C'est la fin de Requiem. Merci de prendre en compte le sujet dans les news.

 

 La mort rôde dans les bois

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MessageSujet: La mort rôde dans les bois   Lun 4 Juin - 15:19


02h00
1er Novembre 2011


Ca avait été… Une tellement mauvaise idée… Min Hwan le savait depuis le début et pourtant, il n’avait pas pu s’empêcher de suivre ses amis dans cette idée absurde. « Aokigahara de nuit pour halloween ». C’était partit d’une plaisanterie et puis, peut être parce qu’ils n’avaient pas grand-chose à faire, la plaisanterie était devenu un plan… Résultat, on était dans la nuit du trente et un au premier et plutôt que d’être chaudement chez lui, saladier de bonbons pas loin pour les enfants du quartier, Min Hwan était en pleine forêt et la panique commençait sérieusement à pointer le bout de son nez.

Son cœur battait follement la chamade alors que sa lampe de poche fouillait les environs de façon on ne peut plus désordonnée. Et le coréen avait beau se sermonner mentalement, voir s’invectiver à voix haute pour se donner un peu de courage, ça ne marchait que très moyennement. Voilà quarante-cinq bonnes minutes qu’il avait perdu son groupe et dévié du sentier… Ce n’était pas faute d’avoir tenté de le retrouver mais Min Hwan s’était vite rendu compte qu’il devait tourner en rond. Chaque morceau de forêt lui semblait pareil aux autres et aucun point de repère ne se fixait réellement devant ses prunelles.

En fait, s’il n’avait pas eu si peur et si son orgueil ne se mettait pas un peu de la partie, Min Hwan serait déjà en train de pleurer tout en espérant trouver une bonne âme pour le reconduire. Cela dit, fallait pas rêver et tout ce qu’il pouvait faire, c’était tenter de se débrouiller par lui-même. Dire qu’il s’était finalement laisser convaincre juste pour avoir une chance de prendre quelques jolis clichés… Terrifiant, peut être… Mais décidément très jolis. Et au départ, il avait d’ailleurs été ravit, en prenant quelques uns sans se presser, évaluant les distances, les formes, les couleurs… Mais à un moment donné, il avait dû trop traîner et si au départ, son groupe d’amis –ils étaient quatre en tout et pour tout- n’avait prit que quelques mètres de distance, l’écart s’était rapidement creusé… Résultat, lorsqu’il avait tourné la tête la dernière fois, les deux autres garçons et l’unique jeune fille du groupe avait… Disparus…

Min avait alors vu son envie de continuer à photographier disparaître d’un seul coup et au pas de course, il avait tenté de récupérer le groupe sur le sentier. Une brume assez épaisse par endroit l’empêchait de voir bien loin et c’était ce qu’il avait prit pour un rire qui au départ l’avait fait sortir du sentier. Il avait appelé… Mais seule la forêt lui avait répondu. Et croyez-le… Une forêt, ça n’a rien de silencieux…

Une fine buée opaque s’échappait d’entre ses lèvres à chaque fois qu’il respirait, la faute à une température plutôt basse et d’ailleurs, un frisson remonte le long de son échine alors qu’à nouveau, Min Hwan tourne sur lui-même, fouillant une pénombre très épaisse de sa lampe torche. Il craignait un peu de ce que les piles n’étaient pas très neuves pour être honnête et bien que son appareil possède un puissant flash qu’il pouvait régler en continu pour ses photos les plus nocturnes, Min Hwan savait que ce dernier pomperait rapidement toute la batterie…

Est-ce qu’il était inquiet pour ses trois amis ? Evidemment ! Néanmoins, la peur qui le saisissait au ventre présentement engourdissait ce genre d’appréhension et pour le moment, c’était surtout pour sa propre sécurité, pour ne pas dire vie, qu’il craignait. Aokigahara n’était pas réputé pour être très hospitalière. En fait, elle était même reconnue pour des faits souvent plus macabre les uns que les autres et Min Hwan avait des hauts le cœur rien qu’à imaginer tomber sur un de ses plus sombres secrets…

Il y a un bruit derrière lui… Et le coréen se retourne en une seconde, braquant sa lampe torche dans cette direction ! Quelque chose bouge… Son cœur bat si fort qu’il lui en donne mal au crâne mais ses pieds semblent plus enracinés dans le sol meuble que les racines des arbres elles-mêmes. Cette forêt… Etait vivante…

Qu’est ce qui, finalement, lui avait fait si peur pour qu’il tourne les talons et détale comme un lapin ? Lui-même n’aurait probablement pas su le dire en réalité… Sans doute une grosse part d’imagination ! En tout cas, c’est pourtant ce qui arrive et Min Hwan court droit devant lui, ignorant la morsure de petites branches qui lui fouettent le visage. Le faisceau de sa lampe torche danse dangereusement devant lui, tentant péniblement de lui ouvrir un passage mais le danger ne vient pas toujours de devant soi… Et pour l’heure, il vient surtout du sol.

Ca avait été inconscient de courir ainsi sans regarder où il mettait les pieds et Min Hwan peut presque se vanter d’avoir été si loin sans encombre… Mais à se moment précis, son pied passe dans une épaisse et solide racine, stoppant net sa course et le jetant à terre sans douceur, étouffant un cri de douleur… La lampe de poche roule à quelques mètres… S’éteint… Et Min à le souffle tellement court, la cheville tellement endolorie… Que pendant quelques instants, il n’ose pas bouger d’un cheveu. Paniqué ? Ca et plus encore… Il tremble comme une feuille, n’étant pas pleutre de nature mais n’éprouvant aucune honte à cet instant précis d’être terrifié comme il l’était… !

