C'est la fin de Requiem. Merci de prendre en compte le sujet dans les news.

 

 Keep the mist empty feat. Yuki

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


avatar



☩ ☩

Âge : Cent-sept ans, devenu vampire à trente et un ans
Allégeance : Hebichi, malgré lui
Messages : 52
Pseudo : Myu.
Avatar : Tsukasa - Despair'sRay
MessageSujet: Keep the mist empty feat. Yuki   Ven 18 Mai - 11:47




Keep the mist empty


Le 31 octobre 2011, à 22h13.
Comme chaque fois, le même rituel se répétait. Le sol couvert de feuilles mortes crissait sous ses pas. Ses yeux sondaient les arbres noyés dans la brume. Son corps s'imprégnait de l'horreur environnante, sans néanmoins s'orner d'un quelconque frisson d'effroi. Il aurait aimé que ses poumons soient envahis du froid de ces bois macabres, mais son souffle inexistant l'en empêchait. Bon nombre de fois il avait songé que cet endroit morose aurait constitué un cadre parfait pour l'un de ses livres. Un héros perdu aux fins fonds d'Aokigahara, poursuivi. Traqué, par cette présence fantomatique, et pourtant presque palpable... Il y avait quelque chose, il en était certain. Et pourtant, dès que son inspiration était à son sommet, sa plume s'arrêtait sur le papier, incapable de franchir la limite invisible du tabou. Un seul point d'encre demeurait sur le papier immaculé, tandis que son esprit demeurait immobile, figé dans ses idées trop abondantes.
Alors, comme toujours, il se contenta de remarquer les quelconques petits détails sur le chemin d'un temple perdu au cœur de la forêt, qui pourraient nourrir son inspiration. Une présence morbide et pesante envahissait ce lieu, et il savait qu'on ne pouvait y être insensible, vampire ou humain. Pourtant, la peur ne parvenait pas à le gagner. Perdu entre curiosité légère et fascination, Sadaharu avait la saugrenue impression d'être en osmose avec l'environnement.

Ses gestes, fluides et calmes, étaient accompagnés par le léger bruissement du tissu de son kimono sombre. Il n'était guère adepte aux bals costumés, mais avoir l'opportunité de porter un costume traditionnel pour de telles mondanités n'était pas chose qui se refusait. Aussi avait il opté pour la simplicité, une fois encore.
La marche calme, il ne ralentissait pas au fil de son observation, sachant que le chemin à arpenter pour atteindre le temple n'était pas des plus courts. Au fil des ans, il le connaissait et n'avait guère plus besoin de son père vampirique pour se repérer. Et dans un sens, il préférait encore faire ce cheminement seul, étant ainsi tout à fait libre de laisser ses pensées vagabonder ou bon lui semblait, et ce tout en restant silencieux, surtout. De toute évidence, il savait qu'il retrouverait son père au bout du chemin, pour la cérémonie annuelle du 31 octobre.

Finalement, le jeune vampire s'arrêta, pour chercher un endroit où s'asseoir, afin de profiter pleinement du calme ambiant. Trouvant de vieilles racines d'arbres sortant du sol, formant de multiples pattes d'araignée, il s'y posa et ferma les yeux. Jamais le silence n'avait été aussi total ; on n'entendait pas même le souffle du vent, le parcours d'un insecte, une branche qui casse. Inspirant longuement, comme il avait pour habitude de le faire de temps à autres, il s'imprégna un peu plus encore de cette ambiance qui lui convenait tant, tout aussi pesante soit elle. Serein, il songea qu'il resterait sûrement quelques instants ici, avant de se remettre en route.
Mais c'était sans compter les nouveaux bruits de pas qui se firent entendre, au loin.

Ouvrant de nouveau les yeux, nettement moins tranquille, son visage pivota vers la provenance de ce bruit. Immobile, légèrement tendu, les hypothèses quant à l'identité de l'individu fusaient ; peut-être était ce un vampire, qui se rendait à la cérémonie. Ou alors, un chasseur qui l'avait filé. Cette alternative lui apparaissait comme nettement moins plaisante, n'ayant guère envie de se battre. Ou peut-être était ce même Hebichi, qui par le plus grand des hasards avait réussi à le trouver. Ou même un membre du conseil, qui aurait eut vent de sa conduite humaine, ayant ainsi envie d'en finir avec lui... Quoi qu'il en soit, les hypothèses positives étaient bien peu nombreuses, comparés aux visions pessimistes de Sadaharu.

Immobile, il restait à l'affût, jusqu'à ce qu'il voit une silhouette vraisemblablement masculine se dessiner dans l'ombre. Il n'aurait su juger de l'appartenance de l'inconnu, mais soit il s'agissait d'un vampire, soit d'un humain lambda... Quant au fait qu'il soit un quelconque chasseur, cette possibilité lui apparaissait comme moindre, à juger de la frêle carrure du jeune homme. Le profil se fit de plus en plus clair, jusqu'à ce que l'inconnu se trouve à quelques mètres du vampire. Le visage aux traits fins, un teint d'albâtre, un charisme certain... Le jeune homme aurait tout eut d'un vampire, si sa respiration discrète et légère ne se faisait pas entendre. Regard planté sur le visage de l'intrus, Sadaharu resta silencieux, avant de lui adresser quelques mots, sans sourire aucun ;

« Bonsoir. »

Sondant toujours le visage de son interlocuteur, Sadaharu songea soudainement à tous les articles qu'il avait pu lire à propos d'Aokigahara, et ce que les humains pouvaient venir y faire. Il était généralement rare que ces derniers dépassent les chemins balisés, et quand il le faisaient, c'était pour des raisons bien précises... Généralement pour mettre fin à leur jour. Et les panneaux que l'on trouvait aux alentours de la forêt en étaient la preuve même. Généralement nullement consciencieux, l'ancien yakuza n'aurait certainement pas recommandé à l'inconnu de faire demi-tour... Mais après tout, il avait déjà mangé, et était de fait rassasié, et il aspirait à retrouver sa chère solitude. Aussi, sans interroger le jeune homme sur ses motivations pour être ici, il dit simplement, trop sûr de lui ;

« Je ne sais pas ce qui vous a mené à venir ici, mais... Reconsidérez votre geste. »



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar


Invité

☩ Invité ☩

MessageSujet: Re: Keep the mist empty feat. Yuki   Lun 21 Mai - 14:16


Le soir d’Halloween, voir toutes ces décorations toute cette effervescence autour de l’horreur … voilà bien ce qui désolait le plus Yuki. Il n’en avait que faire de ces pseudo-monstres et de leurs bonbons. Il n’avait jamais aimé ce genre de soirée, cela lui rappelait trop son frère. D’ailleurs, en se mettant devant la glace vers la fin de l’après midi, il n’avait cessé de penser à lui. Il le revoyait, se déguiser en vampire pour sonner aux portes, déjà tout petit il avait eu cette passion dévorante. Mais halloween, pourquoi le fêtait-il ? Ils n’étaient pas Américains après tout, c’était une de leurs traditions, pas celle de leur pays. Ils avaient parfois tendance à mélanger toutes les cultures avec cette maudite mondialisation. C’est un peu comme Noël qui n’est là que pour permettre aux grandes surface de se faire plus de fric, après tout, l’image du père noël n’est-il pas celui que lui donna Coca-cola ?

Quoiqu’il en soit, il ne voulait pas se mêler à cette foule de petits moutons, et il regarda une carte. Cela faisait longtemps qu’il voulait s’éloigner un peu pour découvrir un autre espace, mais ses parents bien qu’équipait d’une voiture qui était hermétique avaient toujours refusé de le laisser sortir de la ville. Il avait conscience que si jamais il se rendait là où il voulait aller, il prendrait réellement un risque. Il ne savait pas s’il serait capable de retrouver son chemin avant le lever du soleil, pourtant, il avait envie de tout son être d’y aller. Il se mordit la lèvre, et alla chercher des vêtements dans son armoire. Il ne savait que prendre. Il admira tous les vêtements de son frère, mais finalement non, son choix se porta sur une simple chemise de soie, et un pantalon qui allait le mouler à la perfection.

Il alla ensuite devant son miroir une nouvelle fois, mais cette fois, il se coiffa réellement, une petite coupe simple et efficace, il n’avait pas besoin de plus de toutes manières. Pas qu’il pensait que sa beauté outrepassait tous les artifices, mais surtout, il n’avait pas envie de penser à ça ce soir, il sortait pour le plaisir de bouger, de découvrir un autre endroit. En cette nuit de l’épouvante, la capitale n’était pas seulement impraticable, elle était simplement horrible. Il termina donc de se préparer et descendit les marches.

Il se dirigea vers le garage qui était accolé à la maison. Il avait relativement appris à conduire, c’était assez difficile pour lui d’apprendre correctement la conduite à cause de son handicap, personne ne l’imaginait un jour prendre le volant. Pourtant, il avait le droit, est-ce folie de le lui en avoir attribué un ? Sûrement, quoiqu’il en soit, il profita de l’inattention de ses parents pour partir à l’aventure. Une longue route qui lui faisait prendre un bol d’air frais, la seule chose dont il avait besoin. Il savait que si jamais il arrivait pile au levé du soleil au camion, il pourrait dormir sans mal derrière, là où il pouvait se cacher des rayons du soleil, ou prendre une tenue de la NASA qui se trouvait aussi à l’arrière.


C’est ainsi qu’il arriva à la forêt et qu’il se gara. Il ferma la voiture tout de même à clé, et il prit son caméscope. Il ne comptait pas faire de vidéo amateur, mais pour son film, finir avec le héro du film qui s’enfonce dans ces ténèbres était réellement magique. Les panneaux ne lui faisaient pas peur, bien au contraire, il y en avait peut-être trop à son goût, trop d’avertissement, mais surtout celui de ne pas y aller la nuit. Qui serait assez bête pour faire une promenade en forêt la nuit en même temps ? Il savait qu’il risquait de tomber sur un ou deux cadavres, mais … dans le fond, il n’avait pas envie d’y croire. Il continua donc de marcher tranquillement.

Dans un premier temps, il ne quitta pas le sentier, il restait bien sage et obéissant, mais voilà une chose dans le ciel, une ombre qui venait de briser le silence pour passer au dessus de lui. Un oiseau ? Peut-être, cet forêt avait une atmosphère si pesante qu’on avait l’impression que n’importe quoi était diabolique, même notre gentil petit Yuki pouvait apparaître comme un monstre, à moins que cette forêt n’était que le reflet de ce que nous étions réellement. Mais trêve de réflexion et de bavardage car voilà déjà Yuki qui part à la poursuite de cette ombre s’enfonçant dès à présent en dehors du sentier. Après une longue course, il avait perdu la trace, et il décida d’arrêter de courir, sa caméra toujours à la main.

