C'est la fin de Requiem. Merci de prendre en compte le sujet dans les news.

 

 Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]

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MessageSujet: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Lun 28 Mai - 16:19


31 octobre 2011 – Environ 23h30
Forêt de Aokigahara




Le bal annuel des vampires. L’occasion pour toute la communauté de se réunir, de se retrouver. De faire simplement, puérilement, inconsciemment la fête. Comme une pause dans leur quotidien, un moyen de tuer le temps paraissant parfois – souvent - beaucoup trop long à la plupart d’entre eux. C’était le moyen, délicat et subtil, d’enrichir son cercle d’amis, de rencontrer les nouveaux arrivants en ville. C’était convivial, il fallait l’avouer. Force est de constater que les vampires savaient s’amuser, lorsqu’ils en avaient l’occasion. Et, après tout, qui aurait pu dire le contraire ? En sept ans passés dans la capitale nippone, la Parisienne n’avait jamais manqué un seul bal. Elle aimait beaucoup ça, à vrai dire. Pouvoir être libre de ses mouvements et de ses paroles. Contrairement à certains de ces vampires indépendants, elle n’avait jamais eu cette peur de se faire « attraper » par le Conseil. Après tout, elle leur avait porté allégeance et ne comptait pas revenir sur ses promesses. Elle respectait les règles qui incombaient aux Vampires, avec une dextérité qui lui était propre. Elle savait que les règles, lorsqu’elles étaient justes, donnait accès à plus de libertés que ce qu’on pouvait croire. Car, après tout, tant qu’elle ne trahissait pas la confiance du Grand Conseil, personne ne venait lui chercher querelle et elle ne s’en portait pas si mal. Non, à vrai dire, elle s’en portait même plutôt bien.. Rien ne servait de paraître rebelle, alors qu’il suffisait de suivre la justice pour vivre enfin en paix. Elle avait certes était une partisane active du mouvement révolutionnaire de 1789, mais elle savait tout de même se taire, lorsqu’il n’y avait rien dire. Elle n’avait pas envie de protester, juste pour l’ouvrir. C’était idiot. C’était une perte de temps. Et elle détestait ça, purement et simplement.

Marie avait reçu depuis quelques jours un costume. Elle avait sourit, lorsqu’elle avait réalisé que le bal tombait pour la nuit d’Halloween. Blague douteuse. Mettre un bal vampirique le jour de la fête des Morts. Une tradition tellement détournée qu’elle n’avait, aujourd’hui, plus aucun sens. Une fête pour les enfants, peut-être. Des costumes poussant ça et là, au milieu des rues bondées d’enfants ou d’adolescents n’ayant pas encore tout à fait grandit dans leur esprit. Se doutaient-ils seulement du danger qui planait au-dessus de leur tête, alors qu’ils se pavanaient joyeusement ? Avec des gestes tranquilles, la Parisienne ouvrit la boîte contenant le costume qu’elle était censée porter pour la réception. Elle ne l’avait pas encore découvert, voulant garder la surprise pour le grand jour. Sinon, quel intérêt que de se voir imposer un quelconque costume ? Elle avait sourit une nouvelle fois, en prenant le tissu entre ses doigts. Un tissu léger, nacré et doux. Une longue robe, à la fois élégante et tellement suggestive, le tout accompagné de divers accessoires, tels qu’une ceinture dorée, un bracelet en forme de serpent et une sorte de diadème, dans les mêmes tons que la ceinture. Une tenue égyptienne, donc. Le diadème laissant à penser, d’ailleurs, qu’il puisse s’agir d’une tenue de Reine d’Egypte. Marie était ravie. Elle n’aurait pas pu recevoir meilleur costume que celui-ci. Elle qui aimait les belles robes était ravie. Absolument ravie. Elle emporta son costume dans la salle bain, prit une douche rapide, puis l’enfila. Elle se plaisait, ainsi vêtue et c’était sûrement le plus important. Ses yeux se posèrent doucement sur son reflet, tandis qu’elle attrapait déjà un crayon noir. Elle mit un certain temps, avant de réussir à reproduire à la perfection un maquillage « œil de chat » typiquement égyptien.. Elle se trouvait bien trop maquillée, mais il fallait jouer le jeu jusqu’au bout. Sinon, à quoi bon aller à une soirée costumée ? Elle sécha ses cheveux, les brossa avant de les lisser à l’aide de cet appareil révolutionnaire qu’elle avait découvert depuis des années et des années.. Le lisseur. Petite perle des temps modernes. Une fois ses cheveux parfaitement et totalement lisses, elle plaça le diadème sur sa tête. Elle était désormais fin prête. Elle ria seule, en pensant qu’une reine égyptienne blonde ne devait pas être monnaie courante, mais il était absolument hors de question pour elle de mettre une quelconque perruque. Le déguisement avait ses limites.. Sitôt sortie de sa salle de bain, Marie s’arma d’un appareil photo. Et dire que certains auteurs, dans le folklore, pensaient encore que les vampires n’avaient pas de reflets et qu’ils n’apparaissaient pas sur les photographies. C’était tellement idiot, comme croyance. Ils avaient un corps, n’est-ce pas ? Alors, par quel miracle n’auraient-ils pas pu avoir ni d’ombre, ni de reflet ? Elle se prit en photo, essayant de prendre au maximum sa tenue entière, puis alla s’installer face à son ordinateur. La photo se retrouva bien vite sur ce dernier, tandis qu’elle saisissait déjà l’adresse e-mail de sa douce mère. Charlotte lui manquait, oui. Ainsi, elle profitait de chaque occasion pour lui écrire, pour lui donner de ses nouvelles ou pour lui faire partager quelques clichés singuliers, comme celui-ci..

Il était déjà prêt de 20 heures, lorsque Marie se décida enfin à quitter son studio, déambulant dans les rues de la ville, comme hypnotisée par toutes ces lumières. Elle accorda un sourire à une jeune femme qui regardait sa tenue avec insistance, avant de disparaître, de se perdre dans la foules et les transports en commun. La Parisienne ne cessait, depuis 7 ans, d’essayer de se fondre dans la masse d’humains qui grouillaient un peu partout. Elle voulait vivre simplement, pour avoir l’occasion de découvrir véritablement les richesses du pays.. Elle traîna encore quelques heures avant de pénétrer dans la forêt de la Mort. Cette Forêt qui alimentait tant de croyances et de superstitions étranges. La demoiselle releva légèrement sa robe, tandis qu’elle s’engageait entre les arbres hauts de la forêt, faisant bien attention à ne pas abîmer le tissu. C’était tellement handicapant, dans ce genre d’environnement, que d’avoir une robe si longue ! De même, porter des talons, alors qu’il fallait marcher sur un sol instable et inégale n’était pas ce que l’on pouvait appeler une partie de plaisir. Si elle avait trouvé une quelconque utilité au fait de soupirer, nul doute qu’elle l’aurait fait sans hésiter, pestant soudainement contre ce costume qu’elle avait trouvé si fabuleux avant de pénétrer dans un lieu aussi sauvage que celui-ci. Mais le vice de cette forêt – qui avait décidément tout pour la mettre hors d’elle – ne s’arrêta pas là. Alors qu’elle s’enfonçait encore un peu plus profondèment, une corde vint lui chatouiller le cou sournoisement, tandis qu’une racine coinça un de ses pieds. Si elle avait gagné en agilité en devenant vampire, elle n’en restait pas moins une femme, essayant de marcher avec des talons dans une forêt et tenant une robe longue en boule, pour la remonter au-dessus des genoux.. Autant dire qu’elle n’avait pas vu venir le coup de la racine et qu’elle tomba, ayant juste le temps de lâcher sa robe pour mettre ses deux bras perpendiculaires au sol pour ne pas s’étaler comme une crêpe.

    « Connerie de bal.


Dit-elle en français, après s’être relevée et avoir vérifié l’état de sa robe nacrée. Fort heureusement, elle n’avait rien subit de fâcheux.. Elle s’engagea à nouveau entre les arbres, fixant désormais son regard nyctalope sur le sol. Elle avait eu de la chance une fois de ne pas salir sa robe, il ne fallait pas tenter le Diable.. Et puis, en relevant la tête, elle vit cette silhouette familière qui lui arracha un sourire. Il s’était déplacé pour le bal ? Elle ne pouvait que difficilement cacher qu’elle en était ravie. A grand pas, elle alla à sa rencontre, posant une main sur son épaule lorsqu’elle arriva à sa hauteur. Elle lui adressa un sourire radieux, tout en le prenant dans ses bras sans vraiment lui laisser le choix. Et, joyeusement, elle fini par ouvrir la bouche afin de s’adresser à l’homme devant elle.

    « Heureuse de voir que tu t’es déplacé, Vivian !




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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Mar 29 Mai - 17:38


    Près de 700 ans, c'était très long. Bien sur, pour les humains, ça ne semble strictement rien. Une frise chronologique sur un livre d'histoire, tout au plus. Ils vivent innocemment au jour le jour sans se préoccuper du passé ou de l'avenir. Les rares personnes qui se lançaient dans ce genre de quêtes étaient parfois, souvent, des parias. On ne comprenait pas, on trouvait que leur passion était peut être un signe de faiblesse par apport au présent. Parce que forcément, le passé c'est plus facile à contrôler et à modeler que le présent. Peu de gens viendraient vous embêter pour avoir un peu romancé le Moyen-Age, ajouté une histoire d'amour légendaire au milieu d'une des batailles les plus barbares et les plus sanglantes de l'histoire. Avoir légèrement gommé les erreurs de certains hommes pour faire ressortir celle des autres. Le peuple de la Terre aimait les histoires manichéennes. La ou ils pouvaient mettre un nom sur la menace. Ça les rassuraient.
    Cette vision des choses, autant que le temps qui passe, horripilaient Vivian. Lui, il savait. Il etait la lors du règne de Louis XIV, durant la chasse aux sorcières, qui avaient vu tellement de morts innocentes, durant les massacres en Chine, durant la fin du règne du puissant Tokugawa. Du haut de son immortalité plus ou moins imposantes, il avait put suivre les pires moments de cette planète, et on pouvait alors comprendre que pour lui comme pour tous les autres vampires, cette vie puisse être terriblement pénible. 

    C'est pour cela qu'il sautait en particulier sur toutes les occasions de s'amuser. S'amuser, c'était un rare luxe qu'il ne faut négliger, en particulier quand on est une créature de la nuit. Ce n'était pas comme si ils pouvaient faire tout ce qu'il leur chantait ! Il faut pas croire ! Bien que le vieux vampire avait appris à n'en faire qu'à sa tête des que l'occasion se présentait.
    Son costume pour le Bal annuel des Vampires l'avait beaucoup amusé. Un beau hanbok, si majestueux qu'il ne jurait même pas avec sa petite taille et ses traits typiquement japonais. De plus, il était si parfaitement cintré qu'il donnait la sérieuse impression de n'avoir été confectionné que pour être porté par le trentenaire.
    Les couleurs sautaient particulièrement aux yeux. Du blanc soyeux et du rouge flambloyant, des manches ornées de dragons qui donnaient l'impression qu'ils allaient à tout moment s'échapper du vêtement... Bref, c'était en plein dans le mille ce qu'il appréciait, lui qu'il pensait faire ringard dans ce genre de costume...
    Le soir du bal arriva très vite. Et le finlandais attendait cela avec plus d'impatience qu'il ne l'aurait cru.
    D'une naturel solitaire, il n'était pas vraiment le genre à se mêler avec ses congénères. 
    Quand se n'était pas pour se nourrir, il préférait la compagnie des humains. Ils étaient beaucoup moins compliqués, à son avis.

    Le soir d'Hallooween, la forêt se parait d'allures mystérieuses, inquiétantes mais magnifiques. Les quelques statues shintoïste que l'on pouvait trouver par ci par la augmentait la sensation mystique qui  s'échappait de cet endroit. Si il avait assez muri, et largement, maintenant, pour savoir que les esprits et autres bêtises n'existaient absolument pas, avant sa mort, il ne serait jamais entré dans un endroit pareil.
    Autrefois, il avait été d'un naturel terriblement croyant. Il aurait crut qu'une fête maléfique ou une sorte de sabbat s'y préparait. 
    Ce qui était plutôt vrai, en fait. Il ne ferait pas bon pour des humains aventureux de se promener dans les parages aujourd'hui. Mais qui a part des adolescents en quête de terreurs auraient l'idée de venir ici ? Sans parler de vampires, on ne sait jamais ce qui peut se cacher derrière ses fourrés. 
    On ne connaissait pas exactement l'emplacement du bal dans la forêt, et il n'avait pas encore croisé un autre congénère mais une rumeur lui donnait l'espoir qu'il etait enfin arrivé sur place, quand une présence se fit sentir derrière lui. Il ne se braqua pas, parce que soit c'était un vampire qui normalement ne lui voudrait pas de mal, ou alors c'était un humain, et il n'avait aucune intention de se délecter de sang ce soir. 
    Au pire, on penserait qu'il était un type bizarre qui se baladait en tenue traditionnel d'un autre pays au beau milieu de la foret parce que ça l'amusait et on passerait son chemin.

    Sauf que cela ne fut pas le cas, et il sursauta violemment quand quelqu'un l'enserra dans ses bras sans presque un bruit. 
    Une jeune femme blonde, étrangère, d'une vingtaine d'années, se trouvait devant lui. Bien sur, il la connaissait bien et la jeune femme gagnait à etre connue. C'était une assez jeune vampire, ou tout du moins de son point de vue, qu'il n'avait pu résister à prendre quelque peu sous son aile bien qu'il avait rapidement compris qu'elle se débrouillait parfaitement bien sans son aide, au demeurant. On pouvait dire qu'ils étaient amis, bien que des humains verraient un peu cela autrement. Ils ne se voyaient que quelques fois de temps à autres, se croisaient parfois en chassant, se contactaient simplement pour aller en soirée et s'amuser un peu.
    Elle était l'une des personnes favorites de l'homme pour passer du temps avec.
    Et franchement, la soirée lui semblait tout de suite un peu plus amusante quand elle fut entrée dans son champs de vision, avec l'expression bien française de son affection. 
    « Heureuse de voir que tu t’es déplacé, Vivian !
    -Tu sais bien que je n'aurais raté cela pour rien au monde. C'est un événement incontournable, pas vrai ?
    Un vrai sabbat, effectivement. Il la regarda de haut en bas avec un regard appréciateur et pour le moins amusé. Il lui allait à merveille. Les costumes de ce genre auraient bien fait étrange sur une petite japonaise mais sur un corps long et fin comme le sien le résultat etait sérieusement impressionnant.
    -Voyez vous ça ! Cleopatre pas vrai ? Il te va parfaitement.
    Il ne prit pas de gants pour la regarder sous toutes les coutures. Il ne l'avait jamais fait d'ailleurs.
    Il remarqua sa robe et ses talons alors lui offrit immédiatement son bras comme un homme galant devait le faire. 
    -Puis je vous proposer mon bras madame ? Demanda t'il en francais avec un petit accent sarcastique.
    A moins que vous ne soyez accompagnée, mais je n'ai pas l'impression de voir César dans les parages.


    Comme pour vérifier une dernière fois il regarda par dessus son épaule, puis se tourna vers la jeune fille, avec qui lui avait recommencé a marcher, calant son pas sur le sien.
    -Comment vas tu depuis le temps ?


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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Mer 30 Mai - 13:20


Marie avait sourit lorsque Vivian avait sursauté, visiblement surpris par cette approche quelque peu furtive et physique. Ca n’avait pas été un petit sursaut, non, celui-ci avait été violent. Et bien, et bien.. Se faire avoir par une jeune, n’était-ce pas là un comble pour l’ancien ? La Parisienne n’était pas sans savoir que Vivian avait quelques années de plus qu’elle-même. Quelque chose comme 300 ans, peut-être un peu plus. Presque l’âge de la demoiselle, en soit.. Mais cela ne l’empêchait pas pour autant d’essayer de le chercher, dès qu’ils se voyaient. Un jeu. C’était à celui qui trouverait l’autre avant. Il n’y avait aucun doute à avoir ; Vivian était de loin un des vampires préférés de Marie. Elle aimait passer du temps avec lui, se laissait parfois docilement surveillée par l’homme qui l’avait d’emblée prise sous son aile. Elle ne s’ennuyait jamais avec lui. Et, oui, dans son esprit on pouvait clairement parler d’amitié. Elle faisait confiance à l’homme et le respectait. Et s’ils ne s’étouffaient pas, malgré cette relation, ce jeu de chat et de la souris, c’était tout simplement parce qu’ils avaient su prendre du recul, l’un envers l’autre. Et c’était pour le moins appréciable, aux yeux de Marie. Ainsi, elle pouvait s’épanouir tout en ayant bien conscience d’avoir toujours un point de chute au cas où quelque chose irait franchement de travers dans sa vie.

    - Tu sais bien que je n'aurais raté cela pour rien au monde. C'est un événement incontournable, pas vrai ?
    « Absolument.