La forêt craque de partout, l’humidité du sol transperce de froid sa chair et ses os… Et de fait, Min Hwan finit par se relever pénible, boitillant un peu mais pas décidé à attendre la mort dans son coin. S’il s’en sortait, c’était juré : il ne reviendrait plus jamais dans cette forêt !

Son pas claudiquant l’amène jusqu’à ce qu’il imagine être un petit bosquet… Il n’y voit rien du tout et ses doigts cherchent en tremblants, à l’aveugle, la lampe. C’est alors que le destin se joue encore de lui car sitôt sa main se referme enfin sur l’objet métallique, Min a un hurlement de terreur alors qu’un petit éboulement lui fait à nouveau perdre pied ! Il se sent glisser au départ, puis tomber… Et second hurlement en retrouvant le plancher des vaches tandis que dans un craquement sinistre, son poignet cède. Cette fois, un vrai sanglot de désespoir franchit ses lèvres et s’assoyant pénible, le bras ramené contre lui, Min Hwan se met une bonne fois pour toute à pleurer, cédant entièrement à la panique et à l’effroi.

Ca dure peut être cinq minutes… peut être dix… Et quand il se calme, c’est parce qu’il entend du bruit… Sa main valide tâtonne jusqu’à la lampe tombée près de lui et Min Hwan en pousse le petit bouton, plantant sa torche dans la direction du bruit, un nouveau cri mourant dans sa gorge avant même de sortir.

A quelques mètres se tient un homme. Il est grand… Peut être fait-il la même taille que lui mais bloqué dans sa panique présente, Min Hwan a l’impression qu’il est immense… Le jeune coréen frissonne, tétanisé une minute… L’homme est tout de noir vêtu, une longue chevelure ébène cascadant sur son torse et ses épaules. Un masque couvre une partie de son visage, il est blanc et Min Hwan a assez de culture pour le reconnaître et de fait, bien que toujours sous le choc, son poignet cassé aidant, il se permet de reprendre une respiration quasi normal. Halloween… Ce gars là était habillé pour ça non ? Et bien que ce soit une très drôle d’idée de venir fêter halloween costumé dans le coin, Min Hwan n’est pas du tout d’humeur à contrarier l’homme qui pourrait lui venir en aide. Ou pas… En fait, Min est si choqué qu’à présent, il a bien du mal à distinguer ses amis de ses ennemis.

Le coréen se remet néanmoins péniblement debout. A côté de son poignet si douloureux, sa cheville lui semble se porter comme un charme et un liquide un peu poisseux le long de sa tempe lui permet de déterminer que son mal de crâne n’est pas tant dû à la panique qu’à une blessure à la tête qui devait un peu saigner…

- Bonsoir… Excusez-moi… Je me suis perdu.

Min Hwan a long frisson… En fait, il n’aurait pas su dire pourquoi mais il avait l’impression que le danger grandissait… C’était une sensation qui le prenait aux tripes et pendant un instant, il teste un peu sa cheville gauche, des fois qu’il aurait dû se remettre à courir, sachant cette fois tout à fait ce qu’il fuirait… Il faut dire que l’aura que déployait cet homme était tout simplement glacée…

- Je crois que j’ai le poignet cassé… J’ai besoin de soins. Vous savez où est le sentier… ?

De sa lampe, il balaie très rapidement les environs avant d’en revenir à l’inconnu, ayant peur de le perdre de vue trop longtemps.

- Vous vous êtes perdu, vous aussi… ?


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MessageSujet: Re: La mort rôde dans les bois   Mar 5 Juin - 8:37


La traque... Elle était ancrée au plus profond de chaque vampire, même le plus moderne d'entre eux. Comme l'humain le faisait pour vivre en société, les vampires refrénaient leurs instincts pour les mêmes raisons. Cependant, ils étaient tout aussi présents que chez les bêtes sauvages. Ce n'est pas pour rien que très jeunes, ceux-ci devaient suivre une formation stricte avec leur père ou leur mère vampirique et Seijûrô ne faisait pas exception à la règle. Il n'était pas encore parfait, mais Sensui se plaisait à dire que c'était presque le cas, sa perfection lui échappant seulement à cause de ce damné don de guérison qu'il ne maîtrisait pour ainsi dire pratiquement pas. Il était aussi démuni qu'un nouveau né à ce niveau et ça l'énervait prodigieusement. Mais peu importait ce soir puisque cette soirée était sienne, en quelques sortes. Peu de gens l'eurent compris et pourtant, les événements avaient tellement joués en sa faveur qu'il pouvait presque palper la fierté de son père vampirique.

Après un doux murmure près de l'oreille de Sensui et un baiser contre le lobe de celle-ci, Seijûrô était sortit du temple souterrain dans lequel la réunion vampirique était donnée. Il avait royalement ignoré les regards critiques qui s'étaient posés sur sa personne. Probable qu'on lui reprochait la façon dont il était devenu étrangement près de Sensui, même en public. Oh, rien de réellement choquant, au contraire, mais les vampires étaient souvent enracinés dans leurs vieilles traditions et le moindre dérangement à celles-ci les froissait. Son mentor en faisait certes parti... Et il était amusant de voir certains changements, parfois, tout aussi légers et réticents soient-ils. Mais on lui reprochait aussi ce qui s'était passé plus tôt dans la soirée. Car si personne n'osait contredire les décisions du conseil et de ses membres, il était évident que la sentence prononcée contre Abarai n'avait fait pas fait le bonheur de tous.

