C'est la fin de Requiem. Merci de prendre en compte le sujet dans les news.

 

 You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]

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MessageSujet: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Mar 28 Fév - 12:30




Il faudrait qu’un jour Natanabe songe à faire rénover la devanture de sa boutique. Presque la moitié des grosses lettres qui étaient clouées au mur étaient prêtes à tomber, Tsukio se demandait même comment les clients humains ne craignaient pas de mourir assommés par le « Plaisir bestial » quand ils entraient dans le petit commerce. Il n’y avait pas plus étrange et surtout négligé comme devanture, mais cela ne surprenait pas le vampire. À vrai dire, Kazuhiro ne semblait pas être un homme qui se préoccupait beaucoup de l’aspect esthétique de sa boutique. La vitrine elle-même n’était pas des plus chaleureuses avec tous ces animaux empaillés. Certes il ne faudrait pas s’attendre à trouver beaucoup de joie chez un taxidermiste, mais quand même, le « Plaisir bestial » était l’un des lieux les plus obscurs et effrayants qu’avait pu découvrir Tsukio. Lui, il était habitué à la mort, il la côtoyait depuis près de cent ans, mais il n’ignorait pas que ceci n’était pas le cas de tous les humains. Pour sa part, il n’avait d’ailleurs pas été apeuré, ni écoeuré en remarquant cet endroit ; au contraire cet atmosphère bizarre l’avait attiré au point de lui donner l’envie de pénétrer dans la boutique quelques temps plus tôt, et il avait ainsi fait la connaissance de son propriétaire. La mort, cette mort qu’il avait désiré pour les autres un siècle plus tôt, et qu’il avait espéré pour lui quand il avait quitté Hokkaïdo, envahissait ces lieux. Le vampire se trouvait séduit par tous ces animaux défunts et empaillés qui paraissaient toujours et étrangement vivants, immobilisés dans des poses sauvages par les soins du taxidermiste. C’était un travail morbide, mais pointilleux et presque artistique parfois. Tsukio avait lu des articles sur ce métier, et avait par la même occasion découvert les supercheries de taxidermistes des temps anciens qui s’étaient « amusés » à créer des créatures fantastiques - un griffon par exemple - avec des dépouilles en partie détériorées et donc inexploitables à l’origine.

Quand on pénétrait dans la boutique, il était impossible d’esquiver ce rideau rouge qui se trouvait à la porte d’entrée. Il n’avait jamais compris dans quel intérêt Kazuhiro avait pu le placer ici. Peut-être était-ce une plaisanterie à sa façon. L’endroit, noir, gris et rouge, était très sombre. Sans éclairage, il aurait sûrement été impossible d’y voir grand-chose. Tsukio circula à pas de loup dans la pièce, examinant d’abord quelques animaux empaillés, puis il observa Kazuhiro à travers une petite fenêtre, entre deux étagères, qui donnait sur l’atelier. L’homme affichait comme toujours son sourire ignoble sur ses lèvres épaisses. Il n’avait même pas remarqué qu’on le guettait. Après deux minutes, le vampire finit par s’avancer en silence jusqu’au comptoir où il sonna pour signaler sa présence. À cette heure qui commençait à être tardive, il était un peu comme un client inopportun. La boutique ne devrait pas tarder à fermer, mais pour une créature de la nuit comme Tsukio, il était impossible de se promener en ville en pleine journée. En attendant la venue de Kazuhiro, l’américano-japonais se tenait immobile, ses coudes maigres appuyés sur le comptoir. Il n’avait aucune mauvaise intention, pourtant sa bouche dessinait un drôle de sourire, presque sadique. Ses cheveux noirs qui retombaient sur son front cachaient ses sourcils et le haut de ses yeux. Lorsque le taxidermiste arriva enfin, les doigts osseux de Tsukio tapotèrent le comptoir un bref instant, puis après un léger rire, il lança calmement :

« Bonsoir, Natanabe-san. J’espère que je ne vous dérange pas dans votre travail. »

Bien entendu, qu’il ne soit pas de bon augure l’importait tout à fait. Le vampire travaillait ce soir, aux alentours de minuit, il ne comptait alors pas quitter la boutique maintenant. Ce soir il était venu ici avec l’intention de tenir compagnie à Kazuhiro. Tant qu’il ne serait donc pas au moins onze heures du soir, il ne le lâcherait pas d’une semelle. Qu’importe si celui-ci désirait être seul. Quand Tsukio avait une idée en tête, il la tenait jusqu’au bout et rien ne pouvait l’arrêter. Avec un air de défi dans son regard et sur son sourire, il se pencha légèrement en avant, au-dessus du comptoir, puis il prononça cette fois-ci à voix basse :

« Est-ce que je peux rester ici un moment? J’ai besoin de parler. »

En se penchant, il s’était subtilement rapproché du taxidermiste, tout en gardant une distance convenable afin de ne pas non plus le mettre mal à l’aise. Après quelques secondes dans cette position, il se recula enfin et le cuir de sa veste noire, en se frottant au comptoir, fit un bruit un peu désagréable comme un grincement. Le sourire du vampire persistait sur son visage osseux et ses yeux noirs fixaient ceux de Kazuhiro dont il attendait dorénavant une réponse. Tsukio savait parfaitement que cet homme était du genre solitaire, et pour cette raison il était revenu le voir dans sa boutique, afin de le déranger « gentiment ». C’était la seconde fois qu’ils se rencontraient. Lors de leur première entrevue, il n’avait pas été capable d’en apprendre beaucoup sur cet humain, mais persévérant, il était revenu à la charge en espérant cette fois-ci lui tirer quelques vers du nez, désireux d’en connaître un peu plus sur son cas. Le personnage l’intriguait, il était différent de tous les autres qu’il avait pu rencontrer. Son côté distant, au lieu de repousser le vampire, l’attirait comme du sang frais. Il n’avait rien de séduisant, ce n’était pas un bel homme, sans pour autant être une horreur. En aucun cas Tsukio était susceptible d’être séduit par son aspect physique, et d’une certaine manière ce genre de détail l’importait peu en général - il suffisait qu’il apprécie une personnalité pour trouver du charme à l’enveloppe corporelle qui la possédait. En ce qui concernait le cas de Kazuhiro, il n’avait pas l’intention de flirter avec lui, mais simplement de faire plus ample connaissance.


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Mer 29 Fév - 18:56


Entreprendre une rénovation est très couteux, Kazuhiro n'a pas encore les moyens pour mettre son magasin au gout du jour. Il fait avec les moyens du bord, dans son budget, la décoration n'est pas très élaborée, mais elle n'est pas miteuse non plus ! Elle est parfaite pour son magasin de taxidermie. Mais ce n'est pas comme s'il n'avait jamais eu de plaintes... Les autorités sont venues pour le mettre en garde à cause de sa devanture, bien trop dangereuse et qui pourrait blesser gravement quelqu'un si une des lettres venaient à tomber, mais il n'a rien fait. Rien ne tombera, pourquoi faudrait-il qu'il y ai forcément un accident hein ? Les gens ont tendance à voir le mal et la catastrophe partout ! Vraiment, il ne faut pas exagérer... Il fera ce qu'il faut en temps voulu, mais ce n'est pas le moment de penser à ça, pour le moment, il ne pense qu'au travail et à ses créations.

Réellement ? Tsukio n'a pas été apeuré, ni écoeuré ? C'est rare... Kazuhiro a déjà eu le cas de certaines personnes, curieuses qui sont entrées dans sa boutique simplement pour voir ce qui y était exposé. Combien de fois à t-il eu droit aux discours outrés de certaines personnes défenseurs des animaux. Certains l'ont même insulté d'assassin ! Comme s'il pouvait tuer un animal sérieusement ! Il aime son travail, mais ce n'est pas pour autant qu'il va tuer un animal afin de pouvoir se faire plaisir ! Nan, il n'en est pas arrivé à ce point et n'y arrivera jamais ! Les vampires eux doivent être les seuls qui tuent des animaux, mais par intérêt pour pouvoir se nourrir de leur sang, ce qui paraitrait normal, il a lu ça dans certains livres mais peu importe.

A cet instant de la journée il est en train de travailler sur sa dernière création, elle lui a pris toute la journée, il est en train d'empailler un panda roux... Oui, je sais, ce sont des animaux protégé, mais il a eu les autorisations nécessaires pour entreprendre ce travail, il ne travaille pas illégalement, ce n'est pas lui ! Il fait ça pour le compte d'un musée. Les taxidermistes n'étant pas ce qu'il y a de plus courant dans les environs et dans la ville, il a eu l'honneur d'être choisi ! Et ce n'est pas pour lui déplaire, il est en contact avec de plus en plus de créatures, et c'est un vrai délice. Justement, il est en train de tanner l'intérieur de cette bestiole et de lui infliger plusieurs traitements pour que la peau ne se détériore pas et reste tel quelle éternellement. C'est une tâche longue et difficile, il en a pour encore plusieurs heures, il n'est pas près de se coucher. S'il le faut, il passera toute la nuit dessus, ce qui ne sera pas pour lui déplaire, même si Haru risque de venir lui râler dessus qu'il est temps qu'il mange quelque chose et qu'il faut qu'il pense à dormir, ce n'est pas une machine, son corps a besoin de repos sinon il n'arrivera jamais à tenir debout, et c'est tout à fait normal. Nous les humains avons des limites tout de même, et il ne faut pas trop les pousser où ça peut finir mal, mais bref.

La sonnette retentit. Tsukio pourra voir Kazu tourner la tête vers la fenêtre pour voir qui peut venir à cette heure-ci. Tsukio ? Tiens, ça faisait un moment qu'il ne l'avait pas vu. Certes, ils se sont vus qu'une seule fois, mais il savait qu'il reviendrait, il le sentait et visiblement il ne s'était pas trompé là-dessus. Il soupire, non pas d'agacement, mais parce qu'il doit délaisser sa bestiole, et il le fait à contrecoeur, il était tellement bien là à cet instant.

« J'arrive !»

Il abandonne sa bestiole après l'avoir recouvert d'une couverture aseptisée car tout n'est pas encore parfaitement fait. Il passe au lavabo, il a de l'hygiène quand même, et il vaut mieux ! Avec tout ce sang et autre, il ne faut pas rigoler avec ça ! et il suffit que la bestiole ai une maladie pour qu'il puisse l'attraper, il faut être prudent. C'est pour ça qu'il retire ses gants qu'il jette dans une poubelle prévue à cet effet, c'est une poubelle pour produit médicaux, c'est tout à fait normal. Il se lavera ensuite les mains par précautions durant trois bonnes minutes, l'homme devra attendre quelques minutes quand même avant qu'enfin Kazuhiro apparaisse, suivi de très près par Haru qui ne le lâche pas d'une semelle lorsqu'il est là, il est toujours avec son ami.

« Bonsoir Tsukio. Hum... Bien sûr que tu me déranges voyons ! J'étais en train de faire quelque chose d'important, il aurait fallu que tu viennes demain matin ! Mais puisque tu es là... Ça me fait prendre une petite pause ! »

Il faut s'y faire, Kazuhiro ne fait pas de manière et dit les choses comme elles sont. Tsukio risque d'être surpris de l'entendre le tutoyer, mais c'est ainsi. Cela fait maintenant la deuxième fois qu'il vient ici, et il sait parfaitement que ce n'est pas pour acheter, ce n'est donc pas une relation client-commerçant, alors il ne se gêne pas, il est loin d'être gêné comme garçon. Si Tsukio n'apprécie pas, il a le droit de lui dire, ce serait tout à fait compréhensible.

Il détail le vampire de la tête au pied, il a quand même une certaine classe, même s'il ne lui dira pas, il est, on pourrait dire, en harmonie parfaite avec la boutique, comme s'il y était né ! Nan, n'exagérons pas tout même, mais ça pourrait en donner l'impression tout de même...
Il hoche la tête quand il lui dit qu'il a besoin de discuter.

« Laisse-moi fermer la boutique avant. »

Il devait fermer seulement dans une demi-heure, mais il sait que personne ne viendra, alors il ne se prive pas. Il fait le tour du comptoir et va tourner l'écriteau, indiquant qu'ainsi la boutique est fermé et il tourne la clef pour être sûr que personne n'entrera.

« Suis-moi, nous pourrons discuter si tu veux, mais il faut que je continue à travailler, j'ai quelque chose de délicat en route. »

S'il ne veut pas, qu'il le dise, il le mettra alors dehors pour pouvoir continuer, tout simplement ! Nan, peut-être pas, mais il faut vraiment qu'il termine sinon ça va être fichu et se sera un réel gâchis ! Puis il est sûr qu'ils ne vont pas parler simplement cinq minutes...

Il lui fait signe de le suivre dans le petit atelier à côté et lui montre où il peut s'asseoir, il est assis de manière à ce qu'ils puissent se regarder tous les deux, c'est plus agréables que de parler à un dos tout de même. S'il veut s'approcher pour le regarder faire, il a le droit, tant qu'il ne le gêne pas dans ses mouvements.

« De quoi veux-tu parler ? Je t'écoute. »

Il retire la couverture de l'animal après avoir renfilé une paire de gant et reprend ses ustensiles pour se remettre au travail.

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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Mar 20 Mar - 12:14


Les humains étaient des êtres parfois fascinants. Ils étaient souvent sous-estimés par les vampires qui ne voyaient en eux que des proies potentielles ou des créatures à engendrer ; Tsukio, pour sa part, préférait les admirer. Leur vie de mortel, existence éphémère, était ce qu’il y avait de plus beau. S’il aurait pu faire marche arrière et modifier son destin, sans doute aurait-il choisi de mourir plutôt que d’être engendré par Akira. Il détestait ce vampire qui, uniquement parce qu’il avait finit par craindre la solitude, avait choisi de faire perdurer sa race. Les premières années, cette vie nocturne et violente avait passionné Tsukio qui s’était cru libre, soulagé de toute la pression qu’il avait été contraint de subir durant son existence d’humain. Il avait expié toute sa haine en sacrifiant des hommes et des femmes, sa famille en premier, mais quand son animosité avait fini par se dissiper jusqu’à disparaître complètement, alors il avait commencé à regretter, il avait commencé à se sentir mal à l’aise et à reprocher à Akira le fait de l’avoir engendré. Il avait donc tout quitté, ce père vampirique et Hokkaido pour fuir cette misérable destinée qui certes ne le lâcherait jamais tant qu’il ne serait pas mort. Il avait songé, à plusieurs reprises avant d’atteindre Tôkyô, à se laisser dépérir, mais quand il avait découvert qu’il n’était plus obligé de sacrifier des vies humaines et que dorénavant en ce second millénaire les gens l’aimaient enfin, il avait finalement changé d’avis. Certes, jusqu’à quand cela durerait-il?

Ce fut avec son éternel sourire énigmatique accroché à ses lèvres que Tsukio écouta la réponse de Kazuhiro. Il le dérangeait dans son travail? Soit! Cette histoire ne dérangeait pas le vampire de son côté, alors ça ne l’importait pas. Il sembla même un peu moqueur en l’entendant dire qu’il aurait mieux fait de venir le lendemain matin. Mais de quoi se plaignait-il donc si cela lui permettait de prendre une pause? À en juger le plaisir que le taxidermiste semblait prendre quand il travaillait, Tsukio avait du mal à imaginer que celui-ci pouvait régulièrement s’arrêter, alors qu’il soit pour cette fois obligé de le faire, ce n’était pas un véritable mal. Il pourrait souffler un peu... quoique, avec le personnage qui se présentait à sa boutique, ce ne serait possiblement pas évident. Avec ironie, le vampire lança vivement à son interlocuteur :

« Qu’est-ce que tu crois, je travailles la nuit alors le matin je dors! »

Quel beau mensonge. Une créature comme lui ne nécessitait pas de dormir, ce n’était qu’un passe-temps lorsque, durant la journée, il restait enfermé chez lui avec ses rideaux fermés pour ne pas mourir brûlé. Tsukio suivit de ses yeux noirs Kazuhiro qui s’en alla fermer la boutique. À ce moment-là seulement, il remarqua par la même occasion qu’ils venaient tous les deux de se tutoyer. Visiblement, les formes de politesse ne faisaient pas long feu avec eux, surtout qu’ils ne se connaissaient pas véritablement. Qu’importe, cela ne le dérangeait aucunement. En silence, le vampire obéit à l’humain qui lui indiquait de le suivre dans l’arrière boutique après lui avoir expliqué qu’il devait continuer de travailler.