Répond-elle en français, un petit air amusé peint sur le visage. Oui, c’était effectivement un événement incontournable pour tous vampires dignes de ce nom. Ou, tout du moins, pour tous vampires s’intéressant un minimum à leur communauté. Son air amusé ne disparu pas non plus, lorsqu’elle sentit le regard de Vivian glisser sur elle. Se prenant même au jeu, elle tourna sur elle-même, pour lui laisser tout loisir de regarder son déguisement. Ou de la regarder, elle, ça dépendait des points de vue. Ce n’était un secret pour personne – et certainement pas pour le vampire – que le fait que Marie aimait lui plaire et le séduire. Oh non, il n’y avait pas trace d’amour ou d’une quelconque relation de ce type entre les deux protagonistes. C’était, encore une fois, un jeu. Un simple jeu, qui n’avait jamais dépassé les limites du conventionnel. La Parisienne gardait très à cœur les enseignements qu’elle avait reçu durant sa première vie. Et ceux-ci étaient très stricts. Si la France avait pu passer aux yeux du monde comme un pays de dépravations et de vices, il n’en était rien dans la maison où elle avait passé ses jeunes années. Elle avait été élevée avec tous les artifices rendant une femme subtile, belle mais néanmoins sage, presque pure. Et jamais il ne lui aurait traversé l’esprit une quelconque pensée mal placée vis-à-vis de Vivian. Aux yeux des autres, leur relation avait d’ambigüe leurs jeux, et leurs mots. Mais, pour la Française, tout était aussi clair que l’eau d’un ruisseau. Elle avait acquiesçé sans une parole lorsqu’il avait découvert la nature de son déguisement, elle-même ne se gênant pas pour le dévorer du regard. Il avait quelque chose de très imposant, dans ce hanbok traditionnel et, il fallait l'avouer, pour le moins majestueux.

    « Il faut avouer que la tenue que tu portes te met également en valeur.


N’hésita-t-elle pas à dire, un léger sourire aux lèvres. Vivian lui présenta son bras, tout en ajoutant – et en français, s’il vous plait ! – une petite question et remarque qui fit sincèrement rire la demoiselle. Non, il n’y avait pas de César avec elle. Ni ce soir, ni dans sa vie. Elle ne s’en plaignait certes pas, mais il fallait bien avouer que la compagnie d’une personne partageant son quotidien lui manquait grandement. Elle n’en dit rien, cependant, se contentant de simplement secouer la tête de gauche à droite, tout en s'emparant du bras qui lui était tendu. Elle avait bien conscience qu’elle devait être un peu froide. Elle ne s’était pas nourrie depuis la nuit passée, mais n’était pas sans savoir qu’il y aurait sûrement de quoi caler sa faim à la réception. Ce n’était donc pas la peine de s’en prendre à un pauvre malheureux au détour d’une quelconque route, même si, en attendant, la faim se faisait sentir et son corps réagissait en conséquence.

    - Comment vas-tu depuis le temps ?
    « J’irai mieux si mes amis venaient me voir, de temps en temps » dit-elle en français, tout en jetant un regard accusateur à l’homme qui marchait à ses côtés, avant de reprendre en Japonais : « Je plaisante, bien entendu. Je vais bien. Et toi ? »


Plaisantait-elle vraiment ? C’était au moins ce que faisait croire son visage souriant et amusé. Au fond, elle ne plaisantait pas tellement. C’est vrai, pour quelqu’un n’ayant pas l’habitude de la solitude – même après plusieurs longues années – vivre seul était un Enfer. Et si elle sortait beaucoup, ce n’était que pour compenser ce besoin de voir du monde. Elle était peut-être trop sociable.. Et, mine de rien, elle demandait beaucoup d’attention à ses amis, même si elle le cachait sous le masque de l’humour. Mais, là n’était pas la question. Elle n’avait pas envie de penser ni à sa solitude, ni à quoi que ce soit de négatif cette nuit. L’heure était à la fête et non à la déprime.. Et, de plus, elle était en très bonne compagnie, elle ne pouvait pas le nier. Tranquillement, elle leva les yeux vers le ciel caché derrière les arbres immenses de la forêt.

    « Le soleil ne te manque pas, parfois ? Vivre l’éternité, plongé dans le noir. C’est à la fois d’une extrême beauté et d’une profonde laideur. Est-ce que tu penses qu’un jour, on trouvera le moyen de pouvoir vivre normalement ?


Son regard était insistant. Elle voulait sa réponse. Et elle n’était pas prête de lâcher des yeux le vampire qui se tenait à côté d’elle. Après tout, c’est vrai.. Pourquoi devaient-ils subir la colère des humains et le châtiment cruel et douloureux de ne pouvoir vivre que dans le noir ? Pourquoi fallait-elle qu’elle pense à cela maintenant ? Allez, Marie, arrête de te plomber le moral toute seule, voyons..

    « Pardon, je divague quelque peu. Nous sommes là pour aller nous amuser, n’est-ce pas ? Je ne devrais pas penser à des choses aussi.. déprimantes.


Elle s’arrêta brusquement, pour venir se planter devant Vivian, venant de penser à une chose qui lui semblait des plus importantes. Elle planta son regard ambré dans celui du vieux vampire, oubliant presque totalement sa question précédente et toutes ces mauvaises pensées.. S’ils rentraient ensemble au bal, l’assemblée pensera probablement que Vivian tenait le rôle de son cavalier.. Et, la tradition des bals impose bien entendu que deux jeunes gens venus ensemble à une réception danse main dans la main. Sans trop réfléchir, Marie attrapa les deux mains de Vivian. Une des mains de ce dernier se retrouva sur la hanche de la Parisienne, tandis que la seconde fut entraînée, droite comme une piqué, par celle de Marie. Sans rien lui expliquer, elle se mit en position pour commencer une longue et ennuyeuse danse de salon, avant de lui sourire et de déclarer, d'un ton sérieux ;

    « Montre-moi comment tu danses, Vivian. Je ne veux pas avoir l’air d’une sotte pendant la réception à cause d’un cavalier maladroit.


Tu crois encore trop en France, ma petite…


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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Jeu 31 Mai - 16:34


    Vivian ne pouvait pas ne pas apprécier la beauté de la française. Qui aurait pu ? En particulier pour un japonais, cette beauté toute exotique ne pouvait qu'être que fascinante, en particulier, quand comme lui, on avait été totalement seul si longtemps.
    La jeune femme était plutôt une jeune vampire. Donc ils s'étaient rencontrés bien après sa transformation. Au Japon précisément. Et il avait trouvé un état d'esprit tout à fait semblable au sien. Ce qui est plutôt avenant venant d'une jeune femme qu'il aurait pensé toute entière à l'ivresse d'être éternelle. 
    Ce qui ne l'empêchait pas, comme lui, de profiter de la situation. Elle était curieuse, et leur relative liberté de mouvements, et leurs attributs assez utiles leurs permettaient beaucoup de choses, ce qui était très plaisant, mine de rien. Ils avaient donc beaucoup de discussions très passionnantes sur nombre de choses...
    Et une relation qui etait réellement au beau fixe. Une totale première pour un homme qui évitait depuis toujours au maximum la compagnie de ses congénères.
    « Absolument.

    Il sourit malicieusement et reporta son regard sur la lune, bien ronde et dilatée, visible derrière les nuages, comme si Dieu avait un peu pensé à eux cette nuit. Un petit geste montrant en quelques sortes qu'ils ne les oubliaient pas. Il en doutait fortement comme il doutait de l'existence d'un Dieu bienveillant tout court. Si Dieu n'était pas qu'une chimère alors pourquoi laissait t'il des personnes innocentes souffrir sans rien faire ? 
    Reportant son regard sur la jolie vampire, il lui annonça que son costume lui allait particulièrement bien, ce qu'elle accueillit avec un sourire. Ce genre de compliments, elle devait en avoir entendu à la pelle d'humains qu'elle avait séduit pour se substanter. Le charme d'un vampire, un grand privilège, tourné en dérision par la télévision et le cinéma, mais qui était une arme essentielle pour vivre.
    Eux, ils s'amusaient beaucoup à se surprendre. C'était toujours drôle de pouvoir jouer de son apparence, et Vivian mettait un point d'honneur à le faire quand il la rencontrait. Le dernière fois, il avait les cheveux blonds platine, ce qui avait étonné la jeune femme.
    Aujourd'hui, ils etaient d'un noir beaucoup plus sobre, qui trahissait un désir de ne pas détonner malgré le costume pour le moins coloré qu'il portait.
    D'ailleurs, sa réaction à ce sujet ne tarda pas, et il rit malicieusement.
    « Il faut avouer que la tenue que tu portes te met également en valeur.
    -Tu trouve ? J'avais peur d'avoir l'air ridicule dedans. Genre, comme un gamin tu vois ? Mais ils pensent vraiment à tout.
    Dit il avec un petit rictus amusé puis pour la remercier, lui fit un petit clin d'oeuil, avant de lui proposer de l'accompagner avec force courbettes, comme il avait pu le faire  dans un passé lointain et avec un peu plus de sérieux, bien qu'il lui montrait bien que maintenant qu'il l'avait près de lui, il ne comptait pas la laisser filer. 
    Il lui demanda avec un sourire si elle allait bien. Ça devait deja faire un mois ou deux qu'ils ne s'étaient pas croisés. Certes, ça peut paraitre une longueur indécente pour un humain. Les vampires, c'est un peu différent, ce n'était qu'une toute petite goutte dans la grande mer de l'éternité.
    « J’irai mieux si mes amis venaient me voir, de temps en temps »
    Le trentenaire fut legerement pris de court. Ce n'est pas l'envie de la voir qui lui manquait, bien sur. Il avait dans l'idée qu'il ne se lasserait jamais d'elle même si il la voyait un peu plus souvent. Mais était ce ce qu'elle désirait ? On était jamais sur de rien et elle était une vraie génie dans l'art de cacher ses sentiments... A moins qu'il ne devienne trop vieux, qui sait. « Je plaisante, bien entendu. Je vais bien. Et toi ? »
    -Tu as raison de m'en vouloir, ma belle. Répondit il dans la langue maternelle de la jeune femme. On devrait sortir tous les deux plus souvent. Je suis sur qu'on ferait un malheur la nuit à Ginza, la nuit.
    Il rit doucement, amusé, puis repris, plus sérieux. Je vais bien. Je m'ennuie par contre. Mais je crois que c'est un peu le lot de nous tous. Pas vrai ?

    Il savait qu'elle serait d'accord avec lui. Il ne connaissait pas beaucoup de buveurs de sangs qui ne s'étaient pas un peu ennuyé de tout le temps ou ils avaient été sur cette terre. Meme si ces périodes etaient relativement courte, et qu'elles etaient entrecoupées par des périodes particulièrement intéressantes. La communauté des vampire n'était pas composée de vieux croutons qui passent leur temps dans un cercueil, c'est une idée totalement eronnee. Encore plus que les humains ils ont leurs propres petits ragots et scandales.
    Il nota dans un coin de sa tete brune de faire découvrir plus de choses à la jeune femme. Elle méritait plus de soins. 

    « Le soleil ne te manque pas, parfois ? Vivre l’éternité, plongé dans le noir. C’est à la fois d’une extrême beauté et d’une profonde laideur. Est-ce que tu penses qu’un jour, on trouvera le moyen de pouvoir vivre normalement ?

    Il avait toujours adoré l'esprit de Marie, et apparemment ça ne changerait pas ce soir. Il devinait facilement que même de son vivant elle n'avait jamais été une écervelée. Elle etait née avec cette sagesse et avait parfaitement appris à l'utiliser sans devenir ennuyeuse ou acariâtre. 
    -Si jamais il vient un jour à avoir des scientifiques faisant des recherches sur les gens comme nous. Pourquoi pas ?
    Il soupira.
    -J'en ai oublié à quoi ressemble le soleil. Je pense qu'au final on serait trop éblouis à force d'être resté dans le noir trop longtemps. Mais c'est vrai. Ça me manque un peu parfois !
    Oubliant un moment cette discussion légèrement déprimante quand on considérait qu'ils étaient ici pour s'amuser, il se concentra sur ses propres pieds, évitant de justesse un petit lapin qui détala à la vitesse de la lumière dans les fourrés. 
    -Depuis quand ne t'ais tu pas nourrie ? Tu es glacée, Marie.
    S'étant particulièrement bien nourri la veille, le vampire n'avait ou réprimer un petit frisson.

    « Pardon, je divague quelque peu. Nous sommes là pour aller nous amuser, n’est-ce pas ? Je ne devrais pas penser à des choses aussi.. déprimantes.
    Il rit doucement.
    -Si tu n'y pensais pas, je penserais que tu es folle. Notre situation est injuste... On est d'accord... tu verras, avec les années, on s'y habitue. Jamais complètement, mais on finit par s'y faire.
    Il serra très légèrement ses doigts dans les siens et lui sourit malicieusement.
    Ils étaient prêt à de rapprocher encore du coeur de la foret quand subitement, elle s'arrêtait, le surprenant encore. Quoi soudainement ? Encore plus interloqué, le jeune homme la vit prendre sa main et la coller sur sa hanche.
    Il fallait éclater de rire quand il comprit soudainement ce qu'elle voulait faire.
    -Tu ne veux pas attendre d'être sur place pour danser ?
    « Montre-moi comment tu danses, Vivian. Je ne veux pas avoir l’air d’une sotte pendant la réception à cause d’un cavalier maladroit.

    -Je suis un vampire, Marie. Un vampire qui peut encore éviter les branches mortes.
    Mais il n'hesita pas longtemps pour lui montrer ce qu'il pouvait faire, en ayant appris à peu pres toutes les danses qu'une telle tenue lui permettait de porter. Sa taille posait un léger problème. La encore. Mais Marie n'étant pas beaucoup plus grande, ils pouvaient se regarder dans les yeux sans aucun problème.
    Bien qu'à la fête, il doutait qu'ils ne dansent que des choses d'un temps révolu, il accéda à toutes ses requêtes. Et passant par la, on les aurait prit pour des fantômes étranges, avec leur peau diaphane.
    -Alors, comment je suis ? Demanda t'il en la rapprochant de lui après l'avoir fait tournoyer sans aucune faute sur elle même. 
    -Plutôt bon danseur j'espère, j'ai eu 700 ans pour apprendre.
    Il lui sourit et lui tendit à nouveau la main.
    -Allons y, il ne faudrait pas faire attendre nos amis.
    Il la mena alors encore une bonne centaine de mètres dans la foret sombre, jusqu'à ce qu'ils débouchent devant l'un ou le plus grand rassemblement de buveurs de sang de l'année.
    Le moins qu'on puisse dire, c'est que les vampires savaient s'amuser. Et qu'ils n'avaient pas chaumé pour cette soirée en particulier. C'était tout simplement magnifique. Un magnifique legerement glauque quand on savait que c'était une fête des morts, mais beau tout de meme.
    Autour d'eux se côtoyaient cow boys et princesses de la renaissance, pirates et nobles moustachus... Bref, c'était la débandade des costumes, donnant au tout une saveur plus joyeuse qu'il l'aurait imaginé.
    Lâchant un beau sourire à la jeune femme. 
    -Prête à faire une nuit blanche ?
 


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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Ven 1 Juin - 14:06


L’ivresse d’être éternelle.. Loin d’être idiote, Marie n’était pas davantage superficielle. Elle était consciente des raisons qui avaient poussées Charlotte à faire d’elle un vampire, et jamais elle n’avait prit cela comme la chance de rester jeune éternellement. Prise à l’aube de sa vie, la Parisienne aurait voulu grandir encore, avoir des enfants, vieillir.. Mais elle savait cela impossible maintenant et si elle ne se plaignait pas de sa condition, elle ne pouvait pas se montrer hautaine ou supérieure sous prétexte qu’elle garderait intact cette beauté particulière qui était la sienne. Elle avait une vision bien à elle sur sa condition et, s’il elle en profitait – heureuse d’avoir pu découvrir des époques et des lieux qu’elle n’aurait jamais pu découvrir en restant mortelle – elle savait tout de même garder les pieds sur Terre. Elle ne méprisait que trop ces vampires qui passaient leur temps à rabaisser les humains ou à se vanter de quelques qualités propre à leur race pour seulement imaginer devenir comme eux. Elle appréciait Vivian pour ça. Car il avait l’expérience, sans avoir la prétention et que chaque instant passé à ses côtés semblait à la Parisienne comme un cadeau. Un moyen d’assouvir une curiosité ne se raréfiant pas avec le temps, mais également d’échanger des points de vue. Leur amitié n’avait jamais connue de perturbations et c’était sûrement en grande partie pour cela que Marie se sentait en totale confiance avec son aîné.

Il sourit et Marie ne pu s’empêcher de penser qu’elle aimait son sourire, surtout lorsque celui-ci se faisait si malicieux. Mais elle pensa, simplement et n’en dit rien. Il ne devait pas être sans savoir que la blonde appréciait ce physique toujours changeant que lui offrait Vivian. Ou, tout du moins, il devait bien le deviner. Après tout, si tel n’était pas le cas, elle ne se serait pas laissée séduire, presque attrapée, pour mieux s’échapper et revenir ensuite. Elle ne manquait jamais de remarquer les changements. En même temps, comment passer à côté du fait qu’il avait les cheveux blonds platine quelques mois plus tôt, arborant fièrement une tignasse brune à présent ? Ça ne lui enlevait en rien son charme. Encore moins dans ce beau costume. Marie aimait les choses traditionnelles. Elle avait toujours pensé que, bien porté, le moindre costume traditionnel de n’importe quel pays pouvait être magnifique.. Et si le vêtement mettait en valeur le vieux vampire, ce dernier mettait en valeur le vêtement, rendant le tout absolument délicieux à l’œil. Elle lui fit un compliment, pour répondre à celui qu’il lui avait glissé quelques secondes plus tôt. Et les paroles de Vivian provoquèrent chez Marie un petit rire qui se mêla par la suite à celui de l’homme.

    -Tu trouve ? J'avais peur d'avoir l'air ridicule dedans. Genre, comme un gamin tu vois ? Mais ils pensent vraiment à tout.
    « Je vois très bien.. Mais non, qu’importe ce que tu portes, tu reste séduisant. Ce devrait être interdit, un tel charme.


