C'est la fin de Requiem. Merci de prendre en compte le sujet dans les news.

 

 J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]

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MessageSujet: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Mer 23 Mai - 21:15


    15 novembre 2011, 23 h 15, au Moosoon Café



« Bon, mec, c'est pas tout, mais Ozumo est malade, Kimura en congés. Y'a plus que deux serveur en salles et les clients vont râler si ça n'avance pas vite. Je te mets une prime sur ton salaire et tu vas me prendre le rôle de serveur ! Je veux une tenue irréprochable, attention, et puis tu sais bien ce qu'ils font, tu n'hésites pas à répondre franchement, tu es conciliant et tu ne vexes surtout pas le client. Le client est roi, tu n'oublies pas ce détail ! »

Celui qui parlait de cette manière était le Japonais bedonnant responsable du Moosoon Café. L'homme atteignait facilement et sûrement la cinquantaine, n'avait jamais eu de crises cardiaques et était réputé dans le milieu pour sa dextérité et la manière tout à fait particulière dont il assaisonnait les plats. C'était lui qui avait recruté Daisuke et lui avait donné cette place de commis où il préparait les repas de l'équipe, réceptionnait tous les cartons et où, en gros, il exécutait à la place des autres toutes les sales besognes depuis environ deux ans. Bien sûr, le jeune garçon ne manquait jamais une occasion de râler, mais un boulot comme ça, c'était trop beau pour être vrai, et il savait que s'il se tenait à carreaux, il serait rapidement promu au grade supérieur. Faire de la vraie cuisine, quoi. Il mourait d'envie que son talent soit enfin reconnu.

Enculés de putains de vampires. S'il ne passait pas ses nuits à chasser le vampire lorsque son père lui en donnait l'ordre, il pourrait les passer à s'entraîner et s'améliorer dans le domaine de la cuisine. La dernière fois, il avait poursuivi un vampire qui s'était carapaté avant qu'il ait pu lui éclater la cervelle. Daisuke n'était pas tellement un chasseur exemplaire...lorsqu'on lui indiquait des cibles, il ne faisait pas vraiment son maximum...non, il se contentait de les poursuivre modestement, tirant lorsque cela était nécessaire et ensuite...ensuite, Daisuke s'arrêtait lorsqu'il se sentait essoufflé, mettant fin à la chasse provisoire. Il n'avait pas vraiment envie de se retrouver face à cette vampire qui avait failli le trucider, la dernière fois, et tenait à la vie, suffisamment pour ne pas avoir envie de les défier directement.

Bref, aujourd'hui était un jour spécial, comme l'avait dit le patron, parce qu'au moins deux serveurs étaient malades et qu'en plus de ses missions quotidiennes, il allait devoir se taper une partie du service du soir, en salle. Il râlait d'avance. Il ne rentrait pas super tôt, d'habitude, mais il parvenait toujours à ne pas être trop exténué, des fois que son père l'appelle pour lui dire d'aller chasser de l'animal aux longues dents. Si une chasse était prévue pour cette nuit, il n'était pas dans la merde, dites donc ?! Il avait récupéré un costume de serveur dans une des armoires du restaurant et avait tout fait pour se faire présentable. Daisuke était quelqu'un de particulièrement maniaque en ce qui concernait l'hygiène – normal, il travaillait en cuisine – mais ses cheveux étaient vraiment en bataille et il n'était pas rare que le patron lui demande de se recoiffer. C'est donc ce qu'il fit, ayant l'air on ne peut plus correct après cette séquence de relooking express.

À l'heure indiqué, Daisuke se saisit d'un plateau contenant bon nombre d'aliments, dont certains qu'il n'aurait su nommer, commandé par un client de la table 4 et sortit de la cuisine pour délivrer les mets alors qu'ils étaient encore chauds. Le Moosoon café était connu pour être un établissement où l'on devait réserver quelques jours à l'avance sous peine de ne plus avoir de place : il n'avait plus à faire sa renommée, maintenant, il fallait juste gérer ces salles pleines jusqu'à tard dans la nuit, puisqu'il s'agissait avant tout d'un bar nocturne. Normalement, il ne risquait pas d'y croiser des vampires, puisque ceux-ci n'avaient pas le sens du goût, et heureusement d'ailleurs, Daisuke ayant une très mauvaise mémoire quant aux noms et éventuelles photos postées sur Requiem.

Bon, évidemment, tout ne se passa pas comme prévu. Cela aurait même été le comble. À chaque fois qu'il arrivait un truc inhabituel, Daisuke enchaînait les cascades maladroites et les imprévus, et cette soirée n'échappait pas vraiment à la règle. Alors qu'il se dirigeait vers la table 4 et l'homme qui l'occupait, un chevelure aux allures de trentenaires, il se prit les pieds dans...son pantalon qui était trop grand pour lui, en fait. Tous les autres pantalons étaient trop petits pour lui, et il n'avait trouvé que celui-ci à sa taille. Ben...en fait, le plateau atterrit pile à l'endroit où il ne fallait pas : sur le pantalon du client. Daisuke se releva précipitamment, essayant d'enlever les plus gros aliments et s'excusant en bredouillant.

« Désolé, désolé, je vais tâcher de réparer mon erreur ! Vous a-allez être remboursé et...nous allons vous apporter un autre...un autre plateau ! Je peux vous fournir un pantalon, désirez-vous vous changer ? »

Il suait, était vraiment mal à l'aise. Le genre de stress qui venait lorsqu'il ne savait pas quoi faire et qu'il était sûr de se faire engueuler et par le client, et par son patron ensuite. D'ailleurs, en parlant de celui-ci, il avait pointé son nez hors des cuisines et Daisuke en profita pour aller chercher un seau et mettre dedans tous les aliments gâchés.

« Pardon...ça...ça n'arrivera plus ! »

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MessageSujet: Re: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Jeu 24 Mai - 12:46


Hiraiwa Shiro était un homme d'affaires. Très diplomate et avide de pouvoir, il avait quelques contacts, et surtout, il savait assurer ses arrières. Il lui arrivait même de traiter avec des humains, rien que pour donner l'illusion de s'intégrer à leur monde. D'ailleurs, en six cent ans d'existence, il savait où investir, et comment. Alors que son argent avait dormi dans des coffres de différentes banques pendant des décennies, que sa fortune avait grandie et qu'il s'ennuyait quelque peu, il lui vint l'idée de faire l'acquisition d'une entreprise. Puisqu'il était un homme élégant et surtout, qu'il aimait le faire savoir, il songea à se payer un hôtel luxueux. Les bénéfices ne feraient que nourrir ses biens, et il aurait son propre garde-manger. Une fois les chambres remplies, il ne lui resterait plus qu'à se servir. L'idée l'amusait, et au moins, ça l'occuperait un peu, le temps de s'occuper des formalités et de signer quelques papiers. Il avait d'ailleurs trouvé son homme, un promoteur immobilier assez renommé, et lui avait donné rendez-vous dans un restaurant assez chic, mais pas trop non plus.

Shiro avait pris place sur une table assez isolée, où la lumière tamisée camouflait légèrement son teint trop pâle pour être naturel. Il attendait là son promoteur, et avait commandé au hasard quelques aliments de la carte pour renforcer l'illusion qu'il était un humain comme les autres. Pourtant, à y regarder de plus près, il ne prenait même pas la peine de respirer, et restait presque totalement immobile, telle une statue. Les gens, cependant, n'avaient pas l'œil pour le remarquer, et bien peu avaient le panache de le fixer assez longtemps pour le découvrir. Shiro faisait donc illusion du mieux qu'il le pouvait. L'odeur des gens se mélangeait dans cette salle close, et s'infiltrait dans les narines du vampire. La nourriture humaine n'avait pas de parfum particulier, comparé à cela. En parlant de nourriture... La sienne arrivait, et il serra brièvement les dents en pensant qu'il avait devoir faire semblant de manger. La texture des aliments dans sa bouche était étrange, surtout lorsqu'on ne buvait que du sang. Et son goût... Un arôme cendreux et fade qui le dégoûtait. Rien d'autre que le sang ne pouvait le nourrir correctement. Alors qu'il s'empêchait de grimacer, il vit le serveur tomber, et dans son désir de s'en tenir à son rôle d'humain, il resta assis. Trop dans son rôle.

Son pantalon se retrouva couvert de nourriture d'humain, et un bref sursaut de dégoût s'empara de lui. Dégoût qui ne fit qu'empirer quand les mains du serveur tentèrent de le nettoyer en retirant le plus gros de la catastrophe. Shiro serra fort les dents. Quelques personnes de la salle observaient la scène d'un air curieux, et le vampire regretta aussitôt d'avoir voulu trop bien jouer à l'humain. Il se leva brusquement. Ce serveur était un incapable. Il l'aurait bien saigné à blanc, et il fit un énorme effort pour ne pas planter ses crocs dans sa gorge sur le champ. Lui, Hiraiwa Shiro, le second du Conseil, il se sentait souillé ! Quelle humiliation. Comment pouvait-on le traiter ainsi ? C'était impardonnable. Il fusilla le malheureux du regard alors qu'il levait le menton dans un mouvement de roi.

« Évidemment, cela ne se reproduira plus. Votre offense à ma personne m'offusque tout simplement. J'exige réparation. Puis-je m'adresser à votre supérieur ? »

Et par réparation, il entendait renvoi pur et simple de ce serveur incapable. Il le méritait bien, après tout. Dans ce monde, Shiro était un anonyme, mais dans celui des vampires, il était craint et respecté. Il regrettait parfois beaucoup trop de ne pas pouvoir se montrer à la lumière, car les humains le considèreraient autrement si ils connaissaient l'étendue des pouvoirs de Shiro. Ah, que de regrets. Son pantalon était foutu. Il ne pourrait plus jamais le porter. Il empestait la nourriture d'humain. Et les humains étaient comme des animaux. Il empestait la nourriture pour animaux ! Comme cela l'horripilait. Décidément, ça avait été une bien mauvaise idée de vouloir jouer à l'humain. Il était trop vampire pour se sentir comme eux. Il se saisit d'une serviette et tenta d'essuyer son pantalon trempé d'une sauce qu'il ne parvenait pas à identifier – quoiqu'il en soit, c'était liquide, visqueux, et ça ne ressemblait pas assez à du sang pour le mettre en appétit.

« Vous avez entendu ? Votre supérieur ! »

Il retint de justesse le grondement animal qui menaçait de sortir de sa gorge. Agir comme un humain, agir comme un humain... Ah, si ce serveur stupide connaissait la vraie nature de Shiro... Il se dépêcherait de se confondre en excuses en s'écrasant à ses pieds. Mais avant... Le second du Conseil balaya la salle d'un regard tellement noir que tous ceux qui contemplaient la scène se remirent vite à boire et à manger, comme si de rien n'était.