C’était la première fois que Tsukio découvrait l’atelier, et il ne put donc s’empêcher d’examiner le moindre centimètre carré de cette pièce en y pénétrant. L’ambiance y était encore plus morbide que dans le magasin mais ça ne le dérangeait pas. Ce qui était le plus frappant ici, et le plus désagréable, c’était l’odeur qui y régnait. Heureusement le vampire n’était pas sensible à ce genre de chose et il se contenta de grimacer légèrement. Remarquant Kazuhiro retirer une couverture, il se mit à observer ce qu’il faisait. Il aperçut un panda roux. Cet animal était en temps normal adorable avec sa tête d’ours, mais là, « en cours de travail », Tsukio trouvait qu’il ne ressemblait plus à grand-chose. Ne prenant pas compte de la dernière réplique de Kazuhiro, il s’exclama :

« Je n’avais jamais vu de panda roux en vrai avant aujourd’hui! »

Il ne s’était même pas étonné en voyant cet animal dont l’espèce était protégée. À vrai dire, il était incapable de soupçonner le taxidermiste de pratiquer la moindre illégalité. Cet homme était loin de posséder le profil d’un hors-la-loi, en tout cas Tsukio était incapable d’y croire.

« Il y en a dans les zoos mais je ne peux pas y aller, ce n’est pas évident pour moi... »

Alors qu’il était en plein élan, le vampire se stoppa. Sa propre remarque le dérangea, il venait de préciser à Kazuhiro qu’il ne pouvait pas aller dans des zoos. Bien qu’il n’en avait pas précisé la raison, il craignait que l’autre homme ne lui pose la question, alors il expliqua rapidement avec un sourire aux lèvres, comme si de rien n’était :

« En fait je ne supporte pas de voir des animaux tourner en rond sous les yeux de visiteurs qui les regardent comme de vulgaires objets exposés en vitrine. Tu ne trouves pas ça cruel, toi, de devoir passer tes journées à la vue d’un tas d’inconnus? C’est un peu du voyeurisme après tout. »

Son argument était un peu étrange, mais c’était le seul qu’il avait trouvé pour expliquer le fait qu’il ne pouvait pas se rendre dans des zoos, et ainsi voir des pandas roux en vrai. Comme il était en train de regarder Kazuhiro en plein travail, Tsukio laissa ensuite un silence s’imposer durant quelques minutes. Il en profita pour s’asseoir, les jambes croisées, à la place qu’on lui avait indiquée un peu plus tôt. Le taxidermiste lui semblait passionnant à observer. Beaucoup de gens devaient penser qu’il était un peu effrayant ou fou, il fallait avouer qu’il avait un côté morbide et sa boutique ne faisait qu’appuyer cette idée. Tout ça avait plutôt le don de faire sourire Tsukio qui, incapable de rester silencieux, demanda finalement :

« Pourquoi est-ce que tu as voulu devenir taxidermiste? »

Sa première question qui concernait Kazuhiro tomba enfin. Elle semblait bête et banale, mais pour le vampire, c’était une manière de connaître un peu plus cet homme. Ses yeux se posèrent sur le visage de l’être humain dans l’espoir que leurs regards se croisent. Tsukio semblait sérieux, son sourire avait totalement disparu.


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Mar 20 Mar - 15:12


Son sourire... Pourquoi est-ce qu'il sourit constamment ? IL l'avait déjà remarqué lors de leur première rencontre, pendant leur discussion il ne quittait pas son sourire et il faut dire que c'est assez... agaçant au bout d'un moment, nous pourrions même croire qu'il est fou ! Hm, il a trouvé la bonne personne alors... sans commentaire ! Sérieusement, ceci est peut-être sa marque de fabrique. Kazuhiro s'y est habitué, ou du moins est en train de s'y habituer, parti comme ils sont tous les deux, ils ne seront pas sans se revoir !

Il rejoint donc son...client, si on peut l'appeler ainsi à l'heure qu'il est tout de même. Il ne peut s'empêcher d'afficher un sourire à ce qu'il dit.

« Oh, pauvre de toi, j'aurais dû m'en douter évidemment ! Va donc te coucher alors ! »

Kazu n'y peut strictement rien, les paroles partent d'elles-même, il a tout simplement une bonne répartie, quand il arrive à répartir...Tout dépend du contexte, et se doit être un peu pareil pour tout le monde nan ?

Voyons, à quoi bon s'atteler à la politesse lorsqu'il est plus naturel de parler simplement. Kazuhiro n'est pas adepte du vouvoie moi, il trouve cette pratique totalement vieillot. Bien sûr il ne vouvoie pas ses clients, il sait lorsqu'il le peut et lorsqu'il ne le peut pas, il faut faire sens d'un peu de jugeote ! Cependant, lorsque l'occasion est propice il n'hésite pas à être plus familier, à quoi bon faire des chichis ! Il n'a pas à en faire avec Tsukio, il le sait et ce n'est pas plus mal.

Un vampire qui obéit à un humain, n'est-ce pas un comble ? Où est donc le fameux schéma de la proie et du carnivore ? Où est donc passé l'esclave et le maitre ? Ils se sont volatilisés, Tsukio n'est peut-être pas un de ces vampires abjectes qui considèrent l'être humain comme du simple bétail totalement dénué d'importance, juste un tas de viande juteux et gouteux pour son sang ! Hum... Dominer un vampire n'est pas dans les projets de Kazu, il n'est pas idiot, il a assez d'intelligence pour le comprendre, mais ne sait-on jamais. Il semblerait que les vampires soient tous différents... Chance ou malchance ? Hum, qui sait après tout ! Il espère juste que sa première rencontre sera un évènement qu'il n'oubliera pas et qu'il soit agréable surtout ! Comme une simple conversation entre deux personnes civilisés...Mais il sait que ça n'arrivera pas de sitôt ! S'il savait qu'il en a un juste devant lui et qu'il n'est pas le premier qu'il côtoie... C'est fou comme l'ignorance peut-être handicapante !

Voyons, l'odeur n'est pas si désagréable que ça, et elle est très légère ! Même si l'endroit est loin d'être le plus attrayant qu'il soit, il n'en est pas moins parfaitement propre ! La propreté est primordiale ! Il passe quasiment deux heures par jour à tout nettoyer à fond autrement les bactéries se développent à une vitesse phénoménale ! Ça pourrait altérer ses futures créations et puis il ne faut pas oublier qu'il y a le service d'hygiène ! Un peu comme dans les restaurants, dans ce genre d'endroit ils passent en général deux fois par an et plus si quelqu'un vient à dénoncer...ce qui est rare puisque personne ne rentre dans l'atelier (et il n'y aurait rien à redire de toute façon) Tsukio est le premier et l'unique, attention, qu'il ne prenne pas ça pour acquis.

Il le laisse s'installer comme il le souhaite, il ne va pas le forcer à venir là où il ne veut pas. Il reprend son travail minutieux tout en l'écoutant parler du zoo... C'est de ça qu'il voulait parler ? Il lui jette un petit regard en coin, décidément, avec son sourire en plus, il est étrange... ou pas ! Il sourit quand il se justifie comme ça, il se demande bien pourquoi d'ailleurs parce qu'il n'a pas tiqué à la bourde qu'il aurait pu faire, il n'a pas le cerveau connecter sur l'onde vampire !

« Et alors ? Ça ne me gêne pas moi, ça permet de découvrir des animaux qu'on ne pourrait peut-être jamais voir dans sa vie ! Et puis s'ils sont habitués, ça ne fait de mal à personne. »

Il devrait dire le contraire car lui aussi a connu la prison, mais il leur trouve une certaine liberté, alors pourquoi s'embêter avec ça... Tsukio, tu as de drôle de sujet de conversation...

Il repose son attention sur sa création, il n'est pas mimi ce petit panda ? On le croquerait nan ?! Le silence qui s'installe ne le gêne absolument pas, si Tsu compte simplement le regarder, à sa guise, tant qu'il ne fait rien et ne l'emmerde pas en voulant aider où je ne sais pas quoi, il peut rester ! Pourtant à la question qu'il pose, il ne peut pas s'empêcher de laisser s'échapper un soupire, c'était prévisible.

« Pourquoi vous me posez tous, cette question ?... »

C'est réel, chaque personne avec qui il peut discuter lui demande pourquoi il a choisi un métier aussi lugubre et étrange ! Il faut être dérangé pour ça ! Mais bien sûr... Il pose ses outils et le regarde, surpris qu'il n'y a plus de sourire qui arbore ses lèvres...

« Ce n'est pas par choix que je m'y suis mis, mais j'ai appris à aimer et j'en suis dingue maintenant, ma réponse te satisfait ? »

Il n'argumente pas et ne détail rien, il reste évasif et cela est très bien ainsi ! Il va se laver les mains afin de pouvoir prendre d'autre matériaux nécessaire sans les souiller par le sang ou autre liquides.

« Tu es venu pour parler de moi ?.. »


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Mer 18 Avr - 9:30


Généralement, Tsukio n’aimait pas se retrouver en état de soumission car il avait alors l’impression de redevenir ce misérable humain qu’il avait été cent ans plus tôt. De la même manière, il ne pouvait pas supporter que l’on se moque de lui. Cependant, dans certaines situations exceptionnelles, son aspect dominant était capable de s’effacer un peu. Lorsque Kazuhiro se montra ironique en lui disant d’aller se coucher, le vampire n’en dit donc rien. Cette plaisanterie ne lui avait pas plu, mais elle ne l’avait pas non plus vexé, et à vrai dire il y était finalement resté totalement indifférent. Certes, mieux valait-il que l’humain ne provoque pas trop la créature, on ne savait jamais de quoi Tsukio était capable sous le coup de la colère ou d’une mauvaise humeur, sans compter qu’il pouvait se montrer d’une extrême cruauté.

Sa sérénité du moment et son désir d’en apprendre plus sur Kazuhiro poussaient le vampire à se montrer tout à fait cordial avec lui. Seul son habituel sourire et son sarcasme persistaient actuellement. Du mieux qu’il le pouvait, il se retenait de devenir désagréable. Son côté manipulateur le forçait également à faire preuve d’une bonne tenue s’il souhaitait que le taxidermiste ait une opinion positive de sa personne et qu’il se décide alors à parler de lui. Même les gestes de Tsukio étaient réfléchis. Comme toujours, son corps tout entier se déplaçait avec lenteur, silencieusement et gracieusement. Il était inconcevable qu’il se tienne mal ou qu’il semble négligé, et cet aspect propre et impeccable mettait en valeur tout son charisme.

Kazuhiro ne sembla pas remarquer l’erreur de Tsukio à propos des sorties au zoo. Mais après tout, qu’aurait-il pu soupçonner? Peu d’êtres humains étaient au courant de l’existence des vampires, et ceux qui les découvraient finissaient généralement vidés de leur sang dans la minute suivante. L’excuse qu’il avait donné au taxidermiste avait été assez étrange et en aucun cas l’américano-japonais s’était montré sincère. Tous ces animaux en cage ne l’importaient que peu en réalité, pour lui ce n’étaient qu’une multitude de morceaux de viandes qu’il pourrait se mettre sous la dent. Le point positif avec les zoos, c’était qu’ils participaient à la protection d’espèces en voie d’extinction. Tsukio, s’intéressant finalement plus au cas de Kazuhiro plutôt que de celui des bêtes en cage ne répondit pas à la remarque de l’humain sur ce sujet. Ce fut donc après cela qu’il lui demanda les raisons de son choix professionnel. Le soupir de l’homme redessina rapidement sur le visage du vampire un sourire en coin. Quand le taxidermiste eut finit de parler, Tsukio reprit enfin la parole, très calmement.

« Je ne voulais pas t’importuner, je me posais juste cette question intérieurement, et je voulais en connaître la réponse. »

Ses jambes maigres se défirent et se croisèrent à nouveau, échangeant simplement leurs places. Au même instant, ses mains se joignirent sur ses cuisses tandis que ses doigts s’entremêlaient.

« En tout cas ta réponse me satisfait. Tu sais, je ne pense pas que choisir le métier de taxidermiste soit quelque chose d’étrange. »

À la fin de cette phrase, les yeux noirs de la créature prirent une expression un peu moqueuse et il lança un rire avant de poursuivre avec amusement :

« En tout cas pas autant que d’appeler son magasin « Plaisir Bestial ». La première fois que je suis passé devant j’ai cru que c’était un magasin sado-masochiste! Mais je me suis trompé, et finalement, ici c’est aussi intéressant... »

Cette plaisanterie évoquait clairement l’une des nombreuses occupations nocturnes de Tsukio. Ce genre de pratique n’était pas une passion pour lui, loin de là, mais elle l’amusait de temps à autre, certes rarement au cours de l’année. À cette pensée, il se demanda ce qu’il en était de la vie sexuelle de Kazuhiro. Imaginer cet homme distant avec qui que ce soit ou avec des enfants, il avait du mal à le faire, mais pour autant il était persuadé qu’il devait avoir au moins quelques maîtresses, ou qui sait quelques amants, voire les deux à la fois.

« Avec un métier comme le tiens qui a l’air de te prendre beaucoup de temps, tu ne dois pas avoir l’occasion de t’occuper sérieusement de qui que ce soit. Ce doit être difficile, mais puisque pour ta part tu travailles la journée, le soir tu dois être plus libre que moi, n’est-ce pas? »

Le sourire de Tsukio s’étira, donnant à son visage un air un peu sadique. Ses dents apparurent discrètement entre ses lèvres, les pointes de ses canines à peine saillantes ne se remarquant pas. Kazuhiro n’appréciait visiblement pas de parler de lui, mais cela ne dérangeait pas le vampire qui s’obstina à lui poser une question sur sa vie privée, ce qui était en soit encore plus indiscret que d’évoquer sa vie professionnelle et donc publique. Tsukio avait prétendu avoir besoin de parler en arrivant, mais il n’avait pas précisé à propos de quel sujet, c’était à dire Kazuhiro...


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Sam 21 Avr - 15:57


Actuellement en train de travailler, Kazuhiro ne peut pas réfléchir sur deux choses à la fois. Certes Tsukio à peut-être fait une bourde, mais concentré sur son travail, sur son oeuvre, il ne percute pas comme on le dit. Le cerveau est étrangement fait tout de même. Lorsqu'il est concentré sur une tâche bien spécifique rien ne peut le perturbé, ou bien ceci est très rare. A cet instant c'est le cas avec notre jeune taxidermiste qui ne voit rien d'autre que son petit panda roux. Non pas que Tsukio le dérange, nan sinon il ne lui aurait pas proposé de venir avec lui et d'accéder à sa demande de discuter avec lui, mais il est tout simplement dans son univers et cela se voit... Ses yeux, cette lueur qui brille au fond d'eux, il n'y a aucun doute, il aime plus que tout ce qu'il fait. Ce n'est pas le moment de parler de sa passion, reprenons notre route sur notre jeune (ou pas) vampire.