Il lui fit un clin d’œil, qu’elle accueillit d’un sourire charmeur. Il y avait une part de jeu et une part de vérité dans ce qu’elle avait dit. Une grosse part de vérité, d’ailleurs. Elle ne lui faisait pas du rentre-dedans, non, elle exprimait un point de vue, exposait une réflexion ayant germée dans son esprit. Rien de plus, même s’il fallait avouer qu’ainsi, elle ne se privait pas d’essayer de le séduire quelque peu. Puis, il lui demanda comment elle allait.. Ils ne s’étaient pas croisés depuis peut-être un mois, ou deux.. Et si ça ne semblait rien aux yeux d’un vampire, cela commençait à faire beaucoup aux yeux d’une personne trop sociable pour aimer la solitude prolongée. Elle n’avait pas tant que ça d’amis avec lesquels elle se sentait à son aise, et il était vrai qu’elle aimait à passer du temps avec eux..

    -Tu as raison de m'en vouloir, ma belle. On devrait sortir tous les deux plus souvent. Je suis sur qu'on ferait un malheur la nuit à Ginza.


Il rit doucement, accompagné par le sourire d’un visage ravi que laissait voir Marie. Elle aimait beaucoup cette proposition, à vrai dire. Passer plus de temps à ses côtés ne serait pas pour lui déplaire, oui. Elle ne se lassait jamais de sa présence, de leurs conversations parfois profondes, parfois trop légères mais toujours passionnantes. Mais, elle ne voulait rien imposé à l’homme. L’amitié ne devait pas être contraignante, à ses yeux. Les amis devaient pouvoir être libres, tout en restant soudés. C’était là la touche subtile faisant de cette notion étrange quelque chose de si particulier et de si important.

    - Je vais bien. Je m'ennuie par contre. Mais je crois que c'est un peu le lot de nous tous. Pas vrai ?
    « Comme je te comprend. Je passe des journées entières à tourner en rond dans mon studio. C’est terriblement frustrant. Peut-être vais-je investir dans un petit animal de compagnie.. Un petit chat, ça mettrait un peu d’animation dans mon quotidien..


Elle avait sourit, tout en parlant. Oui, l’ennuie était monnaie courante pour les vampires. Mais, avec le temps, on s’y fait, sûrement. On rencontre des gens et on oublie un peu qu’on vivra encore des siècles avec un ennuie presque mortel. Il fallait être imaginatif pour lui échapper. Marie avait trouvé une parade ; l’ordinateur et les jeux vidéos. Mais, l’envie n’était pas toujours au rendez-vous pour jouer ou pour passer des heures, le visage collé à un écran lumineux. Comme elle aurait aimé sentir à nouveau la chaleur de l’astre doré sur son visage.. Pouvoir faire des activités non nocturnes, autres que celles qu’elle était obligées de faire la nuit. Elle savait que si elle découvrait beaucoup de choses, il lui manquait quelques connaissances importantes sur ce qu’était devenu le monde. Mais, elle n’avait pas le choix.. Elle prit la parole, pour faire part de sa réflexion à Vivian. Il lui semblait, parfois, se retrouver en compagnie de Germain pour soulever des questions existentielles qu’ils avaient la sensation d’êtres les seuls à se poser.. Cette pensée la fit sourire, tandis qu’elle écoutait attentivement le vampire.

    -Si jamais il vient un jour à avoir des scientifiques faisant des recherches sur les gens comme nous. Pourquoi pas ? J'en ai oublié à quoi ressemble le soleil. Je pense qu'au final on serait trop éblouis à force d'être resté dans le noir trop longtemps. Mais c'est vrai. Ça me manque un peu parfois !
    - J’imagine le soleil comme une lumière presque divine, qui me caresserait le visage tendrement, pour me réchauffer de ses doigts longs et fins.. Mais, dans les faits, j’ai oublié également à quoi ça ressemblait, le jour. La nuit est belle, également. Mais je suppose qu’on veut toujours ce qu’on ne peut obtenir..
    -Depuis quand ne t’ais tu pas nourrie ? Tu es glacée, Marie.


Changement radicale de sujet. Ah oui, se nourrir. Une chose qu’elle faisait à contre-cœur depuis plus de 400 ans. Avec un air angélique, en se mordant la lèvre comme si elle venait d’être prise en faute, la demoiselle sourit malicieusement à Vivian, comme pour essayer de détourner son attention. Elle ne voulait pas qu’il s’inquiète.. D’une petite voix, qu’elle dirigea vers le sol, elle fini par lui répondre ;

    « Je me suis nourrie hier. Un peu.


Un peu était un euphémisme. Si elle avait ingurgité un litre et demi de sang la nuit précédente, c’était sûrement un miracle. Elle se sentait un peu faible, mais ça allait tout de même et elle savait qu’elle pourrait se nourrir sans avoir à tuer qui que ce soit pendant la réception. D’ailleurs, pour changer de nouveau le sens de la conversation, elle s’excusa sur sa divagation concernant le sujet précédent, ce qui fut accueillit par un sourire de la part du vampire.

    -Si tu n'y pensais pas, je penserais que tu es folle. Notre situation est injuste... On est d'accord... tu verras, avec les années, on s'y habitue. Jamais complètement, mais on finit par s'y faire.
    « J’ai perdu mon mari pour la liberté.. Et aujourd’hui, je ne suis plus libre du tout, sans être pour autant oppressée. C’est une sensation étrange.. Mais, au fond, je ne pense pas avoir le droit de me plaindre de quoi que ce soit. Je ne suis pas malheureuse, il y a juste certaines choses que j’ai du mal à comprendre. Mais, n’en parlons plus ! Nous aurons bien d’autres occasions de converser sur notre condition plus tard.. Pour le moment..


Elle s’arrêta, après lui avoir jeté un regard doux lorsqu’il lui avait serré les doigts, comme pour la rassurer. Elle aimait avoir l’impression qu’il pouvait la protéger de tous les dangers, même de ceux de l’esprit. Et, c’était sans mal qu’il arrivait à la faire se sentir en parfaite sécurité. Tant qu’elle était avec lui, elle se disait que le monde pouvait bien s’écrouler, il ne lui arriverait rien.. Mais enfin, prise par on ne sait quelle folie douce, la demoiselle le fit se mettre en position de danse. Elle se doutait, certes, qu’il n’y aurait pas que de la musique profondément ennuyante pendant la réception.. Mais elle avait envie de voir ce que valait son ami en danse. Et puis, en soit, c’était aussi le moyen de prolonger un moment de complicité, qu’ils étaient les seuls à pouvoir appréciés. Et il n’hésita pas à lui montrer de quoi il était capable. La taille de Vivian n’avait jamais véritablement était sujet à problèmes, aux yeux de la Parisienne.. Et cette petite entrevue amusante lui faisait oublié toutes les questions qu’elle s’était posée précédemment. Elle se laissait conduire par les pas expérimentés du vampire, jusqu’à ce qu’il s’arrête.

    -Alors, comment je suis ? Plutôt bon danseur j'espère, j'ai eu 700 ans pour apprendre.


Elle profita de leur rapprochement pour venir déposer un baiser sur la joue de Vivian. Son visage indiquait à quel point elle était heureuse d’être dans cette Forêt, avec lui, à partager un moment pour le moins singulier. Elle le prit une nouvelle fois dans ses bras, mettant sa bouche à quelques millimètres de son oreille pour venir murmurer d’une petite voix que seul lui pouvait entendre ;

    « Très bon danseur, je dirai même.


Elle se décala, accueillant le sourire que lui adressait Vivian avec un regard heureux et rieur, ne se faisant pas prier pour reprendre la main qu’il lui tendait. Ils marchèrent encore un peu, jusqu’à arriver là où ils avaient été invités. Et ce qui se passait sous le regard de Marie lui semblait tout simplement magique. Partout, des costumes de différentes sortes se côtoyaient, dans une décoration majestueuse et très bien pensée. Il n’était pas difficile de voir dans les yeux de la Parisienne à quel point elle était passionnée par tout ce qui s’offrait à elle. Sa curiosité prenait le dessus et elle avait envie de fureter dans tous les recoins de la salle pour découvrir des décors cachés par la masse de vampires présents. Mais, en bonne cavalière, elle se contenta de tout dévorer des yeux, tout en serrant la main de Vivian. Ce n’était pas la première fois qu’elle venait à ce genre d’événement.. Mais c’était chaque fois si merveilleux, si féérique, qu’elle ne pouvait s’empêcher de tout redécouvrir..

    - Prête à faire une nuit blanche ?


Elle hocha la tête, le regard rempli d’étoiles, comme une enfant qu’on aurait lâchée dans un parc d’attraction, tout en entrainant son ainé vers un buffet des plus singuliers. Elle prit de quoi se nourrir plus convenablement que la nuit passée, buvant avec une certaine classe.. Les forces revinrent progressivement, en même temps que sa chaleur corporelle.

    « Amusons-nous. Je suis vraiment contente d’avoir la possibilité de passer cette nuit avec toi.


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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Lun 4 Juin - 17:04


    « Je vois très bien.. Mais non, qu’importe ce que tu portes, tu reste séduisant. Ce devrait être interdit, un tel charme.
    Et elle savait bien complimenter, en plus ! Un aussi vieux vampire que lui aurait du pouvoir rester de marbre à son petit jeu mais elle conservait toujours une petite avance sur lui. La fougue de la jeunesse sans doute...ou pas.
    En tous les cas, il aimait beaucoup l'idée de pouvoir flirter encore et encore sans qu'il n'y ait de fin ou de marque concrète. Jamais il ne s'étaient embrassés ou n'avaient pas passé une nuit ensemble et dieu seul sait que Vivian ne l'aurait jamais fait. Pas parce qu'il n'en avait pas envie mais parce qu'il tenait énormément à la confiance de la jolie française. 
    Toujours était il qu'il était rodé à l'exercice de la séduction des humains étant donné que ça devait bien être son seul moyen de subsister. Il n'était pas une bête. Hors de question de se jeter sur quelqu'un crocs déployés...beurk. Mais les humains se jetaient trop rapidement dans ses bras à son gout. Ça n'avait rien de drôle. Pire, ça lui coupait très souvent l'appétit.
    C'etait donc encore l'une des raisons pour lesquelles il appréciait tant Marie. Elle avait le pouvoir de rendre sa vie moins monotone.
    -C'est trop d'honneur ! Fit il avec le même rire malicieux. Surtout venant de la Reine des Reines !

    Quand il lui proposa avec entrain de passer un peu plus de temps avec lui, il ne mentait pas et ne se forçait pas non plus. Ce qui l'étonna, il faut bien le dire. Il était connu pour vouloir un maximum se fondre dans la masse des humains et préférait de loin leur compagnie que celle de ses congénères. Le voir à une fête organisée par la Communauté était même assez étrange et surprenant. Il avait toujours éprouvé de la répulsion pour les buveurs de sang, sinon quelques exceptions, dont Marie faisait partie. 
    On ne repousse pas la vraie amitié, pas vrai ? Que ce soit avec un vampire ou avec un humain. De plus, il se rendait bien compte qu'il pouvait être lui même en sa présence. Il n'avait pas peur de passer pour un vieux radoteur nostalgique, ou au contraire pour un vampire inconscient qui aimait un peu trop s'amuser pour son propre bien. Il aurait été capable d'essayer de séduire un chasseur simplement pour rire. 
    « Comme je te comprend. Je passe des journées entières à tourner en rond dans mon studio. C’est terriblement frustrant. Peut-être vais-je investir dans un petit animal de compagnie.. Un petit chat, ça mettrait un peu d’animation dans mon quotidien..
    Tiens, il n'y avait pas pensé à ça ! Devrait il envisager la même chose ? Il était assez vieux pour supporter la présence d'un être vivant dans sa maison, mais la question était, serait il capable de s'y faire ? Il avait été seul si longtemps...
    Il commençait à y penser sérieusement, quand il se rendit compte qu'il s'était arrêté de parler un long moment.
    -Tu as raison. Une adorable jeune fille comme toi ne devrait pas rester constamment seule.
    Il lui décocha un sourire. Difficile de lui proposer de jouer les chatons lui meme, ce qui pourtant aurait été plutôt drôle. Il se demandait bien ce que ça pouvait donner, de vivre avec quelqu'un et de partager des habitudes communes. La dernière fois remontait bien trop pour qu'il puisse s'en souvenir en détails. 
    -Ou tu peux trouver un homme, je me suis laissé dire que c'était moins gentil qu'un chaton, mais c'est une idée comme une autre !

    Fit il, avec des airs de sage chinois. 
    Alors, justement, ils commencèrent à parler de leur envie commune de revoir le jour.
    Vivian avait l'espoir peut etre fantasque et idiot que les vampires gardaient leur âme enfouie quelque part dans leur corps froid comme la glace et espérait qu'il existait pour eux un monde après l'éternité, une sorte de paradis ou ils pourraient gouter à nouveau à cette sensation de liberté. Mais la encore, son imagination ne faisait que parler. Il aurait fallut pouvoir poser la question à des vampires ayant succombé. 
    - J’imagine le soleil comme une lumière presque divine, qui me caresserait le visage tendrement, pour me réchauffer de ses doigts longs et fins.. Mais, dans les faits, j’ai oublié également à quoi ça ressemblait, le jour. La nuit est belle, également. Mais je suppose qu’on veut toujours ce qu’on ne peut obtenir..
    Le jeune homme la regarda avec admiration. Sa description de l'astre solaire qu'ils devaient tous fuir lui coupant le souffle. Les mots étaient terriblement juste. Il pouvait presque l'imaginer en fermant les yeux quelques secondes.
    -La nuit fascine les humains autant que le jour nous fascine. Je trouve ça bien. Pour moi ça veut dire qu'on a pas totalement perdu de ce qu'on était avant. Il serra doucement ses doigts autour des siens avec un sourire rassurant. Il faut y croire. Un jour, quelqu'un décidera surement qu'on a de nouveau le droit à la lumière.
    Il détourna légèrement les yeux, conscient qu'il s'emballait un peu.
    -On a l'éternité pour attendre, pas vrai ?

    Il s'inquiéta de sa froideur. Pas par politesse mais bien parce qu'elle l'inquiétait. Il espérait qu'elle ne faisait pas quelque chose d'aussi idiot d'essayer de se sevrer. Il avait essayé de faire ça et...il frissonna en pensant à ce que l'abstinence de sang l'avait poussé a faire, alors qu'il avait perdu la tête. Il savait maintenant qu'avec les années, il venait tout simplement plus facile de se contrôler, à force. Hors, elle était encore une jeune vampire. Mais il ne l'asticota pas plus sur le sujet, conscient qu'il ne pouvait pas agir comme son père.
    « J’ai perdu mon mari pour la liberté.. Et aujourd’hui, je ne suis plus libre du tout, sans être pour autant oppressée. C’est une sensation étrange.. Mais, au fond, je ne pense pas avoir le droit de me plaindre de quoi que ce soit. Je ne suis pas malheureuse, il y a juste certaines choses que j’ai du mal à comprendre. Mais, n’en parlons plus ! Nous aurons bien d’autres occasions de converser sur notre condition plus tard.. Pour le moment..
    Vivian eut un petit rire.
    -Je crois que personne ne comprendra jamais rien à tout ça ! L'existence est malheureusement le plus grand mystère de l'homme ou du vampire. Je suis assez perdu aussi, je dois dire. Mais le mieux qu'on puisse faire c'est avancer.


    Ils repartirent sur l'un des dangereux chemins menant au temple vampirique. Il remarquait à peine tous les objets qui gisaient au sol et qui témoignaient des événements horribles qui avaient eut lieu dans cet endroit mal famé tant il etait tout entier captivé par la jeune femme à ses cotés et en particulier par ses réactions. 
    La dernière un peu étrange en date, la voila qui voulait danser. En plein milieu d'une trouée d'arbres.
    Pourquoi pas après tout ? Il sourit largement, amusé par sa demande, et décida donc de lui montrer un peu ce qu'il savait faire.
    Quand on avait été un aristocrate dans l'une des plus grandes cours nordiques, on ne pouvait pas tout simplement pas savoir danser. A l'époque, les occupations des gens comme lui se résumaient au bals et pour lui, à son travail de musicien de la chambre. Oh mon dieu ! Si il avait su à l'époque qu'il ferait du rock aujourd'hui, il aurait fait des cauchemars toutes les nuits ! 
    Apres avoir dansé une belle valse pendant laquelle ils ne s'étaient pas quitté une seconde du regard, pas gêné le moins du monde, il lui demandait alors ce qu'elle pensait de sa performance.

    « Très bon danseur, je dirai même.
    Il sourit au baiser déposé sur sa joue, lui donnant la sensation qu'elle était devenue presque chaude.

    -Tant mieux, alors allons y, Mademoiselle.
    Ils ne leur fallut pas longtemps pour arriver au lugubre temple... Pas si lugubre que cela d'ailleurs, puisque cette nuit la, il était rempli de "vie". On discutait à voix haute, beaucoup de couples dansaient déjà, et surtout l'endroit était exceptionnellement beau quand on savait que c'était un vieux temple délabré qui se cachait derrière la majestuosité de la réception. 
    Voyant que la jeune femme avait l'air d'une enfant que l'on emmène pour la première fois à la fête foraine, il décida de descendre les dernières marches qui menaient à la grande salle, puis de l'amener vers le buffet. Heureusement, il la vit boire avec entrain, ce qui lui fit passer outre du fait qu'il trouvait légèrement hypocrite la façon de présenter élégamment le breuvage rouge, et prendre un verre lui aussi.
    Quand il reprit sa main, il n'avait plus l'impression étrange de donner la main à une statue. 
    « Amusons-nous. Je suis vraiment contente d’avoir la possibilité de passer cette nuit avec toi.