Il était donc sortit, faisant fi de tous ces regards, faisant fi des murmures que les dames laissaient s'échapper sur son chemin. Il se sentait plus grand, plus fort ce soir et personne ne pourrait lui retirer ce sentiment. Néanmoins, Seijûrô n'avait pas changé du tout au tout en une seule soirée et la présence d'autant de gens réunis en un seul endroit lui donnait un peu le tournis après avoir passé autant de temps entre ces quatre murs. Et s'il ne devait prendre qu'une petite marche de santé, c'est pourtant là que se mêla la traque. C'est d'abord une odeur diffuse qui avait flotté jusqu'à ses narines sensibles. Elle était attirante, mais sans plus, car probablement très lointaine. C'est parce qu'il n'avait aucun but précis si ce n'était de ne pas se perdre en forêt qu'il avait commencé à suivre l'odeur agréable, d'abord lentement sans intérêt... Puis, de plus en plus rapidement, se tapissant dans les ombres de cette forêt infinie et angoissante, maître de son terrain de chasse.

Seijûrô aurait pu fondre sur sa délicate proie à maintes reprises, mais n'avait pas pu s'y résoudre, prenant son mal en patience, la laissant s'enfuir toujours un peu plus. Il faisait craquer une branche ici, froissait des feuilles par là... Et il observait la petite chose paniquer de plus en plus. Il tendait l'oreille à sa respiration hachurée. Il humait l'odeur de la peur qui s'en émanait... Et il adorait ça ! Le gibier n'était pas tel que Sensui lui avait raconté lors des grandes chasses. La vie moderne était un fléau pour ce sport si rare. Malgré tout, Seijûrô sentait ses sens s'exacerber, ses envies prendre toute leur ampleur... Gibier qui ne lui donnait certes pas beaucoup de défi, mais qui savait tout de même l'intéresser grandement. De fait, lorsqu'après une chute presque théâtrale, le grand vampire entend un craquement sinistre annonciateur d'une très mauvaise blessure pour sa petite biche, il décide de lui apparaître, stoïque et silencieux.

Sa proie se remet tant bien que mal sur ses pieds et Seijûrô se contente de l'observer longuement, appréciant ce qu'il voyait. Tout aussi grand que lui, infiniment plus fin, des traits doux comme le printemps... Et de biche, il avait assurément les yeux. Quel vampire cracherait sur un si délectable repas ? La petite chose sans défense commence à lui parler, mais Seijûrô reste de marbre. Nul besoin de précipiter les choses. Il se délectait de son angoisse et de sa peur. Toutefois, malgré tout la bonne volonté du monde, le sombre vampire ne peut réprimer l'esquisse d'un sourire moqueur.

« Un poignet cassé... », murmure lentement Seijûrô d'une voix grave et rauque. « Une cheville foulée... Une peau de porcelaine déchirée... »

Dans quel mauvais état était sa petite chose ! Énumérer les blessures qu'il s'était fait lui-même plaisait énormément à Seijûrô. Pourtant, il n'était pas connu pour jouer avec sa nourriture. Au contraire.. Mais ce soir était soir de réjouissances et le fils Kuromiya comptait bien en profiter. Ce dernier fronce les sourcils alors que le rayon de la lampe torche du Coréen -car c'était bien là sa nationalité, de cette jolie petite biche- l'aveugle un court instant. Il détestait cette profusion de lumière vive dont avaient besoin les humains pour se rassurer ! D'ailleurs, il a un signe impatient de la main pour ordonner au garçon de baisser cette damnée lumière. Puis, d'un pas lent et régulier, il commence à tracer un cercle autour du jeune homme, le prédateur tournant doucement autour de sa proie pour, à chaque minute, refermer un peu plus le cercle de la mort sur sa délicate et frêle silhouette.

Ce n'est qu'une fois revenu devant le Coréen après un tour complet que Seijûrô s'arrête. Levant une main à son visage, il détache le masque blanc qui recouvre la moitié de ses traits.

« Comment t'appelle-tu ? », demande soudainement Seijûrô, comme si l'information était vitale. Ce n'était certes pas le cas, mais il avait envie de jouer avec la nourriture, soudainement. Allez savoir pourquoi... « Tu as un accent délicieux et un physique qui ferait rougir d'envie un coquelicot. Le rouge carmin te sied sûrement très bien... »

Inquiétant ? Seijûrô savait assurément l'être et présentement, il ne s'en privait absolument pas. Il s'approche d'ailleurs tout près de la jolie petite chose, l'acculant contre un arbre, adorant toute la gamme d'émotions fort riches qu'il lisait dans ce regard de biche.

« Dis-moi, petite âme perdue... Que pourrait-il t'arriver de pire là, maintenant, en plein coeur de cette forêt ? », questionne le fils Kuromiya, se penchant un peu vers le jeune homme. « Serait-ce moi ? »

Assurément... Peut-être ne le savait-il tout simplement pas encore ! Mais ça ne changeait pas grand chose puisque bientôt, il n'allait même plus avoir à craindre ce genre de questions. Pauvre petite créature... Avait-il besoin de préciser qu'il n'était pas perdu, pour sa part... ?


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Sayonara

À l'abri des regards indiscrets, seuls dans le noir ; tu n'as étrangement pas peur. Je t'aime ; un amour aussi secret qu'interdit. Mais, il y a quelque chose de brisé en toi à présent. Est-ce moi qui t'ai brisé ? Alors, lorsque que le soleil de l'après-midi illuminera tes yeux, je partirai pour le clair de lune... seul. Sayonara, my love.