« Stupides créatures. », Marmonna t-il, de bien mauvaise humeur.

Son programme du soir était déjà tout écrit. Il allait faire virer ce pauvre jeune homme. Non seulement il était un client, mais un client offusqué, et sa verve convaincrait à coup sûr le patron de se passer de cet incapable; Ensuite, il irait chasser un peu. Ça le défoulerait et ça le calmerait pour un moment. Pour finir, son rendez-vous serait annulé et il se débrouillerait pour faire traîner le nom du promoteur immobilier – qui était affreusement en retard – dans la boue. Shiro ne pardonnait ni son retard, ni son absence du moment, et puisqu'il était de méchante humeur, tout le monde en pâtirait.

Il fallait être bien stupide pour mettre en colère un vampire.

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MessageSujet: Re: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Jeu 24 Mai - 16:10


Les yeux de Daisuke oscillaient entre la sauce sur le pantalon, le seau et puis le client. Il était, à proprement dire, frigorifié par ce qu'il venait de faire et un attentat pourrait bien se produire juste à côté de lui qu'il aurait été incapable de réagir. Il ne pensait même pas à son salaire, à son emploi, juste à ce qui venait de se produire : il avait renversé un plat sur un client. La voix de celui-ci lui parvenait aux oreilles comme un second écho et le jeune garçon se raidissait au fur et à mesure qu'il en comprenait les paroles. Amener...le patron jusque là : de toute façon, il avait vu la scène et il viendrait bientôt, même sans que Daisuke l'interpelle. Après, le chasseur avait l'avantage de la première fois. Il était employé ici depuis plus de deux ans en tant que commis, il ne serait certainement pas renvoyé pour cette simple erreur, même si le client s'avérait particulièrement chiant. S'il réclamait son renvoi, au pire, le patron ferait semblant d'acquiescer, le renverrait de ce statut de serveur et lui ferait regagner le lavage de salade jusqu'à la fin de son contrat sans possibilité d'évoluer...vraiment génial. Vu que le client semblait frustré, Daisuke se releva lentement, ne voulant pas faire empirer les choses. Il ne voulait pas non plus causer d'autres catastrophes, comme faire un trou dans le pantalon en question ou faire tomber un pistolet par erreur, même s'il faisait vraiment gaffe à ne pas se faire prendre lorsqu'il était au boulot.

Bref, c'était fatiguant, éreintant. Il se frotta la tête d'un geste fatigué tandis que l'autre l'invectivait d'appeler son supérieur. Oui, oui, doucement, c'est qu'ils avaient tout leur temps, pour qui se prenait-il donc ? L'envie de faire un somme le prit soudainement, et c'est pour cela que tout d'un coup, il bailla, mettant la main devant sa bouche. Mouvement qui s'éternisa lorsqu'il entendit le grognement « stupides créatures » de l'autre. Avait-il seulement mal compris ou était-ce vraiment ce que l'autre avait dit ? Il ferma la bouche un peu trop précipitamment, son visage se refermant alors pour ne laisser paraître aucune émotion, songeur. Ses yeux, lui, parcouraient à toute vitesse le visage de l'homme. Sa peau, les moindres petites émotions, frissons qu'il pouvait ressentir, s'égarèrent sur la paume d'Adam. Il lui aurait fallu le toucher pour parvenir à voir ce qui le dérangeait sur ce type et pourquoi il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. En tout cas, il savait bien qu'il ne pouvait pas s'avancer trop vite, que cet homme n'était pas à coup sûr un vampire...il pouvait juste être très croyant, comme l'était une partie de la société qui jurait parfois de cette manière-là et n'avait pas le teint très bronzé à cause d'heures passées enfermés devant des livres. Et puis, même s'il s'agissait d'une de ses proies, Daisuke ne pouvait pas se permettre de le lui faire remarquer : ici, il avait une vie, un boulot. Il ne connaissait pas la force de son adversaire et ne pouvait se permettre de l'attaquer de cette façon, l'autre pouvait de toute évidence, soit piquer une crise en se demandant ce qu'il faisait et qu'elle était cette histoire, soit...lui briser la nuque, tout simplement.

Mais le patron arriva et vint stopper là les divagations mentales de Moritaka. Il salua le client très bas et appuya sur la tête de son employé pour qu'il fasse de même.

« Excusez ce garçon, monsieur, c'est son premier service et il n'a pas vraiment l'habitude. Nous vous garantissons que le service de la prochaine fois sera irréprochable ! Excuse-toi, Moritaka ! »

Daisuke se mordit les lèvres, essaya de relever la tête pour regarder dans les yeux le supposé vampire, mais le patron lui bloquait la tête et l'empêchait de se relever, le faisait rester dans son posture qui supposait qu'il était complètement confus et désirait s'excuser. Rah, ce qu'il détestait parfois ces manières japonaises : non, c'est moi qui suis le plus confus, pardon, excusez-moi, encore pardon... En plus de tout ça, pour ne rien arranger, Daisuke avait une vue directe sur les aliments, encore bon, qui venaient titiller ses narines. Il n'avait rien mangé depuis trois heures et il mourrait de faim. Curieusement, même si la situation était périlleuse, l'odeur de la nourriture japonaise préparée par le chef en personne vint lui mettre l'eau à la bouche et son ventre produit un grognement caractéristique qui se fit entendre. Daisuke ouvrit précipitamment la bouche pour couvrir le son :

« Pardon, pardon ! Cela ne se reproduira plus ! Je peux vous rembourser votre pantalon et ferait tout ce qu'il faut pour que vous oubliez cette erreur ! »

Le patron fronça les sourcils, se disant que malgré son bon travail en cuisines, cet employé était décidément irrécupérable sur le plan de la bouffe. Il ne connaissait pas ce client, par contre, mais il espérait qu'il allait tranquillement s'en aller et ne pas faire un scandale, ou bien il ne saurait pas comment réagir. Moritaka était peut-être maladroit, mais c'était un bon élément et il faisait vite et bien son travail. Il leur rendait de bons services depuis deux ans et des personnes comme cela étaient difficiles à trouver, il y avait des problèmes de personnalités, parfois. Il se souvenait d'un commis qui était obstiné à l'idée d'emmener son rat dans les cuisines : il avait dû le virer, même si le mec produisait de bons petits places – apparemment, il avait entendu dire que celui-ci avait été embauché dans une cuisine française, mais ceci est une autre histoire...Bref, il arrêta de tenir la tête de Daisuke et celui-ci put se relever, se massant un peu le cou. Il ne savait pas vraiment ce qu'il fallait faire dans un cas comme celui-ci, le commis, aussi voulut-il être le plus poli possible.

« Désirez-vous que je vous accompagne chercher un nouveau pantalon, monsieur ? »

De toute façon, il s'arrangerait pour ne pas être seul. L'homme qui était là avaient tous les critères pour être un vampire – bien sûr, il se trouvait dans un café, ce qui donnait quelques doutes à Daisuke – il était donc hors de question de se retrouver seul dans une rue avec lui.

« Je vous assure que vous serez remboursé de votre malheur. »





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MessageSujet: Re: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Jeu 24 Mai - 19:30


Visiblement, le patron était aussi irresponsable que son employé. Rien qu'à ses paroles, Shiro devina qu'il n'avait aucunement l'intention de virer l'incompétent – à sa place, le vampire n'aurait aucune pitié. Le second du Conseil se contenta d'un léger hochement de tête en guise de réponse. Son mépris pour les humains l'empêchait d'aller plus loin dans les politesses. En réalité, il avait des envies de meurtre. Il s'était d'ailleurs mis à fixer avec insistance la gorge du supérieur. Et dire qu'il ne lui aurait fallu que quelque secondes pour lui en arracher la chair et le laisser se vider de son sang. Mais cela aurait été trop remarqué par tout ce beau public. Quel dommage. Vraiment... Et cet autre incapable dont le gargouillement ne passa pas du tout inaperçu aux oreilles du vampire. Qu'il vienne grignoter son pantalon imbibé de sauce. En échange, Shiro lui grignoterait une ou deux artères. Ah, comme il était irrité, alors que le jeune homme se redressait en massant sa nuque. Nuque qu'il aurait pu briser d'un geste vif de la main. Sa haine pour les humains le rendait malade quand il était d'une humeur pareille. Il voulait tuer. Simplement tuer. A feu et à sang.

« Désirez-vous que je vous accompagne chercher un nouveau pantalon, monsieur ? » Léger froncement de sourcils. La voilà, l'occasion. « … Bien. Allons-y et dans ma grande miséricorde je pardonnerai cet incident. »

Shiro se mit à sourire, sans découvrir ses dents. Il ne manquait plus que l'on remarque ses canines – trop longues et trop pointues pour être humaines. Inutile de discuter avec le patron, il était aussi stupide que ses pieds, et finalement, le renvoi du serveur ne lui suffisait pas. Il devait souffrir. Il devait saigner. Il devait crier. Ainsi, le vampire pourrait défouler ses instincts meurtriers et se défaire de cette colère, et tout finira bien... Pour lui. Si le serveur l'accompagnait pour lui fournir un autre pantalon, il avait de grandes chances de se retrouver seul avec lui. Il agirait à ce moment... Il s'imaginait déjà planter ses crocs dans sa gorge. Il l'avait, sa vengeance. Une morsure bien méritée, une humiliation d'un tout autre niveau. Ah, pauvre, pauvre humain qui ne savait même pas ce qui l'attendait. D'un mouvement du menton, Shiro informa le patron que la conversation était close, l'incident oublié. Il suivit alors le serveur vers les vestiaires, prêt à agir dès que l'occasion se présenterait.

La porte se referma derrière le vampire dans un claquement sec. Discrètement, il fit tourner le verrou. Le regard de Shiro se posa alors un peu partout autour de lui. C'était... C'était digne du bétail. Un vestiaire de roturiers, pour le vampire habitué aux riches édifices. Une légère grimace passa sur son visage. La seule chose qui l'attirait chez les humains, c'était leur sang. Leur mode de vie, leurs habitudes, leur nourriture, leurs maisons... Tout le reste le dégoûtait. Il les haïssait. Les détestait. Ce serveur tout autant que les autres. Les humains n'étaient bons qu'à satisfaire ses fringales sanglantes, rien de plus. Pour le reste, il préférait les vampires. Des créatures à sa hauteur. Mais ça, il se garderait bien de le dire à l'humain. Il ne l'avait déjà par informé de sa vraie nature. Pourtant, à l'abri du regard de la foule, il avait cessé sa petite comédie. Il ne faisait même plus semblant de respirer, et son torse restait immobile, ses poumons, vides. Il clignait à peine des yeux, le regard fixé sur le serveur impudent. Un cadavre.