Il se mit donc à marcher tranquillement, récupérant doucement mais sûrement son souffle. Il n’entendait dès lors plus que le bruit de ses pas qui se posaient sur le sol feuillu de la forêt. Il n’y avait aucun doute, l’hiver arrivait à grand pas, il faisait attention à ne pas glisser, il savait que d’ordinaire, les feuilles pouvaient être dangereuses pour ça, surtout en pleine nuit. Le temps d’un instant, il se posa la question de pourquoi il avait fait la folie de venir… la réponse était si simple qu’elle ne méritait même pas d’être dite : « c’est un idiot ! »

A force de marcher, il se disait de plus en plus qu’il ferait mieux de retrouver le sentier. Mais quelque chose d’inattendu se produisit avant qu’il ne finisse de se convaincre de le faire. Un homme apparut devant ses yeux et s’exclama même un petit « Bonsoir. ». Yuki sursauta légèrement ne s’attendant vraiment pas à croiser quelqu’un. « Je ne sais pas ce qui vous a mené à venir ici, mais... Reconsidérez votre geste. ». Tout à coup, il se demanda si cet homme ne le mettait pas en garde du style : si tu avances encore, je te tue, etc. Yuki, qui était encore qu’un adolescent, avait cette mauvaise manie de défier un peu ce genre de situation, et de toute évidence, il ne choisit pas la prudence, bien au contraire.

    Yuki – « Euh… bonsoir, je ne m’attendais pas à voir … enfin croiser quelqu’un. »


Evidemment qu’il ne s’attendait pas à voir quelqu’un, et bien qu’il aurait aimé retrouver le sentier, il ne lui demanderait pas son aide. Il avait légèrement peur, le jeune homme n’attirant pas chez lui sa confiance, bien au contraire. Il avait l’impression qu’il cachait quelque chose, qu’il ne fallait pas qu’il s’arrête malgré son bon conseil. Il s’avança donc d’un pas, et se déporta légèrement d’un pas pour continuer son chemin. Il avait peur de cet homme, il ne voyait qu’une partir de son visage après tout, et s’il était en danger ? D’ordinaire, Yuki était plus courageux, mais l’atmosphère était en train de dévorer tout son courage.

    Yuki – « Je ne vous dérange pas plus longtemps…Passez une bonne soirée dans ces lieux… »


Maudit ? C’était ce que pensait Yuki à cet instant tout du moins.


Revenir en haut Aller en bas


avatar



☩ ☩

Âge : Cent-sept ans, devenu vampire à trente et un ans
Allégeance : Hebichi, malgré lui
Messages : 52
Pseudo : Myu.
Avatar : Tsukasa - Despair'sRay
MessageSujet: Re: Keep the mist empty feat. Yuki   Mer 6 Juin - 15:58



En effet, Sadaharu était loin d'être des personnes les plus attentionnées... Non pas qu'il ne croyait pas en ce fameux précepte qu'était « aide ton prochain », mais à force de vivre dans une solitude dans laquelle il se complaisait, il fallait bien s'attendre à ce qu'il soit quelques peu égoïste et peu avenant. Pourtant, il n'en demeurait pas moins quelqu'un de poli. Et ce n'était pas tant là une menace qu'il avait adressé à l'inconnu en lui recommandant de rebrousser chemin, mais plutôt une manière polie de le prier de le laisser. Et tout ce que le jeune vampire pouvait espérer présentement, c'était qu'il ne se trouve pas face à un idiot de première catégorie qui interpréterait mal ses paroles, et commencerait à s'enflammer en disant que de telles menaces ne l'effrayait pas. Observant toujours d'un regard pesant son vis-à-vis, Sadaharu eut l'agréable de surprise de constater que ce n'était pas le cas... Fort heureusement. Certes, il était poli et patient, il n'aurait certainement pas supporter d'avoir un intrus dans les pattes pour la soirée, surtout en sachant qu'il ne pouvait guère s'attarder sur le chemin pour se rendre à la cérémonie. Ceci dit, un quelconque problème du genre aurait put être bien rapidement expédié, quand on avait conscience de la nature de l'écrivain.

Le jeune homme semblait quelques peu intimidé de cette présence incongrue, et sa marche qui ne s'arrêtait pas ne faisait que renforcer cette impression. Certes, son timbre de voix ne tremblait guère, mais les mots employés étaient une bien meilleure preuve. Ce qui était normal ; en même temps, qui serait à l'aise face à un sombre individu tel que lui, au doigt estropié, vêtu d'un kimono, au beau milieu d'une forêt aussi inquiétante que l'était celle d'Aokigahara ? Certainement peu de personnes... Et si bon nombre d'individus tâcheraient de se rassurer en ayant recours à la rationalité, avait elle lieu en de telles circonstances ? Les vampires n'étaient qu'un mythe populaire pour beaucoup de japonais, et l'idée d'en croiser un était bien au delà des limites de la raison... Sauf si on appartenait à cette catégorie de personnes trop habitués à avoir de la poudre blanche sur le bout du nez. Mais là n'était pas la question... Peut-être ce jeune inconnu n'était pas même au courant de l'existence des buveurs de sang.

Finalement, le concerné semblait vouloir passer son chemin, tout en souhaitant au vampire de passer une bonne soirée. Malgré lui, un petit soupir amusé s'échappa de ses lèvres à l'idée de passer une agréable nuit ; Sadaharu n'était guère adepte des mondanités telles que celles ci. Observant plus encore la silhouette qui continuait d'avancer, il constata que l'inconnu avait une caméra à la main... Voilà qui était intéressant, bien plus que s'il avait eut affaire à quelqu'un de suicidaire. Ne souhaitant pas en rester là, il reprit la parole ;

« Vous ne devriez pas continuer par là, vous ne ferez que vous enfoncez davantage dans la forêt, ce que je ne vous souhaite pas. On ne sait jamais quelle personne mal famée dans la forêt. »

En l'occurrence, il ne parlait pas tant de lui que certains de ses semblables qui pouvaient se montrer tout à fait barbares et sans pitié. Non pas que Sadaharu éprouvait de la pitié pour ce jeune homme, mais c'était plutôt à constater qu'il empruntait l'itinéraire pour se rendre au temple qui l'embêtait. Il n'allait lui même pas tarder à se remettre en route, et l'idée de devoir supporter une présence, même si quelques peu éloignée, lui était plutôt pénible.
Une fois sûr que son interlocuteur le regardait, il indiqua une direction dans l'autre sens ;

« Vous devriez poursuivre par ici, ça serait bien plus prudent. »

Et, posant son regard de nouveau sur l'appareil dans une des mains du jeune homme, il ajouta avec un sourire quelques peu dissimulé, souhaitant se montrer plus avenant ;

« Et vous savez, je doute que vous puissiez filmer quoi que ce soit d'intéressant plus loin. La forêt est tellement semblable partout, qu'il serait mieux pensé de se contenter des chemins balisés. De plus, la brume risque de grandement gâcher la qualité de votre vidéo, je le crains. »

Sadaharu se leva alors, époussetant le bas dos pour enlever les quelques traces de terre ou de feuilles mortes qui avaient put salir son kimono. Néanmoins, il ne se remit pas en marche pour autant, tant qu'il ne serait pas sûr que le jeune humain aurait emprunté une direction différente de la sienne. Ayant encore du temps devant lui pour se rendre à la cérémonie, le jeune vampire permit à sa curiosité de se satisfaire quant à la présence de l'inconnu ici ;

« A vue de votre caméra, vous n'êtes pas ici pour rejoindre les âmes damnées qui hantent cette forêt... A moins que vous ne soyez assez glauque pour filmer cette triste scène ? »

Un peu d'humour noir... N'importe qui aurait compris que ce n'était pas le moment pour en faire preuve, mais n'est pas original qui le veut. De plus, le sourire doux toujours présent aux lèvres, Sadaharu songea qu'il ne devait pas avoir l'air aussi inquiétant qu'il ne devait le paraître. Plus sérieusement cette fois, il demanda ;

« Vous êtes de ces spécialistes qui s'intéressant à Aokigahara ? »

Après tout, pourquoi pas ? Les documentaires au sujet de cette mer d'arbre n'était pas vraiment rares, et ça ne serait pas le premier que Sadaharu rencontretait, pour sûr...



Spoiler:
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar


Invité

☩ Invité ☩

MessageSujet: Re: Keep the mist empty feat. Yuki   Mar 12 Juin - 14:24


Maudit ? C’était ce que pensait Yuki à cet instant tout du moins. Cet endroit n’avait absolument rien de rassurant. En même temps, est-ce que vous avez déjà vu une forêt noire et épaisse rassurante ? C’était même un lieu propice pour les histoires d’horreurs, les contes d’épouvante, fait pour montrer à la jeunesse ses erreurs. Yuki en avait conscience, alors pourquoi avoir choisi d’y venir ? Devant cet homme, cet inconnu, il continuait de se poser la question. Il aurait peut-être mieux fait de passer sa soirée enfermé dans sa chambre, ou, à marcher dans les rues tout en regardant, se moquant d’ailleurs, des jeunes gens qui fêtent Halloween, chacun à leurs manières. Mais, dans le fond, le résultat était le même, les plus jeunes allaient sortir de cette nuit avec des carries et une crise de foie, les plus vieux… auront mis dans un état encore pire le leur à cause de l’abus de l’alcool et autre substance.

Le Japon était un pays très conservateur, très strict aussi avec l’alcool, pourtant, comme dans tous les autres pays, les adolescents adoraient enfreindre les règles pour défier l’autorité ? Se montrer plus fort et épater leurs amis ? Yuki ne parvenait pas à comprendre. Il n’avait jamais réellement compris tout ça. La vie, la manière des autres d’agir… la conscience de l’autre était bien présente chez ce jeune homme, mais, soyons honnête, il n’en avait que faire ! Le regard toujours posé sur Sadaharu, il continue d’avancer. Il était en train de marcher, et arrivait à la hauteur de son épaule quand il entendit la voix de l’inconnu pour le mettre en garde. « Vous ne devriez pas continuer par là, vous ne ferez que vous enfoncez davantage dans la forêt, ce que je ne vous souhaite pas. On ne sait jamais quelle personne mal famée dans la forêt. ».

Yuki s’arrêta un instant, et il ne le regarda pas, le visage figé en direction de la ténébreuse forêt. Est-ce une bonne idée ? Cet homme, avait l’air de le menacer, lui dire qu’il ne faudrait pas se diriger vers là car un danger roder. Et s’il était à proximité de ce danger ? Son souffle se coupa un instant. Il n’osa pas ajouter un mot à cette phrase. Il retourna alors son visage vers lui pour le regarder à cause du mouvement qu’il était en train de faire. « Vous devriez poursuivre par ici, ça serait bien plus prudent. ».