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MessageSujet: Re: La mort rôde dans les bois   Ven 8 Juin - 11:01


Parfois, l’instinct est un vrai sixième sens. Et présentement, tandis que Min Hwan fait face à ce singulier personnage d’une prestance indéniablement supérieure à la sienne, ce sixième sens lui hurlait que quelque chose de dangereux entourait cet homme. Cela dit… Compte tenu du lieu, de la situation et donc de sa panique, Min aurait sans doute prit Mère Theresa herself pour le diable…

L’autre se tenait là, debout devant lui… Et son impassibilité se mût en un rictus qui fait remonter un long frisson glacé le long de l’échine de Min Hwan. Il est des fois où on regrette d’avoir quitté le confort modeste de son petit appartement trop cher… Hé bien cette fois était de celles-là et le cœur de Min se met à battre si fort la chamade dans sa poitrine que s’en est douloureux. Son poignet l’élance, semblant pulser au rythme trop fort et trop rapide de son cœur, créant une petite douleur supplémentaire et déjà qu’il n’y voyait pas bien à cause de l’obscurité, sa vue se trouble légèrement. La faute, sans aucun doute, au choc sur la tête qu’il ne sentait toujours qu’à peine, son corps s’étant drogué à l’adrénaline, au froid et à la peur, ce qui anesthésiait presque tout le reste. Presque… Parce que son poignet, lui, le gardait bien ancré dans la réalité…

- Un poignet cassé...

Min Hwan sursaute presque en entendant la voix de l’autre homme. Elle est grave, profonde… Et c’est un second frisson qui glisse le long de sa colonne vertébrale. C’était peut être théâtrale mais à cet instant précis, Min Hwan doit s’admettre que si la mort avait une voix, c’était probablement à cela qu’elle ressemblait…

- Une cheville foulée... Une peau de porcelaine déchirée...

Cette énumération l’étourdit un peu, pour tout dire… C’était comme si l’autre type voyait tout de lui sans qu’il sache comment, le faisceau de la lampe ne gardant dans le noir ou presque. Quoi qu’il en soit, elle reste morbide et si Min n’a pas encore amorcé le moindre mouvement pour s’enfuir, c’est que la panique a cédé la place à une peur si forte qu’elle semble avoir coulé ses jambes dans le béton. Plus sûrement qu’aucun des arbres de cette forêt, Min Hwan s’était enraciné…

La haute silhouette noire se met à tourner autour de lui… Et Min Hwan ne frissonne plus à présent : il tremble complètement. Sans être une personne qu’on effrayait facilement, Min n’en était pas moins dépourvu de courage aveugle… Et assurément, à présent, il n’avait pas envie de tenter le diable. Diable qui, il en était de plus en plus convaincu, se tenait devant lui… Ou sur son flanc gauche… Dans son dos… Un petit gémissement terrifié naît dans sa gorge, venant ensuite se déverser entre ses lèvres tremblantes, à peine audible… Et il pense à tout ce à quoi il aurait voulu être occupé à ce moment précis, avec les gens qu’il aime ou ses activités préférées.

Est-ce que ça signifiait qu’il pensait qu’il allait mourir ? Une partie de lui y croyait oui… Mais l’autre, celle qui était pourvu d’un instinct de survie aussi développé que celui de n’importe quel homme… Cette partie là savait qu’il y avait encore quelque chose à tenter… Fuir, frapper… Mais avant toute chose, tenter d’être plus rationnel. Peut être que cet homme lui faisait une plaisanterie des plus douteuse et malsaine après tout. Certains ne savaient pas quand s’arrêter, même quand ça crevait les yeux.

La longue, lente et si silencieuse silhouette noire revient se poser devant lui et Min Hwan, le souffle hachuré, remonte un instant la lumière sur son visage avant de l’abaisser rapidement, posant le cercle de la lampe torche au niveau de son ventre plutôt. Il était hors de question pour lui de le perdre de vue… Si ce type était dangereux, il ne fallait surtout pas que ça arrive…

- Comment t'appelles-tu ?

Il est une seconde pendant laquelle le coréen n’a pas comprit la question. C'est-à-dire que dans son état de stress, le japonais lui devenait soudainement aussi étranger que pouvait l’être le péruvien ou le pakistanais. De fait, il ne répond rien, observant l’homme en face de lui qui ôte son masque. Le visage est long, les yeux charbonné et relevant sensiblement la lampe sans venir aveugler l’homme, Min Hwan perçoit la forme de ceux-ci, en œil de chat. Les cheveux semblent vraiment longs et le visage grimé pourrait être vraiment captivant si la situation ne lui hurlait pas de se méfier.

Oui, définitivement, il y avait chez ce type un « truc » qui le fascinait et c’était d’autant plus terrifiant que pourtant, Min Hwan SAVAIT qu’il devait cesser cette comédie rapidement. Il reprend un peu d’aplomb quoi que fort peu et finalement, repassant un peu le film, il répond, son accent plus prononcé que jamais à cause du stress :

- Min Hwan… Et vous ?

Oui, lui il vouvoyait, sans s’être vexé outre mesure que l’autre l’ait plutôt tutoyé. C'est-à-dire que de toute façon, dans la situation présent, il pouvait sans doute bien se le permettre puisque de toute évidence, il dominait leur… Entretient.

- Tu as un accent délicieux et un physique qui ferait rougir d'envie un coquelicot. Le rouge carmin te sied sûrement très bien...

En d’autres circonstances, Min Hwan aurait assurément délicatement rougit aux deux premiers compliments. Ca lui rappelait d’ailleurs sa rencontre avec Shinnosuke, environs trois semaines plus tôt… Dieu, il aurait tout donné pour que cet homme soit présent tout à coup… Ils avaient échangé quelques mails au départ, Min Hwan lui présentant surtout son travail et la photo qu’il avait tiré et retouché de lui… Puis Shinnosuke avait finalement appelé et quoi qu’intimidé, Min s’était plût à ces deux ou trois appels. Il aurait été décidément bien rassurant s’il s’était trouvé à nouveau sur son chemin. Comme quoi toutes les rencontres ne sont pas toujours bonnes.

