chose, on sous-estime souvent le lien qui unit deux frères jumeaux, mais il ressentait un manque, comme s’il n’était plus que la moitié de lui-même depuis sa mort. Il m’était ça sur le nom de culpabilité, bien qu’il sache que cela allait plus loin. Il ne voulait pas l’admettre.

Un bref silence s’installa entre les deux personnes de tablée. Il prit doucement son petit mille feuille et croqua avec gourmandise dedans, avant de le reposer tout en redressa la tête vers lui pour écouter ce qu’il avait à lui dire. Il faut dire que Sensui avait des entrées en matière assez percutante et déroutante « Je crois que vous êtes un imbécile en revanche. ». Yuki hallucinait légèrement, il était rare de voir quelqu’un dire ça comme ça … Il avait bien senti que ce n’était pas méchant, mais … cela laissa dubitatif un court moment l’adolescent qui voulait comprendre pourquoi il disait ça. « Vous êtes là, en face de moi, à vous lamenter depuis une heure que nous parlons à propos de cette quête que vous poursuivez, du fait qu’elle vous gâche la vie… Et si on vous propose de changer de voie, vous vous plaignez alors de n’avoir pas le choix, de le devoir à quelqu’un ou toute autre excuse qu’il vous fera plaisir d’utiliser. ».

Dans le fond, il n’avait absolument pas tord. Il ne tenait qu’à Yuki de changer, de faire autre chose. Il avait promis à son frère, mais son frère s’était probablement déjà réincarner en un autre être vivant. Il avait sûrement … déjà recommencé à vivre alors que lui, il stagnait. Tout ce qu’il espérait c’était retenir l’image de son frère. Tout ça, Yuki le savait, il en avait conscience mais tout simplement, il ne parvenait pas à passer au dessus. Il se rendait compte en l’entendant de la bêtise de ce qu’il était… De l’égoïsme dont il faisait preuve, après tout, il lui restait encore 2 – 3 ans à vivre, alors pourquoi passait ce laps de temps à se plaindre ? Il aurait très bien pu ne pas se plaindre et avancer, vivre la vie qu’il voulait sans se soucier du reste. Mais non … il s’obligeait à tenir une promesse qu’il avait fait lors du dernier soupire de son frère.

« Je vous disais que vous parliez comme si vous alliez mourir dans « quelques années » pour reprendre vos mots. En fait, il semblerait que oui et honnêtement, la raison ne m’intéresse pas du tout. Je n’ai pas l’intention de vous prendre en pitié, ça ne me ressemble pas et je ne vois pas l’intérêt de vous conforter dans votre pseudo misère. Des gens qui meurent, il y en a des tas. Certains vont mourir dans six mois, dans une semaine, demain ou peut être même ce soir, dans ce restaurant. Maladie, accident, crime, suicide… La seule différence c’est que peut être, vous, vous vous savez condamner. De fait, vous devriez profiter de ce temps pour être un peu plus lucide sur ce qui compte et est important. ».

Il vit ensuite la main de Sensui se lever, lui faisant comprendre de ne pas encore répondre. Il hocha simplement la tête en écoutant la suite. Il était clair pour Yuki que c’était un homme emplit de sagesse qu’il avait devant lui, et il voulait comprendre le fond de sa pensée. « En fait, vous n’êtes pas du tout à plaindre. Vous avez l’occasion de prendre toutes vos dispositions. Cessez donc de vous lamenter. Relevez un peu la tête. Peut être qu’on aura un peu plus envie de s’intéresser à vous et à votre quête. ». Yuki resta attentif jusqu’au bout du long monologue de Sensui.