« Au fait... Puis-je au moins connaître le nom de ce cher serveur maladroit ? »

Si ça pouvait passer pour de la curiosité, ce n'était qu'une manière de s'informer. Une fois qu'il connaîtrait son nom, il ferait fonctionner ses relations, et il s'informerait sur qui était cet homme. Il en saurait alors assez pour dissimuler un possible meurtre ou un malheureux accident... Shiro était doué pour ça. Depuis le nombre d'années qu'il faisait ça, il avait pris le coup de main. Il avait déjà cogité un moment quant au sort qu'il réservait à l'humain quand on lui tendit un vêtement de rechange. Le pantalon qu'on lui proposait... C'était un pantalon de serveur. Il cligna des yeux. Un simple pantalon de serveur. Quel affront. Si il s'était attendu à ça ? Pas tellement. Lui, Hiraiwa Shiro, second du Conseil, futur Fondateur, porter un morceau d'uniforme ? Jamais. Il se saisit brusquement du pantalon et le jeta au sol, avant de grogner avec véhémence.

« Tu te moques de moi, humain ?! Ça t'amuse tellement, de m'humilier ? »

Il découvrit ses canines dans un réflexe qui lui paraissait trop naturel. Tant pis. Il aurait préféré révéler son identité de manière plus théâtrale, mieux recherché, mais tant pis. Si on le poussait à bout, il craquait. Il haïssait les humains et les bêtises à répétition avaient raison de ses nerfs. Venant d'humains, c'était tout bonnement insupportable. C'était décidé. Il avait un instant songer à l'épargner, mais il n'en pouvait plus. Ce type mourrait. Il mourrait de ses crocs.


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MessageSujet: Re: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Jeu 24 Mai - 20:58


Il tentait de se comporter comme un serveur des plus normal, ne pensant au holster qui se frottait à son torse tandis qu'il bougeait ou marchait. Le statut de chasseur, il ne voulait pas l'avoir mais reconnaissait qu'il était bien pratique, de temps en temps, tout comme le fait d'avoir appris à maîtriser les armes. Il savait que parfois, il valait mieux se sentir en sécurité, surtout lorsqu'on faisait face à un individu aussi impressionnant. Il avait également un portable, et ne manquerait pas d'appeler du secours et laisser l'appel dans le vide, si jamais la situation commençait à déraper : oui, en ce moment, Daisuke pensait vraiment au pire, mais il estimait qu'il devait faire preuve de la plus fructueuse des imaginations, si jamais un vampire se montrait. Enfin bref, l'homme accepta enfin de le suivre, et Daisuke hocha la tête. Aujourd'hui, il avait trois pistolets sur lui, desfois que tout ceci tourne mal, et puis un petit flacon pour s'enduire sur le cou qu'il avait préparé selon la recette du forum Requiem. Une certaine Zeng Lin Yao. Malheureusement, il n'était pas sûr que cet homme était bien un vampire, et s'il en était vraiment un, il lui aurait sans doute brisé la nuque avant qu'il se foute quoique ce soit dans le cou. Quelle emmerde...

Il commença à marcher en compagnie de Shiro jusqu'aux vestiaires. Ceux-ci se trouvaient à côté des cuisines et ils durent les traverser pour cela. Il dut donc connaître le supplice des bonnes odeurs, tandis qu'il jetait régulièrement un regard derrière lui pour voir si Shiro le suivait bien et ne lui préparait pas un coup pendable. Enfin, il lui montra les vestiaires et y entra, jetant un regard aux fenêtres. Si quelque chose de passait mal, il pourrait toujours sortir par là. Il suffira de tirer une ou deux fois dans les vitres et de bondir dessus pour se retrouver dans une ruelle perpendiculaire à une ruelle bondée. Tout était une question de timing, mais le métier de Daisuke avait fait de lui un homme particulièrement stressé et précautionneux. Il ne tenait pas à mourir pour une erreur bête.

Daisuke ouvrit le casier pour saisir un pantalon, ouvrant le sien qui se trouvait juste là. Dedans, il avait deux trois trucs qui piquaient les yeux ou qui pouvaient faire de la fumée. Il les mit dans ses poches. Ne prendre aucun risque...un simple humain le trouverait seulement bizarre, les risques étaient bien plus élevés si jamais il s'agissait d'un vampire, comprenez-le. Depuis qu'il avait eu cette griffure au flanc, il ne voulait plus assurer sa place au cimetière. Son nom. Il hésitait à le dire à l'autre...après tout, si celui-ci avait entendu parler de son père, il pourrait faire rapidement le rapprochement. D'ailleurs, à propos de père, Daisuke mit discrètement la main dans sa poche et appuya sur le numéro d'urgence qui lui permettait de téléphoner à son père. Voilà, maintenant, c'était bon. Il ne raterait aucun détail de la conversation et pourrait même se préparer à intervenir si jamais l'instinct de Daisuke lui criait la vérité.

« Ha. Mon nom ? Et bien, vous savez, je ne suis qu'un serveur maladroit. Il n'a pas d'importance... »

Il se retourna pour fixer Shiro, le pantalon cette fois-ci à la main. Il ne l'avait pas attrapé comme s'il s'agissait d'un vêtement pour les roturiers mais le tenait au contraire d'un bonne manière, comme s'il désirait vraiment faire de son mieux. Mais cela ne plut pas à monsieur qui se dépêcha de se fâcher. Sur le coup, Daisuke recula très précipitamment, venant se heurter aux casiers. Il avait bien vu les deux dents, celles qui signifiaient qu'il avait bien eu raison de se méfier. Obéir aux consignes de Requiem, être prudent, et au pire, fuir par fierté. Il ne pouvait pas se permettre d'être capturé, ni même mordu et vu que le vampire en face de lui venait de dévoiler sa nature, il doutait qu'il veuille seulement lui conter fleurette.

« Ha...Ha ben. Haut les mains ! »

Il sortit rapidement le premier revolver et le chargea. Il ne connaissait pas du tout ce vampire, avec un peu de chance, il partirait après avoir vu l'arme, ce qui l'étonnerait fortement. Il allait certainement devoir agir, lui montrer qu'il avait plus de couilles que lui ou quelque chose comme ça.

« Et vous, votre nom ? Vous devez être surpris, n'est-ce pas ? Comment un minable petit serveur peut vous menacer de cette manière ? Pourquoi n'est-il pas surpris par mes canines ? Et...qu'est-ce qu'il me fait chier à parler, celui-ci, je veux...je veux le déchirer, le déchiqueter, le mordre, lui faire regretter ses paroles...C'est ce que tu penses, hein ? »

D'un mouvement rapide, il tira deux fois dans la fenêtre à côté de lui. Shiro se trouvait devant la porte, il pouvait barrer cette échappatoire, il savait malheureusement à quel point un vampire pouvait être puissant et le vestiaire lui fournissait un champ d'action trop...limité pour pouvoir se battre. Lui ne possédait pas de force surhumaine et ne pouvait pas lui balancer des casiers sur la gueule pour lui barrer le chemin. La barbe...Plus aucun sourire compatissant ne décorait son visage, il était redevenu sérieux comme il l'était toujours quand il chassait.

« Je suis Moritaka Daisuke. Dois-je te laisser la vie, vampire ? »

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MessageSujet: Re: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Ven 25 Mai - 20:40


Pas un frisson, pas un clignement d'œil du vampire lorsque l'humain dégaina son arme. Pas un seul geste, pas un seul soupir. Rien. Le silence total, l'immobilité, et puis... Et puis un regard, ces yeux noirs qui vous pénétraient longuement, comme si ils vous emportaient dans des ténèbres sans fin. Shiro ne disait rien. Il ne bougeait pas. Il contemplait ce revolver avec autant d'intérêt que si l'arme fut une fourmi s'agitant à ses pieds. Pas peur. Il n'avait pas peur. A déjà six cents ans, il en avait vu, des armes, et des plus effrayantes. On lui avait déjà tiré dessus. Mais il était encore là. Il était toujours là. Et il le serait pour l'éternité. Rien, vraiment rien ne stoppait les passions de Shiro, ses désirs de pouvoirs et ses ambitions sans fin. Ni les humains. Ni les vampires. Ni même cet homme en face de lui, qui, devina t-il, devait être un chasseur. Il devait d'ailleurs être un aussi bon chasseur qu'un aussi bon serveur, puisque ce timide 'haut les mains' était plus comique que menaçant. Et Shiro restait droit, imperturbable, son regard sombre aussi noir que la nuit. Les menaces du chasseur n'étaient rien. Ses paroles étaient vent. Son arme était artifice. Il ne cilla même pas lorsque deux balles furent tirées dans la fenêtre, brisant le verre. Non, ses yeux restaient résolument rivés sur la silhouette de ce jeune adulte. Moritaka Daisuke. Il avait son nom. Il le nota mentalement. Ça lui serait sûrement utile.

« Que de vanité, humain. Vous, créatures mortelles, êtes tous si prétentieux... Arrogants... »

Ses lèvres s'arquèrent vers le bas dans un grimace de dégoût, et dans un mouvement rapide, il plaqua sa main sur le casier, juste à côté de la tête du chasseur. L'impact du coup résonna un instant, et la trace en était nettement visible, le métal du casier écrasé sous la poigne puissante du vampire. Shiro avait sorti les crocs, mais n'avait cependant toujours pas attaqué... Visiblement, il avait décidé de s'amuser un peu, puisque tuer un chasseur si peu expérimenté ne lui aurait demandé que quelques instants. Il semblait être inconnu de l'humain, ce qui jouait en sa faveur. Chasseur expérimenté ou non, tout aurait été différent en sachant que l'on faisait face à un si vieux vampire. Shiro avait donc la possibilité de jouer avec la nourriture... Et il ne s'en priverait pas. Sa main toujours posée à côté du visage de l'humain, il continuait de le fusiller du regard, toujours sans respirer, ce qui lui enlevait à chaque seconde un peu plus d'humanité. A chaque seconde, il était un peu plus cadavre. A chaque seconde, il était un peu plus vampire.

« Tes armes ne me feront rien. Qu'importe si tu t'enfuis, je te rattraperai. Je n'ai besoin que de quelques secondes pour t'enlever la vie... Réfléchis un peu, malheureuse créature. A la seconde-même où tu tenteras de me tuer, il me suffira de te briser les os. »

Et ses mots, doucement, lentement, dans une froideur inhumaine, venaient se perdre près de l'oreille de l'humain. Shiro se contentait pour l'instant de tester son interlocuteur. Il n'avait pas besoin de mordre, pas besoin de frapper, pas besoin de grogner... Pas pour le moment. Il était comme le chat qui s'amusait avec la souris. Il taquinait, il taquinait, et puis... Et puis la souris finissait par succomber. Le gouffre entre eux était beaucoup trop grand pour que Shiro puisse s'inquiéter de sa survie. Il ne mourrait jamais. Pas tant qu'il ne le désirerait pas. Il avait encore beaucoup trop de choses à accomplir pour dire au revoir à la vie. D'ailleurs, les humains manquaient de pouvoir pour menacer sa vie. Il avait de nombreuses fois été la cible de chasseurs, il en connaissait même certains, mais jamais personne n'avait réussi à le tuer. Et plus il vieillissait, plus sa force grandissait. Plus sa force grandissait, moins sa vie était menacée. Moins sa vie était menacée, plus il pouvait vieillir tranquille. C'était un cercle vicieux, dont le vampire se satisfaisait grandement. Contrairement aux humains, sa vieillesse était synonyme de puissance.