    -Et moi donc, Marie. Ça n'aurait pas été pareil sinon.
    Et pour cause, il ne connaissait personnellement aucun autre des invités. Parfois, il reconnaissait des visages qui lui etaient plutôt familiers, ou des noms dans les conversations dont il avait deja entendu parler, mais rien d'extraordinaire. Il etait totalement étranger à ce monde et Marie l'aidait à surmonter cette différence plutôt gênante.
    -Tu m'as l'air tellement émerveillée ! Et pourtant les fêtes de la cour de France étaient autrement plus majestueuses, tu n'y es jamais allée ?
    Il faut dire aussi qu'entre un bal masqué francais qu'il y a 200 ans et le Bal des vampires aujourd'hui, il y avait des différences bien notables. 
    Il vit quelques vampires les reluquer mais surtout reluquer leurs mains qui ne s'étaient pas lâchées depuis le début. Il pouffa en s'imaginant quel couple atypique ils pouvaient faire.
    -J'espère que tu n'as pas peur des ragots, ma belle. Parce que ça y va bon train !
    En même temps, même les vampires aimaient les belles histoires d'amour...non ?


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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Ven 8 Juin - 9:42


Était-elle une bonne séductrice ? Avec les humains, c’était facile. Ils se laissaient bercer par l'illusions de ses paroles, donnant leur confiance sans même véritablement la connaitre.. Ils se laissaient prendre au jeu trop facilement, comme des enfants. Mais séduire un autre vampire était autre chose.. Surtout un vampire de 700 ans, qui avait déjà du vécu et qui avait dû voir passer nombre de femmes et nombre de tentatives de séductions.. Cependant, Marie ne perdait pas confiance en elle. Elle était consciente que Vivian l’aimait beaucoup et se servait de cela pour le faire flancher gentiment. Et il accueillait toujours ces tentatives avec plaisir, semblait-il, en la confortant dans l’idée qu’elle parvenait à le séduire, ne serait-ce qu’un minimum. Il fallait l’avouer, à côté de Vivian, Marie était un bébé.. Ce qui rendait leur jeu plus intéressant encore. Il était très difficile de dire si c’était correct ou non, la Parisienne n’avait pas l’impression de faire du charme à son grand-père, disons.. Après tout, elle avait toujours vu sa condition comme l’arrêt prématuré du temps.. Elle avait 19 ans depuis 222 ans.. Et, à 19 ans, on cherche avant toute chose à s’amuser et à plaire, n’est-ce pas ? Bref ! Marie accueillit la remarque que lui fit Vivian, après qu’elle l’ai complimenté, avec un large sourire. Oui, ce soir elle était la Reine des Reines.. Indétrônable. Surtout en compagnie de cet homme. Ils parlèrent de l’ennuie que pouvait provoquer l’éternité.. Et Marie ne pu s’empêcher de le dévisager lorsqu’il prononça quelques mots qui la perturbèrent légèrement. Il lui disait de trouver un homme. Était-il sérieux ? Ou bien avait-il l’envie de devenir son petit chaton ? Cette idée la fit sourire. Elle avait grand mal à imaginer un Vivian vivant avec elle dans le petit studio, lui faisant des câlins et passant toutes ses journées avec elle. Il était trop solitaire pour ça.. Enfin, non, il n’était pas solitaire.. Mais Marie n’était pas sans savoir qu’il n’aimait pas particulièrement la compagnie des autres vampires, même si la sienne ne semblait pas lui déplaire.

    « Je ne pense pas être faite pour vivre avec un homme. Ou il faudrait que celui-ci ai quelque chose de spécial, quelque chose d’envoûtant.. Et qu’il me supporte également, ce qui n’est pas chose aisée au quotidien.


Le regard ambré de la Parisienne se posa presque avec insistance sur le vieux vampire. Après tout, elle se serait très bien vue vivre avec lui.. Même si elle aurait eu peur que les choses entre eux deviennent incontrôlables, ou qu’ils succombent finalement à leur jeu. Elle s’était déjà imaginée cesser de jouer et tomber dans les bras de Vivian, mais elle n’avait de cesse de garder cette idée pour elle. Elle ne voulait pas l’effrayer, ni même se projeter dans l’avenir avec qui que ce soit. C’était idiot, l’homme était un ami proche simplement.. Mais l’imagination féminine peut parfois être trop riche, surtout lorsqu’il s’agissait de romantisme. Ainsi, le fait qu’ils changent de sujet ne fut pas pour lui déplaire. Elle se connaissait suffisamment pour savoir qu’elle n’aurait pas su retenir très longtemps ses idiotes pensées. Et elle fut ravie de pouvoir parler de sa façon de voir le jour. D’être écoutée. Ce n’était rien d’autre que des espoirs vains, elle en était bien consciente. Mais elle aurait tellement voulu voir une nouvelle fois, rien qu’une fois, la lumière du jour.

    -La nuit fascine les humains autant que le jour nous fascine. Je trouve ça bien. Pour moi ça veut dire qu'on a pas totalement perdu de ce qu'on était avant. Il faut y croire. Un jour, quelqu'un décidera surement qu'on a de nouveau le droit à la lumière.


Lorsqu’il lui avait serré les doigts, la demoiselle lui avait adressé un joli sourire sincère, se demandant qui d’elle ou de lui il voulait rassurer.. Elle remarqua que le vampire détourna le regard lorsqu’il eut finir de parler, bien qu’il n’eut strictement aucune raison d’être gêné. Après tout, elle aussi partageait ces idées que certains de leurs congénères jugeaient comme loufoques. Mais elle considérait qu’elle avait bien le droit de rêver et que, par expansion, Vivian en avait également le droit. Il s’emballait, oui.. Mais la Parisienne pouvait le comprendre. Après tout, cela faisait 700 ans qu’il se traînait dans le noir.. Et s’il n’avait pas d’espoir, la demoiselle ne doutait pas qu’il serait devenu fou depuis longtemps. Les gens n’ont de cesse d’imaginer l’éternité comme la chose la plus fantastique qui soit.. Mais ils n’imaginent pas une seule seconde la tristesse, l’ennuie, le découragement que l’on peut ressentir en continuant à vivre pendant des siècles et des siècles. Ça avait quelque chose de tellement triste. Quelque chose de tellement idiot, aussi.

    -On a l'éternité pour attendre, pas vrai ?
    « Oui. Mais je suis sûre que tu as raison ou, en tout cas, je veux y croire.


C’était sûrement pour tout le sérieux de leurs nombreuses conversations que Marie aimait tellement écouter et converser avec le vieux vampire. Il avait beaucoup à lui apporter, sans avoir la prétention de lui faire remarquer qu’elle était beaucoup plus jeune que lui et c’était pour le moins appréciable. Elle pouvait ainsi donner son avis sans être brimée, l’oreille attentive du vampire était toujours prête à accueillir ses propos. Même les plus farfelus. Il ne la jugeait pas, elle pouvait simplement être elle-même, sans avoir à mentir pour cacher son âge, pour cacher l’époque dans laquelle elle avait vu le jour, ni pour cacher sa condition. C’était une liberté importante pour elle. C’était ce qui différenciait cette amitié de celle qu’elle pouvait avoir avec des humains.. Ou avec d’autres vampires. Peu d’entre eux savaient qu’elle avait été mariée de force, par exemple.. Même si ce n’était que des détails, ils avaient leur importance dans le sens où cela permettait de comprendre ce qu’elle était aujourd’hui. Et, en soi, Vivian pouvait se vanter d’être une des rares personnes à la connaître réellement, puisqu’il connaissait beaucoup de son passé.. Mais enfin.. Ils discutèrent encore un peu, avant de continuer leur chemin. La petite pause qu’ils firent au milieu de nulle part, à danser sur une musique que seul leur esprit produisait mis la demoiselle de bonne humeur. Elle fut amusée de voir que son aîné s’était pris au jeu, en lui montrant ce qu’il savait faire.. Puis, ils arrivèrent finalement à la réception majestueuse. Toutes ces couleurs, tous ces costumes.. C’était tellement merveilleux. Avant toute chose, Marie décida de se nourrir généreusement – sans en prendre trop tout de même, elle savait que ça ne servait à rien – avant de reporter toute son attention sur Vivian.

    « Amusons-nous. Je suis vraiment contente d’avoir la possibilité de passer cette nuit avec toi.
    -Et moi donc, Marie. Ça n'aurait pas été pareil sinon.
    « Je le pense aussi..


Même si elle était plutôt bien intégrée dans la communauté vampirique, car elle était discrète et ne faisait pas de vagues ni d’histoires, Marie se sentait plus à l’aise de partager ce moment et cette soirée avec le vieux vampire. Elle se sentait confiante et aimait se montrer au bras de l’homme. Elle ne lui lâchait plus la main, regardant alternativement son cavalier et la salle de réception. Et les deux spectacles lui plaisaient beaucoup.

    -Tu m'as l'air tellement émerveillée ! Et pourtant les fêtes de la cour de France étaient autrement plus majestueuses, tu n'y es jamais allée ?
    « Je dois avouer que j’étais davantage occuper à monter des plans pour la prise de la Bastille et pour le bon déroulement de la Révolution Française que de songer à me montrer à des fêtes de la cour de France.


Dit-elle en souriant. Elle n’ajouta pas que ces réceptions lui avaient toujours donné envie de vomir, car en dehors des murs des châteaux et bien loin des masques de la noblesse, elle avait vu à cette époque des gamins en train de crever de faim et de froid dans les rues de Paris, alors même que les fêtards mangeaient à outrance, faisant un gâchis de tout ce qu’ils touchaient. Si elle était noble de sang, Marie s’était toujours sentie plus proche du bas peuple. C’était ainsi, on ne pouvait pas la refaire. Mais, cette nuit, c’était différent. Il n’y avait plus de révolution française, plus de gamins recroquevillés et pleurant dans les rues. Elle n’était plus la petite Marie Desternes, qui avait vu des femmes, des enfants et des hommes agonisant en plein milieu des marchés. Non, aujourd’hui, elle était Marie Beaudoire qui avait vu des femmes et des hommes se battre et gagner pour leur liberté..

    -J'espère que tu n'as pas peur des ragots, ma belle. Parce que ça y va bon train !
    « Plait-il ?


Répondit-elle en français, surprise. Elle avait sursauté, sortie de ses pensées par la voix de son cavalier, se rendant soudainement compte qu’elle avait plongé tête la première dans ses souvenirs. Elle regarda autour d’elle et remarqua en souriant plusieurs regards rivés sur eux et leurs mains se tenant fièrement. Elle ne pu s’empêcher de rire, avant de venir prendre le vampire dans ses bras, comme pour alimenter les rumeurs encore davantage, en profitant alors pour venir murmurer quelques mots à l’oreille de Vivian.

    « J’ai l’habitude d’être discrète.. Mais je dois avouer que ce soir, je suis fière de me montrer en si bonne compagnie, que cela alimente les rumeurs ou non..


Elle déposa un baiser sur la joue du vieux vampire, avant de l’entraîner pour aller danser. Elle avait envie de s’amuser, c’était un fait.. Et elle n’allait pas s’en priver !


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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Sam 9 Juin - 13:00



    « Je ne pense pas être faite pour vivre avec un homme. Ou il faudrait que celui-ci ai quelque chose de spécial, quelque chose d’envoûtant.. Et qu’il me supporte également, ce qui n’est pas chose aisée au quotidien.

    Le jeune homme eut l'air amusé alors qu'il soutenait son regard. Il n’empêche qu'il se sentit...curieux. Il se demandait ce que ca aurait fait de trouver l'amour dans son état....Il ne pensait pas cela possible. Une fois tragique lui avait suffi. Les autres vampires le répugnaient et la vie humaine était si fragile qu'il se faisait violence pour ne pas trop s'attacher à eux. Pourtant, Marie lui faisait penser que c'était peut être possible. Peut être qu'il arriverait à vivre avec elle. Cela ne voulait pas dire qu'il aurait l'occasion un jour évidemment, mais il aimerait énormément essayer. Il était sur que ce serait amusant.
    -Ça doit bien exister sur cette terre, et honnêtement, je ne pense pas que tu sois si terrible à supporter. Je suis sur que tu trouverais une bonne dizaines de personnes prêtes à relever le défi.
    Nouveau sourire et nouveau regard amusé. Il n'insista pas pourtant. Il connaissait parfaitement son passé. Etre mariée de force à 19 ans de ne devait pas être des plus faciles pour avoir une bonne opinion de l'amour. Et lui meme avait peur de ce sentiment. La dernière fois qu'il l'avait ressenti, c'était il y a plus de 700 ans, et la personne était morte dans d'atroce souffrance alors qu'il avait été tout simplement condamné à une éternité entière pour ressasser ces événements. Il cilla légèrement alors qu'il était presque certains de sentir l'odeur de fer qu'avait le sang. La sensation poisseuse qu'il avait laissé sur ses mains quand il l'avait secoué...
    Il soupira et se sortit de ces horribles souvenirs. Il était là pour s'amuser avec la plus belle des Reines.

    Ils changèrent de sujet pour parler d'une autre chose qui leur avait été enlevée à l'instant ou ils avaient été transformés. Le droit de voir le jour dans toute sa splendeur. Il n'arrivait plus à imaginer ce que ça pouvait être. Ce genre d'image remontaient de trop loin. Parfois, il avait quelques petites réminiscences. L'odeur des fleurs au printemps, leurs couleurs presque aveuglantes sous la lumière, pour lui qui avait la sensation de tout voir en noir et blanc, le chaleur doucereuse, telle une caresse, comme le disait si bien la jeune femme, sur sa joue, lui donnaient parfois un peu de réconfort, et la sensation d’être un peu moins froid.
    Il fut heureux de voir que la belle ne s'était pas interdit le droit de rêver à des jours meilleurs. C'était tellement rare les gens comme elle. Il chérissait ce sourire magnifique sur son visage quand elle parlait du jour.
    Sans savoir pourquoi, ce genre de sourire l'emplissaient de joie et d'espoir. Quand elle lui disait qu'elle y croyait, lui y croyait toujours plus. Si il avait pu lui offrir le soleil, il l'aurait fait rien que pour la voir heureuse. Elle le méritait.

    Il lui sourit doucement et acquiesça. Le tout était d’être patient, très patient. Une foule de choses pouvaient advenir en une éternité.
    Si le vampire avait effectivement des choses à apprendre à cause de son grand age, elle lui en apportait bien plus et elle ne s'en rendait pas compte. Ils échangeaient, s'opposaient sur certaines choses et étaient d'accord sur beaucoup d'autre. On pouvait dire que cela expliquait pourquoi malgré le fait qu'elle soit un vampire, le jeune homme pouvait facilement dire que c'était elle qui le comprenait le mieux, et pourtant, derrière son apparence totalement inoffensive, dieu seul sait combien il était difficile de déchiffrer ses paroles et ses actes.
    Mais fini les conversations sur les choses les plus malheureuses de leur vie, pour le moment. Ils partagèrent un petit moment de complicité dans ces bois sinistres, et finirent par arriver à l'un des plus grands rassemblements de vampires de toute l'année.
    Même les plus solitaires, ou ceux qui entretenaient les moins bonnes relations avec le concert, avaient étés attirés par le faste de cette fête. Et tout était fait pour ravir les invités.

    Jusqu'aux victuailles...Difficile de les rater, leur odeur était si douce et si forte. C'était du sang de première qualité. Pas comme celui dont il se nourrissait habituellement sur des vils parrains de mafia, ou des violeurs patentés. Des horribles personnes. Ce sang la devait venir d'humains très purs...

    Il essaya de résister un peu. Malheureusement, ce fut trop dur quand il vit sa cavalière boire avec autant d'appétit...Après tout il n'aurait pas ce genre d'occasion toute l'année. Alors il prit une des coupes pour y tremper ses lèvres et frissonna. Le sang avait un effet immédiat. Il se sentit encore rajeunir de dix ans. Quelle ironie du sort...Quand on savait que les personnes qui lui permettaient de devenir plus fort étaient sûrement morte ou très affaiblie. C'était un schéma drôlement injuste, mais c'était la première caractéristique de la chaîne alimentaire. Et d'une certaine façon, ils faisaient comme les humains quand ceux ci tuaient des animaux pour en déguster la chaire.... Alors pourquoi s'en vouloir autant ?
    Il proposa le verre sur la table et finit par changer de sujet, quand il demanda à la jeune femme si elle n'était jamais allée aux fêtes de la cour en son temps. Pendant les dix années qu'il avait vécu à la Cour de France, lors de l'apogée du Roi Soleil, il avait passé son temps à s'amuser lors des bals et des banquets. Il avait rencontré des femmes, des hommes, qui étaient, malheureusement pour eux, tombés sous leur charme. Il n'était encore qu'un vampire proprement égoïste et insouciant à l'époque. Il choisissait tous ses amants, en faisaient des calices, qu'il laissait tomber lorsqu'ils le lassaient...
    Il aurait sûrement pu rester plus longtemps en France, il s'y plaisait. Malheureusement, un soir, son petit jeu avait dérapé....Et il avait tué une duchesse...
    Ça avait sûrement été le déclic qui l'avait poussé à se détourner de la vie en société, au moins le temps qu'il arrive à contrôler parfaitement sa soif. Son cou d'une blancheur morbide, les mains crispées sur ses épaules, et le sourire béat, le dernier, qu'il avait vu sur son visage...Il avait compris qu'il était un monstre, ce jour la.

    « Je dois avouer que j’étais davantage occuper à monter des plans pour la prise de la Bastille et pour le bon déroulement de la Révolution Française que de songer à me montrer à des fêtes de la cour de France.