Il décala son regard sur lui lorsqu'il l'entendit changer de position. Hum, il est vraiment maigre... Kazu n'est pas le seul japonais maigre, miracle !! Hum hum, n'exagérons pas, avouons simplement que le jeune homme mange que le stricte minimum, il n'a pas le temps de se faire des repas du chef ou de sa payer un repas gastronomique ! Bref, peu importe ! Il écoute tout simplement en laissant ses mains continuer leur travail sur cette petite créature qui revoit peu à peu la vie. Il va légèrement tiquer aux mots de son interlocuteur quand il va venir à se moquer du nom qu'il a choisi pour sa boutique. Il repose ses instruments durant un instant pour se tourner vers lui et le regarde, ses yeux plongés dans les siens.

« Tu trouves ça marrant ?! Ce nom est parfait pour lui ! Comment aurais-je pu l'appeler autrement ? Boutique de Taxidermie ?! C'est d'un fade et d'un ridicule ! Aucune originalité ! »

Mais il lui faut un instant supplémentaire pour réagir à autre chose...

« Sado-maso ? Tu entres dans ce genre d'endroit toi ?... Hum... »

Il le regarde de la tête au pied, instant légèrement avant de reprendre ses instruments et continuer sa création. Il commence surtout tout doucement à en apprendre un peu sur Tsukio. Il ne s'imaginait pas qu'il pouvait être du genre SM... Hum autant dire qu'il ne pense pas du tout à ça notre petit jeune homme ! La seule relation intime qu'il peut avoir est avec Haru... oui, son ami imaginaire et alors ?! Il est le seul à l'avoir déjà vu nu ! C'est un crime ?! Ne vous moquez pas...Peu importe ! Le sujet n'est pas là.

Il finira par délaisser le petit panda pour aller se laver les mains durant cinq bonnes minutes, puis il s'attaquera à ses accessoires qu'il doit nettoyer avec une grande précaution, ils sont très précieux et coûtent la peau des fesses ! A ne pas faire tomber et ne pas abîmer sinon il risque d'y avoir un malheur ! Haru viendra l'aider, sans que personne ne le remarque excepté son ami. Il murmura même un petit merci sans se préoccuper de Tsukio. Mais définitivement, il a décidé d'en apprendre plus sur lui ! Ce qui lui fait hérisser les poils sur les bras, une vraie horripilation !

« Tu t'obstines vraiment... je t'intéresse tant que ça ? »

Il a tout de même le droit de se poser la question parce que ça parait louche. Soit quand on rencontre quelqu'un on aime en apprendre un peu plus sur lui, mais ne poser que des questions ! Peut-être bien que cela est normal, mais le jeune homme a tellement peu l'habitude d'avoir une conversation avec quelqu'un, du moins pour se connaitre, ça lui fait étrange et ça va vite l'agacer s'il insiste un peu trop loin... Mais il fait un effort, il sait qu'il doit en faire, il ne peut pas continuer à vivre ainsi, alors c'est une bonne épreuve quand même... Allez petit taxidermiste, montre que tu es capable de prendre sur toi, même si ça ne te plait pas plus que ça...

Il s'active, prend d'autre instrument, de rembourrage, du fil bien spécifique, et de magnifiques yeux en verre... Il est temps de lui donner de l'éclat à cet amour de panda !

« Plus libre ? Nan pas obligatoirement, j'aime rester ici à bosser, même toute la nuit, jusqu'à m'écrouler. »

Il l'avoue, il sait que son métier lui prend énormément de temps, mais c'est tellement important pour lui. Il pourrait rentrer en transe pendant qu'il travaille, il ne s'en rendrait même pas compte. Heureusement qu'Haru est tout de même là pour le freiner lorsqu'il le faut et lorsqu'il y arrive...

« M'occuper de quelqu'un ? Je m'occupe de toutes mes créatures, je n'ai pas le temps de penser à quelqu'un d'autre. Qu'est-ce que tu fais de tes nuits ? En bon pervers sado-maso tu te rends dans des boites...spéciales ? Des host club ? Des clubs échangistes ?! »

Quoi ? IL n'est pas ignare non plus, il a vu, lu et entendu des choses, ce n'est pas un pur petit innocent ! Son corps est pur mais c'est aussi simple que ça... mais fini de parler de ses fesses oui !!Tsukio, que cherches-tu à faire avec Kazu en lui demandant tout ça ?


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Mar 1 Mai - 21:45


La plaisanterie de Tsukio à propos du « Plaisir Bestial » n’amusa que lui. Son rire résonna doucement dans la pièce, et il réussit pour une fois à détacher l’attention de Kazuhiro sur son travail. Ce dernier reposa ses instruments pour pouvoir répondre au vampire. Visiblement, parler de son magasin était susceptible de lui faire oublier ses activités durant l’espace d’un instant. Cette découverte à propos de l’humain résonna comme une petite victoire dans la tête de Tsukio qui, satisfait, souriait fièrement. Sa joie – que dire, son excitation! – s’intensifia en voyant Kazuhiro réagir face aux tendances sexuelles de son interlocuteur. Était-il choqué d’apprendre que cet invité fréquentait les clubs sado-masochistes? L’expression surprise de son visage était amusante à observer. Un léger rire s’échappa entre les lèvres de Tsukio qui, d’un hochement de la tête, affirma à Kazuhiro qu’il « entrait dans ce genre d’endroit ». En tout cas une chose était certaine à présent : le taxidermiste ne s’y rendait jamais pour sa part!

Les yeux noirs du vampire ne se détachaient plus de sa victime, et comme si son regard était dorénavant totalement fixé sur celle-ci, Tsukio examina son hôte sans relâche tandis qu’il se lavait les mains, abandonnant son panda roux. Sans savoir pourquoi, ni à qui il s’adressait, il lança dans le vide un remerciement. Cet homme était définitivement étrange lui aussi, mais ça ne dérangeait aucunement la créature nocturne qui s’en amusait plus qu’autre chose. Ce côté loufoque l’intéressait, d’où son si grand intérêt vis-à-vis de Kazuhiro. Peut-être qu’un jour il comprendrait les raisons de ses monologues étouffés et si courants. Lors de leur première rencontre, Tsukio avait déjà remarqué cette mystérieuse particularité chez le taxidermiste.

La première réponse de l’être humain à la question qui lui avait été posée, à propos de sa vie sentimentale, arracha un sourire amusé au vampire. Bien sûr que Kazuhiro l’intéressait, mais il n’avait clairement pas besoin de le lui dire pour qu’il le comprenne! L’expression de son visage, presque provocatrice, suffisait à le montrer. En silence, Tsukio écouta les remarques suivantes de son interlocuteur. Il attendit que ce dernier finisse de prendre la parole avant de lui répondre. Comme toujours, il semblait amusé par toutes les questions de l’être humain.

« Tu sembles assez informé sur cet univers, est-ce que tu as quelque chose à me cacher? Ou bien tu préfères te tenir à l’écart de tout ça bien que ça t’intéresse. Ces pratiques doivent te sembler malsaines j’imagine... mais tu peux me croire, il existe bien plus malsain en ce monde. »

Sa voix était calme, trop calme sans doute, au point qu’elle en prenait une intonation effrayante. En cent ans, Tsukio avait eu le temps d’apercevoir les faces les plus sombres et les plus abjectes de l’être humain. Lui-même avait cherché à dévoiler la sienne, mais aujourd’hui, plutôt que d’être terrifié face à ces faits, il s’en divertissait. Kazuhiro était à ses yeux un être encore bien trop innocent mais que, certainement, il serait possible de pervertir. Ce n’était pas là l’intention de Tsukio, loin de là, mais elle lui semblait amusante. Le vampire se redressa légèrement de son siège, glissant au bord de celui-ci. Ses bras s’appuyèrent sur ses accoudoirs et il se pencha un peu en avant de prononcer à voix basse :

« Est-ce que tu sais que tu n’es pas immortel? Tu perds sans doute beaucoup trop de temps à travailler comme un forcené. Je ne veux pas dire que tu devrais devenir feignant, mais plutôt que tu devrais pleinement profiter de ta vie. Tu n’en auras pas deux après tout, n’est-ce pas? »

Sa langue vint parcourir sa lèvre inférieure. C’était un tic qui apparaissait rarement sur son visage. En général, il se montrait lorsque Tsukio prenait une position dominante, plus précisément lorsqu’il s’apprêtait à manger ou à tuer. Dans la situation actuelle, ce tic n’avait cherché qu’à se montrer provoquant, de manière inconsciente. Rapidement, le vampire reprit sa position initiale, restant cependant sur le bord de son siège. Il laissa échapper un petit rire un peu moqueur.

« Si tu veux je pourrais t’emmener avec moi, une nuit, ça te changerait de tes créatures. Je suis persuadé que tu pourrais prendre le temps de penser à quelqu’un d’autre si tu le voulais. »

À ces mots, Tsukio s’esclaffa. Son sarcasme était évident mais il ne craignait pas de vexer Kazuhiro. Si cela arrivait, il trouverait rapidement un moyen de se faire pardonner. Pour l’instant tout ce qu’il souhaitait c’était de le provoquer pour le faire réagir. Bien que cet homme était généralement capable de répliquer, il le trouvait encore trop « mou ».

« Du coup je suppose que tu n’as personne dans ta vie, excepté tes animaux empaillés et ton magasin? Mais avec qui est-ce que tu prends le temps de parler, alors? Tout le monde a besoin d’avoir une personne à qui se confier, pas toi? »

Une nouvelle question indiscrète se pointait dans leur étrange discussion. Tsukio ignorait totalement que Kazuhiro possédait un ami imaginaire. Après tout, personne ne pouvait voir ce fameux Haru, alors comment était-il possible de soupçonner son existence?


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Sam 5 Mai - 14:42


Nan ! On ne s'attaque pas à sa boutique ! Si 'il y a quelque chose à quoi on ne doit pas toucher, c'est vraiment ça ! Il a eu un mal fou à réussir à l'avoir, sans garant, même juste avec l'argent qu'il avait, trop compliqué !! Il a dû l'acheter au final et ce n'était pas prévu ! Mais cette boutique est à lui, c'est son vrai bébé, alors on n'y touche pas, on ne s'en moque pas, on essaie même pas de le cambrioler ! On essaie rien où bien ça risque de très mal se passer ! Son bébé, il y tient tellement....On ne choque pas si facilement Kazuhiro, mais le jeune homme n'imaginait pas un homme tel que Tsukio dans ce genre d'endroit... Mais puisque maintenant il le dit, à le regarder de plus près et à l'imaginer, ce n'est pas si étonnant que ça tout compte fait, après tout, il a un look assez spécial... mais qui le rend super sexy, il ne faut pas le nier, au contraire...

Personne n’a le droit de s’intéresser à lui !! Quoi ? Cette phrase est idiote ? Oui, d’accord... mais ... Il n’aime décidément pas qu’on lui pose des questions, il a l’impression qu’on essaie d’entrer dans son lui intérieur, qu’on essaie de savoir qui il est vraiment et c’est difficile à croire pour lui ! Et il faut dire que Tsukio l’attaque quand même pas mal à coup de question, c’est qui s’accroche le filou et il n’a pas l’air de vouloir appuyer sur le frein ! Au contraire, c’est même à fond les ballons là !! Il n’aime pas la provocation ! Arrête Tsukio, t’es vraiment... impossible !

« Si j’avais quelque chose à te cacher, sérieusement, tu crois que je te le dirais ? Réfléchis un peu voyons... »

A son tour d'avoir un sourire de provocation ! Tu veux jouer mon coco ? Alors jouons, Kazuhiro est d'humeur, profites en avant que ça ne le lasse et qu'il change rapidement d'avis ! Jouons mon ami, jouons...

Pervertir Kazu ? En voilà une drôle d'idée, quel tordu irait s'amuser à faire ça ? Pardon, Tsukio bien sûr...Nan ? Hum...c'est surement une perte de temps pour tout le monde de tenter une telle chose. Kazu retourne s'occuper de son panda, étape importante, le rembourrage, c'est tout ce qui fera la bête ! Il s'y prépare, ses mains sont tellement habiles et rapides, c'est là que l'on remarque qu'il a le vrai coup de main, qu'il ne fait pas ça que depuis hier, il a une expérience folle et sait vraiment y faire ! En rembourrage évidemment, je parle simplement de taxidermie... Il oublie durant un instant, totalement, son invité, totalement absorbé dans sa tâche, il est ailleurs, dans son monde... Il revient à la réalité lorsque la voix du vampire résonne à ses oreilles. Il sursaute un peu et le regarde, comme s'il lui demandait ce qu'il faisait là.

« Prends moi pour un idiot, je sais que je n'ai qu'une vie, je ne suis pas arriéré ! »

Il détourne son regard un instant pour le reposer sur son panda qui est tellement mignon... Puis il repose son attention sur lui.

« Sérieusement, arrête de me poser de questions, ça commence à être lourd ! Tu ne veux pas être patient et attendre simplement au lieu de vouloir tout savoir d'un coup ?! T'as peur que quoi hein ?! Est-ce que je te demande si t'as couché avec ton voisin moi ?! »

Bon, c'est pourri comme question, mais avec la fatigue qu'il a amassée ces derniers jours, il est irritable et monsieur le vampire est en train d'en subir les frais....Dominer Kazu ? Il fera tout pour ne jamais l'être ! Il ne veut plus que personne n'ai le dessus sur lui, jamais ! Il s'empare de ses longues aiguilles et continue son travail très minutieux, il a même mit une paire de lunette bien spécial qui fait loupe et qui lui grossi les yeux, on ne se moque pas, je te préviens ! Il ne le regarde pas lorsqu'il lui propose de venir une nuit avec lui, il sent bien son sarcasme dans la voix, mais ça ne le vexe pas, Tsukio a parfaitement compris..

« Et où est-ce que tu m'emmènerais hein ? Dans un de tes lieux bizarres où tout le monde ce fou à poil ?! »

Il le fusille du regard à sa dernière question et retire ses lunettes.

« Ca ne te regarde pas »

Absolument pas ! Il ne dévoilera pas si facilement l'identité de son ami, il ne parlera pas d'Haru au détour d'une conversation, ça ne marchera pas comme ça, ce n'est pas aussi facile ! Haru c'est son trésor, il ne veut pas une réaction similaire à celle d'Hana, nan, il ne le supporterait pas encore une fois.

« Prends moi pour un fêler si tu veux, j'ai l'habitude. »

Il soupire, il ne répond plus, se confier, il n'a pas besoin de lui dire, c'est un tout. Haru, les confessions, tout va ensemble alors ça suffit ! C'est fatiguant de se faire harceler comme ça, il a surtout l'impression de se faire bombarder !


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Mar 29 Mai - 11:55


Trouver les points faibles et les points forts de Kazuhiro, connaître son mode de vie et ses passions, c’était tout ce que Tsukio désirait. Lorsqu’une chose ou une personne intéressait le vampire, il était capable de tourner autour pendant des heures. Tel un chat face à un trou de souris, il était capable de faire preuve d’une patience exemplaire pour arriver à ses fins. Qu’importe le temps que cela lui prendrait avant qu’il atteigne son but, il en avait énormément à perdre. Quand on est immortel, les heures et les jours ne se comptent plus vraiment...