L’enfant de la nuit tourna alors la tête vers la direction indiquée. En effet, il semblait plus prudent, plus rassurant de retourner sur le sentier qu’on pouvait facilement distinguer. Ce segment de forêt banalisé pouvait être rassurant. Mais, justement, le fait qu’on insiste pour retourner sur le sentier lui fit avoir une idée. Ce mec était-il dans une drôle de chasse où le gibier était un homme ? Pourquoi vouloir autant le détourner de son chemin ? Pourquoi lui dire de s’en aller, il ne devait pas voir quelque chose. Peut-être était-il fou, car cela attisa sa curiosité au point qu’il ne voulait plus qu’une chose : voir ce qu’il y avait. Bien qu’il n’était pas rassuré, il osa clairement dire.

    Yuki – « Merci pour vos bons conseils, mais… la prudence ne fait pas parti de mon vocabulaire ! »


La prudence, la logique… etc. Son lexique était loin d’être peuplé de mot qui le ferait éviter le danger. De toutes manières, mourir maintenant ou mourir plus tard, pourquoi se faire tant de soucis ? Il allait bientôt disparaître. Il n’était pas suicidaire, mais cette forêt, cette ambiance était un endroit parfait pour lui laisser son esprit s’envoler dans des idées plus noires, mais aussi plus tortueuses. L’épaisse forêt serait-elle capable de cacher les rayons du soleil ? Est-ce qu’il pourrait ainsi supporter les UV ? Peut-être, une mauvaise idée de vouloir essayer. Non, il ne serait pas capable de le faire, pas assez courageux. Au levé du jour, il se dépêchera de courir, le plus rapidement possible pour se cacher dans la voiture.

Il arrêta de regarder autour de lui quand il l’entendit se lever et s’épousseter. Il laissa son regard s’attarder sur le jeune homme. Il ne put s’empêcher un instant d’admirer cette tenue. Pourquoi était-il habillé de la sorte ? Il était assez rare de voir quelqu’un dans une tenue traditionnelle. Peut-être qu’il gênait le rassemblement de fanatique ? Si c’était le cas, il n’avait qu’à le dire. Yuki se permit un instant de lever sa caméra, et sans un mot, sans demander la permission, il commença à le filmer. Il trouvait que cette tenue lui allait si bien, avec la brume, on avait presque l’impression de voir un fantôme. Un être mystique, et, Yuki trouvait le spectacle des plus plaisant. Tandis qu’il commençait à le filmer, il sursauta légèrement. « Et vous savez, je doute que vous puissiez filmer quoi que ce soit d'intéressant plus loin. La forêt est tellement semblable partout, qu'il serait mieux pensé de se contenter des chemins balisés. De plus, la brume risque de grandement gâcher la qualité de votre vidéo, je le crains. ».

Il était légèrement surpris s’attendant plus à une critique pour l’avoir filmé sans permission. Mais soit, il arrêta d’ailleurs de filmer le jeune homme, il n’allait pas non plus exagérer. Il ne voulait pas trop se mettre à dos cet inconnu qui avait, au fil de la discussion une allure plutôt rassurante, en tous cas plus que ne pouvait avoir cette forêt en elle-même. Mais, le fait qu’il voulait continuer sur sa voie risquait de jeter un froid, il avait bien senti qu’il ne voulait pas qu’il continue. Pourtant, Yuki était déterminé à n’en faire qu’à sa tête, et voir ce qu’on refusait qu’il voit. Car justement, on lui interdisait quelque chose, et CETTE chose, devait être spéciale !

De plus, à ses yeux cette forêt avait quelque chose de magique, peut-être croisera-t-il un vampire sans même s’en rendre compte. Il sourit et regarda sa caméra qui était éteinte, le sourire aux lèvres.

    Yuki – « Je ne suis pas d’accord, la brume donne une atmosphère des plus… intéressante. La qualité d’une vidéo ne se fait pas uniquement avec ce qu’on voit et la clarté, le secret, la supposition… »


Et, avant même d’avoir une réaction, il compléta ce qu’il venait de dire continuant de laisser un sourire planer sur son visage. Ce sourire qui montrait une satisfaction réelle à être ici, à pouvoir filmer quelque chose qui n’aurait pas la qualité. Mais …

    Yuki – « Je n’aime pas la perfection ! »


La perfection étant à ses yeux la pire chose, la qualité d’une vidéo, un film… cela ne faisait pas authentique. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que les grands studios de cinéma s’amusaient à vieillir, à faire des défauts pour que cela fasse plus authentique, alors qu’il suffisait de simplement ne pas filmer la qualité. Déjà, sa caméra n’était pas le dernier appareil à la mode, à la pointe de la technologie. Il n’avait pas assez d’argent pour s’en offrir une à la pointe. Il devait donc se contenter, et faire ses effets comme il pouvait. Mais là, le lieu en lui-même offrait une chance unique !

Yuki reporta son attention de nouveau sur Sadaharu en l’entendant ; « A vue de votre caméra, vous n'êtes pas ici pour rejoindre les âmes damnées qui hantent cette forêt... A moins que vous ne soyez assez glauque pour filmer cette triste scène ? ». L’adolescent eut pour réflexe d’hocher la tête. Il est vrai qu’il n’avait nullement l’intention de se donner la mort, bien au contraire, il voulait célébrer la vie vu que cette forêt allait obligatoirement apparaître dans le film retraçant la vie d’un moon child condamné, le contraste entre la mort certaine, qui est annoncé, et la vie qu’incarne l’enfant qui se bat, qui lutte contre lui-même. Evidemment, il ne savait pas encore comment exploiter toutes les images qui seront sur la pellicule, mais il savait, il ne pouvait pas laisser passer cette forêt !

Toutefois, il ne comprit pas immédiatement, « Vous êtes de ces spécialistes qui s'intéressant à Aokigahara ? ». Un spécialiste ? Il était en train de lui parler de ces fêlés du bocal qui croyaient voir tout et n’importe quoi ? Les exorcistes, et compagnie ? Le sourire de Yuki s’élargit légèrement, il trouvait cette idée amusante, mais dans un sens, c’est ce qu’il faisait avec les vampires. Il ne répondit rien tout de suite, faisant mine de réfléchir, et tout en balayant du regard la forêt il reprit la parole. Le silence de cette forêt était aussi épais que celle-ci. Cela l’impressionné en un sens, car le silence était encore plus inquiétant que d’entendre, car en règle général, c’était signe que quelque chose se préparait.

    Yuki – « Non, si je voulais me suicider, j’utiliserais un moyen plus radical. Je trouve que ces morts là, ne sont que de macabres mis en scène. Un message, une volonté d’une dernière fois être acteur de sa vie en arrivant dans la mort. Ce n’est pas mon truc. »


Le soleil, voyons ! encore et toujours, mais cet homme ne pouvait le savoir. Il sourit en le regardant.

    Yuki – « En fait, pas du tout… Mais je trouve l’expérience intéressante, et au moins j’évite les gamins déguisés qui veulent des bonbons, volant alors une tradition qui n’est pas la leur ! »


Cette phrase, voulait un peu dire et vous, vous faites quoi ? D’ailleurs la question qui lui brûlait les lèvres sortit.

    Yuki – « Et vous, qu’est-ce qui vous amène ? Surtout dans une telle tenue… Vous apparaissez presque comme un esprit damné de cette forêt… prisonnier de celle-ci depuis des siècles. »


Revenir en haut Aller en bas


avatar



☩ ☩

Âge : Cent-sept ans, devenu vampire à trente et un ans
Allégeance : Hebichi, malgré lui
Messages : 52
Pseudo : Myu.
Avatar : Tsukasa - Despair'sRay
MessageSujet: Re: Keep the mist empty feat. Yuki   Lun 25 Juin - 16:34



Le moins que l'on puisse dire... C'était que ce jeune homme était atrocement têtu. Aussitôt Sadaharu lui avait il conseillé de rebrousser chemin pour aller à l'opposer, vers le sentier balisé, que l'humain assura que la prudence ne faisait pas partie de ses principes... Le jeune vampire ne le croyait guère, tout du moins, il songea que ce n'était pas vraiment l'envie d'adrénaline qui menait les pas du garçon, mais plutôt sa curiosité qui demandait à être assouvie. Il fallait reconnaître que la conduite de Sadaharu laissait paraître qu'il y avait au cœur de cette forêt quelque chose qui se tramait... Et à la réflexion, le vampire songea que quoi qu'il ait dit à son interlocuteur, le jeune homme aurait poursuivit son chemin, quoi que l'on puisse lui dire. En somme, une vraie tête de mule, semblait-il. Néanmoins, le jeune vampire ne laissa en rien transparaître son agacement et se contenta d'accorder un sourire et un haussement d'épaule à son interlocuteur, qui laissait signifier ; « vous êtes libre de faire ce que vous voulez de votre vie ».
Et dans ce genre de cas, Sadaharu se bénissait d'être des plus calmes et diplomates... Si son envie était à envoyer mourir le jeune homme, il songeait que seule sa patience pourrait le mener à cette tranquillité qu'il cherchait tant. Et l'idée d'avoir quelqu'un dans un rayon de cent mètres lui était... Insupportable. Et il songeait que le l'inconnu serait du genre à le suivre pour savoir ce qu'il se passait en ce lieu. Certes, courir aurait été une excellente manière de le semer, mais le jeune vampire n'avait guère envie de devoir faire un tel effort pour être seul.

Quand son vis-à-vis leva sa caméra pour commencer à le filmer, Sadaharu resta de marbre. Il ne s'attendait pas à ça... Et c'était chose qui lui plaisait guère, toutes choses considérées. Il resta calme, levant le regard vers l'objectif pour le fixer d'un air tout à fait placide. Autant rester calme jusqu'au bout... Et l'ancien yakuza n'était pas homme à s'énerver rapidement ; il était toujours maître de lui même, et d'un calme olympien. Le jeune vampire lâcha un soupir presque inaudible, laissant plus ou moins paraître son agacement léger. Bientôt, l'inconnu baissa sa caméra, avant de donner son avis sur la question de la qualité d'une vidéo. Son avis divergeait de celui du vampire, mais ce dernier ne manqua pas de l'écouter avec un intérêt certain ; tant qu'une conversation s'approchait d'un thème intellectuel ou artistique, Sadaharu ne manquait pas d'en être intéressé. Et il fallait reconnaître que son interlocuteur semblait être plus connaisseur qu'il ne l'était dans le domaine... Avant même que le vampire puisse donner un avis sur la question, le jeune homme laissa un sourire charmant arquer ses lèvres, tandis qu'il déclarait ne pas apprécier la perfection. Voilà qui était intéressant... Si ce garçon était exaspérant par son entêtement et sa curiosité sûrement trop poussée, il semblait néanmoins digne d'un tout autre intérêt dans sa manière de penser et d'appréhender les choses.
Portant sa main estropiée à sa mâchoire, Sadaharu en caressa les contours, réfléchissant aux paroles qu'il venait d'entendre, avant de déclarer sur un ton quelques peu taquin accompagné d'un sourire discret, revenant quelques peu sur les paroles qu'il avait énoncé quelques instants auparavant ;

« Pourtant, vous filmez bien une certaine forme de perfection, non ? Aokigahara ne serait elle pas le cadre idéal pour un film d'angoisse ou d'horreur ? »

Contradictoire ? Pas tant, disons plutôt que Sadaharu prenait en compte des caractéristiques et des intérêts qu'il n'avait pas considérer précédemment. S'interrompant quelques secondes, il ne laissa néanmoins pas le temps à son vis-à-vis de reprendre la parole, pour continuer d'un voix plus sérieuse cette fois-ci ;

« Je suis bien néophyte dans le domaine du cinéma, aussi avez vous sûrement raison quand à l'ambiance que peut dégager cette brume. Vous faîtes des études en cinéma ? »

A entendre les paroles du jeune homme, il n'y avait aucun doute... Ou tout du moins, était il un cinéphile affirmé. Après tout, ce n'est pas n'importe qui qui se balade avec une caméra dans la forêt d'Aokigahara, et qui est en mesure d'affirmer que la brume peut dégager quelque chose de bien plus intéressant et authentique qu'une image nette et claire.