    -C'était une époque bien triste...acquiesça t'il. J'admire ce que vous avez fait à l'époque. La Cour...était une prison dorée. Je doute même que les personnes qui y vivaient se rendaient compte de ce qu'il se passait à l'extérieur. J'ai honte de le dire...mais j'étais aveugle moi même.
    Il n'avait compris que lorsqu'il avait fuit la cour. Il se souvenait encore d'avoir marché dans les rues étroites, humides et nauséabondes de Paris, d'avoir côtoyé les maladies, la peste, la gangrène, les enfants morts de froid...
    L'action du peuple lors de la Révolution avait débloqué le système et apporté de vrais changements...Ces gens avaient sacrifié leur vie pour pouvoir instaurer un régime plus équitable. Il n'avait jamais compris pourquoi Dieu n'avait pas simplement accordé à la jeune femme une vie tellement plus à la hauteur de ses actions. Elle aurait dut etre une femme heureuse, avoir des enfants, et puis mourir très vieille. Au lieu de cela, elle était piégée dans son corps d'adolescentes, et il savait bien qu'il devait y avoir des moments très difficiles, comme avec tout le monde d'ailleurs.
    Il tourna les yeux vers elle et remarqua qu'elle aussi était plongée dans ses pensées...Beaucoup de réminiscences du passé hantaient leur soirée...C'était très certainement inévitable.

    Il décida d'attirer son attention sur les vampires qui les fixaient avec étonnement. Qui aurait crut que Taizo Vivian aie pu arriver avec une cavalière vampirique à son bras ? Et pourquoi Marie l'avait elle choisi ? C'était un couple si peu assorti qu'il ne risquait pas d'etre oublié. Et surtout...Quelle relation pouvait bien les lier ?
    Vivian sourit en coin en se rendant compte qu'il ne pouvait lui meme pas répondre à cette question. C'était tellement étrange mais tellement plaisant aussi.
    « Plait-il ?
    Il lui désigna la foule d'un léger mouvement de tete. En voyant son sourire, il sut qu'ils n'allaient pas se gener pour jouer avec leurs imaginations. D'ailleurs il sourit encore plus quand elle le prit dans ses bras, le jeune homme passant une main autour de sa taille tout en jetant un regard franchement mutin en direction d'un groupe de vampires déguisés en aristocrate, qui se détournèrent rapidement, vexés d'avoir été repérés.

    « J’ai l’habitude d’être discrète.. Mais je dois avouer que ce soir, je suis fière de me montrer en si bonne compagnie, que cela alimente les rumeurs ou non..

    Il aurait rougi si il en avait été capable, mais il ne dit rien et se contenta simplement d'attraper sa main tendue et aller danser avec elle sur la piste, savourant ses petits rires mélodieux quand il lui disait quelque mot d'esprit en la faisant tournoyer sur place....Tout le monde les regardaient, et il était persuadé qu'il devait être source de jalousie, parce que la jeune française était tout particulièrement éclatante. En fait, elle était la plus belle de toutes. Rien de plus naturel pour la Reine des Reines.
    Il l'attira doucement contre lui, posant sa main sur la cambrure de son dos. Il rit doucement quand leurs visages se retrouvèrent à quelques millimètres l'un de l'autre. Quelques millimètres seulement, et il se surprit à se demander quel goût pouvait avoir ses lèvres roses et fraiches. Bizarrement, cette pensées avait tout simplement germé dans son esprit sans autre forme de pensées et il allait en faire la découverte quand subitement, un brouhaha leur fit tourner la tete, un peu surpris.

    Une odeur, en particulier, plus forte que celle qui montait de la table, les alertèrent. Un dernier vampire était entré dans la salle de bal. Il ne lui était pas inconnu, bien que jamais il ne lui ait adressé la parole.... Encore, qu'un vampire très solitaire vienne à cette fête n'était pas des plus étonnants, le plus étonnant, c'est qu'il tienne un humain près de lui. Un humain avec les yeux bandés.

    Vivian se mit feuler, ayant une mauvaise impression immédiatement de la situation. Sans lacher la main de la jeune femme, qu'il tenait dans la sienne depuis le début, il se tourna vers l'intru, comme l'avaient fait tous les autres invités. Un silence de tombeau s'était installé dans la pièce, personne ne respirait, aucun ne trahissait d'émotions. On aurait put croire à un rassemblement de statut. Et quand Ketsueki retire le bandeau de sur le visage de l'humain, un long murmure anxieux parcoure l'assistance.
    Quelques secondes plus tard, c'est terminé. L'humain et le vampire ont disparu avec un troisième. Tout le monde parle rapidement de ce qu'il s'est passé, l'air préoccupés, ou simplement l'air ravi d'avoir un nouveau ragot sur lesquels discuter allègrement.
    Le moins que l'on puisse dire, c'est que le jeune couple n'était plus au centre de l'attention.
    Vivian se tourna vers la jeune femme, l'air un peu perdu...

    -C'était vraiment bizarre.



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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Lun 11 Juin - 13:12


Il était vrai ; le banquet était absolument exquis. Marie avait légèrement tressaillit en trempant ses lèvres dans le liquide rouge.. Celui-ci n’avait absolument pas le même goût que le sang de ceux qu’elle choisissait soigneusement. Elle ne se nourrissait que d’hommes et de femmes n’ayant plus rien à perdre, souvent à la rue et la suppliant presque de les achever, voyant en elle la promesse d’un repos qu’ils n’avaient pas la force d’aller chercher d’eux-mêmes par le suicide. Lorsqu’ils comprenaient, lorsqu’ils voyaient les crocs de la demoiselle, ils étaient tous si.. reconnaissants. Tous connaissaient le mythe des vampires, certains y croyaient, d’autres se laissaient simplement prendre au jeu. Il n’était que rarement arrivé à la Parisienne de mordre et de tuer quelqu’un qui ne le voulait pas. La plupart du temps, ses victimes étaient résolues, prêtes à partir. Elle ne les tuait pas.. Elle les libérait. Mais ceux qui avaient donné leur sang ce soir ne devaient pas faire partir de cette même classe sociale. Si elle n’avait pas eu faim, elle aurait trouvé cela écœurant en pensant aux pauvres humains que le Conseil avait dû saigner comme de pauvres porcs à l’abattoir. Peut-être se faisait-elle simplement des films. Qui sait.. Mais là n’était pas la question. Cette soirée ne devait en rien être gâchée par des questionnements trop poussés. Elle réfléchissait toujours trop.. Vivian attira son attention sur les bals organisés en France, dans lesquels la demoiselle n’avait que peu mis les pieds. Elle se souvenait brièvement qu’elle avait assisté à certaines de ces réceptions, alors qu’elle était adolescente, avec ses parents. Il s’agissait là des rares moments qu’elle avait pu passer aux côtés de son père et de sa mère. Mais ces souvenirs ne sonnaient pas comme bons. Avec le temps, Marie avait nourrit cette épaisse et increvable rancune vis-à-vis de ses géniteurs décédés depuis quelques temps, déjà. Et sa famille – comme les bons souvenirs – se résumait à Charlotte et à son mari. Elle se rappelait avec un sourire sincère des soirées et des nuits qu’elle avait pu passer à Paris, dans des habitations pour le moins primaires, avec ces deux là. Les quelques résistants qu’ils avaient pu côtoyer n’avaient de cesse de les appeler les trois inséparables. Et elle ne s’était d’ailleurs presque jamais séparée de Charlotte, par la suite.. Dieu que cette femme pouvait manquer au paysage de la Française..

Très rapidement, Marie se prit au jeu de la fête. Vivian lui montra quelques curieux s’étant attardés sur le couple singulier qu’ils formaient. C’était comique, il fallait bien l’avouer et Marie en joua, imaginant aisément les questions pullulant dans l’esprit des spectateurs. Mais, à mesure que les regards se portaient sur eux, la Parisienne les oublia, se posant ses propres questions. Il y avait-il simplement de l’amitié entre eux ? N’était-ce pas plus compliqué ? Ne s’étaient-ils pas pris au jeu et brûlés les ailes à vouloir se fuir pour mieux se rattraper ? Ils allèrent danser et Marie oublia ses questions. Elle riait aux paroles du vieux vampire, avec l’impression qu’il n’y avait plus qu’eux sur la piste de danse. Le regard de la demoiselle ne semblait pas vouloir se décrocher de celui de l’homme, tandis qu’elle le dévorait littéralement des yeux. Elle se laissait guider par les pas de Vivian, tournant en riant toujours. Le reste du monde pouvait bien s’écrouler, elle s’en fichait à cet instant. Elle était perdue dans un autre univers, oubliant ses tracas, oubliant sa condition peu enviable, oubliant Germain et Charlotte. Elle profitait simplement, s’amusant comme une femme devait s’amuser, rattrapant presque le temps qu’elle avait passé à faire passer la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen aux côtés de beaucoup d’autres personnes qui y croyaient.. Elle se laissa attirer par la main du vampire dans son dos, tout contre lui, leur visage à quelques millimètres. Leur bouche pouvaient presque s’effleurer et Marie n’était plus certaine de jouer un jeu alors que la pensée de goûter tendrement ses lèvres lui traversait l’esprit. Si elle avait eu un souffle, nul doute que ce dernier aurait été coupé.. Mais alors qu’elle allait oser faire ce qu’elle se refusait de faire depuis quelques années, des murmures anarchiquement prononcés, formant un brouhaha, s’élevèrent dans la salle, au moment même où Vivian tournait la tête vers l’entrée. La Parisienne l’imita et ce qu’elle vit la pétrifia. Elle ne pu s’empêcher de serrer encore davantage la main du vieux vampire, tout en restant fixée vers la source de ce tapage.

Là, bien en vue, se trouvait un vampire que tous connaissaient comme étant le gérant du Candies & Leather, Abarai Ketsueki. Du moins, c’était ainsi que la Française l’identifia.. A ses côtés, les yeux bandés, se trouvait un humain.. Mais où Diable le vampire avait-il la tête ?! Tout ceci ne sentait pas bon. Absolument pas bon. Ce n’était pas normal que ce genre de divertissements aient lieu durant une réunion annuelle vampirique.. Marie n’essaya même pas de participer à la stupeur générale, alors que l’étrange scène s’évapora, après que le vampire ai ôté le bandeau des yeux de l'humain. Elle était simplement chamboulée, ne comprenant toujours pas l’intérêt d’un tel spectacle. Les sourcils froncés dans un signe d’incompréhension, elle se tourna vers son cavalier, pour chercher une quelconque réponse.. Peut-être en savait-il plus qu’elle ?

    - C'était vraiment bizarre.


Dit-il, l’air perdu, étouffant dans l’œuf les espoirs qu’avait pu avoir la jeune femme quant à une potentielle explication. Elle savait simplement que tout être humain pénétrant ici ne devait pas en sortir vivant.. Mais pourquoi Abarai aurait-il fait cela ? Elle ne se mêlait pas de ce qui ne la regardait pas, mais il avait semblé qu’il avait défié le gérant du Bloody Sunday avec cette intrusion. Mais, enfin, était-ce une raison pour mêler à leur querelle toute la communauté vampirique, ainsi que le Conseil ?

    « Mais qu’est-ce qu’ils ont dans la tête ?!!


Fini par lâcher Marie, l’énervement se faisant doucement sentir. Elle qui était d’un naturel calme était paniquée par les répercussions que ceci pourrait avoir.. et également furieuse. Le fait de ne pas comprendre le fin mot de l’histoire la perturbait grandement.. Elle lâcha la main de Vivian, ne tenant plus en place, et commença à se diriger vers la sortie. Il était hors de question pour elle de rester ici une minute de plus. Elle ne voulait pas avoir quoi que ce soit à voir avec cette histoire, même si elle ne connaissait pas personnellement ni l’un, ni l’autre des deux gérants. Elle changea néanmoins d’avis quelques secondes plus tard, revenant vers Vivian pour venir lover son visage dans le creux du cou de l’homme. Elle qui avait voulu simplement passer une sympathique soirée au milieu de ses congénères ! Mais peut-être était-elle trop sensible à l’étrangeté de la scène précédente, sans raisons valables pour s’énerver ainsi. La voix légèrement étouffée par sa position, le vampire fini tout de même par dire le fond de sa pensée, suffisamment bas pour qu’il n’y ai que son partenaire qui puisse entendre ce qu’elle avait à dire.

    « J’ai peur de leurs bêtises d’enfants pourris gâtés qui se croient tout permis parce qu’ils ont de l’influence à Tôkyô.. Vivian, je n’y comprends rien.. Mais je n’aime pas ça..


Elle se redressa pour venir planter son regard ambré dans celui de son interlocuteur. Était-ce vraiment utile qu’elle s’énerve ainsi ? C’était passé.. Ça avait chamboulé le court de la soirée, oui.. Mais, après tout, tant qu’elle était avec le vieux vampire, elle ne risquait rien, n’est-ce pas ? C’était elle-même qui avait toujours affirmé se sentir en sécurité auprès de Vivian.. Elle devait se raccrocher à ça. Simplement à ça. Son regard se posa sur les lèvres de son cavalier. Cet événement les avait coupés dans un moment qu’elle avait grandement apprécié.. Et désormais, elle était complètement perdue. Elle ne savait plus si elle devait reprendre le cour normal de la soirée, comme le faisait timidement certains couples de danseurs, ou si elle devait encore commenter ce qu’il venait d’arriver comme certains s’empressaient de le faire. Mais, finalement, il ne lui semblait pas utile de continuer à se poser des questions.. Elle ignorait totalement ce que tout ceci voulait dire, mais nul doute que le Conseil leur fournirait des explications d’ici quelques jours.. Sans pour autant bouger, Marie força un sourire pour rassurer Vivian. Oui, ça l’avait touché, mais elle avait toujours été une grande sensible.. Alors, pour essayer d’effacer ceci, elle lâcha, dans un murmure et en gardant son regard fixé fermement sur les lèvres de l’homme :

    « Parlons d’autre chose.. Je ne veux pas entrer dans leur jeu et leur donner de l’importance.. S'il te plait.. » Puis, dans un murmure plus bas encore, comme pour changer radicalement de sujet.. « Vivian.. N’as-tu jamais eu envie de m’embrasser ? »


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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Lun 11 Juin - 17:30


    De toute évidence, dans la communauté vampire, il n'y avait aucune fête sans événements étranges. Et franchement, on pouvait bien dire que cette apparition soudaine tombait franchement mal... En général, ça l'aurait intrigué, intéressé si jamais il avait été seul, si il ne s'était pas pas autant amusé et pas autant rit depuis de longues décennies, si il n'avait pas été sur le point d'embrasser la délicieuse jeune femme à son bras....
    Le sentiment amoureux est un mystère pour les humains comme pour les vampire et il doutait que personne ne saurait jamais répondre à toutes les questions que cela soulevait. La question qui prédominait dans la tête du vieux vampire était... Est ce qu'il avait tout simplement trahi sa propre règle et etait tombé amoureux d'une de ses congénères, pile celle qu'il s'était promis de ne jamais aimer "comme ça" car il ne voulait en aucun cas la faire souffrir ? C'était dur. Tout ce qu'il savait c'est que lorsqu'il s'était retrouvés aussi proches, il s'était passé quelque chose en lui. Tous ses neurones s'étaient mis à lui hurler de se rapproche et de clore la distance entre leurs deux visages. Ça semblait si naturel pour lui que c'était comme ci c'était une envie inconsciente qu'il avait depuis des années, depuis qu'il avait connu la jeune femme.

    C'était malheureusement à ce moment là que ce vampire avait décidé de créer un désordre monstre... La réaction des vampires fut assez impressionnante pour lui donner l'etrange envie de rire nerveusement. Quand ils etaient en colère, apeurés ou révoltés, les humains avaient pour réflexe de s'agiter, de parler, et de faire du bruit.
    Au contraire, les vampires se transformaient littéralement en statue. Ils ne frémissaient pas, ne bougeaient pas et ne respiraient pas. Le seul mouvement qu'il percut pendant l'instant qu'il fallut à Abarai pour entrer et retirer le bandeau cachant le visage de l'humain, fut la pression de la jeune femme sur sa main...elle devait avoir peur... Il doutait qu'elle aie deja assisté à un affrontement, meme minime, entre deux vampires. Lui avait vu des batailles sanguinolentes en Roumanie et en Autriche entre dix ou vingt créatures, ce n'était rien pour lui bien qu'il ne saisissait pas le but de tout cela. 

    Il lui semblait évident que c'était une provocation contre Kuromiya... Seulement il ne voyait pas ce qu'il pourrait pousser cet homme à risquer des représailles quand apparemment il n'était pas quelqu'un de turbulent dans la communauté vampirique. En fait, on n'entendait que rarement parler de lui. Alors quoi ? Ça resterait surement un mystère pour tout le monde.
    Il constata que la jeune femme pres de lui etait apeurée, forcement. Qui dans sa situation ne de serait pas sentie glacée par ce qu'il s'était passé ? Il ne connaissaient meme pas le sort qu'allait avoir cet humain. Si il n'avait pas été avec Marie, sans aucun doute que le vampire finlandais s'en serait mélé. Mais sa mission première, etait de protéger et rassurer sa compagne.
    Compagne qui le rammena à la réalité en s'exclamant d'une voix tremblante :
    « Mais qu’est-ce qu’ils ont dans la tête ?!!

    -M...Marie attends !
    Il avait eut un petit sursaut quand la fraicheur presque normale de sa main avait quitté la sienne. Il n'avait surtout pas envie qu'elle parte apres un événement aussi idiot. Apres tout pour une fois qu'ils avaient l'occasion de s'amuser ! En plus, cette nuit etait tentée d'une particularité qui allait changer leurs petites vies tranquilles, il en etait certains. Il la suivit jusqu'au marche instinctivement, et la réceptionna tout aussi instinctivement dans ses bras lorsqu'elle se retourna et vint enfouir son visage dans son cou, immédiatement le vampire de 700 ans lui caressa les cheveux, se fichant comme d'une guigne des regards que leurs lançaient certains invités. 
    -N'aie pas peur d'accord ? Tu ne risques rien. D'abord ça ne nous concerne pas et deuxièmement tu sais bien que je te protègerais.
    Elle lui répondit, son haleine mentholée et fraiche comme une brise vint le faire légèrement tressaillir.