La dernière réflexion cependant lui fait froid dans le dos et machinalement, faisant danser un peu le faisceau lumineux dans les feuillages, Min Hwan porte une manche à son front et sur sa joue, tentant de retirer le sang. Nul doute que c’était peine plus ou moins perdu mais cette allusion était décidément bien macabre. Et pour se donner un peu de courage et d’aplomb, Min reproche :

- Vous me faites peur ! Arrêtez ! Il faut vraiment que je rejoigne au moins un sentier ! Ce n’est plus le temps de jouer, je suis vraiment blessé ! S’il vous plaît ! Je ne joue pas à l’un de vos jeux !

Il n’était pas costumé ! Il saignait vraiment, avait réellement mal et était terrorisé pour de vrai !

Et pourtant, en face de lui, le type semble se délecter de la situation comme un oiseau de proie attendant son heure. Il s’avance… Et Min Recule au même rythme, son cœur cognant toujours aussi fort. Finalement, il allait peut être faire une crise cardiaque ! Mort de peur, au sens propre du terme. Son dos rencontre un tronc épais et l’étranger vient se poser si près que Min Hwan peut sentir un peu de son parfum musqué.

- Dis-moi, petite âme perdue... Que pourrait-il t'arriver de pire là, maintenant, en plein cœur de cette forêt ?

Min change la lampe torche de main, serrant ses doigts autour du manche avant d’avoir un cri de douleur étouffé tandis que son poignet proteste. Sa main valide, elle, vient se poser sur une épaule du vampire pour le repousser et nul doute que dans les prochaines minutes, il va s’élancer au pas de course… Oui, il avait conscience plus que jamais que c’était dangereux… Mais pas plus que de rester là avec cet… Homme ! Il n’était même plus sûr de vouloir le qualifier ainsi ! Démon !! Voilà exactement ce avec quoi il « conversait ».

- Serait-ce moi ?

Min cesse presque de respirer, son regard se posant dans les prunelles fort sombre du démon en face de lui.

- Qui êtes vous… ?

Et comme si soudainement, à deux doigts de mourir –il en avait conscience, c’était soudainement limpide- il voyait parfaitement clair, il demande même :

- Qu’est ce que vous êtes… ?

Min Hwan ne tremble même plus tellement toute cette situation l’a comme anesthésiée, tout à coup… Et il a encore un bref silence avant de constater, d’une voix blanche :

- Vous avez l’intention de me tuer.

Et aussitôt, toute l’énergie qu’il peut lui rester afflux au travers de ses veines, commandé par son système nerveux. Peut être ce démon là avait il un côté fascinant que Min Hwan ne s’expliquait pas, mais il ne comptait pas rester là les bras croisé à ne rien faire… En un instant, Min vient à nouveau changer sa lampe torche de main pour en assener un coup aussi violent qu’il le peut à la tête de l’homme avant de s’élancer au pas de course. Sa cheville proteste mais il l’ignore, aidé de l’adrénaline. Le vent souffle, les branches craquent et Min Hwan n’a pas la moindre intention de se retourner pour voir si l’homme s’est vite remit ou bien pas de son choc. Son appareil photo le ralentit et bien qu’y étant très attaché, Min Hwan retire la bandoulière pour le jeter à l’aveuglette derrière lui. De toute façon, le choc avait potentiellement eu raison de lui.

Quand à sa lampe torche… Elle vacille dangereusement, menaçant de s’éteindre…

- A L’AIDE ! AU SECOUR ! AIDEZ-MOI !

Min Hwan s’époumone, se crevant les cordes vocales… Et le noir se fait alors que les piles rendent leur dernier soupire. Il baisser les yeux juste une seconde dessus… Secouant l’objet dans sa course pour l’obliger à se rallumer… Et c’est une seconde de trop parce que lorsqu’il se rend compte qu’il y a un obstacle devant lui, c’est trop tard et il le heurte de plein fouet ! Pas un arbre non… Et dans un sursaut de vie, sa lampe torche clignote une dernière fois, illuminant avant de mourir ce visage qui aurait pourtant dût se trouver derrière lui…

- Vous êtes le diable…





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MessageSujet: Re: La mort rôde dans les bois   Mer 20 Juin - 5:19


Seijûrô se délecte des forts battements de coeur qu'il entend. On aurait dit que le jeune Coréen allait faire un arrêt cardiaque tant ce petit coeur s'agitait comme un damné dans sa poitrine. Et ça lui plaisait... Peut-être qu'avec le vampirisme, Sei' avait perdu ce qui lui restait d'humanité. Il n'était pas un maniaque ou un psychopathe. Mais parfois, le chasseur en lui s'éveillait encore. Ses plus bas instincts se manifestaient sans qu'il ne perde entièrement le contrôle. Si certains oseraient dire que c'était là les désavantages de la jeunesse, Sei' avait envie de dire, pour sa part, que c'était plutôt ses avantages. Les plaisirs de la chasse pour la chasse et non pas par faim étaient si rares... Il aurait été bien bête de les refuser alors qu'ils se présentaient ainsi à lui sous la forme d'une si délectable petite biche éblouie par ses phares. Et à cette pensée, grisé par la fraîcheur du Coréen élancé et par son propre pouvoir, Seijûrô darde lentement la langue pour en glisser le bout contre ses lèvres, se délectant à l'avance.