Shiro attendit. Il entendait l'humain respirer et la proximité de leurs deux corps lui permettait même de sentir le sang circuler dans ses veines. Heureusement pour lui, le second du Conseil s'était nourri quelques heures à peine auparavant. C'était largement suffisant pour qu'il soit en forme, et suffisant également si il venait à avoir besoin de se régénérer. L'odeur de l'humain ne suffirait pas à réveiller ses instincts bestiaux, Shiro se contrôlait parfaitement en ayant étanché sa soif. C'était peut-être également une bonne chose pour le chasseur, puisque rien n'était plus incontrôlable qu'un vampire assoiffé... D'ailleurs, la plupart du temps, les chasseurs n'étaient pas si stupides, ils étaient au courant. Lentement, Shiro récupéra sa main et fit un pas en arrière, toisant l'humain, à l'affût, prêt à réagir au moindre de ses mouvements. Il étira un mince sourire, et leva le menton avec une certaine noblesse.

« Nous allons faire un jeu. Si tu gagnes, je te laisserai la vie sauve. Dans le cas contraire, ton sang sera mien et tu mourras sous mes crocs. »

Ça y est. Shiro passait à l'action. Ses paroles étaient toujours lourdes de mépris, pleines d'une haine sans nom. Et pourtant, il souriait. Ce sourire narquois, cruel, ce rictus infâme qu'a le prédateur en face de sa victime. Sa vengeance, il l'aurait. Il trouverait un moyen ou un autre de soumettre l'humain à sa personne – quelle honte, pour un chasseur. D'un mouvement du menton, il adressa un regard à Daisuke, lui demandant alors silencieusement son avis sur la question. Que ce soit oui ou non, de toute façon, Shiro jouerait... Il n'avait besoin de l'accord de personne pour jouer.



Dernière édition par Hiraiwa Shiro le Sam 26 Mai - 8:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Sam 26 Mai - 1:40


Vampire. Nom commun. De mémoire de chasseur, l'on ne savait pas à partir de quand ils étaient apparu, ni d'où ils venaient. Certains superstitieux faisaient un rapprochement avec la bible et donc avec la soit-disant origine de toutes les cultures. D'où venaient les vampires, à quoi était destiné le monde si les chasseurs, déjà peu nombreux, se faisaient tous exterminer au fur et à mesure ? En fin de compte, personne ne le savait vraiment, et peu aurait cherché à trouver le premier vampire encore en vie, si jamais celui-ci avait existé, d'ailleurs. Mais revenons-en à nos moutons, et en l'occurrence, à l'humain qui faisait face à Shiro et qui est justement le narrateur de cette partie de l'histoire.

Lorsqu'on est chasseur, tout d'abord, on est fier. Ensuite, l'on tire quelques coups, on fait des démonstrations d'arts martiaux devant ses semblables. On écoute avec une oreille distraite ses aînés, parce qu'après tout, les aînés, c'est pas franchement ce qu'il faut écouter et que ce métier, on ne désire pas vraiment l'appliquer ; dans la vie, il y a des trucs plus intéressants que chasser comme...cuisiner, jouer aux boules, au mah-jong, écraser d'autres joueurs de jeux videos sur une partie de Call of Duty, ou diverses petites choses de ce genre qui étaient des moments uniques dans la vie d'un être humain. Pourtant, lorsque Daisuke se retrouvait confronté à des vampires, il avait l'impression qu'on lui déroulait sa vie sur un plateau. Que la seconde d'après, il serait raide mort, étendu sur le sol glacé, vidé de son sang. Oui, Moritaka avait peur : il était même quadruplement effrayé et ne se remettrait jamais de cette frayeur qui le faisait très souvent fuir au bon moment. Il avait envie de pisser dans son froc, et pourtant, il se retenait de trop trembler face au vampire qui lui faisait face.

Lui, l'autre, l'être au teint blanc, vivant et pourtant inerte, ce paradoxe ambulant, le menaçait. Il avait commencé son cinéma en déclamant de longues phrases, voulant sans nul doute briser le moral du garçon aux cheveux rouges. Oh, bien sûr, il y parvint. Si le vampire s'intéressait un peu plus au garçon, il remarquerait qu'il tremblait de manière imperceptible, ses genoux s'entrechoquant presque. Lorsque l'inconnu vampire éclata le casier et lui toucha l'oreille presque sensuellement, de la façon d'un maître chanteur, Daisuke ouvrit la bouche et tenta d'inspiré une grande bouffée d'air afin de se débattre des filets de son adversaire. Il ignorait toujours son nom, mais lui lui proposait déjà un cruel jeu dont il ignorait la consistance. C'est drôle ce que des petites phrases, certains gestes, vous mettent plus mal à l'aise que beaucoup d'autres. Moritaka était loin d'être un maître de la manipulation, au contraire, il avait toujours été un garçon qui prônait la simplicité. Pour le rassurer, il savait que son père ou quelques uns de ses collègues étaient en route, qu'avec un peu de chance, ils penseraient à aller dans ce vestiaire, Daisuke n'ayant pas mentionné de lieu à haute voix. Il savait aussi qu'il ne pouvait pas partir, il était comme un lapin guetté par l'aigle.

« Je ne vais pas fuir, je reste calme. Je....un jeu ? Quelle sorte de jeu ? Ai-je au moins le choix d'accepter ou non ? Il ne me semble pas que je l'ai...vous êtes entre moi et la porte, si je bondis sur la vitre, vous ferez de même sur moi. En fait, il ne me reste plus que le suicide. C'est une perspective réjouissante, pour un chasseur...ha..haa...Moi qui ai toujours détesté mon boulot, c'est même un comble. »

Il ne doutait pas du fait que Shiro l'observât tout en détail de là où il était, aussi prit-il soin de ne pas bouger d'un pouce. Cet homme...non, ce vampire ne devait absolument pas savoir qu'il avait quelque chose dans les poches. Sinon il trouverait le portable, se rendrait compte que la conversation était suivie et Daisuke pourrait passer le restant de sa vie très rapidement. Il n'était pas fou, ce chasseur ; au contraire, il savait très bien ce qu'il restait, en restant face à un vampire qui tôt ou tard, serait irrémédiablement attiré par l'odeur de son sang.

« Regardez-nous, dans ce vestiaire, l'un face à l'autre. Je ne connais toujours pas votre nom. Quel...quel âge avez-vous ? »

Il ne se rendait pas bien compte qu'il parlait à un vieux vampire et à vrai dire, Daisuke n'était pas chasseur depuis suffisamment de temps pour s'en apercevoir. Par contre, en prétextant dire une bêtise totalement humaine, il venait de situer le lieu où ils se trouvaient tous les deux à son père. Restait à espérer que celui-ci se dépêche, le chasseur, lui, était mort de trouille et il espérait que Shiro ne voie pas ces gouttes de sueur dégoulinant le long de sa joue.

« Je me tue si vous faites de moi un calice. »

Pour cela, aucune hésitation. Daisuke savait qu'il ne pourrait endurer cela : déjà qu'il les haïssait, ces vampires, alors pour les supporter lui buvant son sang et étant totalement dépendant d'eux, Daisuke préférait encore se donner la mort. D'ailleurs, en avertissement, il changea le pistolet de direction, l'orientant vers son cerveau.

« On raconte que vous n'aimez pas tellement la viande froide... »


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MessageSujet: Re: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Sam 26 Mai - 9:32


Décidément, l'humain l'étonnait d'instants en instants. Il lui sembla bien moins stupide quand le chasseur lui avoua toute son impuissance face à la situation. Si la créature au sang chaud n'avait pas le pouvoir de soumettre Shiro, elle avait au moins assez de cran pour réfléchir malgré la peur. Shiro pouvait saluer cela. Pour du bétail, c'était probablement un exploit. Malgré le danger que pouvait représenter les chasseurs pour sa race, il continuait de les considérer comme de simples humains, mortels et fragiles. Ce n'était pas parce qu'ils avaient de jolies armes ou parce qu'ils savaient se battre qu'ils en étaient pour autant supérieurs au commun des mortels. Non, ils étaient identiques. Tous homme ou femme, au cœur qui bat, aux poumons qui s'emplissaient d'air à chaque inspiration. Les humains restaient pour Shiro un objet de fascination et de mépris – comment de la nourriture sur pattes pouvait parfois se comporter avec tellement d'impudence ? La stupidité de ces bêtes-là les rendait parfois... Captivants. Un spectacle pathétique auquel Shiro donnait fin d'un coup de canines bien placé. Si les humains l'amusaient, ça ne durait jamais très longtemps... Il était du genre à se lasser très vite. Et cet humain... Ce chasseur... Ne ferait sûrement pas exception à la règle.

« Alors ? Joueras-tu, créature ? », Demanda t-il, ignorant la flopée de questions que venait de lui poser le chasseur.

Chasseur. Lorsque l'on y pensait, c'était assez étrange, de les nommer ainsi. Chasseur. Mais... C'étaient les vampires, les chasseurs. Ce n'étaient pas les humains. Les humains étaient les proies, et ils l'avaient toujours été depuis l'existence même des vampires. Comment alors un humain pouvait se penser chasseur ? Surtout lorsque le chasseur en question était de taille modeste, ni taillé comme une armoire à glace, ni armé jusqu'aux dents. Non, ce chasseur-là était une parodie à lui tout seul. Tremblotant, l'air de vouloir passer pour un courageux alors qu'en réalité, il semblait juste feuler, les oreilles aplaties et la queue entre les jambes. Avait-il déjà tué un vampire ? Avait-il été une fois le prédateur, et non la cible ? Shiro se le demandait sérieusement. Le gamin qu'il avait sous les yeux ne pouvait pas être dangereux. Un nouveau-né dans le monde des traqueurs, probablement. Un petit bleu. Non, il n'avait rien à craindre de cet humain-là. Humain qui lui demanda à nouveau son nom. Et Shiro, toujours aussi joueur, pas encore lassé de cette proie, étira alors un rictus amusé.