Quand Sadaharu lui posa la question sur son intention de mettre fin à ses jours, l'inconnu hocha la tête. Ainsi n'était il pas de ces suicidaires... Dans une certaine mesure, le vampire en était content. Il faut dire que quand l'on apprécie son immortalité, on ne comprend guère le désir d'autrui de mourir... Et au peu de mots qu'ils avaient échangé, le plus jeune n'avait assurément pas le profil de quelqu'un de désespéré. Il prit d'ailleurs la parole pour exprimer son avis sur la question, expliquant que s'il voulait mettre fin à ses jours, sa façon de faire serait plus radicale. Sadaharu était curieux de savoir quel moyen pouvait être plus radical que celui de la pendaison, vu que les dépouilles accrochées aux arbres n'étaient pas si rares ici, mais n'était pas assez désireux de continuer sur ce sujet. Aussi se contenta t-il de garder le silence, tout aussi stroïque et calme que jusqu'à dès lors. Bien rapidement, l'inconnu ajouta qu'il n'était pas de ces spécialistes, mais juste là pour arpenter la forêt, et ainsi éviter les enfants qui courraient sûrement les rues en quête de friandise. Sadaharu laissa d'ailleurs un petit soupir amusé s'échapper de ses lèvres à l'anecdote de la culture usurpé, avant d'ajouter ;

« Certes, mais il y a des endroits bien plus rassurants et sûrs pour s'isoler de cette festivité qu'est Halloween. Et si vous teniez tant à y venir, pourquoi ne pas l'arpenter de plein de jour ? La visibilité pour s'y balader y est sûrement bien meilleure. »

Une façon masquée de dire qu'il ne devait pas rester ici... ? Ce n'était pas là l'intention première du jeune vampire, mais c'était tout aussi vrai que de dire qu'il avait fait un simple constat. Rapidement, le jeune homme reprit la parole pour demander au vampire ce que lui même faisait ici, et dans une tenue aussi incongrue, qui plus est. Baissant les yeux vers son long kimono sombre, Sadaharu songea que la question méritait d'être posée, quand on était humain et ignorant de ce qui se tramait ce soir. Dire la vérité n'était absolument pas envisageable, même si c'était tentant... Le jeune vampire était curieux de savoir comment le jeune humain aurait réagit. Néanmoins, il ne voulait pas s'attirer les foudres du Conseil, son père en faisant partie... Et de plus, les tords qu'on lui connaissait de son existence humaine suffisaient pour qu'on le surveille. Aussi annonça t-il, toujours aussi calme et sûr de lui ;

« Je suis censé retrouver des amis dans un petit temple de Shizuoka vers onze heure, et la tenue traditionnelle et de mise pour cet événement. Et comme j'étais en avance sur l'heure prévue, j'ai décidé de venir faire un tour ici... Étant habitué à le faire régulièrement, je me plais à aller au delà des sentiers. »

Le jeune homme le croirait il ? Cette excuse pouvait sembler plausible, alors pourquoi pas ? Néanmoins, le hic consistait en son envie de voir l'inconnu partir... Ce dernier se demanderait sûrement pourquoi le vampire mettait tant d'application à le conseiller de repartir sur ses pas, alors qu'il reviendrait lui même vers le chemin balisé... M'enfin, si Sadaharu devait raccompagner le garçon jusqu'à Shizuoka pour ensuite avoir la paix une fois retourné dans la forêt, il le ferait !Il aspirait bien trop à faire son chemin tranquillement, quitte à perdre un peu de temps.
Interrompant ses pensées, le jeune vampire se fit curieux, demandant ;

« Puis je vous demander votre nom ? »



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar


Invité

☩ Invité ☩

MessageSujet: Re: Keep the mist empty feat. Yuki   Sam 15 Sep - 9:58


Yuki était ce genre de personne, il braquait la caméra sur les gens qu’il croisait, il gardait une trace de tous ceux qui étaient sur son chemin, et bien qu’ils ne seraient bientôt plus qu’un simple nom, une vague image qu’on efface, il garde cette trace ineffaçable sur la bande. Il n’y avait finalement que Takeru qui revenait fréquemment, il ne filmait même pas sa famille, c’est pour dire les liens qui les unissaient. C’est liens n’étaient pas aussi fort qu’on pourrait l’imaginer alors qu’il est en train de mourir, alors qu’ils vont perdre un second enfant, ils n’en ont que faire. La froideur de Yuki est ainsi très facile à expliquée. Il n’est pas du genre à s’étendre en sentiment. Mais ce n’est pas pour autant qu’il était agressif avec cet inconnu dans la forêt. Inconnu qui aurait très bien pu être un sociopathe ou un violeur en cavale… Après tout qu’en savait-il réellement ? Toutefois, cette situation insolite, cette rencontre étrange avait quelque chose d’amusant, de magique, quelque chose d’inhabituel et de dérangeant… En bref, Yuki adorait ! Et, bien qu’il eut l’impression de sentir une pointe d’agacement, il ne broncha pas, ne prononça aucun mot, ne souhaitant pas en rajouter avec des paroles.

D’ailleurs, il n’avait pas le besoin réel de parler. Ils ne se connaissaient pas, quelle importance de s’étendre en paroles futiles ? Toutefois le sourire de Yuki revint rapidement sur son visage lorsqu’il se rendit compte que son interlocuteur s’intéressait au cinéma. Ils avaient donc ce point commun ? Cela était loin de lui déplaire car lançait sur ce sujet, Yuki devenait cet enfant passionné qu’il avait toujours été. Fuyu n’avait jamais supporté cette passion dévorante pour le cinéma, alors que lui-même en avait une. Les jumeaux n’étaient pas si différents, mais pourtant ce si peu de différence avait conduit à les séparer définitivement. Leurs passions étaient ainsi le cauchemar de l’autre. « Pourtant, vous filmez bien une certaine forme de perfection, non ? Aokigahara ne serait elle pas le cadre idéal pour un film d'angoisse ou d'horreur ? »

Alors qu’il allait ouvrir la bouche, il la referma pour continuer de l’écouter se rendant compte qu’il n’avait pas le temps de parler, il avait juste le temps d’écouter. « Je suis bien néophyte dans le domaine du cinéma, aussi avez vous sûrement raison quand à l'ambiance que peut dégager cette brume. Vous faîtes des études en cinéma ? ». Cette question, bien qu’elle avait toute sa place en voyant un jeune homme… une si jeune personne avec une caméra à la main. Après tout, que pouvait-il savoir de sa vie ? Il était encore en âge d’aller à l’école. Yuki ignorait s’il devait se mettre à parler, à s’ouvrir, quoique parler de cinéma, qu’il n’allait pas à l’école n’était pas quelque chose de trop secret. Il se mordit donc la lèvre, et dans encore un sourire il entreprit enfin de lui répondre.

    Yuki – « En effet, ce serait un endroit parfait. Mais, je ne compte pas me servir de ces images pour un tel film. Mon film traite d’une histoire vraie… et une histoire humaine est cousue d’imperfection ! »


Le film de Yuki reposait sur la véracité, qu’on ressente ce qu’il a réellement vécut. Il voulait qu’après sa mort, ce témoignage d’un destin brisé soit apprécié à sa juste valeur. Cette année, il avait vécut beaucoup de chose, mais ce n’est pas son histoire qu’il racontait, mais bel et bien celle de son frère, de son jumeau, celui qui aurait du être là. Ils étaient imparfaits, son frère aimait les ombres, les chimères ! Il devait le montrer, le faire voir, cette forêt maudite, l’était tout autant que lui. Intérieurement, ils ressemblaient à cette forêt. C’est alors qu’il se perdit à contempler justement celle-ci. La brume qui les entourait de plus en plus lui plaisait. Ce brouillard pourtant si dangereux était pour lui comme un instant d’intense plaisir. Il continuait de sourire avant d’enfin oser lui répondre.

    Yuki – « Toutefois, je suis autodidacte, je n’ai jamais fait d’étude de cinéma, j’ai arrêté l’école il y a déjà bien longtemps pour me consacrer uniquement à ma passion du cinéma, et mon projet est de sortir mon propre long métrage. D’ailleurs, j’arrive au terme de sa création progressivement… »


Il y avait un peu de fierté dans ses mots. Il connaissait beaucoup du cinéma, il avait appris seul jour après jour, il était jeune et pourtant, il avait passé une grande partie de sa vie à réfléchir, à chercher, mais encore plus à apprendre. Il continuait de regarder autour de lui en se mordant la lèvre, se laissant simplement envahir par l’ambiance qui les entourait. Il avait l’impression que cet instant pouvait s’éterniser. Pourtant il n’y avait rien de rassurant, il n’y avait rien… Mais cette ambiance, cette place…

Mais, il se rendit compte de la fausse excuse qu’était halloween. « Certes, mais il y a des endroits bien plus rassurants et sûrs pour s'isoler de cette festivité qu'est Halloween. Et si vous teniez tant à y venir, pourquoi ne pas l'arpenter de plein de jour ? La visibilité pour s'y balader y est sûrement bien meilleure. ». Il se crispa par contre à ces mots. Sortir de jour, il est vrai que ce serait logique, et il en avait réellement envie aussi. Il comprenait encore une fois que Sadaharu cherchait à lui dire de s’en aller. Il était plus prudent de s’en aller en effet… mais… la prudence n’était pas une chose qu’il appréciait. Il avait besoin de profiter, et ce : maintenant !