    « J’ai peur de leurs bêtises d’enfants pourris gâtés qui se croient tout permis parce qu’ils ont de l’influence à Tôkyô.. Vivian, je n’y comprends rien.. Mais je n’aime pas ça..
    -Crois moi Marie, tu ne préfères ne rien savoir. Ce n'est pas la première fois que ça arrive et ce ne sera pas la dernière. Les nôtres aiment faire des choses théâtrales, c'est bien connu. Peut être que ces deux vampires sont ennemis. Mais tu n'as pas a t'en faire.
    Il doutait qu'une bagarre ne se déclenche le soir de la fête, et puis, si cet événement était adressé à Kuromiya en personne, il n'y avait aucune chance qu'il y ait des répercussions sur eux... Il essayait de se rassurer lui meme en disant cela... Et si jamais c'était le début d'une révolution ? 
    Il secoua la tête. Il devait surement voir trop de films. De toute façon ce n'était pas le moment de penser outre mercure puisque sa cadette avait relevé la tête et l'observait. Il avait du mal à cacher l'effet que cette proximité avait sur lui... Parce que comme tout vampire qui se respecte, il détestait singulièrement avouer quelconque faiblesse.
    Ce qui ne l'aidait pas, c'est qu'elle regardait ses lèvres avec tellement d'insistance que s'en était déroutant. Avait elle aussi ressentit ce qu'il avait ressentit quelques minutes auparavant sur la piste ? 
    « Parlons d’autre chose.. Je ne veux pas entrer dans leur jeu et leur donner de l’importance.. S'il te plait.. »
    -Bien sur, je te le promets
    Il n'avait plus envie qu'elle d'aborder cet épisode. Le taire faisant forcément qu'il avait moins d'importance donc ils finiraient bien par l'oublier. Il la prit par la main et lui sourit. « Vivian.. N’as-tu jamais eu envie de m'embrasser ?
    Le jeune homme de figea, très surpris par la question qui était pour le moins directe. Bouche bée, il regarda la jeune femme. Avait elle repéré son comportement ou était t'elle simplement entrain de satisfaire sa curiosité ? 
    Quoi qu'il en soit, la question avait une réponse évidente. Le plus dur encore était de savoir si il était plus sain de mentir ou de tout dire honnêtement...

    Finalement, il opta pour la sincérité. Ce n'était pas son point fort, le mensonge, et en plus, il y avait de grandes chances pour qu'elle se doute déjà de sa réponse.
    -Un homme sensible au charme des femmes serait fou de ne pas vouloir t'embrasser, Marie. Regarde toi... Oui, ça m'est arrivé plus d'une fois. Mais pourquoi me poser cette question ma belle ? 
    Il l'entraina à nouveau sur la piste, ou quelque couples avaient repris le rythme d'une lente valse et tourbillonnaient doucement. Posant sa main sur sa taille, il la guida, la laissant réfléchir aux mots qu'il avait prononcé. Quand une question sortit toute seule de ses lèvres.
    -Ça ne te manque pas de te sentir aimée, Marie ?
    Il ne doutait pas qu'elle etait aimée par une multitude de personnes mais il se demandait si elle ne regretta pas l'Amour avec un grand A, d'un homme. Ce qui le poussa à se poser une autre question, qui etait nettement plus problématique.
    Ne cessant pas de l'observer droit dans les yeux, il reprit doucement la parole.
    -Penses tu que les gens comme nous ont le droit d'aimer ? Je me le suis toujours demandé... Mais jamais personne ne m'a donné ee réponse satisfaisante... Tout le monde dit que l'amour est synonyme de Dieu, alors serait t'on privé de celui ci parce que Dieu a cessé de veiller sur nous ? Je n'aime pas tellement cette idée...







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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Mar 12 Juin - 8:28



    -M...Marie attends !

Elle avait déjà fait quelques pas vers la sortie, mais se figea et se retourna en entendant la voix de Vivian. Ce dernier l’avait suivie et si elle n’avait pas été effrayée, nul doute qu’un petit sourire aurait fleuri sur son visage. Mais à cet instant, elle n’avait ni l’envie, ni le courage de sourire. Elle avait juste brisé la distance qui la séparait de l’homme pour se laisser littéralement tomber dans ses bras. Elle sentit la main du vieux vampire venir lui caresser les cheveux, l’apaisant tout naturellement comme aurait pu le faire Charlotte elle-même. Il était bien rare que quelqu’un, en dehors de sa mère, arrive à la calmer lorsqu’elle était effrayée ou énervée, mais Vivian semblait avoir trouvé la parade. La Française ne voulait plus bouger. Elle se sentait protégée du monde entier, comme si rien ne pouvait l’atteindre. Et la voix rassurante du vampire la conforta dans cette idée. Il faisait attention à elle et c’était, pour le moment, ce qui comptait le plus à ses yeux. Décidément, elle devait être encore bien jeune, pour avoir à ce point besoin d’être rassurée. Elle qui se disait que 241 ans commençait à faire long comme existence.. Elle lui répondit, la tête toujours cachée dans le creux de l’épaule de son cavalier, et écouta attentivement les mots qu’il lui adressa en réponse. Elle ignorait s’il disait ces mots seulement pour la rassurer ou s’il était sérieux, mais les faits étaient là.. En écoutant Vivian, si Marie était toujours apeurée, elle était néanmoins calmée.. Et releva la tête, pour venir regarder le vieux vampire. Pour insister sur ses lèvres qu’elle avait faillit toucher. Elle en avait eu envie, oui.. Mais elle ignorait totalement le tournant que pourrait bien prendre leur amitié s’ils franchissaient ce cap. Était-ce par curiosité qu’elle avait envie d’essayer ? Prenant son courage à deux mains, Marie se décida à changer de sujet pour en proposer un en apparence plus léger. En apparence seulement, car la peur avait été bien vite remplacée par le stress. Elle ne savait même pas pourquoi elle était nerveuse, mais elle l’était et si ellel faisait tout pour le cacher, elle savait pertinemment qu’elle s’y prenait très mal. Mais ce n’était rien face à la réaction que provoqua la question sur Vivian. Bien sûr, elle n’avait pas été dupe. Elle connaissait déjà la réponse à cette question, puisqu’elle avait aisément pu deviner ses attentions sur la piste de danse.. Et elle devait l’avouer ; elle ne l’aurait pas repoussé, qu’importe le chemin qu’aurait prit leur amitié par la suite.

    -Un homme sensible au charme des femmes serait fou de ne pas vouloir t'embrasser, Marie. Regarde-toi... Oui, ça m'est arrivé plus d'une fois. Mais pourquoi me poser cette question ma belle ?


C’était à son tour de ne plus savoir quoi répondre. Il l’entraîna à nouveau sur la piste de danse, comme pour reprendre le coure normal de la soirée, la guidant dans une valse lente qu’elle affectionnait tout particulièrement. Son esprit produisait des milliards de mots à la minute, mettant en quarantaine certaines phrases.. Cependant, elle décida de se lancer simplement, de dire les choses honnêtement, sans son habituelle manie de toujours faire de longues phrases compliquées dont il fallait se concentrer pour en comprendre le sens. Elle regrettait de ne pas pouvoir respirer un grand coup avant de se lancer, n’aimant pas faire de choses inutiles, car elle se rendait compte qu’elle n’avait rien pour faire tomber ne serait-ce d’un iota la pression. Ce fut d’une voix presque trop tremblante, et en évitant soigneusement le regard du vieux vampire qu’elle lâcha les quelques mots qu’elle avait prévue de dire. Elle ignorait totalement qu’elle pourrait être la réaction de Vivian à l’entente de cette vérité brute, mais il fallait qu’elle se lance. Et advienne que pourra..

    « J’ai eu envie que tu m’embrasses, tout à l’heure.


Elle releva timidement la tête, sans se douter un seul instant de la seconde question qui viendrait la frapper de plein fouet, alors même qu’elle se préparait à argumenter sa phrase précédente. Il lui demanda si ça lui manquait d’être aimée.. et Marie pensa ironiquement qu’elle n’avait jamais réellement connu le type d’amour dont parlait Vivian. Oh oui, elle avait été aimée par Germain et elle l’avait aimé en retour, mais leur relation avait été fraternelle malgré leur mariage. Il n’avait jamais été question d’amour autre entre eux.. Elle avait été aimée également par Charlotte, mais c’était trop compliqué pour pouvoir être considéré comme de l’amour. Après tout, elle était sa mère.. Elle avait bien eu quelques aventures, elle avait bien cru défaillir plusieurs fois – quoi que ces fois restaient tout de même limitées – et elle savait que plusieurs hommes l’avaient sincèrement aimée.. Mais est-ce que cela lui manquait ? Peut-être. Peut-être que la proximité d’une personne pour qui elle était presque tout lui manquait. Peut-être qu’entendre des mots tendres, des surnoms affectueux lui manquait. Sans prononcer une parole, elle acquiesça, elle savait qu’il comprendrait. Son regard était assez expressif pour ça..

    - Penses-tu que les gens comme nous ont le droit d'aimer ? Je me le suis toujours demandé... Mais jamais personne ne m'a donné de réponse satisfaisante... Tout le monde dit que l'amour est synonyme de Dieu, alors serait t'on privé de celui ci parce que Dieu a cessé de veiller sur nous ? Je n'aime pas tellement cette idée...
    « Ce serait idiot de penser que nous n’avons plus le droit d’aimer. Si tel était le cas, nous serions tout à fait incapables de ressentir quoi que ce soit. Or, je ne sais pas grand-chose, mais je sais que je suis capable de ressentir. Et si j’ai du mal à accepter que l’on m’aime, ce n’est que par crainte. J’ai toujours eu la hantise qu’un humain tombe sincèrement amoureux de moi.. Mais si c’est un vampire.. Nous ne sommes pas faits pour vivre seuls, Vivian. C’est bien un point que l’on a en commun avec les humains. A l’image d’un bébé humain, nous avons besoin de notre parent pour survivre dans nos jeunes années. Et ensuite, nous recherchons le contact.. Que ce soit avec nos congénères ou avec ceux qui n’ont rien à voir avec notre univers. Cette soirée en est le parfait exemple.. N’est-ce pas là la preuve que nous avons le droit d’aimer, puisque nous nous comportons finalement comme le plus lambda des êtres humains, à quelques petites différences prêt ?


Elle lui sourit, d’un sourire d’une extrême sincérité, avant de venir poser sa main sur sa joue. Elle le regardait dans les yeux, tout en pensant qu’elle n’était pas la seule à avoir besoin d’être rassurée, au final. Malgré son âge, il n’était pas sûr de lui sur certains points. C’était touchant. Elle était convaincue par ce qu’elle venait de dire, elle le pensait du fond du cœur. Pour elle, son raisonnement était logique et cohérent.. Il se voulait également rassurant, au fond.. La musique d’ambiance changea, comme pour clore définitivement le chapitre du vampire inconscient et un slow démarra.. Marie ne pu s’empêcher de sourire.. Voilà qui était très bien tombé ! Elle se colla à Vivian, mettant ses bras autour du cou du vieux vampire. Et alors qu’ils tournaient et qu’ils tournaient au rythme doux de la chanson, le monde sembla à nouveau s’effacer autour de la jeune femme. Elle regardait son cavalier avec douceur. Cette soirée marquerait sans doute un tournent dans leur relation.. Mais si elle avait peur de ce que ça donnerait, elle était curieuse et voulait laisser simplement faire les choses, sans se poser de questions. Après tout, il se passerait ce qu’il se passerait.. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle était bien dans les bras de son aîné, que plus rien n’existait, qu’elle aurait pu passer des siècles entiers à tourner ainsi avec lui. Peut-être n’avait-elle plus envie de jouer, après tout ? Elle s’arrêta quelques secondes de tourner, s’excusant en souriant, pour ôter ses chaussures qui lui faisaient gagner des centimètres dont elle n’avait pas besoin face à l’homme, retrouvant son mètre 60 presque avec joie. Ainsi, leur différence de taille n’était pas réellement marquée, ce qui plaisait davantage à la Parisienne.. Mais elle prétexta simplement avoir mal aux pieds, avant de reprendre sa danse.

    « Si tu ne saisis pas ta chance avec moi ce soir, je doute que tu ai d’autres occasions de le faire plus tard..


Dit-elle mi-amusée mi-sérieuse. De nouveau, leurs visages avaient retrouvés une certaine proximité.. Il ne suffisait que d’un seul mouvement en avant d’un deux pour que la distance disparaisse.. Mais la Parisienne ne voulait pas faire le premier pas. Vivian et elle avaient les mêmes valeurs, et ils savaient tout deux comme il aurait été mal vu qu’une dame embrasse un homme pour la première fois. C’était à la virilité de prendre les choses en main, et cette petite habitude du 18éme siècle plaisait beaucoup à Marie. La suite des événements appartenaient entièrement au vieux vampire.. Elle savait juste, à cet instant, que s’il osait enfin l’embrasser, elle ne le repousserait en aucun cas.


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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Mar 12 Juin - 14:20


    La seule chose qui comptait pour le vieux vampire était la tranquilité de ceux qu'il aimait. C'était l'une ees façons qu'il avait trouvé pour compenser sa nature monstrueuse. Il vidait de leurs sang certaines personnes et pour essayer de rattraper ces méfaits qui le dégoûtaient tant, il essayait de rendre les gens qui gravitaient autour de lui heureux, et de les faire se sentir protégé. Bien qu'il ne doutait pas que la femme pouvait de défendre seule, si elle lui avait avoué qu'elle se sentait en sécurité en ses bras, il aurait été encore plus heureux. Parce que Marie était et de loin l'une des personnes les plus importantes dans sa vie... Voir la plus importante. Ça il avait de plus en plus de mal à le savoir. 
    Il la serra contre lui une dernière fois avant de la laisser se détacher de lui et le regarder. Si ses yeux exprimaient encore un vrai trouble, ils étaient plus assurés et avaient retrouvé du pétillement qu'ils avaient en début de soirée, ce qui le rassura terriblement. Il n'avait pas envie que la soirée soit gâchée pour elle à cause des provocations idiotes d'un de leur congénères. 
    C'est alors qu'elle lui posa une question qui ne manqua pas de le surprendre. Si il avait deja eu envie de l'embrasser ? Bien sur. Et l'envie grandissait chaque jour, devenant presque douloureuse. Ce n'était plus de la curiosité et c'était devenu légèrement trop intense pour que ça ne reste qu'un jeu. Il lui répondit franchement. Il n'avait jamais menti à la jeune femme. Jamais. 
    Et sa réponse ne sembla pas l'effrayer puisqu'elle se laissa conduire sur la piste de danse, ravissant le jeune homme, qui la conduisit. 

    « J’ai eu envie que tu m’embrasses, tout à l’heure.

    Alors la, il ne s'attendait pas à ça. Il eut presque la sensation que son coeur avait fait un soubresaut quand elle lui avait dit ça. Elle en avait eut envie ? N'avait elle pas peur des conséquences ? L'un comme l'autre n'avaient pas vécu l'amour depuis des centaines d'années mais Vivian se sentait sur le point de craquer, si ce n'était pas déjà fait. Il n'était pas sur que la jeune femme serait d'accord avec cela, et un baiser ne l'aiderait pas à refroidir ses idées. 
    Il ne répondit pas, se contentant de la faire tournoyer doucement sur elle même, pensif.

    Alors il lui demanda si être aimée ne lui manquait pas, et il comprit parfaitement son regard. Elle était plus ou moins coincée à l'âge de 19 ans avec un mariage sans amour. De plus, il savait qu'elle n'était pas volage comme lui avait pu l'être... Mais la encore, ce n'était pas tellement un critère. Il n'avait jamais osé toucher cette jeune femme depuis le temps qu'ils se connaissaient et pourtant il n'avait encore jamais ressenti de sentiments aussi forts pour quelqu'un, la même envie de voir ses envies comblées, ses rêves se réaliser, etc...
    Alors il lui demanda ce qu'il pensait de ce que nombre de gens disaient. Apparemment, les créatures de la nuit n'avaient pas le droit d'aimer. En seraient t'il seulement capable ? Physiquement, il étaient morts...les morts-vivants ne devraient pas éprouver de sentiments selon les croyants qui croyaient au mythe des vampires. Et encore, cette sentence était bien plus clémente que lors des chasses au vampire organisées au 16eme siècle. 

    Il tressaillit à ces souvenirs...il avait vu tellement d'innocents et d'amis mourir dans d'atroces souffrances qu'il s'était promis de ne plus jamais s'attacher a qui que ce soit. Plutôt raté mon gars.
    - Penses-tu que les gens comme nous ont le droit d'aimer ? Je me le suis toujours demandé... Mais jamais personne ne m'a donné de réponse satisfaisante... Tout le monde dit que l'amour est synonyme de Dieu, alors serait t'on privé de celui ci parce que Dieu a cessé de veiller sur nous ? Je n'aime pas tellement cette idée...
    « Ce serait idiot de penser que nous n’avons plus le droit d’aimer. Si tel était le cas, nous serions tout à fait incapables de ressentir quoi que ce soit. Or, je ne sais pas grand-chose, mais je sais que je suis capable de ressentir. Et si j’ai du mal à accepter que l’on m’aime, ce n’est que par crainte. J’ai toujours eu la hantise qu’un humain tombe sincèrement amoureux de moi.. Mais si c’est un vampire.. Nous ne sommes pas faits pour vivre seuls, Vivian. C’est bien un point que l’on a en commun avec les humains. A l’image d’un bébé humain, nous avons besoin de notre parent pour survivre dans nos jeunes années. Et ensuite, nous recherchons le contact.. Que ce soit avec nos congénères ou avec ceux qui n’ont rien à voir avec notre univers. Cette soirée en est le parfait exemple.. N’est-ce pas là la preuve que nous avons le droit d’aimer, puisque nous nous comportons finalement comme le plus lambda des êtres humains, à quelques petites différences prêt ?
    Vivian l'observa droit dans les yeux et lui rendit son sourire éclatant, le genre qui lui donnait l'air d'avoir dix ans de moins.
    Elle pensait exactement comme lui, un peu comme si ils avaient été faits comme deux pièces de puzzle faites pour aller ensembles. Uniques en leur genre et encore meilleures toutes les deux.