Ses tremblements, alors que la haute silhouette du vampire se glisse près de lui, est sans prix. Seijûrô en soupirerait presque tant c'est trop facile. Qu'est-ce que Sensui dirait s'il le voyait effrayer un petit humain comme ça ? Ah, peu importait à présent... Il s'amusait bien et c'est à ça que servaient les soirées de festivités ! D'ailleurs, son plaisir atteint son summum lorsqu'il entend ce mélodieux petit gémissement effrayé franchit le seuil des lèvres du Coréen. Sei' en a un petit rire amusé, presque trop doux pour le contexte actuel ce qui, finalement, rendait probablement le tout encore plus angoissant. Ce rire meurt cependant rapidement dans sa gorge, remplacé par un feulement outré alors que le faisceau de la lampe du jeune homme vient l'aveugler une nouvelle fois avant de se rabaisser pour de bon. Vraiment, quelle idée que de foutre une lampe torche dans le regard de son interlocuteur ! Les gamins de nos jours n'ont plus aucun respect... Il y avait de quoi désespérer !

Puis, voilà que sa question, pourtant toute simple, semble ramener Min Hwan -joli prénom, quoique imprononçable...- à un certain équilibre. Précaire, certes... Mais bel et bien là et Seijûrô apprécie cette soudaine maîtrise de lui-même, malgré tout. Généralement, même un homme mature aurait déjà commencé à supplier. Mais pas ce délicat garçon. Il se présente, lui renvoyant même la politesse.

« Kuromiya Seijûrô. », prend donc la peine d'annoncer le grand vampire, agréablement surpris. Ça le valait bien... ! « Enchanté, Min Hwan... »

Si la première partie de ce prénom purement coréen est bien prononcée, la suite a droit à un fort accent japonais, mais n'est néanmoins pas massacrée. La peur semble vouloir reprendre son règne, mais Min Hwan l'éloigne en quelques paroles pour le moins sensées. C'était plus facile de se faire croire qu'il n'était qu'un de ces clowns qui venaient se perdre dans la forêt d'Aokigahara sans savoir comment en ressortir ? Les humains cultivaient outrageusement la pensée magique. « Ça n'arrive qu'aux autres. ». Quels imbéciles... Lui n'en faisait assurément pas partit. Et il n'avait pas eu la vie humaine pour croire en ce genre de foutaises, de toute façon. Il était exactement la preuve que ça n'arrivait pas qu'aux autres. Mais bien sûr, ce n'était qu'en se plaçant sous son point de vue, ce qui en réduisait considérablement la pertinence, mais soit... Ce petit humain ne semblait pas être fixé sur ce genre d'idiotie pour sa part et il commençait presque à regretter de devoir le tuer. « Presque » étant le mot clé.

Mais Seijûrô jouait bel et bien et malgré lui, Min Hwan était forcé de suivre la danse. Le jeune homme ne semble néanmoins pas de cet avis. Sa main se pose contre une épaule bien plus solide qu'elle n'y semble du vampire et il le repousse. Sei' se laisse faire, mais aurait terriblement aimé pouvoir entendre ses pensées, présentement. Que pensait-il de cette situation ? Son cerveau n'était pas encore complètement saturé par la peur... Ce devait être fort divertissement. Une question lui est posée, pas très intéressante. Le vampire avait osé espérer mieux que ça de Min Hwan. Mais, alors qu'il est sur le point de lui faire remarquer qu'il lui avait déjà donné son nom... une question beaucoup plus pertinente fuse. Et cette fois, Seijûrô lui fait... un clin d'oeil. Carrément.

« Bingo, joli Coréen... », susurre-t-il, amusé.

Et alors que sa petite proie en vient à abandonner tout espoir, celle-ci prend ses jambes à son cou, au plus grand régal de Seijûrô. Il faut admettre, néanmoins, que la course n'est pas très sportive pour lui.. Min Hwan est déjà blessé et naturellement bien moins rapide que lui. Ce n'est pas comme s'il avait, en face de lui, un humain réellement sportif. De fait, sur quelques dizaines de mètres, il suit seulement le jeune homme, histoire de lui insuffler une bouffée d'espoir. Ce n'était pas très difficile. Il faisait un boucan d'enfer entre ses hurlements et les branches qui craquaient sous son poids pourtant modeste. le vampire n'avait qu'à suivre en bordure du petit sentier qu'il empruntait, patient. Puis, au moment qu'il juge le plus opportun, Sei' le coupe dans son élan en se posant juste devant lui. L'effet est quasi immédiat et le destin s'en mêle même, éteignant enfin cette putain de lumière qui, encore une fois, lui avait fait étrécir les yeux. C'était douloureux... Mais maintenant, c'était fini. Plus de lueur d'espoir pour le beau Coréen.

Vous êtes le diable... Seijûrô ferme un moment les yeux, prenant une longue inspiration même s'il n'en avait point besoin, savourant seulement le pouvoir immense que lui donnait Min Hwan. Si ça ne changeait strictement rien dans sa vie, ça changeait néanmoins quelque chose dans celle du jeune homme et c'était exactement ce qu'il désirait, même si ce qui en restait était fort court. Le vampire se penche, attrapant le bras du garçon. Et sans le ménager, il le relève ainsi, d'une seule main. Il l'appuie contre le large tronc d'un arbre, cette fois avec plus de douceur. D'une main aux longs doigts frais, il caresse une joue de porcelaine, songeur.

« Je crois que tu plairais à Sensui... », murmure doucement le grand vampire, s'approchant juste assez pour humer le cou de Min Hwan. « J'hésite. Soit je te bois immédiatement, soit je t'amène jusqu'au temple pour t'offrir à Sen... »

Il sourit doucement, bien que Min Hwan ne doit pas y voir grand chose, mais peu importe. Seijûrô ne s'arrêtait pas à ce genre de détails. L'infériorité des êtres humains n'était absolument pas son problème...