Chaque nouvelle découverte à propos de Kazuhiro excitait Tsukio, même la plus banale et la plus futile. Chacune des fois où cet humain se défendait verbalement lui plaisait tout autant, et la créature ne put s’empêcher d’afficher un sourire satisfait lorsque sa victime chercha à le provoquer en lui demandant de « réfléchir un peu ». Au lieu que Tsukio soit blessé par ces paroles, il s’en était délecté. À dire vrai cela lui avait semblé aussi délicieux que du sang. Et quand Kazuhiro répliqua plus tard qu’il n’était pas arriéré, il fit naître cette fois-ci un certain amusement qui poussa le vampire à rire d’une manière sarcastique. Visiblement les nombreuses questions auxquelles se trouvait confronté le taxidermiste ne l’amusaient pas du tout, et pour cause il s’emporta brusquement durant l’espace de quelques secondes. Ce garçon se manifestait de plus en plus et c’était plaisant à observer. Avec ironie, Tsukio répliqua discrètement :

« Je ne suis pas du genre patient, désolé si mes questions te dérangent. »

Il n’était en aucun cas sincère car il n’était ni impatient, ni désolé de déranger Kazuhiro. Au contraire, il adorait ça. Désirant pousser encore un peu plus son interlocuteur à bout, Tsukio lui proposa alors de l’emmener avec lui dans des lieux nocturnes et malsains. Le sujet concerné refusa de croiser son regard, et bien qu’il n’était clairement pas vexé, il avait l’air lasse de cette nouvelle provocation, ce dont se foutait éperdument le vampire.

« Si tu le souhaites je peux t’emmener dans ces lieux, mais tu ne seras pas obligé de te foutre à poil si tu es pudique. »

Après s’être esclaffé, Tsukio s’attaqua au sujet des « confessions », espérant toucher un point faible. Cette nouvelle tentative fonctionna à merveilles et, derrière ses lunettes qui grossissaient ses yeux d’asiatique, le taxidermiste fusilla du regard son invité inconvenant qui retint un rire en voyant cette scène absurde. Certes l’effet de la loupe intensifiait la colère dans les prunelles noires de Kazuhiro, elle rendait à la fois la chose loufoque et amusante. Comme le garçon se mit à soupirer, manifestant une grande lassitude face à leur discussion et au comportement de Tsukio, le vampire se calma brusquement. Son visage reprit une expression en partie sérieuse, mais il gardait d’encré sur ses lèvres son sourire démoniaque. Il craignait que s’il provoque trop fortement Kazuhiro, celui-ci décide de le chasser de sa boutique.

« Que tu sois fou ou pas m’est totalement égal, ma question n’était qu’une simple curiosité. Je ne pensais pas qu’elle t’importunerait à ce point, excuse-moi. »

Tsukio ne venait pas d’apprendre quoi que ce soit de particulier à propos de son interlocuteur, mais au moins il savait qu’évoquer les proches de ce dernier pouvait le mettre en colère. Sans doute était-ce parce qu’il n’en avait justement pas, tout du moins c’était ce que supposait la créature. Comme il l’avait toujours soupçonné, il s’avérait que Kazuhiro était du genre à s’exclure du reste du monde, sans pour autant le repousser véritablement. Il était capable d’entamer une discussion comme il le faisait tout de suite avec Tsukio, mais posséder des amis il en était incapable. C’était pire que de la solitude, et cela éveillait grandement la curiosité du vampire.

« Est-ce que tu penses que c’est une tare d’être fou? Moi je ne le crois pas. En fait, je préfère même côtoyer des fous plutôt que des gens sérieux. Malheureusement, ils ont tendance à faire peur aux autres et ils sont évités. Je trouve ça dommage qu’on les mette de côté. »

Bien entendu Tsukio faisait référence à la solitude à laquelle se pliait Kazuhiro. Il voulait savoir si ce mode de vie était un choix ou une obligation, si c’était le taxidermiste qui l’avait choisi ou si on le lui avait imposé. Désirer vivre aussi seul que lui, comment était-ce possible? Cette idée ne dérangeait pas Tsukio, il ne la refusait pas non plus, mais il ne la comprenait pas complètement et elle l’intriguait.

« Qu’est-ce que tu penses de ma compagnie? »

Kazuhiro appréciait-il de recevoir des gens chez lui? C’était une question que s’était posé Tsukio. Après tout, s’il l’avait laissé entrer dans l’arrière boutique, un lieu auquel n’importe qui ne pouvait certainement pas y accéder, c’est qu’il avait eu une bonne raison de le faire. Il aurait parfaitement pu refuser la compagnie du vampire lorsque celui-ci la lui avait réclamé, et pourtant il l’avait acceptée sans aucune hésitation. Pourquoi? En tout cas, Tsukio espérait bien que Kazuhiro apprécie de l’avoir à ses côtés, ne serait-ce qu’un peu. Il y aurait de quoi flatter un peu plus son ego.

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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Jeu 31 Mai - 20:49


Tsukio désire bien trop de choses et c'est assez perturbant. C'est la première fois qu'une telle chose lui arrive. Jamais dans le passé quelqu'un s'est intéressé de cette manière à lui, jamais. Il y a bien un jeune homme, mais cela remonte à très longtemps et il n'a pas envie de repenser à lui pour le moment. Tsukio a quand même du courage et le coeur bien accroché pour vouloir tirer les verres du nez à cette tombe bien scellé ! Il pense vraiment réussir à en tirer quelque chose ? Il pourrait y arriver, c'est vrai, mais seulement s'il s'accroche car la tâche risque d'être rude.

Kazu est légèrement saoulé de ses questions et le vampire l'a belle et bien remarquer. Pourtant il n'en a que faire n'est-ce pas ? Ces expressions sur son visage, tout ceci, ses sourires, son regard et ses rires... le jeune taxidermiste est loin d'apprécier tout ça. Il n'a pas l'impression d'avoir la situation entre les mains et il ne supporte pas cela, surtout qu'il est chez lui, sur son territoire, personne n'a le droit de prendre le dessus ici, personne ! Mais il n'y a aucun panneau pour le signaler donc... Ce serait assez comique d'ailleurs de voir un panneau comme ça, c'est à y réfléchir...

Il va l'ignorer durant un long moment, faisant abstraction de lui se concentrant uniquement sur son chef-d'oeuvre, tout doit être parfait alors il ne se laisse plus divertir par quoi que ce soit, pas même Tsukio, comme s'il n'existait pas. Pardon ? Non, ça ne se fait pas surtout que c'est lui qui l'a invité à venir ici et c'est bien le premier alors il devrait être heureux ! Il va d'ailleurs lui en faire la remarque tout en continuant sa tâche, laissant ses mains s'activer avec plaisir et professionnalisme.

« Tu es le premier à venir dans mon atelier, ça devrait suffire à te satisfaire non ?! »

Evidemment que ça ne lui suffit pas, il n'a pas l'air de vouloir cesser et ça se voit, surtout s'entend. Il termine son oeuvre, l'observe de bonnes minutes avant de la poser sur un meuble non loin et la couvrir d'un drap noir. Puis il se retourne sur Tsukio, retirant sa paire de lunette qui le rend totalement horrible et étrange. Ne pas se mettre à poil ? Là c'est à son tour de se mettre à rire, il est bien obligé.

« Je ne suis pas si pudique que tu puisses le penser mais ce n'est pas le genre d'endroit que je compte côtoyer un jour ! Je veux bien faire une sortie avec toi, si tu arrives à me persuader, mais pas dans ce genre de lieux ! »

Il n'est pas idiot, il sait qu'il ne pourra pas passer toute sa vie ainsi, seul dans sa boutique avec ses créatures et Haru. Celui-ci reste en retrait. Depuis un moment, depuis que des personnes entrent dans la vie de Kazuhiro, il se met un peu en retrait mais ne disparait pas, non, ce n'est pas encore près d'arriver et jamais Kazu ne le laissera faire ! Il est avec lui depuis tant d'année, il ne supporterait pas qu'il le quitte, même s'il sait qu'il a l'air d'un fou qu'il faut enfermer quand il parle seul ! Mais il n'est pas seul, jamais et ça personne ne le sait... Peu importe, il doit faire des efforts et se décider à sortir, le monde extérieur est si vaste, il ne peut pas se contenter de son minuscule appartement, c'est un studio, pas un appartement d'ailleurs, et de sa boutique. Il est temps de lui ouvrir l'esprit et l'horizon !Il se rapproche de son plan de travail et commence à nettoyer. Tsukio va alors assister au rituel maniaque du jeune homme. J'espère qu'il supporte l'odeur de javel sinon tant pis pour lui... Par ailleurs Kazu va enfiler un masque, l'odeur lui donne mal au crâne mais il n'a pas le choix, il faut qu'il nettoie ainsi, il ne passera pas sur cette étape ! Si ça ne plait pas au vampire, qu'il sorte, il ne le retiendra pas. Mais ce masque ne l'empêche pas de continuer à converser avec lui.

Il lève les yeux au ciel quand il s'excuse de lui avoir posé cette question sur lui et le regarde.

« Si tu n'avais pas encore compris, je n'aime pas parler de moi et je ne compte pas te dévoiler ma vie. Mets-toi ça dans le crâne et tout se passera bien. Pourquoi ne me parlerais-tu pas de toi hein ?! Je ne suis pas le seul dans cette pièce qui puisse parler de moi »

C'est bien vrai cela, Tsukio devrait montrer l'exemple au jeune homme et peut-être se dévoiler devant lui en premier, peut-être que ça inciterait Kazu à lui parler, ou peut-être pas. Qui sait ce qu'il a dans la tête après tout. Petit rire quand il dit qu'il préfère côtoyer les fous.

« Alors tu es venu ici parce que tu me trouves étrange, fou et que tu aimes ça ? Il y a pourtant des fous partout non ? Alors pourquoi moi hein ? »

Oui, pourquoi spécialement Kazu. D'accord, il est entré ici attiré par le nom, mais il aurait très bien pu sortir, ignorer le taxidermiste et ne jamais revenir ici, oublier tout simplement cet endroit non ?Est-ce que ce vampire croirait-il encore au père noël à son âge ? Il s'attend à quoi ? A ce que Kazu lui dise qu'il a décidé d'être seul, qu'il est très bien ici et que de toute manière il ne l'est pas, il est avec son cher Hiro ? Il faut vraiment qu'il cesse de fumer ! Tu ne crois pas Tsukio ?... Mais en voilà une drôle de question qu'il lui pose, il ne s'y attendait absolument pas, et du coup réfléchis un instant avant de lui répondre.

« Elle ne m'est pas désagréable, sinon je ne t'aurais jamais laissé entrer ici et je n'aurais même pas pris la peine de te parler ! Surement ton style qui m'a attiré » Le regarde de la tête au pied lorsqu'il dit ça « mais si tu continues à me harceler de question je pense que je vais vite te détester ! »

Il lui fait un clin d'oeil et frotter tout ce qu'il peut frotter, il lui demande même de bouger pour qu'il puisse passer autour de lui. Eh bien oui, désolé, mais la pièce doit être niquel, on devrait être capable de pouvoir manger par terre ! Il s'arrêteet le regarde

« C'est la réponse que tu attendais ? Tu sais, tu es étrange, entrer dans cette boutique, t'intéresser à moi... tu perds surement ton temps, tu le sais ça nan ? Je vois plus un mec comme toi entourer de jeunes femmes complètement fanatique de toi... »

C'est vrai cela, il le voit assit à une table, entouré de nanas folles de lui !


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Ven 8 Juin - 11:45


D’un naturel assez égocentrique, il était presque jouissif pour Tsukio d’apprendre qu’une personne était capable de faire une exception pour lui. Quelle fût donc son excitation quand Kazuhiro lui annonça qu’il était le premier à avoir eu le droit d’entrer dans l’atelier. En effet, cette nouvelle aurait dû satisfaire le vampire, mais quand on lui tendait la main, il avait tendance à vouloir prendre le bras tout entier. Obtenir un accès dans la pièce la plus personnelle de la boutique n’était pour lui qu’un petit pas en direction de l’objectif qu’il souhaitait atteindre. Il lui en faudrait faire beaucoup plus pour arriver à ses fins, et ce ne serait pas tâche facile avec Kazuhiro. Cet homme n’était pas du genre à se dévoiler à n’importe qui, et si Tsukio voulait le connaître dans ses moindres détails, il lui faudrait des mois d’efforts, si ce n’est des années.

Une nouvelle largement positive tomba soudainement dans la conversation : le taxidermiste venait d’avouer au vampire qu’il était d’accord pour faire une sortie avec lui. Un large sourire se dessina sur les lèvres de Tsukio à l’instant même. Tant pis pour les clubs sado-masochistes, de toute façon il n’avait pas prévu de l’emmener là-bas, s’il organisait une soirée avec Kazuhiro, il commencerait par des choses moins « hard ». Peut-être qu’il le ferait entrer dans un club, histoire de voir ce qu’il donnait sur une piste de danse. Imaginer ce garçon bouger son corps? C’était plutôt difficile à faire. Tsukio avait déjà du mal à s’imaginer ce qu’il pouvait donner au lit, alors ailleurs, c’était impossible. Discrètement, le vampire glissa une phrase qui passa presque inaperçue dans leur discussion. Elle était destinée à être simplement entendue sans attendre de réponse.

« La prochaine fois que je viendrais, je tenterais donc de te sortir de ton trou... »

Kazuhiro avait déjà posé sur un meuble son panda roux empaillé. Maintenant qu’il avait terminé son travail, il commença à faire du nettoyage dans l’atelier. C’était une chose naturelle, il était important de suivre les règles d’hygiène imposées aux commerces, sans compter que dans un lieu où on trouvait des animaux morts, c’était plus que conseillé. Tsukio ne craignait pas les bactéries, il était de toute façon déjà mort depuis longtemps, mais pour Kazuhiro qui se classait toujours parmi les mortels, c’était plus risqué. L’odeur de la javel était très désagréable et Tsukio n’avait pas eu le droit à un masque, alors il se boucha le nez avec ses doigts maigres pendant que le taxidermiste faisait son travail. Même s’il ne supportait pas ce produit, il ne comptait pas s’en aller aussi facilement de la boutique. Il en faudrait beaucoup plus pour le forcer à baisser les bras.

Tsukio lança un petit rire lorsque Kazuhiro lui proposa de parler de lui. Si le jeune homme savait qu’il avait un vampire face à lui et qui avait bien des années à lui conter, il n’aurait pas posé cette question avec autant de légèreté. Bien sûr, l’amérasien se défila et, n’apportant aucune information sur sa propre personne, il commença à parler des fous au taxidermiste. Sa remarque ne passa pas inaperçue et fit même un peu rire Kazuhiro. Entre la colère et l’amusement, le vampire réussissait à lui faire éprouver toutes sortes d’émotions! Tsukio se mit à rire à son tour. Oui, pourquoi avait-il choisi ce garçon plutôt qu’un autre? Sans doute parce qu’en plus de sembler fou, il était aussi très solitaire et mystérieux, et tout ceci mélangé le rendait attirant, non pas dans le sens où il en devenait séduisant mais plutôt intriguant. Comme il ne souhaitait pas apporter tout de suite de réponses à toutes les dernières questions de Kazuhiro, Tsukio lui demanda alors son avis sur sa compagnie. Contre toute attente, le taxidermiste se montra parfaitement franc, jusqu’à avouer qu’il avait été attiré par le style du vampire, laissant cependant comprendre que cela ne l’empêcherait pas de le trouver moins agréable s’il continuait de se montrer trop curieux. Tsukio se leva pour permettre à Kazuhiro de correctement faire son travail. Il s’écarta un peu, se rapprochant de la sortie de l’atelier qui menait dans le magasin afin de ne pas salir les coins déjà nettoyés. Quand il entendit la dernière réflexion à propos de jeunes femmes en chaleur qui se rueraient autour de lui, il s’esclaffa carrément.