Il laissa ensuite un long et pesant silence s’installer. En vérité, cela se voyait Yuki était en train de réfléchir. Est-ce que sa quête était aussi importante que ça à ses yeux ? La réponse qui lui vint immédiatement était oui, car il avait l’impression de se faire pardonner de ce qu’il avait dit, d’avoir causé la mort de son frère. C’était une quête mené dans le but pure et simple de se déculpabiliser. Il disait vouloir qu’on l’aide, vouloir qu’on le soutien, mais dans le fond le voulait-il vraiment ? Il ne put s’empêcher de penser à Takeru, il était gentil avec lui, et pourtant, dès qu’il le voyait, ils ne cessaient d’être acerbe avec lui. Il était ça… Il était ce genre d’humain…

Il baissa un peu la tête, cruelle réalité quand tu nous rattrapes. Il venait de comprendre l’image qu’il dégageait autour de lui. C’était un humain, oui, sans le moindre doute, mais il était peut-être l’un des pires. Ce n’était pas plaint pour être aidé, c’était juste … qu’on ait conscience qu’il existe… Son film de quoi allait-il parler ? Il se rendait compte qu’il ne jouait pas le rôle de Yuki, mais celui de Fuyu car il était tellement plus intéressant. Il avait eu toute sa vie des rêves, des projets… un caractère… une joie de vivre, des coups de déprime… Il avait su vivre tandis que Yuki était là, dans son coin, derrière sa caméra comme pour se cacher. Sans son frère, il devait se montrer, mais il ne savait pas comment faire alors il était juste… un gosse paumé !

Il ne faut pas croire que Yuki allait mal le prendre, non, il comprenait ce qu’il était en train de lui dire. Il se mordit un peu la lèvre, prendre ses dispositions, mais être aussi acide qu’un citron qu’on vient de presser faisait qu’il n’avait à dire au revoir à personne ! Il n’avait personne pour le regretter, à contrario de Fuyu qui fut pleuré, lui risque de ne pas l’être du tout. Il s’était de lui-même positionné comme un fardeau se punissant inlassablement de la mort de Fuyu. Mais Fuyu était mort, un point c’est tout ! Il ne pouvait pas revenir là-dessus – les vampires peuvent t’aider… Il ne cessait de se le dire, mais c’était plus un fantasme qu’autre chose. Il releva alors la tête et attrapa sa tasse pour boire encore, brisant enfin le silence.

    Yuki – « Vous avez sans doute raison sur beaucoup de point que vous venez d’énoncer, enfin, ce n’est pas sans doute, je réalise … que geindre ne me mènera pas plus loin. »


Il reprit une petite inspiration avant de continuer.

    Yuki – « Ma quête, je sais que c’est idiot, je souhaite qu’on m’aide à connaître la réalité, mais là… face à ce que vous me dites, et que je me cache depuis tant de temps, face à mon comportement je me rends compte que … si je me plains pour qu’on m’aide, c’est parce que je ne sais plus où j’en suis. Mais en me positionnant comme une victime, je sais que cela n’attirera que peu de monde, ou juste le temps d’une conversation. J’aurais ce que je voulais, mais surtout je n’aurais pas quelqu’un de proche, quelqu’un avec qui je pourrais partager cette quête. »


Se rendre compte de ça était un énorme pas pour Yuki qui réalisait que ce n’était pas tant la quête qui l’intéressait. Il voulait trouver le contact humain tout en le fuyant. Il avait voulu comprendre Fuyu, mais il n’y était de toute évidence pas parvenir car lui, il discutait pour le plaisir de discuter avec les passionnés. Il avait sûrement été plus proche du but que Yuki ne le sera jamais. Les vampires, ce n’était probablement qu’une manière de chercher à vivre plus longtemps, mais même si c’était le cas, même s’ils n’existaient pas, Fuyu avait su vivre avec une passion. C’est par pur égoïsme qu’il voulait faire le film car à l’époque, il n’avait déjà personne. Fuyu avait réussi à avoir quelques amis, alors que lui … il restait juste avec son frère. Il n’avait que son frère.

    Yuki – « Je ne cherche pas tant les vampires … Ce n’est pas ma passion. Ce n’est pas ça que je veux faire. Mais… j’ai besoin de mon frère, et j’espère trouver la paix de mon âme ainsi. Je me rends compte, que mes motivations ne sont pas les bonnes, loin de là. Elles sont juste le reflet de ma solitude. »


Il releva la tête avant qu’il ne croit qu’il se plaignait à nouveau.

    Yuki – « Je ne m’en plains pas, cette solitude, j’en suis le seul et l’unique responsable, j’en ai conscience. Mais comme pour vous répondre… »


Un petit sourire naquit au coin des lèvres de Yuki avant de finir sa phrase.