« Je vais tout de même te dire ce que je suis, puisque tu me surprends agréablement par ta vivacité d'esprit malgré la peur. D'ailleurs, tu aurais probablement été magnifique si tu avais été un des miens... Mais je n'ai pas l'intention de m'encombrer. », assure Seijûrô, une certaine déception se faisant néanmoins entendre dans sa voix. Il ne fait toutefois pas attendre davantage le jeune homme. « Je suis un vampire, Min Hwan. Difficile à croire, je sais... Mais tu ignores tout du monde dans lequel tu évolues. »

Le grand vampire hausse lentement les épaules. Se doutant qu'il aurait droit à quelques protestation, il prend une des mains de Min qu'il attire à ses lèvres. Il baise l'intérieur de son poignet, considération qu'il n'avait généralement pas, puis y dépose la pointe de ses crocs pour y faire deux petites trous symétriques. Quelques gouttes de sang se perdent sur ses lèvres, meilleur qu'il ne l'aurait cru.

« Tu me sembles délicieux. Non vraiment, je crois que je vais prendre la peine de t'amener à Sensui... », assure lentement Seijûrô.

Ils allaient le partager... Sei' adorait faire ça.


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Sayonara

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MessageSujet: Re: La mort rôde dans les bois   Jeu 21 Juin - 9:40


La sensation de mort imminente. Vous savez, ce petit instant qui ne dure dans la réalité qu’une petite fraction de seconde mais qui, dans les sens du principal concerné semble durer des heures… Heures pendant lesquelles il se repasse le film de sa vie. Tout y passe, les bons comme les mauvais souvenirs et même ceux qui jusqu’à présent s’étaient fait oublier. Min Hwan y pense aussi. Peut être qu’il ne déroule pas le film comme on le verrait au cinéma, mais c’est assez ressemblant pour qu’il sache que c’était ça.

Ainsi donc, même son esprit s’était résolu à y croire… Il allait mourir.

Son meurtrier avait un nom. Un nom qui, au passage, ne lui disait strictement rien. Kuromiya Seijûrô. Au moins la mort s’était-elle présentée à lui d’une bien formelle façon. Min Hwan était resté au sol, fixant sans le voir presque, à cause de l’obscurité et des vêtements sombres, l’homme qui semblait bien décidé à se nourrir de sa peur pour en faire sa collation de minuit. Le cœur de Min Hwan battait la chamade si fort qu’il avait l’impression que peut être, finalement, il ne battait plus du tout.

Peut être que ce moment était le bon pour supplier ? Min Hwan en doutait. Avant que la lumière de sa lampe de poche ne meurt, il avait vu ce regard en œil de chat et définitivement : Seijûrô n’était pas être de compassion ou de pitié. Il semblait au contraire très calme et très posé à l’idée d’embrasser la mort et le coréen avait eu la fugace pensée qu’il devait l’avoir fait souvent.

Il n’aurait vraiment pas dût se laisser convaincre… Aokigahara… Cet endroit serait sa tombe et on ne découvrirait jamais son cadavre. Il pourrirait au milieu de la forêt, compost naturel… Et son âme s’ajouterait à toutes celles qui hanteraient les lieux. Et cette perspective lui était presque encore plus difficile à accepter que son sort.

Une longue main se tend vers lui, saisissant son bras sans douceur aucune et Min Hwan a une petite exclamation à la fois douloureuse et surprise. Surprise parce que cet homme avait beau être très grand et lui sembler robuste, Min Hwan ne s’était pas attendu à ce qu’il le relève ainsi avec tant d’aisance. Certes… Il n’était pas gros et était même plutôt maigrichon… Mais actuellement, il était également plutôt un poids mort, sans mauvais jeu de mot… Et Seijûrô n’avait pas semblé avoir la moindre difficulté ni fournir le moindre effort. Ca aussi c’était terrifiant… Mais Min était tellement déboussolé et choqué que de toute façon, il ne pouvait plus s’effrayer d’avantage.

Avant même qu’il n’y prenne garde, Min Hwan est à nouveau acculé contre un arbre. Ses yeux continuent de fouiller l’obscurité avec plus ou moins de résultat et il devine plus qu’il ne les voit réellement les contours de la silhouette de Seijûrô. Il sent un parfum musqué, légèrement épicé… Et une main glisser sur sa joue, tiède… Et Min Hwan en frissonne.

- Je crois que tu plairais à Sensui...

Seijûrô se penche sur lui, à hauteur de sa gorge… Et le cœur de Min est douloureux tant il bat fort. Il allait vraiment passer l’arme à gauche via une crise cardiaque… Son poignet brisé toujours contre lui, il vient poser son autre main à plat contre le torse de l’autre homme, quelques larmes finissant par déborder de ses yeux, sans sanglot, roulant sur ses joues à mesure que le coréen comprend qu’il n’a pas envie de mourir. Le « comprendre » oui. Parce qu’on avait beau se dire qu’on aimait la vie, on ne se rendait réellement compte de sa valeur qu’une fois mit au pied du mur, de toute évidence.

- J'hésite. Soit je te bois immédiatement, soit je t'amène jusqu'au temple pour t'offrir à Sen...

Le… Boire ? Un temple ? Sensui ? Décidément, plus Seijûrô en disait et moins Min Hwan comprenait. D’ailleurs, après un légèrement reniflement, sa voix rendue éraillée par les différentes émotions très fortes et négatives qui le submergeait, Min Hwan trouve encore le coup de demander :

- Je ne comprends pas…

Et il retient le « s’il vous plaît » qu’il avait voulu ajouter en supplique. Sans qu’il ne se l’explique, Min ne voulait « vraiment » pas supplier. Il savait que ça ne changerait rien à sa situation présent… Alors pourquoi offrir jusqu’à sa fierté à cet homme là ?

- Je vais tout de même te dire ce que je suis, puisque tu me surprends agréablement par ta vivacité d'esprit malgré la peur. D'ailleurs, tu aurais probablement été magnifique si tu avais été un des miens... Mais je n'ai pas l'intention de m'encombrer.