« Tu penses sincèrement que je suis assez séduisant pour avoir toute une bande de groupies à mes pieds? Non vraiment, ce serait terriblement ennuyant. Je n’aime pas que les choses viennent trop facilement à moi, c’est après tout plus excitant quand ça nous demande des efforts. Et puis pourquoi est-ce qu’il n’y aurait que des femmes autour de moi? »

Inutile de traduire l’aveu qu’il venait de faire dans sa dernière question. Les femmes, les hommes, les transsexuels, Tsukio se satisfaisait de tout. En réalité il n’aimait pas diviser le genre humain par catégories, et les genres sexuels n’avaient donc pour lui aucune importance, tout comme les nationalités. Avec un sourire amusé, Tsukio poursuivit aussitôt :

« Je ne sais pas vraiment pourquoi je t’ai choisi toi, mais tout ce que je sais, c’est que dès que je t’ai vu j’ai eu l’impression que quelque chose m’attirait. Ce n’est pas seulement ton magasin et ton univers, je pense que c’est toi aussi. Tu n’es pas comme tous les autres Kazuhiro, et j’aime les gens qui semblent différents. Ça par exemple, c’est séduisant, tu ne trouves pas? »

Tandis qu’il avait parlé, il s’était appuyé contre l’encadrement de la porte qui était juste derrière lui, glissant ses mains dans les poches de sa veste. Sa pose était presque lascive, comme il savait si bien le faire à vrai dire. Même quand il n’y pensait pas, Tsukio restait toujours dans une optique de séduction. Pas nécessairement dans un but sexuel, mais aussi pour simplement plaire, sans arrière-pensée. Son regard se faisait provocateur et ses yeux ne lâchaient plus d’une semelle sa victime.

« En ce qui concerne ma personne, je dois t’avouer que tu ferais mieux de ne pas trop en savoir... »

Sa voix résonnait d’une façon étrange, il était difficile de définir quelle émotion il avait cherché à faire paraître dans celle-ci. En partie suave, sensuelle mais agressive à la fois, elle paraissait aussi intrigante que cette dernière réflexion.


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Mar 12 Juin - 18:59


Une exception pour Tsukio... Hum, c'est simplement parce qu'il était enclin à parler avec lui, mais s'il n'avait pas voulu, il l'aurait mis simplement dehors, en toute logique.
Kazuhiro continue son nettoyage méticuleux. Il n'y aurait que lui, cela lui aurait pris quasiment deux heures ! Mais ce vampire étant là, ça l'oblige finalement à ne pas être aussi maniaque et ce n'est pas une aussi mauvaise chose que ça finalement, parce qu'au fond il est vraiment temps que le jeune homme frêne sur le boulot, il le sait. L'odeur de la javel embaume toute la pièce ce qui est assez désagréable. Il n'a pas donné de masque à Tsukio parce qu'il ne prête pas son matériel ! Personne n'a le droit d'y toucher, pas même un simple masque ! Qu'il respire avec la bouche !

Il entend sa phrase et n'y répond pas, cela est inutile, pourquoi répondre inutilement à une phrase qui est totalement inutile ! Tsukio a bien trop confiance en lui ! Faire sortir Kazu de son trou ? C'est un beau rêve, un rêve de fou ! Il lui jette un petit regard de temps en autres avant de finalement arrêter de s'activer tout en gardant le masque en attendant que les vapeurs de javels cessent d'agresser la pièce. Il l'écoute et continue de lui parler.

« Pourquoi ? Il y a aussi des hommes autour de toi ? »

Non pas qu'il est choqué, mais il n'imagine pas deux hommes ensemble. Pourtant il va reconduire cette opinion d'ici quelques temps, jours... Si tu savais Kazu, mais ça c'est une autre histoire.
Il se retourne et le regarde de la tête au pied, s'approchant près de lui et il va finalement lui tourner un peu autour, comme un prédateur...

« Je ne vois pas ce qu'un homme pourrait te trouver, pas même une femme... Tu es trop maigre, pas assez musclé et des yeux minuscule... »

Ah ah ah, ça c'est le point de vue du jeune taxidermiste. C'est vrai qu'il n'aime pas tout ce qu'il vient d'énoncer sur Tsukio et il n'aime pas non plus sa taille, il est plus grand que lui et il ne supporterait pas d'être dominé dans une relation ! Quoiqu'il n'a jamais eu de relation sentimentale, mais il ne veut pas être dominé, jamais, plus jamais !
Il arrête de lui tourner autour lorsqu'il se met à parler de lui. Petit froncement de sourcil tout en le regardant.

« Différent ? Bien sûr que je suis différent, je le sais... »

Mais ce n'est peut-être pas ce qu'il lui fait le plus plaisir... Il soupire, restant silencieux un instant avant de reprendre.

« Et tu harcèles souvent les gens différenst comme ça ? »

Là c'est un petit pic car il fait un petit clin d'oeil. Que Tsukio soit heureux, au moins il se détend le petit Kazu. Il en oublie même Haru qui est là et qui observe la scène.
Il le regarde quand il se met dans l'entrebâillement de la porte comme ça, avec cette pause et là... Il éclate totalement de rire, il s'adosse même contre son meuble avec une difficulté à se calmer.

« Séduisant ? Si c'est moi que tu essais de séduire et bien c'est raté ! On croirait un mec désespéré qui essaie de se faire remarquer parce qu'il est au bout du rouleau ! Tu es au bout du rouleau ?! »

Il rit encore un peu avant de réussir à se calmer, non sans avoir un peu mal au ventre et essuie quelques petites larmes de rire qui coulent au coin de ses yeux. Il est totalement calmé quand il entend sa voix résonner une dernière fois. Il n'aime pas le ton qu'il emploit...

« Ne pas trop en savoir ? »

Il se détourne et vient devant le panda roux qu'il caresse comme si l'animal était toujours vivant.

« Ne compte pas sur moi pour rester dans le flou. Je veux bien être sympa et parler avec toi, répondre à certaines de tes questions, j'ai bien dis certaines ! Mais ne compte pas sur moi pour t'ignorer ! Tu veux savoir des choses sur moi ? Et bien je veux en savoir sur toi ! »

Il se retourne, le panda dans ses mains et s'avance, passant à côté de lui pour retourner du côté boutique et mettre sa création à la place d'honneur et à la vue de tous.

« C'est donnant donnant Tsukio »

Se retourne vers lui, ses yeux plongés dans les siens. Le vampire pourra lire la détermination dans le regard du jeune homme. Une détermination qu'il n'a pas eue depuis longtemps, surtout envers quelqu'un. Tsukio est vraiment étrange, il arrive à le faire sortir de sa routine et lui faire dire des choses qu'il ne dirait d'ordinaire jamais... vraiment, Tsukio tu es...

« Et je ne te laisse pas le choix... »


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Mer 4 Juil - 11:35


L’esprit de Tsukio était très ouvert, il était prêt à accepter tous les genres de personnes tant que celles-ci ne s’avéraient pas trop stupides selon lui, ou tout du moins tant qu’elles savaient tenir une conversation sans se montrer absolument ennuyantes. Ce qu’il détestait par-dessus tout, c’était les gens qui se montraient imbus de leur personne ou qui ne possédaient au contraire aucune personnalité. Kazuhiro était entre ces deux types, ce qui signifiait qu’il avait le profil idéal pour attirer l’attention du vampire. Il avait certes une vie très restreinte qui s’arrêtait principalement à son travail, il n’empêchait qu’il ne demandait qu’à être libéré de son exclusion sociale du point de vue de Tsukio. À l’intérieur de cet homme si discret, se cachait un véritable personnage qui, pour le moment, était encore trop innocent. Sa question à propos des hommes qui se trouveraient autour de vampires amusa celui-ci qui rit alors doucement. Il n’avait pas besoin d’apporter la moindre réponse à cette interrogation, après tout Kazuhiro avait clairement compris la chose...

Le jeune humain se dirigea vers son invité et lui tourna autour. Il était amusant de voir ce garçon réagir de cette manière, car ce genre d’agissement était plus typique des gens à caractère dominant plutôt que de ceux à caractère soumis. Sans le savoir, Kazuhiro était à cet instant en train de dévoiler une infime partie de sa personnalité. Il avait beau être timide en général, ce n’était pas pour autant qu’il devait laisser les autres s’imposer à lui. Au contraire, et notamment sur son territoire qu’était son magasin, on ne lui marchait pas facilement sur les pieds. Le sourire de Tsukio s’intensifia face à cette situation. Chaque fois où Kazuhiro se manifestait, il prenait presque du plaisir. Cependant cet air si satisfait sur le visage du vampire se dissipa quand il entendit le garçon parler de son aspect physique d’une manière péjorative. Puisqu’il s’appréciait si peu physiquement, cela ne lui faisait jamais du bien d’apprendre qu’il ne plaisait pas. Il tenta d’afficher rapidement un nouveau sourire puis il prit un air hautain.

« On ne peut pas plaire à tout le monde, et ça m’arrange, tu peux le croire... surtout face à certains cas. »

À en juger l’intonation de Tsukio, on avait l’impression qu’il venait de mettre Kazuhiro dans le panier de ces « certains cas », et pourtant ce n’était pas ça. Il avait néanmoins souhaité en donner l’impression, histoire de déstabiliser son interlocuteur en faisant semblant de lui reprocher quelque chose. Mimant à son tour l’un des gestes du garçon, il l’observa de la tête aux pieds et avec lenteur. En effet, Kazuhiro n’était pas non plus une beauté, mais il était aussi loin d’être une horreur. Tsukio aurait pu le lui dire franchement, mais sans savoir pourquoi il n’en avait pas envie tout de suite. En tout cas ce n’était pas parce qu’il craignait de le vexer.

Être différent n’était pas un défaut ; pour Tsukio c’était même une qualité. Quand il avait dit cela à propos de Kazuhiro, c’était en tant que compliment, mais il n’avait pas cerné si celui-ci l’avait pris comme tel. L’être humain avait reconnu être différent, mais sa manière de l’avouer avait semblé si lasse qu’il ne devait pas s’en estimer fier. C’était bien dommage. L’expression habituelle et fière de Tsukio revint au galop quand son interlocuteur lui demanda s’il harcelait souvent « les gens différents ». Avec amusement il répondit :

« Non, en fait tu es même le premier avec lequel je le fais. En même temps on ne vous croise pas à chaque coin de rue. »

Un sourire qui s’avéra aussi sympathique que sarcastique s’esquissa sur les lèvres du vampire tandis qu’il parlait. Il était aussi amusé par la question que par le clin d’œil de Kazuhiro. Celui-ci avait l’air de se détendre de plus en plus. Il avait l’air à l’aise avec lui et tant mieux, c’était justement ce que désirait Tsukio. Malheureusement il s’avéra que le jeune homme ne manqua pas de lancer une nouvelle moquerie au vampire. Décidément, il était clair qu’il n’était pas aussi faible et éteint qu’il en donnait généralement l’air. Tsukio n’aimait pas ça, il préférait toujours blesser plutôt que de sentir blessé, cependant ni l’expression de son visage, ni sa posture ne manifesta son mécontentement. Il resta parfaitement lascif et souriant.

« Je ne suis ni désespéré, ni au bout du rouleau. À vrai dire j’imagine facilement que j’ai même plus d’amants que toi pour me rassurer sur mon cas. Est-ce que ça m’empêcherait de te trouver séduisant? »

On lui envoyait une pique, alors lui aussi! Cette phrase sous-entendait nettement l’idée que Tsukio se faisait de Kazuhiro à propos de sa vie sexuelle et sociale. Il ne se doutait pas que ce garçon était vierge, mais il supposait aussi avec peine qu’il ne puisse pas l’être. À vrai dire il n’avait aucune idée précise sur ce sujet, et il ne souhaitait pas en connaître la réponse. En silence et avec une expression moqueuse, il observa Kazuhiro qui se calmait de son fou rire. Quand celui-ci changea de sujet, Tsukio ne sembla pas réagir. Il restait immobile, toujours appuyé contre l’encadrement de la porte entre la boutique et l’atelier. En tout cas il suivait fixement du regard le jeune homme qui s’en allait poser le panda roux dans sa vitrine.

« Je comprends très bien ton impression, mais tu sais, j’ai tellement de choses à dire à mon sujet que je ne saurais même pas par où commencer! Je suis comme un vieillard, ma vie est un véritable roman. »

Il rit à sa dernière phrase. À première vue c’était une plaisanterie, mais en réalité il faisait aussi référence à son âge très avancé malgré son apparence. Comme tous les vampires, Tsukio ne vieillissait pas physiquement. Il se redressa tandis qu’il se calmait, puis il ajouta rapidement sans laisser à Kazuhiro le temps de prendre la parole :

« Pourquoi est-ce que tu ne me poses pas une question pour commencer? »

Cela insinuait que Tsukio était enfin prêt à parler de lui. Ça ne le dérangeait pas, mais ce n’était pas non plus un plaisir d’évoquer sa vie. Il fallait toujours mentir pour se montrer cohérent et afin que les êtres humains ne se posent pas de question, c’était ennuyant. Les choses seraient si simples s’il pouvait avouer qu’il était né dans le nord du pays il y a plus de cent ans!


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Mar 10 Juil - 20:44


Kazuhiro une personne encore trop innocente ? Mais qu'en sais-tu Tsukio ! Tu ne sais rien de sa vie ! Enfin, tu as compris que sexuellement parlant... c'est le bide complet, mais tu ne sais rien d'autre, alors comment peux-tu savoir s'il est innocent ou pas ? On ne dit pas sans savoir, c'est la bonne manière de se faire une mauvaise opinion sur quelqu'un... Il y a des hommes autour de ce vampire oui, il ne répond pas mais son regard, cette expression parle et s'exprime beaucoup mieux que s'il avait usé de mots... Ca ne le gêne absolument pas, les gens sont comme ils sont, lui-même ne sait pas encore vers quelle orientation il est alors bon, il ne peut juger personne, même si pour le moment, c'est le flou complet dans l'esprit du jeune homme.

Ce n'est pas l'intention du jeune taxidermiste de montrer ouvertement une partie de lui. Dominant ? Non il ne l'est pas forcement, c'est simplement qu'à cet instant, il se sent étrangement d'humeur joueuse... Il n'aime pas se faire marcher dessus comme l'a si bien compris cette créature nocturne, d'autant plus qu'ils sont dans son magasin ! Chez lui, sur son territoire oui ! Il veut tenir les reines ici, il ne veut pas se faire mener dans son propre chez lui, c'est un peu vexant et frustrant ce genre de situation. Laisse toi dominer et profite de cette situation, tu ne risques peut-être pas de le revoir. En le décrivant un peu comme ça, il n'avait pas l'intention de le blesser ou quoi que ce soit d'autre, il le taquinait simplement. Par contre Kazu va être vexé par ce que son vis-à-vis vient de dire...

« Certains cas ? Fais gaffe à ce que tu dis »

Il n'a plus envie de jouer d'un coup et arrête de lui tourner autour. Non le jeune homme ne tient pas grande importance à son apparence, il s'en contre fiche de plaire ou de ne pas plaire. Mais venant de Tsukio il prend cela un peu amèrement, et il n'aime pas forcement cela. Ça commence à peu à le fatiguer tout cela, il faut l'avouer. Un soupire se fera entendre et il ne cherche pas à le cacher, au contraire, il montre intentionnellement sa lassitude à Tsukio.

« Je suis bien heureux de ne pas avoir de double ! »

Evidemment qu'on ne le trouve pas à chaque coin de rue sinon la vie des Tokyoïtes serait loin d'être la plus fun qui existe...