    Yuki – « J’aimerais bien, mais je ne peux pas sortir de jour malheureusement… Et de toute façon, l’ambiance aurait été différente de jour… Je préfère les ténèbres dans lesquelles nous plonge la nuit… »


Ces ténèbres qui peut-être lui amènerait cette réponse dont il rêvait jour après jour. Il savait que les vampires n’existaient pas… mais le si persistait. Pour son frère, il avait besoin d’une preuve, quelque chose de sur. Alors changer de sujet devenait un peu ce qu’il fallait faire. Il allait être pris pour un fou s’il s’attardait sur ce besoin d’avoir une réponse au sujet des ténèbres. Ses yeux se fermèrent un peu, un petit instant l’imaginant alors avec sa tenue. « Je suis censé retrouver des amis dans un petit temple de Shizuoka vers onze heure, et la tenue traditionnelle et de mise pour cet événement. Et comme j'étais en avance sur l'heure prévue, j'ai décidé de venir faire un tour ici... Étant habitué à le faire régulièrement, je me plais à aller au delà des sentiers. »

Il fut un peu surpris de la question suivante. « Puis je vous demander votre nom ? ». C’est alors qu’il se rendit compte qu’il n’avait même pas songé à se présenter à lui, quoique lui non plus. Cette curiosité soudaine n’était pas déplaisante dans le sens qu’elle démontrait les règles de politesse qu’ils avaient tout simplement omis à leur rencontre. Il continua de sourire. Un faible petit sourire en reposant cette fois totalement son regard sur lui, d’ailleurs il lui montra une chose, il éteignit sa caméra comme ça il allait pouvoir aussi se présenter. Il comprenait que beaucoup de monde ne voulait pas se voir filmer, rester des anonyme était quelque chose de normal. C’est pour ça qu’il ne mentionnait que très peu de nom dans son film, les autres étaient des images.

Il se mordit la lèvre légèrement confus encore une fois et il croisa un peu les bras.

    Yuki – « Oh oui, pardonnez moi, je me nomme Takaya Yuki. »


Il sous entendait évidemment qu’il pouvait aussi se présenter, retourner la question était souvent inutile, car la politesse exiger de l’autre de se présenter aussi. Il n’avait donc pas envie de se perdre en phrase inutile, et il se rendit compte qu’il devait être un peu du même genre. Il tenta toutefois de rester bien poli, tout en voulant se montrer un peu curieux. Il avait compris qu’il connaissait cet endroit, alors il allait pouvoir l’aider.

    Yuki – « Votre rendez-vous est pour bientôt, mais… comme vous connaissez bien cette forêt, peut-être pourriez vous m’indiquer le cœur même de la forêt… Avant de rentrer chez moi, je souhaiterais le filmer… »


Il lui sourit et se permit même l’audace d’un compliment.

    Yuki – « En tous cas, la tenue traditionnelle vous va très bien, c’est comme si vous … votre visage était intemporel, c’est assez étrange, mais tout en étant étrange, cela est plaisant. Je suis sur que les tenues de beaucoup d’époque vous irez à la perfection, comme si elles avaient été taillés pour vous … »


Spoiler:
 


Revenir en haut Aller en bas


avatar



☩ ☩

Âge : Cent-sept ans, devenu vampire à trente et un ans
Allégeance : Hebichi, malgré lui
Messages : 52
Pseudo : Myu.
Avatar : Tsukasa - Despair'sRay
MessageSujet: Re: Keep the mist empty feat. Yuki   Dim 30 Sep - 22:41



Était ce présentement le meilleur moment, et le meilleur endroit pour parler cinéma ? Bon nombre de personnes se seraient accordés sur une réponse négative, pour sûr. Et quelque part, Sadaharu était d'accord avec cet avis, étant donné que sa patience avait elle aussi des limites... Mais visiblement, ces frontières venaient à être repoussées quand on abordait un sujet susceptible de l'intéresser. Au début, échanger des mots avec ce jeune humain pour le convaincre de partir de ses bois lui était vraiment pénible, mais le vampire en venait vraisemblablement à se détendre depuis que tous deux se laissaient aller à un intérêt plus intellectuel... Même si de toute évidence, Sadaharu ne perdait pas de vue le pourquoi il se trouvait en ces lieux. Si certes, il pouvait se permettre de faire la discussion pendant quelques instants, il avait tout autant conscience qu'il n'avait pas non plus tout la nuit devant lui. Il n'avait certes pas spécialement hâte de rejoindre le bal des vampires, mais il avait ses obligations et s'y tenait.

Néanmoins, il fallait reconnaître que sous ses airs lambdas, le jeune homme avec qui il discutait présentement était plutôt intéressant dans sa façon de voir les choses. Ce manque d'envie de filmer la perfection, dont il était parfaitement désintéressé... C'était un point de vue curieux, de nos jours. Surtout quand on voyait tous ces films ou on tâchait de capter une once de perfection, qu'elle soit au niveau de la qualité de l'image, d'un personnage ou d'une histoire. Aussi Sadaharu se fit il très attentif quand son jeune interlocuteur expliqua qu'Aokigahara était certes un endroit parfait pour un film d'angoisse, mais qu'il n'était pas là pour un tel film... Mais pour une histoire vraie, fidèle à l'existence humaine qui ne peut être qu'imparfaite. Haussant les sourcils, yeux écarquillés, le vampire était étonné... Non pas dans un sens péjoratif, au contraire. Il était certes encore un jeune vampire, mais l'écrivain s'étonnait d'une telle clairvoyance d'une personne qui semblait aussi jeune. Aussi le vampire, affichant un petit sourire, opina doucement avant de demander ;

« Si ce n'est pas trop indiscret, de quelle histoire traitera votre film dans ce cas ? Peu de personnes s'aventurent par ici, sauf pour mettre fin à leur vie, en général... »

Malgré un petit aspect provocateur, cette question n'était pas moins sérieuse. Sadaharu était clairement curieux de savoir quel genre de scène on pouvait tourner en ces bois, si ce n'était celle d'un suicide... Mais là, le jeune vampire se basait uniquement sur les quelques connaissances qu'il avait sur ces lieux.

Suite à quoi, le jeune homme expliqua qu'il ne faisait absolument pas d'études en cinéma, mais qu'il apprenait le septième art par lui même. Fait qui étonna de nouveau l'écrivain ! Il ne connaissait pas grand monde qui commençaient par eux même le cinéma, mais ça devait être en soit une expérience intéressante. Se contentant tout juste de hocher la tête en gardant ce léger sourire, le vampire demeura silencieux avant que son sourire ne se fane.

La suite du discours de l'apprenti cinéaste, elle, interpella carrément le jeune vampire. Ce n'était plus la une curiosité discrète et polie, mais véritablement un fait qui l'interloqua et le dérangea dans une certaine mesure. Sourcils froncés, Sadaharu écouta son interlocuteur qui expliqua qu'il ne pouvait sortir le jour... Le reste de ses paroles n'avait plus guère d'importance, étant donné que cette information était pour la moins inattendue. Préférant ne pas trop se risquer dans des affirmations soudaines, le jeune écrivain demanda avec prudence ;

« Comment ça, vous ne pouvez pas sortir le jour ? Quelle en est la raison ? »

Le vampire aurait il fait une erreur sur l'identité de son interlocuteur ? Ça paraissait invraisemblable, il était quasiment certains de sentir l'odeur du sang émaner de son vis-à-vis, et d'entendre son pouls. Aussi l'écrivain tâchait il de rester calme, même si de toute évidence son étonnement un peu dérangé se lisait sur son visage, et ce plus qu'il ne l'aurait voulu... Et quand le plus jeune lâcha son nom, son étonnement se renforça quelques peu. Il n'avait jamais entendu ce nom, et il était impensable de lâcher un nouveau né dans les forêts d'Aokigahara ! Tenant néanmoins à être poli malgré sa perplexité, le vampire s'inclina en annonçant au dénommé Yuki ;

« Takeshima Sadaharu. Enchanté. »

Se redressant, Sadaharu tâchait de se montrer plus critique. Si Yuki était un vampire, sa conduite serait différente, assurément. Il aurait certainement su la raison pour laquelle Sadaharu portait cette tenue traditionnelle. Et lui même, il n'aurait pas été vêtu d'une façon aussi lambda... Mais il n'empêche que cette histoire de ne pas pouvoir sortir au soleil avait de quoi interpeler n'importe quel vampire, tâchait de se convaincre l'ancien Yakuza.
Quand son interlocuteur lui demanda s'il pouvait le mener au cœur de la forêt, Sadaharu essaya d'esquisser un rictus navré, bien que son expression finale fut plus proche de son flegme habituel ;

« J'en suis désolé, mais je ne connais pas assez bien Aokigahara pour ça. Je crois même être proche de la limite que je connais jusqu'à là... Je fréquente souvent les mêmes hors-piste, mais je ne me suis jamais aventuré au delà de ces chemins que j'ai dessiné pour moi même. Je ne vous serai donc pas très utile. Et pensez vous réellement que le cœur de la forêt soit plus intéressant que n'importe laquelle de ses parcelles ? »

Disons plutôt que la perspective d'amener un humain n'était pas envisageable... Surtout que Sadaharu doutait encore fortement de son identité. Néanmoins, il resta très attentif aux compliments qui lui furent adresser. Gratifiant son interlocuteur d'une courbette, il ajouta simplement ;

« Je vous remercie, on m'accorde bien rarement de tels éloges... »



Spoiler:
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar


Invité

☩ Invité ☩

MessageSujet: Re: Keep the mist empty feat. Yuki   Lun 8 Oct - 12:21


Spoiler:
 

Yuki aurait peut-être du tourner les talons, et continuer sa route, mais il est vrai que cette étranger rencontre avec quelque chose d’exotique. Demain, peut-être se seront-ils déjà oublier, ou marquer à vie par cette rencontre sans histoire. Une discussion banale, tellement banale qu’on l’oublie, les mots filent aussi rapidement que la brise qui se lève. Cette brise va d’ailleurs arracher plusieurs frissons au jeune homme qui ne s’était pas assez couvert pour un mois d’octobre. Le froid se faisait ainsi ressentir, et il n’était pas pour lui des plus plaisant de rester au cœur de cette forêt par ce froid. De plus, il se savait assez sensible à cause de ça, il tenta de relativement se réchauffer à l’aide de sa main qu’il frotta le long de son bras. A cause de ça, il se calma un peu, et attendit une quelconque réaction, parole du jeune inconnu.

D’ailleurs, la conversation continuait de tourner autour du cinéma, bien que pas suffisant pour réchauffer juste en parlant, cela le fit esquisser un faible et doux sourire, de ces sourires qui sont simples et montrent bien son opinion. « Si ce n’est pas trop indiscret, de quelle histoire traitera votre film dans ce cas ? Peu de personnes s’aventurent par ici, sauf pour mettre fin à leur vie, en général… ». Ce que lui disait son vis-à-vis donnait quand même matière à réflexion, il était vrai que le thème général ne pouvait être que le suicide, alors comment … mais encore plus pourquoi ! Ce lieu avait quelque chose de particulier, il représentait plus que la mort, plus que l’imperfection… La semaine dernière, alors qu’il relisait ses notes il avait compris quelque chose, son frère était persuadé qu’un secret … un odieux secret se déroulait aussi.