« Puisque tu vas mourir, alors je te cède mon nom, humain. Je m'appelle Fujiwara. Fujiwara Eiichirô. J'ai deux cents dix-neuf ans. »

Tout avait été dit sur un ton si confiant, si calme et si serein que le mensonge passa comme une lettre à la poste. Ah, Shiro en avait adopté, des identités. Et il jouait toujours le jeu jusqu'au bout. L'humain, trop effrayé et trop inexpérimenté goberait sûrement cette couleuvre. Si il avait été capable de déterminer un minimum l'âge de Shiro, il aurait déjà fui en courant. Et le simple fait qu'il lui réclame cette précision trahissait son ignorance. Le second du Conseil profiterait de chacune de ses faiblesses, chacune de ses lacunes. Il s'engouffrait déjà dans ces failles pour se construire une autre identité, un autre lui. Si l'humain survivait – ce qui était probable, il fallait s'attendre à tout – il aurait du mal à retrouver ce fameux Fujiwara Eiichirô. Il avait déjà du mal à dissimuler sa peur. Shiro la sentait, il la sentait à travers ces tremblements, cette goutte de sueur qui coulait le long de sa tempe et ce regard plein d'effroi. On ne pouvait pas cacher une chose pareille à un vampire.

Ce fut une nouvelle surprise quand l'humain lui parla de calice. Ainsi donc, il en savait autant sur les vampires. Amusant. Ce qu'il ignorait toutefois, c'était que Shiro haïssait les humains au point de ne pas supporter de posséder un calice. Quel intérêt y avait-il à laisser la vie sauve à un mortel ? Quel amusement trouverait-il là-dedans, si ce n'est de soumettre totalement l'humain ? Mais il n'y avait aucun avantage à posséder un calice, et Shiro se passait tout à fait de ce qui ne l'enrichissait pas. Mais si cela effrayait tant le chasseur, il pouvait tout à fait faire semblant... Cependant, il haussa un sourcil quand Daisuke pointa le canon de son arme sur sa tempe. Alors il serait prêt à mourir pour ça ? Il aurait le cran de se tirer une balle dans le crâne ? Haha, quelle plaisanterie ! Shiro se mit à ricaner, ses épaules secouée par le rire glacial et caverneux qui sortait de sa gorge. Le chasseur pensait-il que son geste faisait de lui un courageux ? Pire encore, pensait-il que la menace qu'il puisse se tuer intimidait le vampire ? Shiro se fichait bien de cette vie sans intérêt. Il s'amuserait juste moins longtemps, mais cela n'avait aucune quelconque importance.

« A quoi joues-tu, humain ? Tenterais-tu de gagner du temps ? » Shiro plissa légèrement les yeux, il avait mis le doigt sur quelque chose qui commença à le titiller sérieusement. C'était tellement plausible qu'il se mit à humer l'air, à l'affût. « Ai-je raison ? »

C'était beaucoup trop suspect pour qu'il continue de rire. Plus il y pensait, et plus il trouvait ça louche. Son regard balaya la pièce et il se saisit d'une chaise qui traînait non loin de lui. Il bloqua la porte avec. Alors, qu'avait donc fait le chasseur ? Il avait appelé des renforts ? Il avait une arme secrète ? Suspect, trop suspect. On ne trompait pas l'instinct d'un vampire si vieux. Shiro glissa vers la fenêtre dont il termina de briser le verre. Ses doigts pâles restèrent dénués de plaies, il ne se blessait pas facilement. Il ne tourna pas le dos à l'humain – faible ou non, il fallait toujours se méfier – mais jeta un bref coup d'œil à la rue qui s'étendait sous ses yeux. Ce n'était pas haut du tout. Un humain pouvait facilement sauter sans même se blesser. Quant à lui... Un jeu d'enfant. Si il avait besoin de fuir, il le ferait facilement. Car il se doutait que quelque chose ne tournait pas rond, ici...

« Alors ? Que me réserves-tu ? Ta cervelle va t-elle tapisser les murs de cette pièce, ou as-tu changé d'avis ? » Il dévoila ses crocs. « Faire de toi un calice ne me prendrait que quelques instants. Si tu me caches quelque chose, tu ferais mieux de me le révéler avant que je ne passe à l'attaque... »

Et il s'approcha, menaçant. Le menace de faire de lui un calice devrait fonctionner, vu la réaction violente que cette idée avait engendré chez le chasseur. Il était facile de manipuler les humains. Leur esprit semblait gagné par la faiblesse de leur corps, et ils étaient psychologiquement... malléables. Shiro s'était beaucoup amusé à travers les âges, il savait quelles menaces fonctionnaient, il savait comment réveiller le désir, il savait comment éveiller la peur. Ce chasseur était son cobaye, il s'essayait à de nouvelles expériences, et il jubilait intérieurement. Un grondement sourd résonna dans la pièce et le second du Conseil fit mine de se jeter sur l'humain, surveillant la moindre ses réactions. Ses sourcils se froncèrent cependant légèrement lorsqu'il entendit du grabuge, derrière la porte. Avait-il rêvé, ou... ?

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MessageSujet: Re: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Sam 26 Mai - 12:49


La peur, oui, la peur était le premier sentiment que ce jeune chasseur pouvait ressentir. Lui n'était pas super musclé, et ne pratiquait cette distraction que depuis environ cinq ans, dix ans pour l'entraînement. De toute évidence, il avait bien des centaines d'années de retard sur son adversaire qui, au fur et à mesure qu'il parlait, se rapprochait de plus en plus de lui. Ce qui le terrifiait le plus, c'était l'entendre dire avec certitude qu'il allait mourir : Moritaka était un humain dans la fleur de l'âge, mourir était pour lui une chose parfaitement abstraite. Pour mieux l'envisager, il aurait déjà fallu qu'il ait assez vécu et visité le monde. Si il mourrait aujourd'hui, sa vie prendrait fin avec une curieuse sensation d'inachevé. Parler semblait être une bonne solution pour gagner du temps, même si, de secondes en secondes, Daisuke était un peu plus inapte à s'enfuir et menaçait de se faire dessus. Il tentait de mettre en action son cerveau, imaginer deux ou trois plans de batailles comme il l'avait toujours fait contre les vampires mais...rien. Rien ne marchait, et dans ses simulations d'évasion, c'était toujours l'autre qui était le plus rapide et qui finissait toujours par le rattraper. Miséricorde humaine.

Son nom, son nom. Il avait bien dû l'entendre quelque part, non ? Était-il possible qu'un vampire ne soit pas répertorié dans Requiem ? Était-il possible qu'il fasse face à un petit malin dont personne n'aurait entendu parler jusqu'à présent. Respiration. Non...ce vampire, puisqu'il le disait, avait 200 années, à quelques ans près et un vampire de 200 ans ne pouvait pas être ignoré des fichiers. Il fallait qu'il se calme, là, il était totalement incapable de réfléchir correctement et même s'il était à peu près sûr que le nom utilisé par Shiro était un faux, il avait de nouveaux quelques doutes et ne se priveraient d'interroger les autres chasseurs sur le forum dans le but de savoir si un tel cas était possible. En tous cas, prudence devait être le maître-mot, ici-bas.

Le rire qui sortit de sa gorge le fit reculer d'un pas, et l'arme s'éloigna légèrement de sa tête tellement la main qui la tenait tremblait. Il...il ne voulait plus avoir à faire à des vampires, plus jamais ? Pourquoi donc ne le laissait pas en paix ! Il était bien dans sa cuisine, avec son oreiller et ses casseroles alors pourquoi son père avait tellement insisté pour le mettre en danger ? Bon, il fallait avouer que sans ses talents de chasseur – si on pouvait appeler cela « talent » – il serait sans doute mort et enterré. Rien que pour cette fois, le vampire lui aurait sans doute brisé la nuque directement, s'il n'avait pas montré qu'il avait un autre rôle que celui de l'imbécile qui renverse de la sauce sur les pantalons.

« Je...je ne gagne pas de t-temps. Je...j'accepte votre jeu. Il...con...consiste en quoi ? »

Son père qui se trouvait au bout de la ligne devrait se dépêcher, Daisuke ayant menacé de se tuer, il écoutait maintenant le vampire et acceptait de jouer avec lui. Un pacte à la Faust qui ne pourrait sans doute prendre fin que si l'on enfonçait un pieux dans le cœur de cet Immortel. Respiration, encore. S'il était asthmatique, il se serait sans doute effondré en toussant, ayant du mal à retrouver une respiration potable. Non...Daisuke l'observa barrer encore plus la porte avec une chaise et finir de briser la fenêtre. Le vampire était prudent, il n'y avait pas de doute quant à cela, et lui, il craignait de plus en plus de finir en garde-manger, la menace du calice étant toujours en suspens. Il pensa soudainement aux quelques ingrédients purement chimiques se trouvant dans sa poche : la première potion faisait beaucoup de fumée, la deuxième était un peu lacrymogène et mettait des couleurs dans l'air, ce qui permettrait de l'aider un peu mieux dans sa fuite. Rester zen, dans tout les cas, et ne pas penser au futur, même si c'était dur.

Et là...le vampire se rapprocha encore plus de lui, ce qui faillit causer chez Daisuke un cri strident et une pluie de larmes. S'il n'avait pas assez de courage, il se serait sûrement jeté aux pieds de Shiro en beuglant « pitié, épargnez-moi, je veux vivre, faites tout mais je veux vivre ! » mais...malgré tout, l'humain avait encore une – peut-être folle, mais quand même – fierté. Le bruit derrière la porte le fit réagir et l'expression désespérée sur son visage se transforma presque en sourire, même s'il savait pertinemment qu'il ne fallait pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir trouée.

« Je cache r-rien, promis, je sais pas d'où ça vient !!! Je veux bien jouer, faites votre jeu, par pitié ! »

Il était dans un piteux état, le Daisuke. En tout cas, des hommes semblaient bels et bien présent derrière la porte et ne tardèrent pas à l'enfoncer, la faisant éclater d'une manière peu raffinée. Au coup d’œil qu'il jeta, le garçon aux cheveux rouges ne reconnut pas son père qui devait être resté en retrait. Ils sommèrent au vampire de s'éloigner de lui et Daisuke profita de cette occasion pour sortir les potions de sa poche et les balancer sur le sol, créant alors un nuage de fumée qui le soustrairait de la vue de Shiro. Le point positif, c'était qu'il s'était élancé vers la fenêtre dès l'instant où il avait fait ce mouvement, le point négatif était qu'assurément, les chasseurs n'auraient plus le vampire dans le mile et qu'il pourrait s'échapper sans aucun souci...en espérant que ces idiots avaient emmené leurs lunettes à infrarouges.

Cheveux rouges trouva la fenêtre sans la moindre difficulté : il était doté d'un solide sens de l'orientation, et fléchit les genoux, s'agrippant au bord et allant dans la ruelle sans la moindre difficulté. Ce mouvement non réfléchi causa un dommage, lui enfonçant un bout de verre dans la main ; Daisuke fronça des sourcils, mais ne ralentit pas sa fuite, choisissant volontairement de courir et d'ensuite enlever l'objet de sa main. La pression du vampire sur la vitre avait rendu le verre moins solide et dès lors qu'il avait voulu s'appuyer sur le rebord pour sauter, un bout était resté coincé.