    Yuki – « Je cherche les vampires, je cherche le contact de l’éphémère qui relit la mort et la vie, parce qu’il me semble que je suis arrivé à ce point. Pourtant, cherchait les vampires ne rendra pas mon frère, ne me fera pas connaître. Avant de partir, je voulais montrer ce qu’était un moon child… Faire le film que je voulais… Mais ce film me paraît vide car je n’ai à le partager avec personne. Et je me rends compte de ma contradiction, je veux laisser ce témoignage, laisser une trace de mon passage mais je ne veux être regretté de personne d’où mon refus d’être entouré par des personnes qui m’apprécierait malgré mes défauts. »


Un petit éclat avant qu’il se remette à boire une gorgée et dans un murmure il ne put s’empêcher de dire.

    Yuki – « Je ne suis décidément qu’un gamin… éternellement insatisfait par ce qu’il a ! »


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MessageSujet: Re: Donner l'illusion   Jeu 10 Mai - 13:16




Vraisemblablement, Yuki s’était retrouvé un minimum désarçonné par son entrée en matière. Sensui avait rarement fait dans la demi-mesure et quoi que patient lorsqu’il le voulait, le vampire n’avait jamais possédé non plus de réel instinct maternel. Sensui avait toujours gérer, par exemple, sa relation avec Seijûrô avec une affection qui n’était pas réellement celle d’un père pour son fils. En revanche, la dite affection était réelle, qu’on en doute pas…

Il avait été un père juste mais sévère. Sensui avait attendu de Seijûrô qu’il soit un élève assidu, compétitif, doué… Et son fils n’avait pas déçu ses espérances en bout de ligne même si parfois, ses apprentissages avaient dût se faire un peu brusque. Sensui était de la vieille école et la rigueur qu’il imposait aux autres, il se l’était avant tout imposé à lui-même. Après tout, Sensui était allé jusqu’à s’attacher la main gauche dans le dos pour se contrarier tout seul et devenir un parfait petit droitier… Il avait passé des nuits blanches entières à s’entraîner à la calligraphie, à la musique, à l’art… Son éducation avait été difficile mais complète… Et c’était un peu la même qu’il avait imposé à Seijûrô.

Mais à présent, comme ne pas être fier ? Son protéger avait si bien « grandit » qu’il en était souvent jalousé… le seul revers de la médaille c’était qu’à présent, Seijûrô était déjà très indépendant. Etrange n’est ce pas, comme lui-même qui refusait de parler d’instinct maternel –soit, disons paternel- ressentait ce complexe du nid vide à présent ?

Sensui n’était pas prêt à couper le cordon comme on dit. Il avait encore bon espoir de pouvoir garder sa progéniture à ses côtés pour lui apprendre d’autres choses encore. Après tout, sans vouloir se vanter, huit cent années lui avaient permit d’acquérir une culture sur bien des sujets qui était somme toute assez enviable…

Quoi qu’il en soit, la conversation présente avait complètement viré de bord et si le cinéma avait été évoqué, on en était à présent bien loin. En revanche, pour ce dernier point et avant d’aborder les autres, Sensui devait admettre qu’il n’en était pas réellement surprit compte tenu de la passion qui semblait se prendre de Yuki à propos de ces clips et interview. Aimait-il donc autant se trouver devant la caméra que derrière ? La question ne franchit pas la barrière des lèvres de Sensui. Elle importait peu à présent de toute façon.

Le vampire pouvait presque voir, au travers des yeux de Yuki, ses pensées s’entremêler suite à son petit laïus. Celui avait été motivé, encore une fois, parce cette éducation très stricte qu’il avait eu et qu’il avait imposé à Seijûrô. Il était plus jeune que Yuki lorsque le sort l’avait frappé, lorsqu’il avait été vendu par son propre père… Mais plutôt que de s’apitoyer sur son sort, chaque nouvelle épreuve l’avait encouragé à puiser des forces ailleurs et il était aujourd’hui l’homme qu’il était grâce à la somme de toutes ces adversités. Bien sûr, ce n’était pas très fair play que de comparer la jeunesse des années deux mille à celle de son époque… Sans parler du fait qu’il n’avait qu’une petite idée de la vie qui était celle de Yuki… Mais Sensui avait rarement versé dans la compassion, pour ne pas dire « jamais ».