Bien sûr qu'il n'est pas faible, mais si on ne le connait pas on ne peut pas le deviner. C'est comme tout le monde, tout dépend de la situation. Il peut très bien être faible dans une et fort dans l'autre, tout n'est qu'une question de situation. Face à Tsukio il ne veut pas s'écraser et se montrer faible, surtout pas ici. En réalité c'est le vampire qui le force à être ainsi, comme ça devant lui, à lui parler, poser des questions, il force le jeune homme à s'exprimer et s'affirmer. Finalement ce n'est peut-être une aussi mauvaise chose qu'il tente de le pousser comme ça...

Il plisse les yeux au petit pic qu'il lui lance, mais au fond il apprécie qu'il lui renvoi un pic.

« Tu veux m'entendre dire quoi ? T'avouer que je suis célibataire ? »

Il le dit comme ça c'est fait et il pense qu'il va lui fiche la paix, pas forcément à l'aise sur ce genre de sujet, il préférait qu'il parle et le lance sur un autre sujet.

« Me trouver séduisant ? Trouve moi comme tu veux, je m'en fou un peu »

Qu'il lui dise qu'il est séduisant ou pas ne lui fait rien du tout, mais absolument rien, ce n'est pas quelque chose qui peut le flatter.

Il caresse avec amour sa petite créature et change totalement de sujet. Il est vraiment temps que Tsukio fasse un effort s'il veut tirer quelque chose de réel de Kazu.
Il le fixe et fini par passer derrière le comptoir, il faut qu'il fasse les comptes, mais pour le moment il le regarde, l'écoute surtout.

« Parce que tu penses être le seul à avoir beaucoup de choses à raconter ? »

Se relève finalement, il doit quand même fermer définitivement la boutique à cet heure-ci il va donc verrouiller la porte et baisse légèrement le rideau. Il ne met pas son invité à la porte, nan pas maintenant que ça devient intéressant ! et il retourne s'asseoir derrière la caisse.

« Que je te pose une question ? »

Il réfléchit un instant, il aurait tellement de choses à demander.

« Pourquoi tu t'évertue à venir me voir le soir ? Tu ne peux pas faire comme tout le monde et venir en journée quand je suis moins occupé ? Tu ne bosses pas ? T'as pas d'ami ? Tu es SDF peut-être ! Tu cherches un toit ? Je t'offrirais bien l'hospitalité une nuit mais habillé comme tu es je doute que tu puisses être à la rue ! Il n'y a personne qui t'attend ? »

Il se bouscule dans ses questions qui peuvent paraitre idiot, mais Tsukio est la première personne qui s'intéresse, si on peut dire ça, à lui alors il veut faire des efforts... Comme quoi tout peut changer.

Tout serait simplement effectivement, mais il ne peut pas lui avouer...

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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Mar 17 Juil - 11:26


Vexer Kazuhiro? Pourquoi pas, si cela pouvait le faire parler un peu plus ou le forcer à se rebiffer. Ce n’était pas l’intention première de Tsukio qui comptait bien trouver un moyen de tenir compagnie au taxidermiste jusqu’à environ minuit, heure à laquelle il devrait se rendre à « son travail », ou plutôt au Miryô, le club de son « ami » Takeru, où il devait chanter ce soir. Les shows de Tsukio ne s’en tenaient pas qu’au chant, ils étaient même un peu particuliers car il aimait mélanger à ceci quelques tours de passe-passe, jouant souvent avec les mouvements de son corps, profitant par la même occasion de son état vampirique pour ébahir ses spectateurs humains qui ignoraient totalement sa véritable identité. Ce n’était franchement rien d’extraordinaire, mais il arrivait à surprendre et à séduire avec peu. En tout cas, si Kazuhiro comptait se coucher avant minuit, Tsukio ne le forcerait pas à résister au sommeil ; de toute façon, il avait prévu de revenir un autre jour, et qui sait pour lui proposer de faire une sortie avec lui puisque le garçon lui avait donné son accord...

Tsukio, qui s’était senti offensé par la description physique que Kazuhiro avait fait de lui, n’avait pu s’empêcher de chercher à rendre ce désagréable sentiment à son interlocuteur. Et visiblement, il avait réussi. À travers l’air hautain qu’il prenait, un sourire presque satisfait se dessinait sur son visage alors que l’humain lui réclamait de faire attention à ce qu’il disait. S’il avait possédé autant de franchise que Kazuhiro, Tsukio aurait probablement répondu la même chose quand il lui avait dit qu’il était trop maigre et que ses yeux étaient minuscules, mais avec cette hypocrisie qui lui était propre, la mauvaise créature avait préféré lancer un pseudo reproche pour le provoquer. Ce fût après cela que le taxidermiste évoqua sa différence à laquelle le vampire répondit, de manière sous-entendue, qu’il était rare de trouver des gens en possédant. Cette réponse ne sembla pas convenir à Kazuhiro qui se montra tout à fait lasse. Cette réaction n’effraya pas Tsukio qui, mécontent de la moquerie que lui avait fait par la suite le garçon, se vengea en lui reprochant de ne pas posséder autant d’amants que lui. Sur l’instant, la conversation prenait une tournure moins plaisante qu’au départ. Heureusement, l’aveu de Kazuhiro à propos de son célibat sût calmer Tsukio qui afficha un sourire pleinement satisfait. Au moins, sur ce propos, il ne s’était pas trompé. Quand ses intuitions s’avéraient bonnes, c’était pour lui jubilatoire, et il pouvait se vanter intérieurement d’avoir un don pour deviner les modes de vie et les situations de gens. N’espérant aucune réponse, le vampire s’exclama à voix basse :

« C’est une information intéressante que tu me donnes là. »

La créature ne faisait pas référence au célibat de Kazuhiro, mais au fait que ce dernier se foutait qu’on le trouve séduisant. Ou plutôt, qu’il se foutait « un peu ». Ces deux derniers mots, qui pouvaient paraître futiles, avaient une importance aux yeux de Tsukio qui considérait qu’ils démontraient que le taxidermiste avouait ici ne pas être absolument insensible à un tel compliment. Il ne le touchait pas, mais il ne passait non plus dans l’oreille d’un sourd, n’est-ce pas?

Observant le taxidermiste caresser son œuvre – Tsukio s’amusait en pensant que Kazuhiro devait plus souvent caresser des animaux que des humains –, le vampire commença enfin à parler de lui. Depuis le début de la conversation, il n’avait cessé de tourner autour de l’être humain, ne dévoilant rien sur sa propre personne. Il avait eu pour but de déstabiliser son interlocuteur avec ce comportement, et il avait réussi puisque depuis un petit moment, le garçon semblait de plus en plus dérangé par le fait qu’on ne parle que de lui. Laisser à Kazuhiro le droit de lui poser des questions, permettait à Tsukio de pouvoir le remettre en confiance, et surtout de le calmer. Maintenant qu’ils avaient cessés de s’envoyer des piques, il fallait que la discussion redevienne tranquille. Un sourire fortement amusé s’esquissa sur le large sourire du vampire qui imaginait bien que Kazuhiro ne se rendait pas compte de toutes les choses que Tsukio pourrait lui raconter. Il en avait bien plus que dans une petite vie humaine d’environ quatre-vingt ans... En tout cas, face à la dernière réplique de la créature, l’humain ne put s’empêcher d’afficher un certain contentement, à tel point qu’il ne s’attarda pas à réfléchir pendant des heures avant de poser des questions. Et des questions, il y en avait un joli nombre. C’était à croire qu’elles lui avaient tracassé l’esprit pendant si longtemps que, maintenant qu’il avait l’occasion de les poser, il les balançait toutes d’un seul coup et à toute vitesse.

Les petits yeux de Tsukio ne se décrochaient plus de Kazuhiro. Comme le vampire était grand, il ne peinait aucunement à observer son vis-à-vis de l’autre côté de la caisse. En effet, pendant qu’on lui avait posé des questions, la créature s’était glissée de l’encadrement de la porte entre l’atelier et la boutique, jusqu’au centre de cette dernière. Face au taxidermiste, il vint s’appuyer sur le comptoir où se trouvait la caisse, de la même manière que lorsqu’il était entré ici. L’index maigrelet de sa main droite vint parcourir le rebord du meuble, comme s’il cherchait à s’assurer qu’il n’y avait pas un gramme de poussière. Observant sa dernière phalange, il put en déduire que cela en était bien le cas. Kazuhiro était clairement très maniaque. Avec son éternel sourire encré sur sa figure osseuse, Tsukio prit calmement la parole.

« Je viens te voir le soir, parce que je pense que contrairement à la journée, tes clients se font un peu moins nombreux et que tu auras donc plus de temps à me consacrer. D’ailleurs, tu vois, même quand ta boutique est fermée, tu me laisses le droit de rester ici. C’est bien mieux que de devoir me mêler à ta clientèle et de ne pas pouvoir te parler librement! Et puis je travaille la nuit pour ma part, alors en début de journée, je dors, tu t’en doutes. Quant à mes amis, si je prends le temps de les voir en journée, alors je n’ai justement plus que le soir à te consacrer. D’ailleurs, si je n’en avais pas et que je cherchais vraiment un toit, je te l’aurais dit directement et je me serais fait un plaisir de m’inviter chez toi! Je m’y ennuierais moins que seul dans mon appartement, où personne ne m’attend, ni ne m’occupe. »

C’était surprenant. Il avait retenu toutes les questions du taxidermiste, si bien qu’il avait prit soin de répondre à chacune d’entre elles. Le sourire et les yeux de Tsukio prirent une expression plutôt moqueuse, et il se demandait si Kazuhiro pour sa part serait capable, avec ses capacités de simple humain, à retenir toutes ses réponses. Histoire de perturber son esprit, le vampire reprit aussitôt sans laisser à son interlocuteur le temps de dire quoi que ce soit :

« Est-ce que mes réponses te satisfont? Ou est-ce que tu souhaites m’en poser d’autres encore? »

Un rire très léger fût étouffé entre ses lèvres fines. À défaut de pouvoir dire toute la vérité, il avait réussi à trouver quelques beaux mensonges à raconter à Kazuhiro, comme le fait qu’il devait se reposer la journée après son travail de la nuit. Les vampires n’avaient pas besoin de repos, et s’ils en prenaient, ce n’était généralement que dans l’objectif de passer le temps. Inutile de préciser que Tsukio ne voyait donc personne tant que le soleil n’était pas couché, et que c’était pour cette raison qu’il était contraint de rendre visite au taxidermiste quand le soleil venait de se coucher. Heureusement, au mois d’octobre, les journées étaient assez courtes et les vampires avaient donc plus de temps pour eux pendant la nuit.


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Lun 23 Juil - 15:26


Kazuhiro ne risque pas de se coucher à minuit, nan, une fois que Tsukio sera parti, il risque de se remettre au travail, ou peut-être décidera-t-il de sortir airer sur les quais peut-être, comme il aime faire de temps à autre, en compagnie d'Haru. Pour le moment il profite de la compagnie de Tsukio car même s'il ne le montre pas et ne lui dit pas, sa compagnie ne le gène pas tant que ça en réalité, c'est plutôt agréable d'avoir quelqu'un avec soit, de temps à autre. Après tout, ça ne fait de mal à personne... et ça le change de sa solitude.

Il fronce les sourcils lorsque le vampire lui dit qu'il vient de lui donner une information intéressante. Quoi ? Quelle information ? Qu'il est célibataire ! Attention mon mignon petit vampire végétarien, si jamais tu l'approches, il se défendra, il sait se défendre ! Bon, il ne pense pas qu'il va lui sauter dessus comme un pervers affamé, l'idée ne lui traverse même pas l'idée puis... l'ambiance n'est pas à la drague, enfin le jeune taxidermiste ne pense pas que Tsukio est en train de le draguer, il est à cent kilomètres d'y penser de toute manière !
Pourtant, Tsukio a raison, il ne s'en fiche pas totalement comme il essaie de le faire penser mais... tel est Kazu, il faudra encore parcourir un long chemin pour réussir à réellement percer le jeune homme à jour.

Quelque chose est en train de se passer cependant et le jeune homme ne s'en rend absolument pas compte. Depuis quelques temps maintenant, il commence à faire de plus en plus de rencontre, il se socialise tout doucement, mais au détriment de quelqu'un d'extrêmement important pour lui, oui, au détriment d'Haru. S'en en prendre conscience, peu à peu, il met son ami de toujours sur le banc de touche ! Nan, il ne l'oublie pas, ça ne risque pas d'arriver de sitôt ! Haru ne va pas non plus disparaitre à tout jamais ! Mais il le met simplement de plus en plus de côté, l'oubliant le temps de ses rencontres... Il finira par s'en rendre compte et va très certainement énormément s'en vouloir car son ami imaginaire est tout pour lui, mais pour le moment... La preuve est que depuis que Tsukio est entré et a commencé à discuter avec lui, Kazuhiro ne s'est plus intéressé à Haru et n'a même plus posé le regard sur lui. Oui, le jeune homme est sur la route du changement, une route longue, certainement très périlleuse, mais au bout il y a vraiment quelque chose de nouveau qui l'attend.

Derrière son comptoir, faisant ses comptes, il attend très patiemment ses réponses et lève son regard sur lui quand il commence à lui répondre... Il l'écoute, sans jamais le coupé, intéressé par ses réponses et légèrement étonné, même s'il n'en montre rien, qu'il arrive à tout répondre comme ça, d'un coup, sans oublier une seule de ses questions !

Petit rire quand il lui demande si c'est tout ce qu'il a à lui demander.

« Tu travailles la nuit ? Vraiment ? Où ça ? J'ai hâte de savoir dans quoi tu peux bosser, je te vois plus dans un truc louche que dans un endroit honorable... Te consacrer à moi ça sonne vraiment bizarrement tu sais, comme si tu n'avais d'yeux que pour moi... T'inviter chez moi ! Quelle bonne blague ! Sache une chose, je suis capable de te foutre dehors sans soucis ! Chez moi c'est mon univers et on ne s'impose pas ! Tentes et je te fou dehors par la peau du cul ! »

Eh bien, il se lâche le petit ! Mais il sourit, il ne dit pas ça méchamment, étrangement il lui fait un clin d'oeil. Qu'il n'y croit rien, il ne le déstabilise absolument pas, il a retenu toutes ses réponses sans aucun soucis, c'est un homme qui a appris, qui n'a pas eu le choix d'écouter et il retient très, plus que facilement ce qu'on lui dit.
Il va hésiter un moment avant de poser cette question qu'il pose finalement en se lançant.

« Tu habites loin d'ici ? Je serai curieux de visiter un jour, je suis sûr que tu habites dans un endroit lugubre, tous noirs avec pleins d'objets étranges !"

Choqué qu'il demande une-t-elle chose ? C'est compréhensible, mais le jeune homme a entamé sa route, il est en pleine ascension!
Voilà qu'il vient de finir ses comptes. Il referme la caisse et le regarde.

« Oh, si tu ne veux pas que j'entre dans ton univers, je ne te force pas, ce n'est pas ça qui va me vexer, j'entrerais par effraction ! »

Chacun son tour ! Mais si Kazu connait son adresse, il serait vraiment capable d'y aller en pleine journée. Le jeune homme n'a aucune idée de la vraie nature de son invité, non, il ne sait pas qu'il est un vampire, sinon tout serait différent... mais pas en mal, loin de là. Les mensonges ne marcheront pas éternellement, il faut que Tsukio se mette cela en tête. Si ça continue ainsi, un jour la vérité éclatera.