Alors, Daisuke courut, courut comme il n'avait jamais couru de sa vie. Il traversa la ruelle sombre le plus vite possible, entra dans une autre rue plus fréquentée, encore une autre grande artère, et finalement, choisit de s'arrêter dans une rue assez peuplée, même si à cette heure-ci, il y avait déjà moins de population qu'au grand jour. Il tira soudainement sur le morceau de verre, occasionnant une perte de sang assez impressionnant et se dépêcha de lécher la plaie – on disait que la salive avait des vertus cicatrisantes. Il en profita également tandis qu'il y était et toujours dans le même affolement précoce, pour sortir le flacon qu'il avait cuisiné selon la recette de cette Zeng Lin Yao et en appliqua sur la plaie et autour, ce qui lui occasionna une grimace bien sentie, avant d'en mettre sur son cou, là où ces bébêtes avaient pris l'habitude de mordre. Voilà, si le cauchemar de tout à l'heure débarquait de nouveau, il serait sans nul doute horrifié par la mauvaise odeur de sa peau. Un lotion comme cela sur une plaie, Daisuke n'était pas sûr que ce soit très bien, mais voilà. Il finit en déchirant sa veste et improvisant un bandage autour de sa main.

Pour finir, il jeta un ou deux regards autour de lui et resta assis sur ce banc en plein milieu de Tokyô, profitant de l'abondance naturelle d'humains pour se fondre dans le décor.

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MessageSujet: Re: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Sam 26 Mai - 20:21


Il avait eu raison de se méfier. Quelques secondes après que son ouïe ait perçu l'agitation suspecte, un grand bruit résonna contre la porte du vestiaire, comme si l'on cognait dessus. La chaise qu'il avait préalablement posée bloqua un instant les assaillants, mais après plusieurs grands coups donnés, la porte céda et les chasseurs arrivèrent. Shiro fit un pas de côté en les toisant d'un œil noir. Si il était pour lui l'heure d'avoir peur, il ne montrait aucune crainte. Ni les armes qu'arboraient les humains, ni leurs menaces criées ne le firent tressaillir. Il ne prit même pas la peine de s'éloigner de Daisuke, comme on le lui demandait. Il s'apprêtait d'ailleurs à lui arracher la tête pour s'en servir de projectile, mais le petit chasseur fut plus rapide et jeta par terre son fumigène. La pièce, étroite, fut vite envahie par la fumée, et le vampire profita de cette brume pour faire quelques pas en arrière. Si il ne pouvait pas voir les chasseurs, eux ne le pouvaient pas non plus – du moins le croyait-il. Un mouvement d'air à sa droite lui indiqua que sa proie avait bougé. Et d'après les sons qui suivirent, il filait par la fenêtre. Shiro était à présent seul avec ces chasseurs, et de ce qu'il avait pu voir, des aînés du petit, plus expérimentés et plus doués.

Une lame jaillit du nuage de fumée, jetée par un chasseur, et Shiro inclina la tête pour qu'elle ne vienne pas se planter dans son crâne. Il était en position de faiblesse, en terme de nombre. Un, deux... Ils étaient deux. Une petite équipe de renfort à eux tous seuls, quand même. Après une courte réflexion, le second du Conseil jugea inutile de s'occuper d'eux. C'était prendre des risques pour pas grand-chose, et du grabuge qui attirerait beaucoup trop l'attention. Alors que le nuage se dissipait, il avait décidé de fuir, mais l'assaut avait déjà été lancé. Shiro se jeta au sol pour éviter une flopée de balles, et se releva aussitôt avant de sauter par la fenêtre. Décidément, ça s'annonçait plus compliqué que prévu... Surtout quand le groupe d'humain décida de le suivre. Il les entendit atterrir sur le sol avec un peu moins de grâce que lui précédemment, et on lui tira à nouveau dessus. Une balle frôla son bras, et il poussa un vague grognement. Son costume était éraflé et fichu, à présent. De l'argent gâché. Il faudrait en racheter un – bien qu'il en possédait déjà plus d'une dizaine.

Les humains s'acharnaient à courir dans sa direction, mais Shiro les avait déjà distancés. Il tentait de profiter de la noirceur de la nuit pour éviter d'être repéré, et donnait à sa course un certain côté aléatoire de façon à les perturber. Il sentit très bien que le chasseur précédent, l'autre incapable qui avait renversé la sauce sur son pantalon, s'était blessé. La ruelle empestait son sang, et si il se concentrait un minimum, il pouvait le suivre à la trace. Ce qu'il fit. Peut-être par instinct, peut-être parce qu'il avait une idée derrière la tête. Quoi qu'il en soit, il installa très rapidement une certaine distance entre lui et les chasseurs, bien que ces derniers furent entraînés. Il leur manquait des centaines d'années de pratique pour qu'ils puissent se confronter à un vampire de l'âge de Shiro. Lorsqu'il arriva dans une rue plus fréquentée, le vampire sut déjà qu'il ne risquait pas de se faire tirer dessus. Ils risqueraient de blesser un civil, et les humains conservaient toujours un certain sens de l'éthique – bien plus rare chez les vampires, il fallait l'avouer.

Shiro plongea dans la foule de manière à se confondre aux humains. Et... Il y arrivait à peu près. Heureusement pour lui, l'avenue était très fréquentée, et il passait presque inaperçu parmi eux. Il modifia sa démarche naturelle de façon à la rendre un peu plus quelconque, un peu moins noble, un peu plus maladroite – plus humaine, en somme. Pour ajouter de l'illusion, il fit semblant de tousser et de rajuster sa veste, feignant de souffrir de la légère brise. Et alors qu'il jetait un regard derrière lui pour surveiller l'avancée des chasseurs, la piste de l'odeur qu'il suivait se fit plus forte. Une blessure fraîche. Il avait le nez fin, et il avait mémorisé cette odeur, aussi la suivit-il jusqu'au bout, retrouvant l'autre petit chasseur. Ce dernier était assis sur un banc, à buller tranquillement, totalement insouciant. Tout d'abord, Shiro fut étonné. Deux des collègues de l'humain étaient venus au secours de Daisuke, et lui s'était contenté de fuir comme un lâche pour les laisser à leur besogne – Shiro aurait pu les tuer, il avait l'air de s'en ficher totalement.

« Trouvé. », Murmura t-il alors qu'il s'approchait du jeune chasseur.

Il serra les poings et se planta devant l'humain, levant le menton. Sans prévenir, il avait surgi en face de lui, les yeux sombres sondant son âme. Il renifla légèrement. Quelque chose avait changé. L'odeur salée et métallique du sang avait été remplacée par une odeur très forte, amère et surtout, assez désagréable. Une sorte de répulsif. Cela lui retira toute envie de mordre l'humain. Mais ses pulsions meurtrière ne disparurent pas pour autant. Il en fallait plus pour stopper Shiro, aussi fit-il semblant de ne pas être le moins du monde dérangé par l'odeur. Il savait très bien jouer la comédie.

« Tu as osé me mentir, humain. Et je déteste que l'on me mente. »

Son ton laissait deviner que effectivement, il n'avait pas apprécié. Pas du tout. Shiro était un homme de pouvoir, il ne supportait pas qu'on le traite ainsi. Il n'en avait pas l'habitude. Et les quelques malheureux qui osaient mal le traiter ne restaient pas en vie assez longtemps pour le regretter. Non, Shiro était impitoyable quand il s'agissait de servir ses intérêts. Il n'avait jamais été gentil. Ni la pitié ni la compassion n'étaient pour lui. Il ne comprenait d'ailleurs pas ces sentiments trop humains. Lui n'était que haine et colère, il n'était que désir et soif. Des instincts plus bestiaux, plus sanglants, propres à sa race. Shiro pivota la tête et huma l'air. Il ne parvenait pas vraiment à situer les autres chasseurs, mais il ferait mieux de ne pas s'attarder ici. Deux contre un, c'était inéquitable, trois contre un, encore plus – bien qu'il ne pensait pas avoir à craindre quoi que ce soit, en réalité. Il était juste prudent.

« Allons. Demande-moi pardon à genoux et je te pardonnerai. »

Ah. Il allait faire durer les choses avant de le tuer. L'humilier, le blesser. Et ce serait l'humain qui supplierait qu'on lui retire la vie. Si cela se passait ainsi, Shiro sera pleinement satisfait. Mais il était ouvert à plein d'autres possibilités. En outre, commencer le petit jeu qui n'avait pas pu être entamé à cause de l'arrivée des renforts. Quoique. Il avait une idée. Il allait plutôt tester la force d'esprit de ce petit, ce trouillard lâche et malingre qui avait fui. Ce n'en serait que plus amusant, et sûrement plus intéressant. Le vampire fit un pas sur le côté et lui montra la foule d'un geste du menton. Il s'assura en même temps que les deux autres chasseurs n'arrivaient pas.

« Ou alors... Je te propose un marché. Soit tu abats un des humains de cette foule grouillante, soit tu me baises les pieds, exprimant ainsi toute ta soumission à mon être. Dans tous les cas, je saluerai ton geste en te laissant la vie sauve. »

Allons. Vite. Il ne restait plus beaucoup de temps. Le soleil se levait dans six heures et il avait encore tant de choses à faire, après s'être amusé avec Daisuke.

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MessageSujet: Re: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Dim 27 Mai - 15:00


C'était une pause toute mérité pour le Daisuke qui avait encore du mal à retrouver son souffle. Il tentait de ne pas le montrer mais, en réalité, il souffrait le martyr : le produit de la chinoise n'était pas fait pour être mis directement sur une plaie et il fallait qu'il se tire vite fait et désinfecte cela le plus vite possible ou bien il craignait l'infection. Il était à peu près sûr d'être tranquille, maintenant, sachant qu'il y avait au moins deux collègues se son père dans la nature pour chasser celui qui s'en était pris à lui. Il le savait mais...ce n'était pas tout. Daisuke connaissait suffisamment bien son père pour avoir été chasser avec lui, qu'il n'enverrai jamais toutes ses troupes en même temps. Donc non, il n'y avait pas que deux hommes sur le terrain, il y en avait sûrement quatre, son père compris, et il pouvait se considérer en sécurité même s'il devait tout de même encore faire attention. 200 ans, il n'avait aucune idée de ce que cela faisait chez les vampires, mais pour lui, c'était assez âgé : il avait presque la même somme de retard en ce qui concernait la traque, et si l'autre vampire, celui dont le nom ne lui disait rien du tout, décidait de continuer à la poursuivre, il serait dans la merde.