Evidemment, ce secret avait trait aux vampires. Fuyu n’avait jamais pu venir jusqu’ici pour vérifier ses informations, mais il était persuadé, du plus profond de son âme, que des vampires vivaient ici. Et peut-être même, qu’il y avait là la royauté vampirique, les descendants de Dracula, des êtres tout droit originaire de Transylvanie. D’après ses recherches plusieurs branches s’étaient établies, mais l’endroit qui ressemblait le plus à la terre brûlé de Transylvanie était cette forêt. Elle avait quelque chose … Il n’avait malheureusement jamais eu l’occasion d’y venir pour se rendre compte… Yuki, marchant sur les traces de son frère, réalisant son rêve fou et sûrement vain de voir un jour un vampire… Il avait aussi cette raison d’être ici. En y réfléchissant, il se rendit compte que ce n’était pas juste pour son film, toute sa vie dès la mort de son frère se résumait à revivre, et vivre pour lui.

    Yuki – « En effet, cela peu paraître étrange, mais mon film parle d’un destin brisé. »


Evoquer son frère était toujours douloureux, et l’idée même d’y repenser, de se confier d’une certaine manière lui faisait étouffer un sanglot dans le gorge. Il devait se ressaisir et il continua sur sa lancée pour parler. Il avait envie de lui expliquer jusqu’au bout sa vision des choses. Peut-être n’était-il pas doté d’une très grande clairvoyance, mais ce sont simplement les épreuves de la vie qui l’on amenait à penser de la sorte, à se rendre compte que tout était aussi futile qu’un pétale de fleur. Finalement, nous étions tout aussi éphémère, incapable de traverser les âges, les siècles à la manière des arbres… Cet œuvre, devait montrer qu’un destin brisé pouvait aussi amener à la réflexion, non pas sur un thème universel, une histoire vraie qu’on puisse se projeter en lui.

    Yuki – « Vous semblez aimer le cinéma, dans ce cas, pour vous un tel thème a déjà été abordé des milliers de fois, mais en fait, c’est le destin brisé de mon frère. Il ne s’est pas suicidé, la maladie l’a tué, et cette forêt représente un monde qui se détruit… A l’image de la guerre, des bombardements, la terreur et l’angoisse règne… Cet endroit est simplement parfait… »


Parfait, car il est à l’image du monde de son frère qui se détruit et progressivement s’estompe… Et qui brutalement disparaît définitivement dans un souffle. Dans un soupire, Yuki continua, le regard posé sur sa caméra.

    Yuki – « Avant de mourir, je me souviendrais toujours de son expression, de sa manière de penser… et je veux que les spectateurs s’en rendent compte, et peut-être changer les choses, que l’opinion public se dise qu’il faut aussi aider les victimes de maladie orpheline… pour que la mort de mon frère ne soit plus vaine. »


Un sourire revint subitement sur son visage, en se rendant compte d’une chose, un autre aspect de son film. Ce sourire montrait sa détermination et il releva la tête pour lui en parler. Il allait le prendre pour un fou, mais c’était tellement quelque chose d’énorme et cela expliquait aussi sa fascination pour cette forêt, il y en avait d’autres après tout, il aurait très bien pu aller ailleurs faire ses prises de vues, mais non, c’était celles là uniquement.

    Yuki – « De plus, il aimait les vampires, il était persuadé qu’ils existaient … Et je trouve que cet endroit est celui où j’ai le plus de chance de savoir si oui ou non ils existent… »


Il remarqua tout de suite son visage qui se métamorphosa complètement lorsqu’il évoqua sa situation. Il est vrai que beaucoup de monde étaient surpris lorsqu’il évoquer sa maladie… Mais ce visage, ce changement soudain… c’était justement trop soudain à ses yeux ! Il eut un petit sourire amusé en se disant qu’il devait le prendre pour un serial killer qui s’amusait en fait à torturer ses victimes sous ses allures d’adolescent cinéaste, ce qui expliquerait qu’il n’est jamais pris de cours. Enfin, il trouvait simplement cette situation amusante. Il n’avait jamais vu quelqu’un réagir si vivement, et cette curiosité, se sentit « Comment ça, vous ne pouvez pas sortir le jour ? Quelle en est la raison ? ». En effet, rien que le fait qu’il répète la même question deux fois. Il avait vraiment envie de savoir, et cette curiosité pouvait être interprété de malsaine.

    Yuki – « Xeroderma Pigmentosum… »


Il n’avait pas besoin de dire plus, de s’étaler sur le fait qu’il type A, de toutes manières il était rare les gens qui connaissait cette maladie, alors simplement évoquer le nom lui régler le problème. Pour ne pas paraître idiot, il feindra de comprendre, ou il comprendra pigment dans le second mot du nom et il se dira que c’est un souci des couleurs. Il voyait toutefois toujours de l’étonnement sur le visage du jeune homme dont il put enfin connaître son nom…« Takeshima Sadaharu. Enchanté. ». Il s’inclina pour le saluer, le remercier de cette manière. Il lui adressa ensuite un doux sourire pour lui dire qu’il était enchanté lui aussi.

Il resta ensuite attentif à ce qu’il lui disait au sujet de cette forêt. Il comprenait ainsi qu’il n’allait jamais très loin de cette forêt. Il se mordit la lèvre. « J’en suis désolé, mais je ne connais pas assez bien Aokigahara pour ça. Je crois même être proche de la limite que je connais jusqu’à là… Je fréquente souvent les mêmes hors-piste, mais je ne me suis jamais aventuré au-delà de ces chemins que j’ai dessiné par moi-même. Je ne vous serai donc pas très utile. Et pensez-vous réellement que le cœur de la forêt soit plus intéressant que n’importe laquelle de ses parcelles ? ». Il devait expliquer sa pensée jusqu’au bout, il y avait des rumeurs sur le cœur de la forêt, et celui-ci avait quelque chose de particulier semble-t-il. Son frère d’après ses recherches avaient aussi imaginé qu’il y avait quelque chose, alors il ne put retenir cette information répondant à la curiosité.

    Yuki – « Mon frère pensait qu’il y avait une tribu de vampire dans le centre, alors… je pensais prendre des images, et donner l’illusion qu’il y avait des vampires par des effets de lumières pour voir qu’il n’y a rien… je suis très sceptique … Mais c’était l’univers de mon frère… »


Il n’y avait plus rien à ajouter à ce sujet pour lui, il se permit de le regarder, lui faire un éloge pour l’effort de cette tenue, se demandant s’ils allaient même faire un concours, car il avait tout pour gagner. « Je vous remercie, on m’accorde bien rarement de tels éloges… ». Il était persuadé qu’il s’était légèrement maquiller pour parvenir à ce résultat, cette pâleur si étrange… Il devait être très habile et très doué. Lui, sa peau de porcelaine était du à sa maladie, il doutait que le dénommait Sadaharu s’amuse à cela.

    Yuki – « Vous les méritez pourtant ! Et, votre présence ici est presque surnaturelle… Votre peau pâle… votre manière de bouger de vous exprimer… On sent la tradition, et pourtant la modernité. Je ne peux qu’apprécier ! »



Revenir en haut Aller en bas


avatar



☩ ☩

Âge : Cent-sept ans, devenu vampire à trente et un ans
Allégeance : Hebichi, malgré lui
Messages : 52
Pseudo : Myu.
Avatar : Tsukasa - Despair'sRay
MessageSujet: Re: Keep the mist empty feat. Yuki   Ven 26 Oct - 1:20



Un court moment de flottement suivit la question du vampire. Visiblement, cette interrogation semblait donner matière à réflexion au jeune humain, ce qui pouvait sembler étrange toutes choses considérées ; à analyser ce silence, c'était à se demander si Yuki n'était pas venu au hasard dans cette forêt pour filmer quelques images, afin de trouver des idées de scénario plus tard... Soit, pourquoi pas ? Mais finalement, les faits n'étaient pas là. Et à vrai dire, Sadaharu n'avait lui même pas l'audace de formuler sérieusement cette hypothèse dans son esprit, songeant qu'il avait peut-être tout simplement posé une question fâcheuse ou indiscrète. Certes, demander quel serait le thème d'un film ne constituait en soit rien de bien blessant, mais le vampire était en mesure de comprendre que le jeune homme voulait peut-être laisser perdurer le suspens jusqu'à ce que son film soit finalisé. Et à vrai, en tant qu'écrivain, le plus âgé ne comprenait que trop bien cette envie de garder les choses secrètes ; il n'appréciait lui même pas vraiment qu'on lui demande de quoi traiterait son prochain livre. Mais soit, la question n'était pas là présentement, car Yuki répondit que ce film parlerait d'un destin brisé. Autant dire que ce concept fit quelques peu sourciller le vampire, tant il trouvait cela flou et imprécis. Un destin pouvait être brisé par bien des façons... Néanmoins, il ne posa pas de questions, songeant que son interlocuteur daignerait sûrement se montrer plus précis dans une de ses prochaines interventions.

En tout cas, si ce thème fit sourciller le vampire et le fit devenir un peu plus impatient encore, attendant d'avoir d'avantage d'explications, Sadaharu releva une petite moue chez son vis-à-vis. Visiblement, se montrer curieux à ce sujet semblait remuer quelques peu Yuki, qui pourtant mettait tout en œuvre pour ne rien laisser paraître. Demeurant silencieux et le regard rivé sur le jeune humain, l'écrivain écouta alors patiemment les quelques paroles ajoutées par le cinéaste en herbe, qui expliqua que ce film ne serait que l'histoire de son feu frère, emporté par la maladie. L'idée du film était donc visiblement de faire un parallèle entre cette affection, et la forêt. Le moins que l'on puisse dire en l'occurrence, c'était que Yuki n'utilisait pas les mots à moitié, et le « destin brisé » prenait soudainement tout son sens. Ne sachant que trop dire, Sadaharu n'étant pas exactement le genre de personne à réconforter, ce dernier resta silencieux, se contentant tout juste de baisser légèrement le regard tout en opinant d'un air doucement désolé. Bientôt, le jeune homme vint également ajouter que son film avait plus ou moins un rôle préventif ; les gens ne devaient plus être dans l'ignorance des maladies telle que celle qu'avait son frère, et paraissait vouloir mettre cette évidence à jour tout en narrant l'histoire de l'autre garçon... Et ce tout en faisant un parallèle avec la forêt d'Aokigahara. Tout de même assez impressionné face à un tel projet, Sadaharu eut pour seule réponse ;

« C'est un projet ambitieux, mais intéressant. Il n'y a plus qu'à espérer que vous pourrez le mener à terme. »

D'ailleurs, à constater l'ambition de son interlocuteur, le vampire a un petit sourire nostalgique... Et quelques peu sinistre, malgré lui. Lui aussi avait eut ses projets, et autant dire que ceux ci n'étaient pas comparables à ceux de son vis-à-vis. Mais le temps n'était pas à raviver sa propre flamme d'ambition, ni même à repenser au passé, car Sadaharu fut soudainement arraché de ses songes par le mot « vampire ». Tâchant toujours de camoufler son étonnement et sa perplexité, le vampire en vint pour de bon à la conclusion que son interlocuteur n'était pas des buveurs de sang... Sinon il n'aurait pas tenu de tels propos. Mais il n'empêche que l'instinct du garçon face à lui forçait le respect ; il avait eut du flaire s'il pensait trouver des vampires ici... A moins qu'il n'ait ses sources, mais qu'il ne veuille pas l'avouer ; mais c'était là une toute autre histoire. Quoi qu'il en soit, Sadaharu n'allait pas crier à sa victoire, évidement, aussi se contenta t-il de hausser les sourcils, minant de se faire curieux ;