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Sam 4 Aoû - 22:42


Tsukio n’était pas si fou. Quand il cherchait à séduire une personne, c’était uniquement quand il savait que cette dernière l’avait déjà remarqué de son côté. Lui qui détestait être rejeté ne risquait pas d’aborder des gens qui ne s’intéressaient clairement pas à lui. Tout ce qui pouvait flatter son ego – pas si disproportionné que ça –, le vampire le prenait. Inutile de préciser le nombre de ses conquêtes, notamment auprès de certains membres très fidèles de son public au Miryô. Il y en avait qui étaient prêt à tout pour obtenir les faveurs de leur idole. Tsukio était loin d’être connu, mais le peu de personnes qui l’avaient remarqué au club suffisait à lui composer un minuscule groupe d’admirateurs et d’admiratrices. Après tout, il ne faisait rien de mal en leur accordant leur désir, au contraire. Maintenant qu’il pouvait profiter de son intégration au sein de la communauté humaine, il ne se privait de rien. En tout cas, draguer Kazuhiro n’était pas l’objectif de Tsukio ce soir, mais qui sait s’il ne le tenterait pas lors de leurs prochaines rencontres? Rien que l’idée qu’il puisse voler la chère et tendre pureté du taxidermiste l’amuserait, bien qu’il ignorait ce fait. Un vampire prendre la première fois d’un humain, ce pourrait être drôle à ses yeux! Néanmoins, cette première fois, il semblerait que d’ici quelques jours ce ne serait finalement pas lui qui la possèderait mais un autre membre de sa communauté nocturne... Tout au pire, il pourrait se contenter de la seconde fois, ce ne serait déjà pas si mal.

Le vampire n’avait rien d’un psychologue, et s’il cherchait tant que ça à tirer Kazuhiro de sa solitude et de son renfermement, ce n’était pas dans l’intention de l’aider. En réalité ce n’était qu’une façon de s’occuper. Pour Tsukio, ce serait comme un jeu, et tout en s’amusant il permettrait à ce garçon de profiter un peu de sa vie. Ainsi tout le monde s’en sortirait content! Toutefois, s’il y avait bien une chose que la créature ignorait elle-même, c’était si elle continuerait de garder contact avec le taxidermiste le jour où il aura fini par s’ouvrir aux autres. D’une certaine manière, quand il aurait fait ses premiers pas, il ne devrait plus avoir besoin d’être supporté pour continuer son bonhomme de chemin. Tout ce que pouvait espérer Tsukio pour Kazuhiro, c’était qu’il ne finisse pas par se construire une vie tout à fait banale. La routine, il s’y était essayé cent ans plus tôt et il l’avait sincèrement détestée, il ne pouvait donc la souhaiter à personne. Le vampire avait du mal à comprendre quel plaisir pouvaient bien tirer tous ces gens aux vies si bien organisées. Se marier, fonder une famille et chercher à obtenir la fierté des autres, ce n’était décidément pas pour lui. Rien que l’idée d’engendrer qui que ce soit le répugnait. Ce serait selon lui trop de responsabilité que de devoir éduquer un jeune vampire à l’esprit sauvage, sans compter qu’il refusait d’offrir ce genre de cadeau empoisonné au moindre humain. L’immortalité en échange de sacrifices, ce n’était franchement pas une partie de plaisir.

Kazuhiro ne tenta pas une seule fois de couper la parole au vampire tandis que ce dernier l’avait prise. C’était plutôt plaisant. S’il y avait bien une chose que détestait Tsukio, c’était qu’on lui empêche de finir ses phrases. Décidément, cet homme était bien agréable. Quel dommage qu’il n’ait pas toute la nuit devant lui pour rester à ses côtés, rien que pour l’embêter en l’empêchant de travailler jusqu’au petit matin, il adorerait ça. La surprise s’empara du garçon de Hokkaïdo alors qu’il remarquait que Kazuhiro semblait lui aussi posséder une bonne mémoire temporaire. Toutefois, par fierté, il n’afficha ce sentiment que si brièvement qu’il ne se remarqua pas. Rapidement Tsukio eut un sourire amusé. Les remarques sarcastiques du taxidermiste lui plaisaient énormément. Visiblement ils avaient le même genre d’humour, un peu piquant dirait-on. Cette fois-ci, le vampire ne fût pas du tout vexer par le moindre de ses propos, comprenant qu’il valait mieux les prendre au second degré.

« Travailler dans un club est pour toi quelque chose de louche? Rassures-toi, je ne suis pas un chippendale! De toute façon je n’en ai clairement pas le physique. Néanmoins ça ne me dérangerait pas de me déshabiller devant de belles personnes... Si je me déshabille chez toi, tu auras l’occasion de me foutre dehors par la peau du cul d’ailleurs, sinon tu seras obligé de te contenter de le faire par le tissu de mon pantalon. »

À son tour il lança un clin d’œil au taxidermiste. Ce genre de mimique n’était absolument pas typique de Tsukio, mais pour le coup il rendait simplement à Kazuhiro sa petite plaisanterie qui, elle non plus, n’avait pas pour intention de le blesser. De le gêner toutefois, pourquoi pas? Il aurait envie de rire rien qu’à l’idée que le taxidermiste puisse l’imaginer faire un strip-tease chez lui. Après une apparente et petite hésitation, l’humain reprit la parole afin de demander au vampire où il habitait, affirmant par la même occasion qu’il était certain de trouver chez lui des objets étranges. Ce propos ne choqua pas Tsukio, car petit à petit il devenait de moins en moins surprit par l’audace de Kazuhiro, toutefois il laissa échapper un petit rire. Il se demandait bien quelle vision il avait de ces « objets étranges ». Avant de répondre, il laissa au garçon le temps de prononcer une nouvelle phrase, celle qui concernait le fait de rentrer dans son univers.

« On ne se connaît pas assez pour que je te donne mon adresse, fais preuve un peu de patience et tu l’auras peut-être un jour! »

Le sourire de Tsukio prit cet air si habituellement sarcastique. Donner son adresse à Kazuhiro serait beaucoup trop risqué, il fallait bien qu’il trouve une petite plaisanterie pour se défiler. Toutefois pour ne pas éveiller trop de doute, il ajouta aussitôt :

« Ce n’est pas que ça me dérange que tu pénètres dans mon univers, mais tu risquerais d’être choqué si tu le faisais trop vite! Il va te falloir un petit temps d’adaptation avant ça, et quand tu seras prêt, tu pourras le faire. »

On avait l’impression, avec ses propos, qu’il cachait chez lui des choses extrêmement louches. Oh non, il n’y avait rien de si étrange chez lui, sauf peut-être sa propre personne et donc son état vampirique. Kazuhiro risquerait de se poser des questions s’il lui rendait visite en pleine journée et le trouvait avec les rideaux fermés. Remarquez, il pourrait toujours prétendre être ultra sensible aux ultra-violets, ce qui en était d’ailleurs bel et bien le cas, à l’exception que ce n’était pas une maladie...

« Au fait, à quoi penses-tu quand tu parles d’objets étranges? Si c’est à des objets sexuels, tu peux me croire, je n’en possède pas un seul! Ça t’étonne? »

Le vampire s’esclaffa tout fort. Non vraiment, à quoi pouvait bien penser Kazuhiro? Il semblait si prude et sage aux premiers abords, mais depuis quelques minutes il ne cessait de surprendre Tsukio, alors qui sait s’il n’avait pas réellement pensé à ça? En tout cas, changer brutalement de sujet en revenant aux objets étranges permettait au vampire d’empêcher au taxidermiste de lui poser trop de question sur son domicile...


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Dim 19 Aoû - 13:02


Comment peut-il penser à prendre la pureté de Kazu ?! Comment peut-il avoir de telles idées ?! si Kazu en avait vent, il le jetterai tout de suite à la rue ! Il ne pense pas encore à tout ça et s'il savait que dans quelques jours il va passer entre les griffes d'un vampire assoiffé, pas sûr qu'il soit dans l'état qu'il est actuellement, il serait certainement en train de barricader toutes ses fenêtres et les portes pour l'empêcher d'entrer (xD) Que Tsukio ne rêve pas, il n'aura pas sa seconde fois non plus. C'est dingue ça ! Ne pensons pas à tout ça encore, ça ne sert à rien excepté à psychoter.

Si lorsqu'il aura obtenu ce qu'il désire Tsukio serait capable de partir, sortir de la vie du jeune homme sans jamais le revoir ou reprendre contact avec lui ?! Mais c'est quoi ce bonhomme ? Si jamais cela arrive la colère de Kazu sera de mise bien évidemment ! Le fait de laisser Tsukio lui poser des questions, le laisser entrer dans sa vie c'est quelque chose de très important pour lui, il ne fait pas ça avec tout le monde, au contraire ce vampire est l'un des seuls pour le moment. C'est un peu comme s'il lui faisait un honneur même si ce n'en est vraiment pas un réellement, juste lui qui le voit comme ça. Il prendrait sa disparition, sa désertion si on peut appeler ça comme ça, comme une réelle trahison et il serait pire qu'amer ! Si un jour ils venaient à se recroiser, ça pourrait être violent, surtout si le jeune homme devient ce qu'il aura envie dans quelque temps, un chasseur... Mais ce n'est pas avant un long moment.

Kazuhiro n'aime pas être coupé lorsqu'il parle alors il ne coupe jamais les personnes qui s'adressent à lui, excepté si la conversation est trop étrange, trop violente ou lui déplait fortement ! Et là, ce n'est absolument pas le cas. La mémoire n'est pas bien difficile à avoir lorsque l'on écoute bien la personne et que la conversation est intéressante. Kazu était pressé, ou du moins avait envie de savoir ça alors il a presque bu ses mots sans en laisser tomber une seule goutte. Il secoue négativement la tête lorsqu'il dit ça.

« Tout dépend le genre de club, c'est quoi son nom ? J'aimerais bien aller y faire un tour, un de ces jours... » Petit rire « Je ne prendrais même pas la peine de te faire descendre par les escaliers, je te ferais sauter par la fenêtre ça ira plus vite »

Et bah tiens, pourquoi pas ! Mais bien sûr le jeune homme essai surtout de faire un peu d'humour. Mais un strip-tease chez lui n'est même pas imaginable, il deviendrait fou et pas fou de désir bien sûr, attention! Un jour, il est tombé sur un film à la télé, il était tard et à cette heure de la nuit il y a souvent des films...roses. Il a vu une scène de strip-tease assez hard et a tout de suite éteint la télévision pour ne plus jamais la regarder à cette heure-là ! Du coup quand Tsukio dit cela, il revoit tout de suite la scène et l'imagine... Nan ! Impossible !
Il va froncer les sourcils quand il dit cela pour son adresse, qu'ils ne se connaissent pas assez encore et il n'a pas vraiment tord quand on y pense.

« Peut-être ? Il n'y a pas de peut-être, tu es ici chez moi alors il n'y a pas de raison que je découvre ton chez toi nan ? Pas tout de suite, j'ai tout mon temps, peut-être le jour où tu auras fini de me poser autant de questions »

Et bien pourquoi pas, ce jour-là voudra dire qu'ils se connaissent mieux nan ? Il est pourtant surpris par ce qu'il dit.

« Comment ça un petit temps d'adaptions ? Tu me prends pour un crétin pas capable de découvrir autre chose que chez moi ? » Se crispe un peu « Il en faut énormément pour le choquer, ça je veux bien te l'avouer. »

Il va fermer sa caisse et se relève pour s'étirer, faisant un peu craquer ses os. Il a peu dormi la nuit dernière et a beaucoup bossé aujourd'hui, son corps arrive à sa limite. Il grogne quand il parle d'objet sexuel

« Tout le monde ne pense pas qu'à ça ! Tu es un véritable pervers ma parole... Nan, je pensais à des objets gothiques ou autres, ça te correspond bien en fait. »

Tsukio s'y prend parfaitement bien pour le faire changer de sujet mais ça commence à le lasser un peu. Il passe de l'autre côté du comptoir et le regarde

« Si tu travaille de nuit tu ne devrais pas tarder à devoir y aller nan ? Je nete fou pas dehors mais les questions commence un peu à me fatiguer tu vois... Longue journée »

Ce n'est pas lui qui le fatigue, mais bien la fatigue naturelle de son corps et là cette conversation de toi aussi moi non plus cela atrophie son cerveau qui n'en peut plus. Mais il était sincère dans ce qu'il disait. Il veut le voir à son club et chez lui et peut-être faire une sortie, pourquoi pas, plus tard...


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Lun 27 Aoû - 9:48


Il était rare que Tsukio s’attache sincèrement à quelqu’un. Ce n’était pas arrivé depuis bien longtemps, comme si Akira, son père vampirique, l’avait dégoûté des relations sociales avec son égoïsme sans limite. Pourtant depuis qu’il était à Tôkyô il s’était en quelque sorte lié d’amitié avec certaines personnes. Il y avait en priorité Takeru, le propriétaire du Miryô, et l’un de ses amis bloggeur nommé Izumi. Ironie du sort, ils étaient tous les deux des vampires alors qu’en général Tsukio s’entendait beaucoup mieux avec les humains, qui ignoraient autant la créature qu’il était que son végétarisme. Ils ne pouvaient donc lui reprocher ni l’un ni l’autre, et avec eux il avait la possibilité de s’exprimer librement sans être observé de travers. Inutile de préciser à quel point il était mal vu chez les vampires de ne pas sucer le sang des hommes... Malgré sa froideur et son désagréable sarcasme, Tsukio n’était pas un être si mauvais dans le fond. Sa pitié envers l’espèce humaine permettait en tout cas à Kazuhiro de ne rien craindre de lui. Ce n’était pas ce soir que le taxidermiste risquerait de finir sous les canines d’un vampire assoiffé.

Oublier le garçon ne serait pas un problème pour Tsukio. Il avait déjà oublié bien des personnes qui lui avaient fait confiance, pour lui les relations sociales n’avaient plus d’importance dès lors qu’elles ne lui étaient plus utiles pour avancer dans sa vie professionnelle ou personnelle. C’était un véritable opportuniste et ce n’était franchement pas une qualité. Il ne faudrait pas que Kazuhiro s’étonne s’il ne voyait plus du tout le vampire dans les années ou même les mois à venir, toutefois sa colère ne serait pas un mal même si elle toucherait certainement avec peine Tsukio. La fidélité ne comptait pas pour lui et cela dans tous les domaines, néanmoins il faisait quelques efforts depuis quelques temps, et cela sans qu’il ne s’en rende compte. Avec le temps n’importe qui changeait et lui-même en était la preuve. En cent ans il avait eu l’occasion de connaître assez d’évènements qui avaient influencé sa personnalité, et ce n’était probablement pas terminé. En attendant qu’ils se perdent de vue, Tsukio profitait pleinement de cette soirée aux côtés du taxidermiste, son nouvel objet de préoccupation depuis un petit moment. Un sourire aux lèvres, il répondit à sa question à propos du club.