Lorsque Shiro s'approcha de lui, le jeune homme lança un petit cri de surprise, tenta de faire un pas en arrière, mais se souvint à temps qu'il était assis sur un banc. Le vampire ne semblait pas très content, et c'était parfaitement normal, Daisuke avait tenté de gagner du temps pour que les autres chasseurs arrivent et l'étripent. Bon, visiblement, puisque Shiro était face à lui tout de suite, cela ne semblait pas vraiment avoir marché, et Daisuke ne put retenir les quelques autres tremblements qui le prirent. Les conditions qu'il énonça, elles, ne plurent pas du tout à Daisuke qui jetait également deux ou trois regards tout autour de lui pour voir si les chasseurs n'arrivaient pas. De toute évidence, son portable était toujours allumé, il ne pensa pas que son père puisse le localiser directement, mais il allait devoir une nouvelle fois se risquer et situer l'endroit où il se trouvait à haute voix, faisant mine qu'il s'agissait d'un élément tout à fait normal dans la conversation. Et puis le vampire n'oserait pas le tuer en plein milieu de la foule, non ?

En tout cas, tuer quelqu'un dans la foule lui paraissait tout à fait hors de question. Déjà qu'il détestait tirer sur les vampires, alors tuer un humain, hors de question. Et puis il savait qu'un chasseur ne devait en aucun cas se rendre hors-la-loi. Au pire, tant pis pour sa fierté, de toute évidence, il continuerait à discuter, là, notamment pour se situer géographiquement parlant, aux yeux de son père. Le vampire était terrifiant, lui. Ses yeux reflétaient une cruauté inouïe qui laissait Daisuke figé sur son banc, incapable de faire quoique ce soit pour se défendre. Il savait que l'être en face de lui ne bluffait pas et qu'il serait capable de l'exécuter comme ça, au milieu de la foule, pouvant ensuite s'effacer pendant un siècle ou deux. Les soucis des vampires n'étaient pas les mêmes que ceux des humains.

« J'en pense que les chasseurs vont arriver, qu'ils vont voir cette petite place, mes cheveux dépassant du banc, mon reflet sur la vitrine de la pharmacie d'en face et qu'ils vont vous viser du haut d'un immeuble. Vous serez mort avant même que vous ayez eu le temps de dire ouf. »

Il se contenta de le fixer en souriant, heureux d'avoir trouvé une phrase pour les situer tous les deux. Maintenant, il espérait juste que les chasseurs en question allaient se bouger et ne pas le laisser seul. Il voyait bien son père lui donner une leçon, profitant qu'il ait fait des bêtises pour lui flanquer la frousse de sa vie. Il lui avait bien dit que ce boulot était dangereux et qu'il fallait faire gaffe de ne pas trop être à « l'air libre » le soir très tard. Tenter de respirer normalement pour ne pas montrer qu'il était fatigué et surtout mort de douleur. Sa main, là où elle était blessé, lui faisait de plus en plus mal. Le bout de chemise qu'il avait maladroitement arraché était maintenant teinté de rouge, il supposait que la plaie n'était pas belle à voir. Si seulement il pouvait juste absenter deux secondes dans la pharmacie d'à côté...

« Laissez-moi au moins me soigner, je souffre le martyr...Vous ne voudriez pas que je me dites de mon sang ou que je meure d'une infection, non ? Alors, essayez d'imaginer la douleur qu'on peut ressentir ? Accepteriez-vous de m'escorter...puisque vous ne semblez pas vouloir me lâcher...à la pharmacie juste à côté ? »

Il souffla de dépit, lança un regard morne à Shiro, comme s'il en avait déjà trop vu.

« J'ai la dalle, en plus. »

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MessageSujet: Re: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Lun 28 Mai - 16:53


La provocation de l'humain l'effraya à peine. Il doutait qu'on puisse le tuer aussi facilement. Il sentirait leur présence, leur regard sur son dos, le canon de leur arme pointé sur lui. On ne visait pas impunément un vampire sans se douter que l'instinct de ce dernier lui permettrait forcément de sentir cette hostilité. Aussi, les belles paroles de l'humain n'étaient pour Shiro que du vent. Du gaspillage de salive. D'après lui, il était encore en position de force. Les menaces du chasseur n'étaient que d'hypothétiques situations tandis que celles du chasseurs étaient fondées sur des réelles intentions de tuer. C'était là toute la différence. Voyant que les renforts ne pointaient pas leur nez et sentant l'agitation gagner l'humain, Shiro renifla. La main. Il était blessé à la main. Un morceau de tissu imbibé de sang servait de bandage de fortune à cette plaie toute fraîche, et le vampire y jeta un discret coup d'œil. Ce devait être douloureux, bien qu'il soit incapable de la moindre empathie. L'humain, d'ailleurs, ne tarda pas à se plaindre. Choqué. Outré. Comment est-ce que le chasseur osait se comporter avec lui avec tant de familiarité ? Le prenait-il pour un ami ? Pour un gentil vampire ?

« J'ai la dalle, en plus. » C'en était trop. Shiro ne tenait plus. « Cesse de me prendre pour un imbécile, mortel. »

Le pied du vampire se leva brusquement et vint s'abattre sur une latte du banc qui céda aussitôt. Un éclat vola, que Shiro attrapa au vol, pointant ensuite le morceau de bois acéré vers le chasseur, tel un pieu. Bien sûr qu'il serait capable de le tuer. Personne ne verrait rien. Cette foule derrière lui, ces créatures au sang chaud ne voyaient rien. Shiro était trop rapide. Alors il leva le bras, et abattit violemment le pieu sur le petit chasseur. Mais avant qu'il ne puisse le transpercer, un coup de feu silencieux perça la nuit, et la balle vint se loger dans l'épaule du vampire qui stoppa aussitôt son geste, lâchant son arme de fortune. Il se tourna dans un grondement, et leva les yeux, à la recherche de celui qui avait osé lui tirer dessus. Il s'était laissé distrait par sa colère, et il n'avait rien vu venir. Décidément, c'est que Daisuke avait presque eu raison. Un des deux autres chasseurs avait fait le tour du bâtiment de l'autre côté pour monter sur le toit, et Shiro n'avait même pas pensé qu'ils puissent élaborer de tels stratagèmes aussi vite. Et cette foule grouillante qui ne voyait toujours rien... A croire qu'ils étaient invisibles.

Aucune douleur ne traversait l'épaule du vieux vampire, mais il sentait bien que ses mouvements en étaient ralentis et affaiblis. Avant que le chasseur embusqué sur le toit ne puisse tirer une seconde salve de balle, le second du Conseil attrapa Daisuke par le col, le soulevant presque du sol, et le plaça entre lui et la rangée de bâtiments, se servant de son corps comme un bouclier. Gagné. L'homme qui avait Shiro en pleine ligne de mire venait de baisser son arme, montrant clairement qu'il ne voulait pas blesser le gamin. C'était un avantage dont le vampire devait se servir. Accrochant fermement sa main sur les vêtements du petit chasseur, il le poussa vers la foule pour se fondre à nouveau dans la masse. Double-protection. Et Daisuke, et cette marée humaine lui permettraient d'être à l'abri des balles. Shiro pressa le pas. Un léger filet de sang s'était échappé de sa plaie sur son épaule, plaie qui s'était déjà refermée, laissant clairement apparaître un cercle de peau à travers le trou de sa veste.

« Tes frères de race ne veulent pas me lâcher, on dirait... » Il se pencha légèrement comme si cela pouvait l'aider à être plus discret. « Cela ne me plaît guère. Tu vas te taire et marcher. Si tu l'ouvres, je t'arrache la gorge. »

Et sans prévenir, Shiro vint coller son nez dans la chevelure de Daisuke, inspirant profondément – ce qui malgré tout provoqua quelques regards interloqués chez les gens qui passaient près d'eux. Une fois imprégné de son odeur, il se redressa et huma l'air. Il y avait forcément quelque chose de commun dans le parfum de ces chasseur – peut-être vivaient-ils au même endroit, peut-être était-ils du même sang, peut-être leur équipement était-il le même... Cependant, ne connaissant pas ce point commun, Shiro était dans le flou, et il devait se laisser guider par son instinct. Alors qu'il continuait de marcher, forçant l'humain à le suivre, il perdit toute trace des deux autres chasseurs. L'odeur de la substance dont Daisuke s'était enduit le cou perturbait son flair.

Il grimaça et stoppa sa marche. Il tourna la tête vers la droite, vers la gauche. Étaient-ils partis dans des rues adjacentes ? Ça ne changeait rien au fait que lui et Daisuke étaient perdus dans la foule. On ne pouvait pas l'abattre dans un lieu public. Du moins, il en était persuadé. Il tenait toujours fermement l'autre, l'empêchant de s'enfuir, et leva la tête vers le ciel, surveillant le toit des bâtiments. Merde. Cette fichue odeur couvrait toutes les autres ! Il avait l'impression d'être délesté d'un de ses sens – chose assez perturbante, surtout pour un vampire. Dardant son regard noir sur Daisuke, il fronça les sourcils. Il fallait aussi le surveiller, celui-là. Ça faisait trois possibles sources d'attaques, dont deux dont il ignorait la position. Tch. Si il n'avait pas été un éminent membre du Conseil, il aurait fait un carnage. Mais il devait conserver un minimum de discrétion. Alors il allait devoir changer de méthode...

« Tu es en contact avec eux, n'est-ce pas ? C'est comme ça qu'ils nous suivent. Dis-leur de battre en retraite. Ta vie est en danger. Ils feraient mieux de ne pas prendre de risques inutiles. »

Première chose à faire, se débarrasser des nuisibles.

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MessageSujet: Re: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Mar 29 Mai - 15:28


Daisuke gémit, gémit, regarda sa main : de toute évidence, le vampire ne semblait pas vraiment vouloir lui accorder son soutien, encore moins l'accompagner vers la pharmacie qui, pourtant, se trouvait à deux pas d'eux. Les chasseurs, les chasseurs, il fallait qu'il frappe tout de suite. L'autre vampire devait croire qu'il se trouvait au pays des Bisounours et il était un peu dans la merde, puisque ses yeux à eux seuls semblaient projeter des éclairs. Tenter de se dégager de la silhouette de Shiro, fuir vers un endroit qui lui semblait plus fréquentable mais...paf, déjà, le banc craqua sous lui et Daisuke se retrouva sur le sol sans avoir le temps de dire ouf. Ce jour-là, il côtoya la mort de très près. Il y a dans l'approche de la mort et du danger une impossibilité d'action, de réagir dans la seconde, même parfois pour un chasseur bien entraîné. Lorsque Shiro brandit ce pieu improvisé sur sa personne, le garçon retint son souffle, ses yeux s'ouvrant de plus en plus grand de secondes en secondes. Il ne pensait même pas à un éventuel salut, ou à un personnage faisant partie de la foule remarquant cet odieux manège : non, en fait, il ne pensait pas du tout, sa vue était juste concentré sur la barre pointue en bois. Sa mort, sa vie, toutes les actions inutiles qu'il avait pu faire. C'était donc ça, la fin ?