« On peut dire que vous n'avez pas peur d'aller vous aventurer dans des endroits dangereux, et ce uniquement pour vérifier l'existence de fables comme celles-ci ! Et en toute honnêteté, à supposer que les buveurs de sang puissent exister, je doute que vous soyez ravi d'en rencontrer... Vous ne craignez pas de vous faire attaquer par de telles créatures ? »

Bon d'accord, Sadaharu se faisait clairement cynique là, et mine de rien jouer ce petit jeu l'amusait quelques peu. En tout cas, l'autre ne devait certainement pas se rendre compte de l'ironie du sort, et du petit manège que l'écrivain faisait en ce moment même... C'était peut-être un peu jouer avec le feu, certes, et c'était donc incongru venant du vampire qui était quelqu'un d'excessivement prudent et méfiant. On lui avait aussi appris de ne pas trop jouer avec la nourriture, étant donné que c'était à ses risques et périls, mais soit, Sadaharu avait présentement la sensation d'être sur un piédestal inatteignable. Et de toutes façons, si l'autre se montrait trop insistant sur des suppositions comme quoi il avait affaire à un vampire, l'écrivain aurait bien vite fait d'en finir avec lui. C'était cruel, certes, mais l'ancien Yakuza savait qu'il n'avait pas intérêt à trop faire parler de lui, et à faire découvrir au commun des mortels qu'il était une créature de la nuit.

Par la suite, Yuki répondit alors à une autre question que lui avait posé Sadaharu ; s'il ne pouvait pas sortir en pleine journée, c'était à cause d'une certaine maladie, Xeroderma Pigmentosum. Si le vampire n'était pas expert en maladies de peau, ses quelques petites bases linguistiques lui firent comprendre que son interlocuteur souffrait d'une maladie de pigmentation de la peau. Et à y songer, le vampire se rappela que les gens atteints de cette maladie étaient souvent appelé enfants de la lune. C'était encore de l'ironie du sort là, mais à son égard cette fois ci... Le vampire, doucement amusé par cette vérité inopinée demanda alors à Yuki, qui était donc bel et bien humain ;

« Vous êtes un enfant de la lune ? C'est assez ironique pour quelqu'un qui cherche des vampires, non ? »

Oui, décidément la situation était cocasse pour tout dire. Enfin, ce n'était pas tant que Sadaharu trouve amusant que son vis-à-vis soit atteint d'une maladie de peau, mais disons que la coïncidence était assez étrange, en fait. La discussion poursuivit, et Yuki expliqua alors que son frère pensait que des vampires se regroupaient au cœur d'Aokigahara, aussi l'apprenti cinéaste, tout aussi dubitatif soit il, voulait essayer de s'y rendre pour essayer de filmer quelques images. Cette vérité interpella quelques peu Sadaharu ;

« Et vous êtes prêt à risquer votre vie dans un endroit comme ça, à vous perdre, pour quelque chose dont vous n'êtes pas certain ? Je dois reconnaître que vous êtes courageux, mais n'êtes vous pas aussi légèrement inconscient ? »

Certes, les paroles du vampire se faisaient soudainement assez dures, sans grande raison, mais il songeait que c'était là une réaction qui pourrait sembler à peu près normale... Du moins il espérait. Parce qu'au final, si Sadaharu se faisait légèrement plus sec, c'était parce que cette situation, mine de rien, le mettait quelques peu mal à l'aise, mine de rien. Feindre de nier l'existence vampirique, alors que l'on boit soi même du sang tous les soirs, c'était mine de rien assez déstabilisant, même si le vampire savait comment se défendre via le mensonge et la manipulation ; la preuve en était son faciès qui restait imperturbable. En tout cas, Yuki semblait vouloir remuer le couteau dans la plaie, quand il ajouta que sa présence semblait presque surnaturelle. Le vampire esquissa un simple sourire, restant modeste ;

« Vous savez, je pense que le costume et la luminosité de ce lieu y est pour beaucoup de choses... Et pour ma manière de parler, je ne dois ça qu'à mon éducation ! »

Si seulement... Certes, Sadaharu avait eut une éducation correcte, mais n'avait pas moins été élevé dans un milieu de rebuts de la société, chez les burakumins. Autant dire qu'il avait davantage appris à s'exprimer plus que correctement lors de sa longue vie vampirique, plutôt que lors de son enfance.



_________________

Où vont-elles toutes ces âmes, ombres et airs de retraite ? Douleur d'essence, éteins celle qui danse, celle qui gèle le vent, ouvre et quitte le temps. Où vont-ils, ces enfants violemment grands, ces noyaux ardents ? Souffrent-ils de flâner à jamais dans les déserts soulagés ? Passagers de la terre au liquide éphémère... Déguste, car ici tu ne vivras qu'une fois. Je désire acheter le ciel, sans que vos dieux me prennent. Mais mon cœur reste en hiver, j'ai oublié peut-être... Vos visages de poussières.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar


Invité

☩ Invité ☩

MessageSujet: Re: Keep the mist empty feat. Yuki   Dim 18 Nov - 9:54


Yuki se demandait vraiment en cet instant si c’était le destin qui l’avait mis sur la route de ce jeune homme. Après tout, dans une forêt sombre, il y avait peu d’espoir de croiser la route de quelqu’un. Mais ce n’était pas pour lui déplaire, une rencontre plus que surprenante. Il avait toujours le regard sur lui, quoique parfois un peu fuyant lorsqu’il se mettait à réfléchir. Son intelocuteur avait le don pour poser les questions, celles qu’il aurait préféré ne pas avoir à répondre, et pourtant, il faisait l’effort d’y répondre, de dire ce qu’il pensait ne cherchant pas de détour. Il ne fallait pas qu’il fuit ! Il aimait assumer ses choix, et notamment en matière d’art, c’était la qualité la plus importante, savoir affirmer ses choix !

Il expliquait son projet avec la plus grande envie, son seul regret était de ne peut-être pas pouvoir le mener à son terme. Il est vrai qu’il travaillait dur toutes les nuits, il cherchait aussi les vampires, sa manière de se faire pardonner d’avoir conduit au suicide de Fuyu. Mais tout cela ne le ramènerait pas, quand il sera mort lui aussi, la mémoire des deux frères… ne sera visible que sur ce film, que sur son montage… Et finalement ils seront oubliés de tous. Ses parents pleureront… peut-être, il n’en était même plus sur depuis la mort de son frère il savait que ses parents n’en avait plus que faire de lui. Il avait peur d’être oublié, il repoussait les gens avec lesquels il nouait des liens pour qu’on termine par le haïr. Il était contradictoire, un enfant perdu !

Parler de cinéma n’engageait à rien. Et l’intérêt de son vis-à-vis pour son projet était intéressant, voir même légèrement amusant. « C’est un projet ambitieux, mais intéressant. Il n’y a plus qu’à espérer que vous pourrez le mener à terme. ». Ces paroles n’avaient que trop de sens aux yeux de Yuki qui baissa légèrement la tête, Sadaharu avait pointé sans le savoir son plus gros problème, le temps de finir son seul et unique projet dans la vie, la seule chose qu’il pouvait faire avant de mourir. La mort n’était pas une fin en soi… il n’en avait pas peur, il refusait d’en avoir peur. Il avait conscience qu’il avait passé avec son frère la majeure partie de sa vie à craindre cette mort, il avait freiné autant par cela que par les railleries incessantes. Sortir de jour… sentir le soleil sur sa joue, quel rêve fou !

« On peut dire que vous n’avez pas peur d’aller vous aventurer dans des endroits dangereux, et ce uniquement pour vérifier l’existence de fables comme celles-ci ! Et en toute honnêteté, à supposer que les buveurs de sang puissent exister, je doute que vous soyez ravi d’en rencontrer… Vous ne craignez pas de vous faire attaquer par de telles créatures ? ». Yuki ne put retenir un petit sourire amusé par le jeune homme, alors comme ça, il croyait aux êtres surnaturels ? A sa manière de parler cela ne faisait par beaucoup de doute, quelqu’un qui n’y croyait pas ne serait même pas rentré dans ce jeu, il aurait simplement qu’il était fou de risquer sa vie dans une forêt comme celle-ci pour des êtres invisibles, presque fantomatique.

    Yuki – « Non, je n’ai pas peur qu’elles m’attaquent… Je ne crains pas la mort elle-même. »


Yuki avait du mal à parler de sa maladie, du fait qu’il était différent dans le sens qu’il connaissait déjà sa date d’expiration. Il fut un peu surpris qu’il connaisse l’autre nom de sa maladie. « Vous êtes un enfant de la lune ? C’est assez ironique pour quelqu’un qui cherche des vampires, non ? ». Yuki ne voyait pas la moindre ironie en réalité, à ses yeux c’était pour ça que Fuyu était obnubilé par les vampires, il avait l’impression d’être la version mortelle des vampires. Il toussota légèrement, cherchant un peu à se reprendre. Il ne voulait pas montrer son visage fragile, car il est vrai qu’évoquer sa maladie était une chose terrible et humiliante. Il se rendait toutefois compte que son vis-à-vis n’avait pas de pitié.

Cela l’amusait de voir quelqu’un qui n’en avait pas. Il appréciait en regardant le visage de cet homme ne pas voir un rappel de sa maladie comme trop souvent il voyait. Il n’aimait pas paraître différent, il avait l’impression trop souvent qu’il n’était qu’en sursit et ne méritait que la pitié comme à l’évocation de la mort de son frère. Il n’était pas différent des autres hommes, des femmes même ! Il avait juste l’infime espoir de vivre en paix avec les autres, mais encore plus avec soit même. Mais soit, il ne laissa pas cette fois un long silence avant de répondre.

    Yuki – « Mon frère était persuadé qu’ils seraient nos sauveurs. En devenant des vampires nos vies ne seraient pas différentes à l’exception que nous deviendrions immortels. Il avait peur de la mort, peur de notre maladie, peur de ce que nous sommes… »


Il avait baissé légèrement les yeux en avouant ça, légèrement honteux de reconnaitre que les vampires ne seraient que des outils à leurs propres survies, car lui, il ne voyait pas autrement les choses. Il se permit donc d’ajouter, clarifiant par la même occasion sa pensée.