« Ce club est accessible à un large public rassures-toi. Il s’appelle le Miryô. Si tu veux je pourrais te donner son adresse, au plaisir de t’y retrouver. »

La voix de Tsukio était naturellement suave en général. C’était tout simplement dans sa nature que de se comporter de la sorte. Il laissa lui aussi échapper un petit rire à l’idée que Kazuhiro le pousse par la fenêtre pour le faire sortir de chez lui. S’il savait que ce n’était pas ça qui tuait un vampire! À moins qu’il ne le fasse au moment où le soleil se lèverait, il serait rapidement débarrassé dans ce cas-là. Trèves de plaisanteries, le taxidermiste ne sembla pas autant amusé à l’idée qu’il n’ait pas le droit de découvrir le domicile de Tsukio. À vrai dire il n’avait pas tort, il venait de lui laisser le droit de pénétrer dans l’atelier de sa boutique, et même d’y rester après la fermeture. S’il faisait cet effort pour lui, alors pourquoi n’aurait-il pas le droit d’en recevoir en retour? En tout cas le vampire n’imaginait pas vexer Kazuhiro de cette façon en lui affirmant qu’il aurait besoin d’un temps d’adaptation avant de pouvoir apprendre à le connaître un peu plus. Il ne pouvait pas non plus clairement préciser à cet homme qu’il se trouvait en face d’un vampire et qu’il risquerait de le découvrir s’il pénétrait chez lui où on ne trouvait que peu de choses typiquement humaines. Par exemple il possédait un frigo qui ne servait que de décor dans son studio puisqu’il était toujours totalement vide. Il n’y avait même pas quelques bières, Tsukio n’ayant pas besoin de s’hydrater avec de la boisson.

« Je ne te prends pas pour un idiot. Je cherchais simplement à te taquiner, ne te vexe pas comme ça! »

Son sourire s’effaça un peu, laissant les traits de son visage se durcir malgré cet air amusé qui y restait encré. Ce n’était pas vrai, il n’avait pas cherché à taquiner Kazuhiro en lui disant qu’il risquerait d’être choqué, mais quittes à se donner une excuse, il n’avait pas trouvé mieux. Il n’allait pas dire à cet homme qu’il serait choquer d’apprendre qu’il côtoyait un suceur de sang! Souhaitant ne pas s’étaler au sujet de son domicile autant qu’il souhaitait détendre l’atmosphère, Tsukio reprit la parole sur le ton de l’humour en demandant au taxidermiste ce qu’il s’imaginait avec ses fameux « objets étranges ». Encore une fois sa plaisanterie ne fit pas mouche et elle sembla au contraire lasser Kazuhiro. Le vampire ne cessait pas de faire des faux pas d’un seul coup, et c’était très désagréable pour lui. Il avait beau donner l’impression de s’amuser, il se sentait plutôt déçu et énervé. Une trop longue suite d’erreur risquerait de lui porter préjudices dans son intérêt de s’attirer la gentillesse du garçon. Plus calmement, mais aussi tranquillement, Tsukio répondit en observant un lièvre empaillé près de la caisse :

« Tu serais déçu de ne rien trouver d’exceptionnel. En fait il y a très peu de meubles chez moi. »

Rien que pour faire plaisir à Kazuhiro, il acceptait de donner quelques petits détails sur son domicile. Cette information avait l’air bien mince, et pourtant c’était la première fois que Tsukio en donnait une de la sorte à quelqu’un. Même ses « amis » n’y avaient jamais eu droit! Les yeux noirs du vampire se posèrent sur son interlocuteur qui venait de passer de l’autre côté du comptoir. Il avait la mine fatiguée. Combien d’heures avait-il pu passer la veille sur ses cadavres d’animaux pour avoir un visage aussi pâle et des yeux aussi cernés? À la question de Kazuhiro, Tsukio redresse son avant-bras droit pour observer sa montre. Il était déjà neuf heures et quart. Cela faisait donc près d’une heure et demie qu’il était ici. Le temps était passé affreusement vite. Le vampire avait une représentation à minuit, et en sachant qu’il fallait qu’il se maquille et qu’il se costume avant sa montée sur scène, il valait mieux qu’il arrive au moins deux heures à l’avance. Ce n’était pas qu’il était extrêmement long à se préparer, mais il préférait arriver tôt. Ses pupilles se reposant sur le taxidermiste, il examina les traits de son visage tandis qu’il lui parlait.

« Si je t’ennuies tu peux me le dire, il vaut mieux ça plutôt que d’entendre des mensonges. Mais tu as raison, il faudra bien que je finisse par m’en aller, mon patron risquerait de ne pas apprécier que j’arrive à en retard. Et puis tu as une mine fatiguée, tu veux peut-être dormir? »

Par « son patron », il évoquait forcément Takeru. Avec un sourire en coin, Tsukio appuya son dos contre le comptoir de caisse. Ses mains rachitiques vinrent fermer la fermeture de sa veste en cuir. S’il s’apprêtait à sortir, il valait mieux qu’il se couvre. Au-dehors le vent était presque glacial.


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Jeu 20 Sep - 18:51


Le Miryo ? Ce nom lui dit étrangement quelque chose. Il le regarde un instant comme s'il était en train de le sonder, mais il n'arrive pas à savoir pourquoi ce nom lui dit quelque chose. Pourtant il devrait se rappeler, ce soir où il est entré dans le club par pur hasard et surtout par curiosité et qu'il en est vite ressortit... enfin plus ou moins vite, c'était sans compter sur Takeru qui avait essayé de le retenir un peu et de le mettre à l'aise mais il n'avait pas, mais alors pas du tout réussit à apaiser le jeune homme. Kazu en est reparti rapidement mais non sans une carte que Takeru avait tenu à lui donner. Lorsqu'il retrouvera celle-ci il mettra enfin une cause à ses doutes. Peu importe.

« Hum... Donnes moi l'adresse, j'irais peut-être y faire un tour, juste par curiosité de t'y voir ! »

Le jeune taxidermiste est rapidement vexé lorsque lui fait d'énorme effort et que l'autre fait tout le contraire ! Il estime qu'il doit y avoir un retour et c'est tout à fait normale non ? Pourquoi devrait-il être le seul à oser faire des pas en avant ? Pourquoi devrait-il se livrer sans rien en retour ?! Non il ne comprend pas pourquoi Tsukio est ainsi et oui, ça le vexe et l'agace.
Il va grogner quand il lui dit qu'il n'a pas besoin de se vexer comme ça.

« Te plain pas, comme ça tu vois une autre facette de moi ! C'est un peu ce que tu cherches nan ? »

Clin d'oeil un peu taquin tout de même, il essaie de ne pas être trop désagréable.
Choquer d'apprendre qu'il côtoie un suceur de sang ? Mais au contraire mon ami, au contraire ! Bien entendu il ne le sait pas mais Kazu rêverait de savoir qu'il est une créature de la nuit, un vampire ! Bien entendu il serait choqué mais pas de la même manière parce qu'il ne s'imagine absolument pas que Tsukio est un vampire, il ne le voit pas comme tel. Malheureusement il ne sera pas celui qui lui révélera la vérité sur leur existence... Pourtant il aurait mieux valu... Il va amèrement regretter la manière dont il le découvrira mais c'est une autre histoire.

« Il n'y a pas énormément de meuble chez moi non plus, ce n'est pas une très bonne excuse que tu me donnes là. »

Il n'a pas énormément de meubles parce qu'il n'a pas énormément de place chez lui surtout, au-dessus de la boutique, c'est un simple studio, il y a juste le strict minimum et ça lui suffit largement. Kazuhiro ne s'attache pas aux choses matériels, excepté ses créatures, normal, c'est toute sa vie, du moins pour le moment. Mais il se rend compte quand même que le vampire fait un petit effort en lui parlant de son lieu de vie.

« il y a autre chose que des meubles chez toi ? »

Oui, il essaie de l'encourager, ça peut peut-être marcher après tout ! Pourquoi ne pas rêver un peu hein ? Si Kazu parait mystérieux aux yeux du vampire Tsukio l'est tout autant à ses yeux.

Il ne veut pas mettre Tsukio à la porte mais son corps d'humain commence à fatiguer. Après une nuit blanche et des heures et des heures de boulot le jeune homme voit les limites de son corps arriver. Il n'est pas immortel lui ! Son cerveau commence à marcher au ralentit. Surement que s'il le savait Tsukio en profiterait pour continuer à en vouloir plus mais justement c'est ce que Kazu ne veut pas, il veut toujours être maitre de lui et il sait que lorsqu'il est fatigué ce n'est absolument pas le cas. Il n'est pas une marionnette, mais il pourrait presque l'être ! Mais ne rêve pas Tsukio, tu ne l'auras pas comme ça ! Il grogne quand il lui parle de mensonges.

« Tu me prends pour un menteur ? Si je te dis que je suis fatigué c'est que je le suis ! » Soupire " Tu pourras revenir tu le sais et moi peut-être qu'un soir j'irais te voir au club, seulement si tu m'assures de ne pas m'assener de question » Clin d'oeil.

Le jeune homme va un peu s'étirer et baille, une main devant sa bouche tout en le regardant.

« Oui je suis fatigué, c'est pour ça que j'aimerais bien que tu ailles bosser, ne te met pas en retard pour moi »

Genre, Kazu sait qu'il n'en vaut pas le coup. Tout doucement mais surement il va le pousser vers la sortie, ou faire en sorte qu'il se dirige de lui-même vers celle-ci.

« Je sais que je vais te manquer, mais aller, files ! »

Petite taquinerie pour la route, il faut bien non ?


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MessageSujet: Re: You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]   Dim 21 Oct - 18:54


Tsukio était amusé à la simple idée de voir Kazuhiro au club. Il n’imaginait pas que cet homme puisse avoir l’habitude de fréquenter ce genre de lieu rempli de gens vivants plutôt que d’animaux morts. Il était évident que les premiers étaient plus bavards, et la personnalité très effacée du taxidermiste aurait probablement un peu de mal à se fondre dans ce genre d’environnement. Il n’y avait qu’à le voir avec ses clients pour cerner qu’il ne devait pas aimer côtoyer la foule. Kazuhiro semblait d’ailleurs beaucoup plus à l’aise quand il n’avait plus qu’un seul interlocuteur, et notamment quand ce dernier tentait de le « débloquer », comme le faisait justement Tsukio. En tout cas, s’il se rendrait réellement au Miryô, alors il pourrait être certain d’être bien accueilli par le vampire. Il ne le laisserait pas tomber, oh non, et même il serait bien curieux d’observer le comportement du garçon dans un club...

Avec un simple sourire et un bref hochement de tête, Tsukio fait comprendre à Kazuhiro qu’il lui laissera l’adresse du club, mais pas tout de suite. Il ne la lui donnera que lorsqu’il s’en irait. Ce n’était pas pressé après tout, il n’allait pas s’évaporer d’une seconde à l’autre et laisser le taxidermiste en plan. Au grognement de celui-ci, le vampire semble se trouver amusé. C’était à croire qu’à force de côtoyer des animaux, il réagissait comme eux! Quel adorable petit animal. Il n’était pas nécessaire de répondre quoi que ce soit d’autre que ce que Kazuhiro souhaitait probablement entendre, et à son « C’est un peu ce que tu cherches nan? », Tsukio lui souffle discrètement :

« Un peu... en effet. »

Encore une remarque qui n’attend pas de réponse en retour, et tant mieux. Continuer sur une conversation qui irriterait l’humain n’était pas dans l’intérêt du vampire. Il n’était pas là pour le casser, ni pour le forcer à le détester, alors mieux valait-il le prendre le plus possible avec des pincettes. Le but de Tsukio était d’être apprécié par Kazuhiro car ce serait de cette manière uniquement qu’il pourrait lui tirer quelques vers du nez, et surtout le forcer à changer de comportement.

Voilà une nouvelle remarque à propos de son appartement, et le taxidermiste trouve un énième reproche à faire à son « invité ». Certes il était vrai que l’excuse de Tsukio était loin d’être des meilleures, mais que pouvait-il répondre d’autre? « Mes rideaux sont fermés toute la journée parce que je crains la lumière », ou encore « Tu remarqueras que mon frigo est totalement vide car je ne bois que du sang »? Non, sincèrement, il valait mieux qu’il se trouve une excuse bidon plutôt que de dire la vérité. Et qu’importe si cela dérangeait ou pas Kazuhiro. Essayant de calmer un peu le jeu, Tsukio répondit doucement en observant droit dans les yeux son interlocuteur :

« Il y a beaucoup de vêtements chez moi. Mais pas encore d’animal empaillé. Je devrais peut-être t’en demander un, un de ces jours? »

L’appartement de Tsukio était très petit et aussi très vide. Il n’aimait pas détenir trop d’objets car plus il meublait son logement, et plus il avait l’étrange sensation d’étouffer. Il possédait cependant une grande penderie dans laquelle il rangeait d’un côté ses vêtements de tous les jours, et de l’autre ses costumes de scène. C’était sans aucun doute le seul meuble véritablement utile chez le vampire, plus encore que son canapé. En tout cas, au sujet des animaux empaillés, ce ne serait peut-être pas une si bonne idée que Tsukio en possède puisqu’il avait plutôt pour habitude de leur sucer leur sang...

Kazuhiro semblait épuisé et Tsukio ne manqua pas de le lui faire remarquer par le biais d’une petite plaisanterie, prétextant que c’était lui qui le fatiguait en l’ennuyant. Dès qu’il eut terminé sa phrase, il ferma la fermeture de sa veste en cuir comme s’il s’apprêtait déjà à partir. À vrai dire, il ne tarderait pas à le faire, non pas dans l’intérêt de laisser le taxidermiste tranquille mais plutôt dans celui d’arriver à l’heure à son travail. En parlant du taxidermiste, celui-ci sembla encore une fois irrité par la mauvaise blague du vampire. Il faut dire qu’elle avait largement manqué de tact, mais ça c’était dans la nature de Tsukio. Il était franc, mais aussi langue de vipère. Heureusement, comme à son habitude Kazuhiro sembla rapidement se calmer, lançant un clin d’œil dès qu’il eut terminé sa phrase. Sans dire un mot, Tsukio l’observa s’étirer et bailler, et il le laissa continuer à parler sans le couper avant de prendre à son tour la parole.

« Rassures-toi, je vais rapidement m’en aller pour te laisser dormir. Après tout tu as le droit d’être fatigué, c’est dans la nature humaine, n’est-ce pas? »

Ironiquement, Tsukio lança aussi à Kazuhiro un clin d’œil. Les vampires n’avaient pas besoin de dormir contrairement aux humains, mais ce détail était probablement ignoré par le taxidermiste. D’ailleurs il ne remarquera probablement pas le sous-entendu dans la phrase de son invité. Comment pourrait-il le soupçonner d’être un vampire de toute façon? À moins qu’il n’ait un don pour ça, mais c’était tout à fait improbable. En repensant au club que Kazuhiro venait d’évoquer, Tsukio se saisit d’un morceau de papier vierge et d’un vieux stylo qui traînaient sur le comptoir derrière lequel se tenait le taxidermiste. Il ne prit pas le soin de demander la permission, et de toute façon qu’il l’ait ou pas lui était bien égal. Rapidement il nota l’adresse du Miryô puis la tendit à Kazuhiro avec un sourire.

« Voilà. Maintenant que tu as l’adresse, tu es obligé de venir. De toute façon si je ne t’y vois pas dans les semaines prochaines, je reviendrai à ton magasin. »

Son sourire s’élargit un peu, affichant cet air sarcastique qui lui collait si bien à la peau. Les doigts maigres de Tsukio lâchèrent le papier aussitôt que Kazuhiro l’eut saisit, puis le vampire se recula vivement. Vu l’heure qu’il était, il avait intérêt à ne pas traîner plus longtemps au magasin. Il ne craignait pas la colère de Takeru, mais il respectait beaucoup trop cet homme pour se permettre d’arriver en retard. Alors dans un geste gracieux, Tsukio salua Kazuhiro en se penchant en avant.

« Bonne soirée Kazuhiro, et merci de m’avoir accueilli aussi chaleureusement ce soir. »

Sans que le taxidermiste n’ait le temps de lui répondre, Tsukio quitta rapidement le magasin. On aurait presque dit qu’il n’avait été qu’une illusion qui venait de se dissiper...


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You are just another thing that I have yet to fathom [Natanabe K.]

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