    Il hocha la tête et la fit de nouveau tourner, renforçant légèrement la pression de ses doigts sur les siens. 
    -Je pense que tu as raison, comme toujours. Je peux ressentir aussi et je pense simplement qu'on a tous plus ou moins peur de souffrir, peur d'être rejetés, peur d'avoir supporter de vivre sans les gens que tu aimes...
    Mais je crois que maintenant...j'aurais bien envie de changer mes habitudes... Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas partagé la vie de quelqu'un que j'aimerai réessayer.

    Une façon discrète de lui faire un appel ? Huuum. Qui sait ? 
    Mais pour l'instant, elle ne pouvait lui répondre car ils changeaient soudainement de style de danse. Un peu déroutant de passer d'une valse à un slow mais Vivian se récupéra rapidement. Par contre, il fut particulièrement géné par la différence de taille qui se faisait trop ressentir ici et qui n'était pratique pour aucun d'eux.
    Heureusement, la jeune femme eut la merveilleuse idée de retirer ses chaussures à talons, descendant alors à sa hauteur. Le jeune homme sourit, ravi, et l'attira à nouveau contre lui, et posa sa joue contre la sienne. 
    « Si tu ne saisis pas ta chance avec moi ce soir, je doute que tu ai d’autres occasions de le faire plus tard..
    -Penses tu que je devrais, ma belle ? Demanda t'il doucement, avec un petit rire amusé.

    Il continua de le faire tourner, sans rien faire d'autre que la regarder droit dans les yeux avec un sourire malicieux, quand il reprit le fil de ses paroles.
    -Que dirais tu si je te disais que je te trouvais merveilleuse et que tu étais la première personne depuis ma mort que j'ai envie d'embrasser ? Que dirais tu ? Crois tu qu'on etait destiné à se rencontrer pour cela ? Etre simplement des amis qui se voient tous les mois ? Ou est ce que tu penses pouvoir me faire assez confiance pour que je te montre ce que c'est d'être aimée ? Qu'est ce que tu en penses, belle Marie ? 
    Elle était une ado et lui un adulte, rien que physiquement. Bien qu'ils flirtaient depuis longtemps et qu'elle lui avait dit qu'elle aurait aimé qu'il l'embrasse, il voulait savoir si elle éprouvait bien les mêmes choses que lui, le même doute vraiment étrange.
    Le slow touchait à sa fin et ils se regardaient toujours dans les yeux... Le plus vieux crut alors y voir une lueur qui lui disait que c'était très certainement le bon moment. Alors il se stoppa quelques secondes, posa sa main fraiche sur la joue de la jeune pour briser la distance entre eux.
    Le baiser fut chaste et très doux, comme si le jeune homme voulait lui montrer qu'il respectait son intimité. Mais cette douceur suffit pour bouleverser le trentenaire  qui eut la sensation de se remettre à vivre grâce à au courant électrique qui l'avait traversé quand ses lèvres s'étaient posées sur les siennes. Elle étaient délicieuses et parfumées. Il avait la sensation d'embrasser une rose.

    Il se détacha doucement d'elle et revint l'observer dans les yeux avec un sourire.


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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Mar 12 Juin - 16:02


Avait-elle peur des conséquences ? Elle aurait été bien sotte de ne pas en avoir peur. Et pourtant, elle ne voulait plus faire marche arrière après avoir prononcé ces mots forts et sincères. Elle ne voulait pas avoir peur, elle voulait juste vivre enfin pour elle. Vivre avec ses envies, avec ses désirs et non avec ses craintes. Elle s’était interdit d’aimer depuis si longtemps qu’elle était fatiguée de faire taire ses sentiments. Elle était fatiguée d’être constamment seule par crainte. C’était une raison absurde, risible, qui n’avait pas sa place dans sa vie. Elle savait que Vivian comptait pour elle autant que Charlotte, même si les sentiments qu’elle avait à l’égard du vieux vampire étaient bien différents que ceux qu’elle avait à l’égard de sa mère. Elle ne voulait plus avoir à regretter des expériences qui pourraient être merveilleuses. Elle n’en était pas à penser qu’elle avait bien mérité d’être heureuse et de goûter à l’amour, néanmoins, elle voulait s’accorder ce droit. Au moins une fois dans son existence, simplement arrêter de se poser constamment des questions.. Alors, au Diable les conséquences. Elle n’était plus à ça prêt. Elle ne voulait et ne pouvait pas empêcher les choses de se faire. Elle connaissait Vivian depuis suffisamment longtemps pour ne plus avoir à se cacher derrière sa peur. Il était aussi immortel qu’elle pouvait l’être, après tout. Il était un vampire, lui aussi, et il pouvait la comprendre mieux que quiconque. Alors pourquoi tout ce cinéma ? Pourquoi ne pas profiter de l’instant et de ce qu’il avait à offrir ? Il la fit réfléchir quelque peu sur leur condition et sur le droit qu’ils avaient ou non de pouvoir aimer. Pour elle, les choses étaient claires. Ils vivaient, même si leur existence était en elle-même une aberration. Et ils ressentaient. Ils pensaient, également. Alors pour quelle raison n’auraient-ils pas le droit d’aimer ? Elle était bien consciente que ceci pouvait butter dans l’esprit de certaines personnes trop convaincues que les vampires étaient des bêtes assoiffées de sang, prête à tuer père et mère pour survivre.. Et s’il était vrai que certains de ses congénères étaient ainsi, Marie ne se sentait pas concernée par cette fausse image que les mythes et légendes véhiculaient quant à la condition vampirique. Mieux, ça avait même été par amour que la Parisienne s’était faite transformée.. Après ceci, il ne fallait pas lui dire que les vampires n’avaient pas le droit d’aimer. C’était aussi stupide que péjoratif comme raisonnement et la demoiselle avait beaucoup de mal à l’accepter. Peut-être que ses idées étaient trop arrêtées, mais elle pensait ainsi..

    - Je pense que tu as raison, comme toujours. Je peux ressentir aussi et je pense simplement qu'on a tous plus ou moins peur de souffrir, peur d'être rejetés, peur d'avoir supporter de vivre sans les gens que tu aimes... Mais je crois que maintenant...j'aurais bien envie de changer mes habitudes... Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas partagé la vie de quelqu'un que j'aimerai réessayer.


Elle le regarda fixement, sans dire quoi que ce soit, confuse. Elle ne savait pas quoi penser des paroles du vieux vampire, et n’eut pas le temps d’approfondir sa réflexion qu’ils changèrent de style de danse. Mais, une fois stabilisée, Marie ne pu s’empêcher de retourner les mots qu’avaient prononcés Vivian dans sa tête. Était-ce vraiment nécessaire d’intervenir ? Arrête Marie, tu recommences à réfléchir, là !! Elle préféra continuer à ne rien répondre, enlevant simplement ses chaussures pour se retrouver à hauteur de l’homme. Il était décidément petit, mais c’était là ce qui faisait tout son charme ! Cette petitesse le rendait absolument incroyable, tant elle était compensée par l’assurance de l’homme. Au fond, c’était encore une chose qui plaisait à Marie, chez Vivian. Et puis, si elle ne mettait pas de talons, leur différence minime de taille n’était ni choquante, ni handicapante pour aucun des deux.. Taquine, la Parisienne fini par ouvrir de nouveau la bouche, l’invitant presque directement à saisir la chance qu’elle lui agitait sous le nez fébrilement.. Elle ne pu s’empêcher de rire à la question que lui posa en retour le vieux vampire. Elle lui répondit un simple « peut-être » d’un ton amusé. Ce n’était plus la peine de faire dans la gêne, ils semblaient s’être dit le principal. Par des moyens détournés, certes, mais les faits étaient là.. Mais lorsqu’il reprit la parole, le sourire qui illumina le visage de Marie n’avait plus rien d’amusé.. Non, ce sourire donnait à son visage un air particulièrement attendrie devant toutes ces belles paroles.. Visiblement, non, ils ne s’étaient pas encore dit le principal et, déjà, elle se sentait défaillir.

    « Je pense que nous avons assez joué.


Elle n’avait pu masquer le léger tremblement à peine perceptible dans sa voix qu’elle avait pourtant voulu assurée. Mais pourtant, malgré ce tremblement, elle paraissait des plus sérieuses et déterminées. La peur était présente, mais elle ne voulait pas se mettre de barrières. Et, après tout, s’il était partant pour tout ça, s’il était sûr de la vouloir et de ne vouloir qu’elle exclusivement, qu’est-ce qui les empêchait de vivre leur éternité à deux ? La réponse était affolante de simplicité. Rien. Rien ne les empêchait de se livrer à l’autre. Après tout, ils se connaissaient suffisamment bien pour savoir que les choses pouvaient fonctionner entre eux. Ils avaient si souvent tourné autour du pot que cette suite paraissait logique, que cette évolution de relation paraissait plus que normale.. La musique annonça déjà la fin du slow, et ce fut ce moment précis que choisi Vivian pour faire définitivement chavirer le cœur de la Parisienne. Elle ferma instinctivement les yeux, lorsque les lèvres douces du vampire se posèrent sur les siennes avec une rare douceur. Elle cru, l’espace de quelques secondes, s’envoler loin de tout.. Elle se sentait revivre. Jamais elle n’avait eu la sensation d’être si vivante dans sa mort.. Ce baiser, si doux et si chaste lui aurait coupé le souffle si elle en avait eu un, et lorsque les lèvres de son beau vampire se décollèrent des siennes, elle ne pu s’empêcher d’aller effleurer l’endroit où le contact avait eu lieu. Était-elle amoureuse et se l’était-elle caché pour ne pas souffrir ? Elle avait eu du mal à admettre qu’elle tenait énormément à Vivian et pourtant, elle savait qu’elle n’aurait pas tolérer qu’il lui arrive malheur. Elle savait qu’elle pouvait le défendre bec et ongles s’il était en danger.. Mais jamais elle n’aurait pensé que leur premier baiser, si délicat, aurait pu lui faire un tel effet. Elle était ailleurs. Son regard s’était fait rêveur, autant que perdu et un sourire presque gêné était apparu sur son visage.

    « N’es-tu pas effrayé, Vivian ?


Avait-elle demandé en français, tout en entortillant une mèche de ses cheveux autour de son doigt. Que se passerait-il ensuite ? Elle n’était pas le genre à se laisser embrasser par le premier venu et Vivian devait certainement le savoir.. Bien peu de personnes pouvaient se vanter d’avoir effleurer ses lèvres, car à ses yeux le baiser n’avait de place que dans une relation amoureuse sincère.. Le vieux vampire la connaissait suffisamment pour en avoir conscience, et s’il l’avait embrassé ce devait être parce qu’il attendait certainement plus qu’un simple flirt.

    « Personnellement, je ne veux plus avoir peur.. Je veux que les choses ne soient plus ambigües entre nous. Je suis réputée pour être franche, alors c’est sans détour que je vais dire les choses.. Soit nous arrêtons notre petit jeu et restons simplement bons amis, soit nous décidons de nous engager dans une relation ensemble. Après ce soir, je souffrirais trop de continuer à jouer, alors que mes sentiments sont bien plus profonds que ça.


Elle était très sérieuse, comme à chaque fois qu’elle parlait en français. Elle avait la chance d’avoir un interlocuteur parlant cette langue et en profitait largement, se sentant plus à l’aise d’employer sa langue maternelle pour parler de choses qui lui paraissaient si importantes. Elle ignorait totalement ce que penserait Vivian des mots qu’elle avait prononcé.. Mais elle était tout de même confiante, rien qu’un peu. Après tout, les paroles qu’avait prononcées l’homme plus tôt la confortaient dans l’idée qu’il ne cherchait plus non plus à s’amuser. Ses yeux ne lâchèrent plus ceux du vieux vampire, pas plus que sa main qui avait été inconsciemment rechercher celle de son cavalier.. Peut-être que ce soir, certaines rumeurs allaient être fondées, au fond.. Qui sait.


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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Mer 13 Juin - 8:23


    Inconsciemment la jeune vampire était entrain de lui faire comprendre qu'il y avait un temps pour l'entêtement et la résignation, et un autre pour se battre contre sa condition, et sa fatale solitude à travers les siècles. Lui qui n'avait jamais été capable d'imaginer pouvoir vivre avec une vampire, lui qui s'était longtemps persuadé qu'ils n'étaient que des monstres répugnants et rien d'autre.... Elle était entrain de faire changer sa vision des choses et lui donnait en quelque sorte confiance en lui pour lui permettre de faire quelque chose qu'en vérité ils avaient peut être cherché à faire depuis longtemps sans arriver à se défaire de leur fierté assez longtemps pour l'accomplir. 
    Tous les compliments qu'il pouvait lui dire, il les pensait. Si il avait vécu à son époque, il aurait surement été ce vilain qui détourne la jeune femme du beau prince choisi par ses parents, mais ce genre de mésalliances n'avaient pas l'air de faire peur à la Reine des Reines et il savait courtiser les jeunes femmes bien que l'expérience des véritables sentiments lui manquait un peu aujourd'hui.
    Il attendit sa réponse, absorbé par son magnifique sourire. Au moins, elle avait l'air sincèrement heureuse avec lui et c'était ce qu'il recherchait. Peu importe ce qu'il lui fallait être
     pour cela : un amant, un ami...

    « Je pense que nous avons assez joué.

    Le trentenaire etait bien d'accord avec elle, mais il prit tout de meme le temps de réfléchir à tout cela. 
    Il etait clair qu'il éprouvait quelque chose d'inédit pour cette jeune femme, et bien qu'il n'arrivait pas à savoir sans aucun doute si c'était de l'amour, il en etait intimement persuadé. Mais il voulait etre sur de ne pas avoir à la blesser. Serait il capable de vivre avec elle pour l'éternité ? Oui, sans aucun doute. En fait il en avait deja eprouvé l'envie. Saurait il réprimer son instinct volage pour se contenter d'une seule personne ? Il l'observa longuement de ses yeux noirs et en vint à la conclusion qu'effectivement il en serait capable...parce qu'il avait dans l'idée que Marie avait tellement de merveilles à offrir qu'il n'aurait jamais fini de les découvrir. Au diable les autres ! Il ne voulait qu'elle. Même si techniquement, c'était de la folie, que ça soulevait énormément de questions, il était bien trop vieux et bien trop immortel pour se préoccuper outre mesure de la suite.
    Attendant le meilleur moment pour cela, il fit simplement le premier pas, et comme elle s'y attendait, il la vit fermer les yeux pour profiter de l'instant merveilleux qu'ils allaient partager.
    Et merveilleux, ce n'était même pas assez fort pour décrire ce baiser, en fait, c'était totalement indicible. 
    Et ça lui fit comprendre certaines choses, comme l'ampleur de ses sentiments qu'il faisait passer tout simplement pour un instinct "paternel". Ridicule. Il aimait cette femme, sinon ce simple baiser ne lui aurait pas procuré cette sensation, comme si le sang dans ses veines était redevenu bouillant et chaud, comme si son coeur froid s'était remis à battre...Il se sentit revenir 700 ans en arrière.
    Marie serait elle la personne qu'il attendait depuis si longtemps ? 
    Devrait il remercier de tout son coeur cette Charlotte de l'avoir amenée près de lui ?
    Il se détacha d'elle bien qu'ils auraient pu s'embrasser des heures entières sans manquer d'air une seconde. Il ne dit rien pendant quelques secondes, bien trop retourné pour cela. Alors ce fut à la jeune femme de parler en premier.

    « N’es-tu pas effrayé, Vivian ?

    Il sourit. Elle était si adorable, avec cet air perdu, un peu gêné. Il était sur que si elle l'avait put, elle aurait rougit. 
    Il n'arrivait à voir ce dont il pourrait avoir peur en la regardant comme ça. Mais il savait qu'elle attendait une toute autre réponse de lui.
    -Je ne le suis plus. Je tiens bien assez à toi pour que jamais tu n'aies à souffrir de mes mains... Je ne te ferais jamais de mal.
    Quoi que demain ils soient, il tiendrait ses promesses jusqu'au bout. Ce qu'il savait, c'est qu'il n'avait plus envie de ce flirt. Il voulait plus, bien plus.
    Comme elle l'avait dit, ils avaient assez joué. Ça faisait des années que cela durait. Une éternité dans la vie d'un humain, mais une éternité aussi pour lui. Il ne voulait plus que d'autres la regarde comme il pouvait le faire. Il ne voulait pas manquer sa chance car effectivement, d'autres ne se représenteraient surement pas.