La salut vint, lui, sous la forme d'une balle. Le vampire fut soudainement arrêté dans son mouvement meurtrier, le pieu tomba sur le sol avec un bruit mat. Et Daisuke, lui, souffla. Il se sentait soulagé comme jamais, il inspira une nouvelle goulée d'air, regarda l'épaule de son vis-à-vis qui semblait bien atteinte. Le deuxième coup ne devrait pas tarder, et cette fois-ci, son collègue ne manquerait pas la tête...mais c'était en sous-estimant l'intelligence du vampire : celui-ci ne tarda pas à le prendre comme bouclier et se déplacer parmi la foule en se servant de lui, sans lui laisser le temps de dire quelque chose. Respiration, il se demandait vraiment comme cette histoire allait se finir, et il espérait que ce ne serait pas à la morgue.

Alors Daisuke obéit au vampire : il n'avait pas vraiment l'intention de mourir, ou plutôt, disons que cela ne faisait pas vraiment partie de ses priorités. Il hocha silencieusement la tête, ayant un long frisson lorsque Shiro huma sa chevelure, sans doute pour tenter de localiser les chasseurs. Son père avait peut-être la même odeur que lui mais Daisuke espérait fortement que l'odeur du parfum de la Chinoise contrerait toute tentative de sniffer ses collègues ou même de les prendre à revers. Pendant ce temps-là, il se faisait entraîner dans diverses rues pleines de monde, tentant de regarder autour de lui pour voir si les chasseurs arrivaient. Il n'était pas censé parler et savait que ce vampire-là – il l'avait lu dans ses yeux – n'hésiterait pas à le tuer. Il avait eu belle partie de mettre ce produit sur sa gorge, mais il savait aussi parfaitement que cela n'empêcherait pas le vampire de le tuer, qu'il y avait diverses façons d'exécuter un homme et que le vampire devait bien les connaître.

La phrase que prononça l'autre le fit froncer les sourcils. Il avait tout deviné et Daisuke n'allait pas pouvoir mentir au risque de s'enfoncer encore plus. Si il éteignait son portable, son père risquait de ne plus pouvoir lui sauver la mise comme la dernière fois, et s'il le laissait allumé...le vampire l'exécuterait sûrement sur le champ. Autant vivre quelques secondes de plus, donc.

« Oui...je vais le faire tout de suite...mais vous ne me tuez pas, hein ? »

Il sortit doucement, tout doucement le portable allumé de sa poche, le portant à son oreille. « Qu'est-ce que tu fous, Daisuke ? » - c'était la voix de son père à l'autre bout et il ne semblait pas vraiment être de bonne humeur. Tu m'étonnes...il avait tout de même réussi à se faire prendre en otage par un vampire et entraîner quelques chasseurs à leur poursuite. C'était eux qui risquaient leurs vies, maintenant, et le jeune homme n'avait pas vraiment envie de porter le poids de leur mort sur ses épaules. Son père s'apprêtait donc à lui passer un des plus gros savons de sa vie, vous savez, genre, un savon super glissant qui ferait que s'il était à proximité, Cheveux rouges s'en prendrait deux ou trois bonnes.

« Je n'ai plus besoin de vous, je suis tiré d'affaire, le vampire est parti loin, il a dit qu'il ne me chercherait plus, qu'il a eu ce qu'il voulait. Vous pouvez partir. »

Il tentait de maîtriser les tremblements dans sa voix, de même que dans son corps. Une fois l'appel terminé, le chasseur en voie de perdition ne laissa pas le temps à son père pour répondre mais ferma l'appareil, jetant un regard entendu au vampire. Il était content, comme ça ? Maintenant, il se retrouvait vraiment tout seul avec un monstre, et ce n'était pas super rassurant. Il pouvait peut-être compter sur l'aide des chasseurs qui se baladaient toujours dans le secteur – jusqu'à ce que son père les rappelle, malheureusement – mais sans indications pour les guider, c'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin.

« Je suppose que vous êtes content, maintenant. Ils ne nous retrouveront pas. Malheureusement, j'ai abattu ma dernière carte, alors je vous demanderais de me rendre ma liberté. Ma blessure risque de s'infecter, je n'ai pas envie de perdre ma main, je suis cuisinier avant toute chose ! Si vous essayez de vous venger des chasseurs, je les hais sans doute plus que vous, alors vous ne vous attaquez pas à la bonne personne ! »

Enfin...dernière carte, ce n'était pas exactement le cas. Il lui restait deux pistolets pour se défendre en cas de besoin. Pour ce qu'il venait de dire, il s'agissait là d'une parole de Daisuke tout craché. Râleur, impertinent. Pour la peine, il bougea même un peu, tentant de se tirer des griffes de son kidnappeur.

« Vous êtes devenu vampire comment, vous ? Puisque vous semblez vouloir me garder, alors autant me raconter un peu votre vie, hahaha ! »

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MessageSujet: Re: J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]   Sam 2 Juin - 17:36


Ah. Le téléphone. Shiro n'était pas stupide, il avait beau avoir six cent ans, il savait ce qu'était un portable – il avait évolué en même temps que la société humaine. Si la voix à l'autre bout du fil n'aurait été qu'un vague grésillement pour un humain lambda, le vampire l'entendait clairement. Un homme, et visiblement, un supérieur du petit chasseur. Quelques grognements, un mensonge gros comme Shiro lui-même, et fin de la conversation. Daisuke ferma le clapet de l'appareil et commença à le ranger dans sa poche, mais le vampire le lui prit des mains et le laissa tomba par terre avant de l'écraser de son talon, réduisant l'objet en miettes. Voilà qui était plus sûr – car avec les chasseurs, on était jamais sûr de rien. La suite le fit sourire. L'humain, après s'être débarrassé des deux gêneurs – car le second du Conseil doutait qu'on puisse le retrouver – pensait que Shiro le laisserait reprendre sa liberté. Ah. Insolence, stupidité, vanité ! Comment le chasseur pouvait-il continuer à agir avec tellement d'impudence alors même qu'il connaissait le potentiel du vampire ? Était-il simplement incroyablement bête ou juste provocateur ?

« Tu parles trop. »

Et sa main glissa sur le poignet de Daisuke, le serrant assez pour lui faire mal, pas assez pour le blesser. Cependant, le geste voulait tout dire, et Shiro était largement capable de lui briser les os. Si ce satané soi-disant cuisinier voulait justement le rester, il n'avait qu'à bien se tenir. Il s'était arrêté, au beau milieu de ces gens qui les frôlaient, les évitant à peine. Personne ne semblait vraiment les remarquer. Le fusillant du regard, Shiro ne craignait rien. Ni qu'on lui tire dessus, ni qu'on l'attaque de face. Ici, ce n'était pas possible. Trop dangereux. Dangereux pour ces humains qui ne se doutaient de rien, qui ne voyaient rien ! Ces stupides créatures du jour et de la nuit, ces réservoirs de sang chaud dont le but suprême était le bonheur – et Shiro en riait, en riait, en riait. Un mépris sans fin. Une haine sourde. Le vampire avait soif de meurtre, mais au nom de sa race, il devait conserver son calme. Toujours calme. Toujours se contrôler. Toujours. Le second du Conseil était sévère avec les gens, mais tout aussi intransigeant avec lui-même. Jamais aucune excuse.

Ses doigts, comme un étau, lentement, se resserraient autour du poignet du jeune chasseur, menaçant de franchir la très proche limite de la résistance du corps humain. Fragile, si fragile. Ces mortels étaient si faciles à briser, et aux yeux de Shiro, ils n'étaient que des poupées de chair et d'os. Souvent, il repensait au temps où il était humain. En réalité, il s'en souvenait à peine, mais il savait que lui aussi avait été mortel un jour – tous les vampires l'avaient un jour été. Comment imaginer qu'il avait également été de race inférieure ? C'était étrange. Il y avait entre lui et les humains un fossé énorme. Un gouffre infranchissable. Et le commun des mortels l'ignorait totalement. Non, eux se contentaient de leur vie, ils étaient petits, petits, petits... Dans leur monde de lumière. Un monde que Shiro, malgré tout le pouvoir qu'il pourrait posséder, ne pourrait jamais pénétrer. Inatteignable. Le soleil, pourtant, ne lui manquait pas. Qu'importe le soleil, pourvu qu'il ait le pouvoir.

« Je vais te laisser partir. Préviens tes semblables. 'La prochaine fois, je n'aurais aucune pitié'. En deux cents ans d'existence, j'ai appris à être discret. Les humains devraient continuer leurs occupations d'humains. Ils sont trop faibles pour s'attaquer aux vampires. »

Et discrètement, il dévoila ses canines avant de les dissimuler aussitôt, repoussant brusquement l'humain. Un passant protesta en se recevant de plein fouet le chasseur, mais Shiro n'y accorda aucune importance, ayant déjà tourné les talons. Il partait. Il baissa légèrement les yeux vers son épaule, et soupira longuement en constatant que ses vêtements étaient à jeter. Jugeant l'état de sa veste un peu trop indiscret – le trou au niveau de son épaule voulait tout dire – le vampire la retira avant de la jeter dans une poubelle. Son tee-shirt en dessous avait subi le même sort, et il hésita un instant à le retirer également, mais finalement, il ne se ferait qu'encore plus remarquer. Il le conserva en frottant son épaule, décidant de rentrer vite pour se changer.

Il doutait que les chasseurs puissent retrouver sa trace. Ils avaient dû prendre peur à l'idée que Shiro tue le gamin, et ils avaient sûrement rebroussé chemin. L'autre trouillard avait déjà dû s'en aller la queue entre les jambes, remerciant le seigneur de lui avoir laissé la vie sauve. Shiro ne craignait donc plus rien, et une fois qu'il se sentit assez loin du lieu où il s'était fait tirer dessus, il cessa de se méfier. Il prévoyait déjà d'attraper un autre humain pour se nourrir. La guérison ne l'avait pas tellement fatigué, mais lui avait légèrement ouvert l'appétit, et pour tout ce qu'il avait prévu de faire cette nuit, il ne voulait surtout pas avoir le ventre vide. Son épaule et tout son bras étaient chauds, brûlants, tandis que le reste de son corps s'était refroidi. Le sang avait afflué en masse pour reconstruire l'os et recomposer la chair. La sensation de chatouillis disparut alors, et Shiro sut que son membre était à présent totalement guéri.

Si on l'embêtait encore, son bras serait prêt à faire des ravages.

[Pardon pour ce terrible retard ! Te dire que j'étais inspirée pour ce post serait mentir u__u]

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J'aime bien m'mettre de la crème sur le visage ! [pv Shiro]

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