    Yuki – « Il n’avait que l’espoir de vivre, et rêvait à l’immortalité. Il avait une véritable obsession sur les vampires… Mais à mes yeux, même s’ils existent vivre dans la mort, dans un monde où plus rien n’a de saveur autre que la putréfaction et la mort elle-même… ce n’est pas pour moi. Si je les cherche c’est pour faire revenir mon frère en vampire … qu’il puisse vivre son rêve ! »


Peut-être se cachait-il un peu trop derrière son frère, il faisait un film sur son frère, risquait sa propre vie dans l’espoir de savoir si son frère pourrait revenir, et à ce moment là… quand bien même il parviendrait à faire revenir son frère, il se laisserait emporter par la maladie. Il n’avait pas envie de vivre dans un monde immortel, ce n’était pas son rêve, il ne voulait pas tuer pour vivre, boire du sang… tuer encore et encore. Il voulait simplement faire revivre son frère, lui donner la chance qu’il lui avait enlevée, et toutes ces pensées en cette nuit, en ce lieu lui tira une petite larme. Il avait peur de tout perdre, peur malgré ses dires. Il avait ces dernières années dans sa recherche des vampires rencontrer des gens, comme ce soir, comme Takeru… qu’est-ce qu’il allait le regretter cet idiot !

Lorsqu’il partait à l’aventure comme ça, il ne rendait pas forcément compte des risques, et là, il commençait à se rendre compte. Il avait envie de pleurer, une larme le long de sa joue qu’il eut vite fait de retirer du revers de la main. « Et vous êtes prêt à risquer votre vie dans un endroit comme ça, à vous perdre, pour quelque chose dont vous n'êtes pas certain ? Je dois reconnaître que vous êtes courageux, mais n'êtes vous pas aussi légèrement inconscient ? ». Il eut alors un sourire avant de souffler doucement, presque dans un soupire.

    Yuki – « Peut-être… »


Il avait terriblement envie de changer de sujet, parler, le complimenter, c’était une chose facile à faire, cela lui permettait de penser à totalement autre chose. Ce jeune homme avait tout ce qu’il fallait pour passer à la caméra, il avait la manière de parler, la manière de vivre, de faire, il dégageait tellement… Il se trouvait à cet instant véritablement chanceux d’avoir pu croiser la route d’un tel homme. Il pencha légèrement la tête en écoutant la réponse qu’il fit à son compliment. « Vous savez, je pense que le costume et la luminosité de ce lieu y est pour beaucoup de choses... Et pour ma manière de parler, je ne dois ça qu'à mon éducation ! ». L’éducation… il faut être honnête, Yuki ne savait pas ce que c’était, il s’imaginait dès lors que la jeune homme avait du suivre des cours, avoir des parents qui tentaient de toujours faire de leurs mieux pour son bonheur.

    Yuki – « C’est sur que cela fait beaucoup, l’ambiance, le costume on a l’impression que vous êtes un fantôme ! »


Il était honnête, vampirique ou fantomatique, il semblait tout droit sortir d’un ailleurs qu’il ne connaissait pas mais rêvait de voir, de connaître. Il réalisa alors subitement, et s’approcha de lui. On aurait dit un enfant qui cherchait à ce qu’on lui accorde une faveur, et il joignit les mains en le regardant les yeux pétillants.

    Yuki – « Vous avez de la chance… Je crois… Vous devez savoir faire de la calligraphie ? Je sais que ma demande va être étrange… mais je rêve d’apprendre la calligraphie… »


La calligraphie au pinceau traditionnel, tous les jeunes de la haute devait l’avoir appris un jour, c’est presqu’un passage obligatoire selon Yuki. Il voulait vraiment le convaincre et avec son sourire suppliant il continua, cherchant à insister sans non plus totalement l’oppresser.

    Yuki – « C’est étrange. Je sais beaucoup de chose sur le cinéma, et je voulais faire des fonds un peu en calligraphie et aquarelle, mais … je ne sais pas faire. »


Il voulait réellement qu’il devienne son professeur de calligraphie, il n’aurait sûrement pas une seconde opportunité comme celle la…

    Yuki – « Apprenez-moi… S’il vous plait ! »


Revenir en haut Aller en bas


avatar



☩ ☩

Âge : Cent-sept ans, devenu vampire à trente et un ans
Allégeance : Hebichi, malgré lui
Messages : 52
Pseudo : Myu.
Avatar : Tsukasa - Despair'sRay
MessageSujet: Re: Keep the mist empty feat. Yuki   Dim 2 Déc - 2:11


Les sourcils du vampire s'arquèrent légèrement, tandis que son regard se fit quelques peu intrigué. Ainsi donc, le jeune humain ne craignait pas une éventuelle attaque, ni même la mort. C'était pour le moins un discours étonnant. Bien entendu, ce n'était pas la première fois que Sadaharu entendait quelqu'un tenir un tel discours. Bien des personnes clamaient haut et fort qu'elles n'avaient pas peut de la mort, et bien souvent, Sadaharu trouvait un tel aplomb ridicule. Replaçons les choses dans leur contexte ; affirmer que l'on n'est pas effrayé à l'idée de passer l'arme à gauche, dans un contexte journalier est grotesque. Bien que vampires, tueurs en série, et autres circonstances hasardeuses font que l'on a une « chance » de mourir, la routine est toutes sommes faîtes, un cadre protégé ou l'on ne risque pas grand chose. Aussi, dire que l'on n'est pas effrayé par la mort alors que l'on y fait pas face était une chose ; le confirmer dans un cadre tel que celui d'Aokigahara, en était une autre. Non seulement par les risques physiques ; cette forêt était dangereuses de par ses failles terrestres, mais aussi à cause des créatures qui l'arpentaient en cette soirée. Mais ça, en toutes logiques, Yuki n'était pas censé le savoir, et ce même s'il faisait déjà une hypothèse à ce sujet. L'écrivain aurait été curieux de voir quel sentiment il pourrait déceler aux fonds des pupilles de son interlocuteur, s'il venait à lui sauter à la gorge. De la peur ? Si c'eût été le cas, Sadaharu aurait été extrêmement déçu ; Yuki n'aurait été qu'un couard semblable à tous les autres. Ou alors, un sentiment d'acceptation, voire même de soulagement ? Le cas échéant aurait été nettement plus intéressant, et sûrement le vampire s'interromprait il en plein geste, quitte à ce que ça en soit dangereux pour lui. N'étant pas spécialement quelqu'un de prétentieux, ou se jugeant comme capable d'évaluer la valeur d'autrui, l'ancien yakuza trouverait certainement dommage de mettre fin aux jours d'une personne aussi intéressante et hors du commun, surtout pour étancher une soif qui serait plus par gourmandise que par pur appétit. Néanmoins, il ne ferait rien. Se contentant de rester silencieux, le vampire acquiesça, ne sachant qu'à trop s'en tenir...

Suite à cette question d'ironie du sort, Yuki eut un petit toussotement, avant de reprendre la parole. Au delà des suggestions de Sadaharu, qui étaient lus anodines qu'autre chose, le jeune homme expliqua que son frère espérait pouvoir être sauvé de sa maladie en devenant lui même un vampire. A y songer, Yuki et son frère avaient déjà fait un des sacrifice nécessaire lorsque l'on devient vampire, celui de renoncer à la douce caresse du soleil, à la lumière naturelle, à un paysage sous un ciel de jour... Et ce même si c'était à leur insu. Demeurant pensif à ce sujet, le vampire laissa son vis-à-vis poursuivre sur a lancée ; il n'était lui même guère jouasse à l'idée de devenir une de ces créatures de la nuit, mais gardait bon espoir de voir son frère revivre par cette alternative. L'écrivain intervint donc ;

« Vous semblez être très renseigné sur le sujet. Est ce vraiment chose possible que de ramener une feue personne par une morsure de vampire ? »

En quelque part, Sadaharu jouait les candides... Toujours dans cette perspective d'amusement, mais aussi parce qu'il ne voulait pas briser les espoirs de Yuki en disant que c'était chose impossible. Et puis, à être aussi catégorique sur la question, il aurait paru pour plus renseigné qu'il ne voulait le laissé paraître, qu'il soit vampire ou non. Et présentement, Sadaharu ne voulait pas vraiment que l'humain l'interroge à ce sujet, par peur de se mélanger les pinceaux. Finalement, quand le vampire proposa une quelconque inconscience, et que Yuki admit par un simple « peut-être », le plus âgé eut un sourire et un léger soupir. Non pas de mépris, ou d'agacement, mais d'amusement, sans que ce ne soit du domaine de la moquerie. Ce jeune homme était intéressant. Peut-être avait il conscience du danger, tous comptes fait, mais qu'il n'en prenait pas compte, trop obnubilé par ses idées et ses convictions. C'était peut-être se fourvoyer sur la personne, mais Sadaharu percevait les choses telles quelles, et en quelque part, il se reconnaissait lui-même, environ soixante-dix ans plus tôt.

La conversation en vint de nouveau à son costume, Yuki le décrivant cette fois-ci comme fantomatique. Un sourire s'insinua sur les lèvres de Sadaharu, qui prit une telle remarque comme un compliment, aussi annonça t-il ;

« Soit, au moins l'effet escompté est là. Non pas que je tienne tant à ressembler à un fantôme, mais ça soutient l'idée que je viens d'une autre époque, et c'était exactement ce que je cherchais. »

Pour tout dire, ce n'était pas du tout le cas. Le costume lui avait été désigné par le Conseil vampirique, et il s'en était très bien porté ; il ne se serait assurément pas vu dans un costume plus excentrique que celui-ci... Et puis bon, en toute modestie, il portait plutôt bien le kimono, qui plus est ! Bref, ces paroles n'étant là que pour soutenir la conversation, son vis-à-vis en vint à faire une demande assez incongrue... Partant de l'hypothèse qu'il connaissait l'art de la calligraphie, Yuki lui demanda de but en blanc de lui enseigner cette discipline. Sadahara haussa à nouveau les sourcils, avant de déclarer ;

« Qu'est ce qui vous fait croire avec autant de ferveur que je suis habitué à calligraphier ? »

Un regard interrogateur sonda les pupilles sombres du plus jeune, avant que le vampire ne poursuive ;

« Je ne suis pas très au fait de ces choses là, vous savez... Je travaille certes dans la littérature, mais la calligraphie n'a jamais été un véritable intérêt pour moi. »

Spoiler:
 


_________________

Où vont-elles toutes ces âmes, ombres et airs de retraite ? Douleur d'essence, éteins celle qui danse, celle qui gèle le vent, ouvre et quitte le temps. Où vont-ils, ces enfants violemment grands, ces noyaux ardents ? Souffrent-ils de flâner à jamais dans les déserts soulagés ? Passagers de la terre au liquide éphémère... Déguste, car ici tu ne vivras qu'une fois. Je désire acheter le ciel, sans que vos dieux me prennent. Mais mon cœur reste en hiver, j'ai oublié peut-être... Vos visages de poussières.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur





Contenu sponsorisé

☩ ☩

MessageSujet: Re: Keep the mist empty feat. Yuki   




Revenir en haut Aller en bas
 

Keep the mist empty feat. Yuki

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 ::  :: Shizuoka :: Le Mont Fuji :: Forêt de Aokigahara-