๑ Vous avez sans doute raison sur beaucoup de point que vous venez d’énoncer, enfin, ce n’est pas sans doute, je réalise … que geindre ne me mènera pas plus loin.

Sensui acquiesce entre deux gorgées de thé brûlant, son regard caramel posé sur le jeune humain en face de lui. Peut être s’était il attendu à le voir s’emporter, se vexer, s’indigner… Mais visiblement, le jeune homme n’allait pas offrir ce spectacle au Monsoon Café ce soir. Au contraire depuis le début de leur conversation, Yuki semblait s’harmoniser avec chaque mot qui passait ses propres lèvres. C’était un peu déroutant sans doute. En même temps, Seijûrô l’avait habitué à une attitude souvent rebelle et il suffisait de regarder Yuki et Seijûrô pour comprendre qu’ils ne jouaient pas dans la même coure, sans que ce soit une insulte pour l’un ou pour l’autre.

Yuki lui donne ensuite des raisons… Du moins une. L’attachement… Et ça lui faisait lever les yeux au ciel. Pitié ! Lui n’y croyait pas un seul instant. Mais les êtres humains –et parfois tout autant les vampires, en fait- savaient vraiment se poser en victimes solitaires. Des vrais solitaires il en connaissait lui ! Tenez, prenez Abarai par exemple ! Peut être même était-ce un peu sa faute dans le cas de ce dernier mais peut importe, là n’était pas la question.

๑ Je ne cherche pas tant les vampires … Ce n’est pas ma passion. Ce n’est pas ça que je veux faire. Mais… j’ai besoin de mon frère, et j’espère trouver la paix de mon âme ainsi. Je me rends compte, que mes motivations ne sont pas les bonnes, loin de là. Elles sont juste le reflet de ma solitude.

Sensui a un petit soupire un rien moqueur. Prendre la quête des autres pour soit même, c’était un peu manquer d’ambition non ? Pour lui qui en avait à revendre, c’était à la limite de l’incompréhensible.

๑ Soit. Mais aucune quête ne te le ramènera.

Il fallait que ça rentre un jour dans le crâne de Yuki. Sensui était passé au tutoiement, signe qu'il adoptait une attitude supérieur à Yuki sans même y repenser à deux fois.

๑ Tu as choisit une quête vouée à l’échec dès le départ et même si tu veux te faire croire très fort le contraire : tu en as absolument conscience. Tu manques d’ambition ou de courage et devant les êtres qui n’éprouvent pas la pitié, tu parais de faire insignifiant. Je ne t’insulte pas. Je fais partit de ces personnes sévères et potentiellement injustes que tu vas rencontrer au cours de ta vie. Mais sans fausse modestie, je fais aussi partit des seules personnes qui ne t’auront pas mentit en t’encourageant ou te laissant dans ta misère sans te la mettre sous le nez.

Sensui vide sa tasse de thé, ignorant le liquide brûlant qui pouvait encore rester dans la théière pour sortir de sa poche intérieur une liasse de billets. Non, comme déjà dit, Sen n’était pas très impliqué dans la vie moderne et s’il avait bel et bien un compte en banque, sa carte de crédit était dans son bureau et n’en sortait que très rarement.

๑ Je ne m’en plains pas, cette solitude, j’en suis le seul et l’unique responsable, j’en ai conscience. Mais comme pour vous répondre…

Sensui compte rapidement assez d’argent pour le laisser sur la table tout en incluant un pourboire modeste tout en continuant d’écouter Yuki.

S’en suive des explications qui ne font que lui donner raison avant la conclusion, durant laquelle Sensui se lève de table.

๑ Je ne suis décidément qu’un gamin… éternellement insatisfait par ce qu’il a !

Sensui a un petit sourire un rien méprisant… Et avant de tourner les talons, il ajoute simplement :

๑ Comme tous les autres.

Parce qu’à son âge, le monde entier n’était fait que de gamins… Insatisfaits de ce qu’il possédait déjà…

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RP : Vous trouvez Seijûrô méchant ? Il tient de son père et je le suis encore plus ! Respectez mon personnage ou faites un RP avec un autre de mes perso !! Merci !!

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