    « Personnellement, je ne veux plus avoir peur.. Je veux que les choses ne soient plus ambigües entre nous. Je suis réputée pour être franche, alors c’est sans détour que je vais dire les choses.. Soit nous arrêtons notre petit jeu et restons simplement bons amis, soit nous décidons de nous engager dans une relation ensemble. Après ce soir, je souffrirais trop de continuer à jouer, alors que mes sentiments sont bien plus profonds que ça.
    Elle lui avait dit, ses sentiments étaient partagés. Alors, qu'attendait t'il exactement. Il aurait du le faire plus tôt. Mais mieux vaut tard que je jamais pas vrai ? Il ne pouvait plus avoir de doute. C'était elle qu'il voulait pour compagne et il lui suffisait de faire un pas pour sceller cela. Alors leurs vies allaient changer. En bien. Ça ne pouvait qu'être en bien. 
    Il se rapprocha d'elle, de façon à ce qu'il puisse la serrer contre lui. Des gens les regardaient encore étrangement depuis leur baiser mais il s'en fichait royalement. Il n'y avait qu'eux qui comptaient.
    -J'ai eu tellement de mal à m'en rendre compte...peut etre parce que ça fait bien trop longtemps que je n'ai pas aimé. Mais ce qui est sur c'est que je ferais la plus énorme erreur de ma vie si je ne saisis pas ma chance aujourd'hui. Je t'aime, Marie et j'aimerais que tu sois mon soleil dans le noir.
    Ça avait au moins le mérite d'être très clair. Les mots fatidiques avaient eu du mal à sortir pour le vampire fier qu'il était. Mais il avait besoin d'elle. Il n'y avait plus de raisons qu'il vive seul quand sa solitude le pesait, et qu'ils était amoureux, pas vrai ? Même un vampire pouvait être dépendant de la présence de quelqu'un et celle de Marie était la seule qui pouvait le rendre si comblé.

    Il la prit par la main et l'entraina un peu hors du temple, la ou tout le monde ne pourrait pas les voir ou les entendre. De la ou ils etaient, ils pouvaient voir la pleine lune. Un peu leur soleil à eux.
    Le vieux vampire prit la main de la belle française, et se tourna vers elle en souriant malicieusement. 
    -Je ne suis pas parfait. Je suis trop petit, trop vieux, je déteste avoir tort, je déteste toute règle. Et je n'en fais en général qu'à ma tête. Vivre avec moi ne sera peut être pas drôle tous les jours, mais je peux te promettre une chose: jamais je ne te rendrais malheureuse. 
    En fait, si tu acceptes, mon seul désir pour l'éternité qui nous atteint sera de faire de toi la plus heureuse au monde.

    Il pencha la tête sur le coté, et l'observa longuement. Ressentait elle la même chose que lui, désirait elle tout cela ? Maintenant qu'il avait parlé, c'était l'heure du verdict. Et ce qu'allait dire la jeune femme allait très certainement changer leurs vies à tout jamais.


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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Jeu 14 Juin - 14:12


Cette soirée était incroyable. Pas seulement grâce à la beauté du lieu, ni même à cause de l’altercation survenue quelques temps plus tôt.. Non, c’était tout ce qu’il y avait autour. C’était le regard de Vivian se posant sur elle avec délicatesse. C’était leurs mots, leurs rires, leur complicité qui ne les quittait jamais. C’était un tout, leurs danses, leurs gestes, leurs attentions l’un envers l’autre. Et, enfin, ce moment que Marie semblait avoir attendu depuis leur toute première rencontre. S’était-elle voilée la face depuis si longtemps ? Probablement, elle n’aurait pas su le dire. Cependant, seul le présent pouvait réellement compter. Et leur avenir qu’ils traçaient délicatement avec leurs paroles. Il était très clair qu’après cette soirée, ils ne seraient plus comme avant. Ce n’était pas un mal, bien au contraire. La Parisienne se donnait enfin le droit d’être heureuse, avec la personne qu’elle avait choisie. C’était absolument parfait. Leur premier baiser, échangé avec la plus grande chasteté marquait plus que certainement le début de quelque chose de fort. Certainement d’inédit pour la jeune vampire, qui n’avait jamais réellement connu ce sentiment, tout en l’ayant déjà frôlé du bout des doigts.. C’était terriblement étrange et magique à la fois, comme une chose que l’on attend autant que l’on redoute. C’était comme osciller entre bonheur et frayeur. Mais la demoiselle aimait ça, même si le sérieux avait reprit rapidement sa place dans son esprit après leur baiser. Elle voulait être sûre, être persuadée que ce n’était pas encore un jeu, plus poussé. Elle savait que si tel était le cas, elle en souffrirait probablement.. Elle lui demanda en français s’il n’était pas effrayé.. Et sa réponse fut un réel soulagement pour la parisienne, qui ne pu retenir un sourire voulant absolument tout dire. Elle lui faisait confiance. S’il disait qu’il ne la ferait pas souffrir, elle le croyait. Après tout, il avait toujours été là pour elle, même si ses absences et ses silences parfois trop longs étaient parfois insupportables pour elle. Mais elle savait que tout ceci n’avait jamais été intentionnel.. Alors, comment lui en vouloir ? Elle aussi, durant ces périodes, n’avait pas donné la moindre nouvelle.. Ils étaient à égalité. Néanmoins, la Parisienne voulait que les choses soient parfaitement claires. Après ce soir, ils étaient soit amis, soit amants.. Mais pas entre les deux. Cette situation devenait ridicule, bien qu’amusante.. Il était temps que les enfantillages cessent. Ils étaient adultes, après tout – presque, dans le cas de Marie, mais elle était bien assez mature pour se considérer comme tel – et ils devaient prendre leurs responsabilités. Ils avaient été idiots de penser que leur jeu resterait innocent pour l’éternité. Il avait duré plusieurs années, déjà.. Mais il y avait un temps pour tout. Vivian fit un pas vers Marie, la serrant contre lui, sous le regard de quelques curieux récalcitrants connaissant très certainement la réputation de Vivian. Oui, il n’était pas à l’aise avec ses congénères, et alors ? La Parisienne se fichait de ce que les autres pouvaient bien penser d’eux, à cet instant.. Mais leurs regards insistants dans un moment si intime et si personnel commençant à quelque peu l’échauffer.

    - J'ai eu tellement de mal à m'en rendre compte...peut être parce que ça fait bien trop longtemps que je n'ai pas aimé. Mais ce qui est sur c'est que je ferais la plus énorme erreur de ma vie si je ne saisis pas ma chance aujourd'hui. Je t'aime, Marie et j'aimerais que tu sois mon soleil dans le noir.


La demoiselle le fixa franchement dans les yeux. « Je t’aime ». Il venait de lui dire qu’il l’aimait.. Si, pour certains ceci ne représentait pas grand-chose, pour la jeune vampire, c’était énorme. Symbolique. Il avait certainement dû se faire violence et ravaler sa fierté pour lui délivrer ce mot, pour lui délivrer ces paroles qui touchèrent Marie au plus profond d’elle-même. Elle voulu ouvrir la bouche pour répondre, mais rien ne voulait sortir. Elle était sous le choc, n’arrivant plus à détacher son regard doux et pourtant terriblement insistant de celui de son cavalier. Compagnon ? Pourrait-elle employer ce mot un jour, pour qualifier Taizo Vivian ? Elle n’eut aucune résistance lorsque le vieux vampire l’entraîna un peu hors du temple. L’air frais venant caresser son visage lui fit du bien, lui permettant ainsi de fermer les yeux quelques secondes, avant que l’homme ne la noie de nouveau sous des mots qui la firent rire autant que paniquer. C’était le moment, n’est-ce pas ? Après ce qu’il venait de lui dire, c’était le moment pour elle d’accepter ou non de changer leur relation pour quelque chose de plus.. Sérieux ? Il pencha la tête pour la regarder, provoquant ainsi le rire de la jeune femme. Si, en apparence, elle avait l’air parfaitement détendue, dans son esprit c’était affreusement le bordel. Elle avait peur, mais envie. Elle pesait le pour et le contre à toute vitesse.. Elle ne voulait pas faire d’erreurs. Elle ne voulait pas être malheureuse ou le rendre malheureux. Nul doute que leur caractère respectif risquerait de faire des étincelles, lors des disputes qui incombent à tout couple, mais le jeu en valait sûrement la chandelle. Elle se sentait bien avec lui, depuis tellement d’année.. Et ce qu’elle ressentait, en le regardant, en le touchant.. Ce qu’elle avait éprouvé lorsque leurs lèvres s’étaient pour la première fois rencontrées, lorsqu’il lui avait dit les mots qu’elle n’avait plus entendu depuis si longtemps.. Elle ne savait pas quoi répondre, consciente que c’était à elle que revenait la décision finale. Est-ce que ça changerait beaucoup de choses ? Est-ce qu’ils se supporteraient en étant en couple ? Est-ce qu’ils supporteraient de voir leur liberté restreinte par une autre personne ?

    « J’aime tes imperfections. Je suis certainement aussi bornée que toi, parfois trop franche.. Mais je n’ai plus envie d’être seule ou de me mentir quant à ce que je peux ressentir à ton égard. J’ai le droit d’aimer. Et je veux être aimée.. J’ignore totalement où tout ceci nous mènera, comment ça se passera.. Mais je crois que je suis prête à te faire confiance, si en retour tu me promets de ne jamais me trahir.


Elle avait parlé calmement, posément, tout en regardant son bel homme, avant d’avancer d’un pas. Avec une infinie douceur, leurs lèvres se retrouvèrent à nouveau en contact, cette fois par l’initiative de Marie. Leur baiser dura plus longtemps que précédemment, cette fois-ci. Il fut également moins chaste.. La Parisienne y mettait du cœur, passant une main dans les cheveux du vieux vampire tout en se collant totalement à lui. Pour elle, c’était clair. A partir de cette soirée, de ce moment au clair de lune si beau en cette nuit d’Halloween, elle n’avait plus le droit de se considérer comme étant célibataire.. Son cœur n’était plus à voler, et qu’importe les regards pouvant se poser sur elle, elle considérait ne plus avoir véritablement le droit d’y faire attention. Oh, bien entendu qu’elle n’allait pas envoyer bouler le premier venu la draguant.. Mais elle savait qu’elle n’entrerait plus dans les jeux de séductions qu’elle s’amusait à mener avec humains et vampires, de temps à autre.. La Parisienne se recula doucement, souriant presque timidement et dévorant des yeux ce beau visage que le temps n’avait pas pu abîmer. Il était simplement beau. Qu’importe la couleur de ses cheveux – changeant au gré de ses fantaisies – tout lui allait parfaitement bien.. Il avait ce visage, cette présence qui faisait fondre Marie.. Et, dans un élan de courage, elle fini par dire ;

    « Essayons simplement, sans se poser une multitude de questions. Je m’en voudrais trop de ne pas avoir tenter ma chance avec toi..


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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   Ven 15 Juin - 9:40


    Il fallait beaucoup de courage a un vampire aussi vieux et avec un tel caractère pour avouer ses faiblesses. La jeune femme faisait partie à la fois de ses faiblesses et de sa force. Sur qu'il remuerait ciel et terre pour lui faire plaisir, si quelqu'un osait s'en prendre à elle, sa vengeance serait terrible, alors qu'il était un vampire plutôt pacifique en temps normal. Il aimait bien provoquer, mais ne cherchait en général pas la bagarre. 
    Mais aussi c'etait la toute première fois de sa longue vie qu'il disait je t'aime à quelqu'un. Il venait de s'en rendre compte... Les mots semblaient à la fois étrangers et tellement familiers à la fois ! 
    On pouvait donc dire que c'était une faiblesse mais aussi une force. Parce que si ils vivaient leur éternité ensemble, il était sur que celle ci serait bien moins longue et douloureuse. Ensemble...oui, ils pouvaient faire de belles choses qui prouveraient à eux et aux autres qu'ils n'étaient pas que des monstres. Il pourrait emmener la jeune femme découvrir tous ces pays qu'elle avait toujours rêvé de découvrir. Ils avaient le temps pour cela. 

    Enfin, si la belle acceptait ses sentiments. Il ne pouvait pas etre totalement sur de cela. Comme il l'avait dit, il n'y avait pas que de bonnes choses en lui. Il était extrêmement colérique, jaloux aussi, têtu... Bref. Il avait des défauts. Et plein. Comme toutes les créatures de cette terre, aussi parfaite qu'elle ait l'air.
    Peut etre aussi qu'il n'était pas celui qu'elle attendait, rien n'empechait qu'elle ait changé d'avis, qu'elle veuille profiter de son éternité pour découvrir tout ce que des amants différents avaient à lui offrir (honnêtement, il n'y croyait pas. Il ne  la considérait pas comme le genre à avoir un tableau de chasse, bien qu'avec un tel charme, elle en aurait été largement capable).
    C'est alors avec énormément d'anxiété, bien qu'il le cachait avec brio qu'il attendit qu'elle lui réponde. Il se demanda ce qu'il ferait en casse rejet...
    Il serait vraiment triste... Par ce qu'il y croyait, mine de rien, à un couple composé de Beaudoire Marie et de Taizo Vivian, le couple le plus étrange de tout Tokyo, sans aucun doute. Nombreuses seraient les personnes qui se demanderaient ce qu'elle trouverait exactement à un minuscule métisse qui avait dix ans de plus qu'elle rien que physiquement et presque 500 en réalité...
    Mais bon, ça, c'était bien des cancans. Tous deux s'en fichaient bien.

    C'est sur, il aurait moins de liberté. Il ne pourrait plus butiner de fleurs en fleurs rien que pour s'amuser. Il n'aurait plus autant de liberté et ne serait evidemment plus solitaire. Il faudrait faire des concessions, accepter les idées de l'autre et souvent les suivre sans broncher pour ne pas déclencher une dispute. Pourtant, quel poids est ce que cela faisait par apport au fait qu'il n'allait plus etre horriblement seul ? Qu'il aurait la plus belle des fleurs seulement pour lui ? Et la promesse qu'ils se faisaient de toujours se retrouver quelque soit les disputes ou les étincelles qui pourraient ressortir de tout cela ? Rien. Il était lassé de voleter. Il voulait se poser. Comme l'aurait fait un humain. Oui, en aimant ils se rapprochaient plus encore de leur rêve. 
    « J’aime tes imperfections. Je suis certainement aussi bornée que toi, parfois trop franche.. Mais je n’ai plus envie d’être seule ou de me mentir quant à ce que je peux ressentir à ton égard. J’ai le droit d’aimer. Et je veux être aimée.. J’ignore totalement où tout ceci nous mènera, comment ça se passera.. Mais je crois que je suis prête à te faire confiance, si en retour tu me promets de ne jamais me trahir.

    Plutôt mourir que de la trahir ! Si il y a bien une force que l'on peut trouver chez Vivian c'est qu'il ne ment et ne trompe jamais. Tous ses amants avant meme qu'ils ne le deviennent, savent parfaitement qu'il ne s'attache pas, qu'ils ne sont pas "ensemble" mais plus "amis avec bénéfices". Ça peut sembler cruel,  dit comme cela, mais en général, tous trouvaient cela plaisant et parfaitement normal. Avec elle, c'était différent. Il voulait bien plus. Et jamais il ne lui mentirait ou la tromperait. Le premier qui essaierait de lui faire avaler le contraire serait un menteur. 
    -Je te le promets.
    Il l'observa sérieusement droit dans ses magnifiques yeux bruns. Ils avaient toujours eut cette faculté de se comprendre sans meme parler longuement comme ils le faisaient souvent. Mais la il sut que son regard ne le trompait pas et que maintenant elle pouvait le croire. Ne se connaissaient t'il pas depuis assez longtemps pour qu'elle sache qu'il ne faisait jamais de promesse en l'air ? 
    Elle lui montra qu'elle le croyait en s'approchant de lui pour lui donner le meilleur baiser qu'il n'avait jamais reçu. Moins gêné et moins hésitant que le premier, ils se retrouvèrent comme si ça faisait des années  qu'ils s'embrassaient de cette façon. Il adorait tout particulièrement cette façon qu'elle avait de passer ses mains dans ses cheveux.
    Il posa ses mains sur les hanches de la Reine des Reines, la maintenant contre lui tandis qu'il la savourait. Si il n'avait pas eu besoin de sang, il aurait pu vivre seulement avec ses baisers.
    Quand ils se séparèrent, Vivian ne la laissa pas trop s'éloigner de lui, comme si il avait peur qu'elle disparaisse soudainement et qu'il ne se rende compte que ce n'était qu'un rêve.
    « Essayons simplement, sans se poser une multitude de questions. Je m’en voudrais trop de ne pas avoir tenter ma chance avec toi..

    Le vampire n'aurait pu être plus heureux qu'à cet instant. Il guetta une once de peur ou de doute mais n'en trouva aucune sur ce doux visage, simplement un magnifique sourire qu'il chérirait tout le reste de l'éternité.
    Il prit sa main. 
    -Allons leur en mettre plein la vue pour le reste de la nuit, dans ce cas ! 
    Il rit doucement et l'attira à l'intérieur, et entrainés par l'ivresse de leur bonheur, ils dansèrent jusqu'au petit matin ne s'intéressant qu'à l'un et qu'à l'autre, tandis que parmis les vampires, la rumeur se répandait comme une trainée de poudre.
    Ils accueillaient un couple dans leur rang et ça aurait pu etre le scoop de la soirée si abarai ne leur avaient pas volé la vedette. Il faut dire qu'on ne voyait que rarement des vampires se mettre en couple. C'etait plus des alliances qu'ils formaient. Mais eux, il n'était pas question de stratégie, mais de sentiments réels.
    Quand le petit matin commença à s'approcher, la fête prit fin. Le vampire proposa à la jeune femme de la ramener chez lui, mais elle lui proposa encore mieux. Prolonger un peu cette merveilleuse soirée la bas. Il accepta avec joie, bien évidemment. Ce serait mine de rien l'occasion de préciser certaines choses....

    Et en plus...il n'avait pas envie de la quitter.


 
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MessageSujet: Re: Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]   




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Tiens ma robe, que je puisse marcher.. [Pv Vivian]

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