A nouveau des paroles pour le moins obscure mais malgré tout, Seijûrô avait toute l’attention de Min Hwan et si le jeune coréen n’y voit rien, il entend cependant très bien…

- Je suis un vampire, Min Hwan. Difficile à croire, je sais... Mais tu ignores tout du monde dans lequel tu évolues.

Honnêtement, dans toutes autres circonstances, Min Hwan aurait sourit comme on sourit à un enfant qui nous parle du père noël. Il ne se serait pas débattu avec cette pensée parce qu’il ne croyait pas à ces choses mais qu’il ne se permettait pas de remettre en doute les croyances des autres quand elles ne les aveuglaient pas ou ne les obligeaient pas à prendre de mauvaises décision. Mais présentement, Min ne sourit pas du tout. Il retient sa respiration même, sous le choc de paroles auxquelles il hésite quant au crédit à leur accorder.

C’était ridicule n’est ce pas ? Il était presque prêt à le croire. Et en même temps, pas si surprenant puisqu’il l’avait lui-même appelé « le diable ».

Et pourtant… Pourtant psychologiquement, Min Hwan ne peut toujours pas s’y résoudre. Peut être était-il affaiblit et peut être les circonstances le faisaient-elles bêtement douter… Mais il était quelqu’un de plutôt rationnel en général, même si parfois il pouvait se surprendre à croire aux fantômes où aux démons l’espace d’un instant.

Néanmoins, Seijûrô semble avoir le désire de lui prouver ce dont il parle… Parce que sitôt ses « révélations » faites, l’homme –le vampire ?- attire sa main valide à ses lèvres. Min Hwan sent les lèvres se poser dessus en un petit baiser qui lui donne un long frisson d’angoisse…

- Qu’est ce que vous… AÏE !

Une vive sensation de morsure ! Seijûrô l’avait mordu ! Il l’avait… Son sang ! Il venait boire à ses veines ! Littéralement !

Min Hwan à comme un mouvement pour retirer son bras mais Seijûrô le retient avec une poigne décidément hors du commun. Cela dit, dans la seconde qui suit, Min ne tente plus que très mollement de se défaire de cette morsure incroyable… Jusqu’à finalement ne plus se débattre du tout. Il y a comme une bouffée de chaleur qui lui remonte du bas ventre jusqu’à la tête. Il a un peu le tournis aussi, comme s’il avait légèrement trop bu… Les douleurs de sa cheville foulée et de son poignet brisé lui semblent lointaines et même les battements de son cœur se calment tout doucement… Un peu comme s’il avait soudainement été drogué…

- Qu’est ce que vous me faites…

Min Hwan a un peu l’impression de lutter avec ses mots mais déjà Seijûrô a éloigné ses lèvres de son poignet. Il avait. Il l’avait vraiment fait. Pas beaucoup de ce qu’en avait ressentit Min Hwan mais assez pour lui donner toutes ces sensations très étranges.

- Tu me sembles délicieux. Non vraiment, je crois que je vais prendre la peine de t'amener à Sensui...

Vampire… Il n’avait pas mentit, Min Hwan en était certain et quoi que ça lui semble surréaliste, ça s’était à présent tout à fait imposé à lui.

- Pourquoi est-ce que vous faites ça… ?

Seijûrô voulait le « partager ». Est-ce qu’on faisait ça avec une victime dont on voulait le sang par simple faim ?

- Vous êtes si…

Min Hwan cherche un peu ses mots, se sentant un peu grogit… Avant de poursuivre :

- Si beau. Mais la mort est belle avant d’être hideuse. Toujours.

Oui, Seijûrô était tout à fait bel homme, soyons sérieux.

- J’aurais eu tellement à offrir au monde peut être, si j’avais vécu.

Lui qui avait toujours cru qu’il aurait un avenir « hors du commun » n’avait jamais songé à ce que ce serait simplement sa mort qui serait « hors du commun ».

- Je ne veux pas mourir dans cette forêt…

Du moins :

- Je ne veux pas qu’on y laisse mon corps parmi tous les autres…

Il négociait les conditions de sa mort… ? De toute façon, c’était tout ce qu’il pouvait faire non ?

- Je vous envie. Je vous envie vraiment…



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MessageSujet: Re: La mort rôde dans les bois   Dim 1 Juil - 15:35


Ce coeur battant la chamade plaisait définitivement à Seijûrô. Il aimait la peur et encore plus l'inspirer. Après tout, les vampires n'étaient-ils pas là pour ça, très exactement ? La séduction... et la peur. Il était évident que, dans un premier temps, le joli petit Min Hwan était certain d'être tombé sur un fou. Cette idée était néanmoins absurde ; les humains ne voyaient bien que ce qu'ils voulaient voir, c'était évident. Toutefois, ça n'allait pas rester dans l'état très longtemps. Aussi, lorsque le délicat Coréen s'exprime sur son incompréhension de la situation, Sei' se contente de balayer l'air d'un geste de la main. Ce n'était absolument pas important dans l'heure. Il allait tout lui dire avant de le tuer, ce délicieux garçon. Dire que présentement, son plus gros dilemme était de savoir si oui ou non il ramenait cette proie de choix à son père vampirique. Sa vie savait se montrer douce et agréable... Seijûrô était clairement un vampire choyé et ce, uniquement parce que contrairement à beaucoup trop de ses semblables, il avait pleinement embrassé son état.

Il est évident, à ses aveux, que Min Hwan est encore plus perdu. Pensait-il avoir affaire à un fou ? L'idée était tellement ridicule qu'elle fait doucement rire Sei', un rire doux, grave et chaud. Il savait comment jouer avec les sentiments de ses victimes lorsqu'il était réellement plongé en mode « chasse ». Et celle-ci était meilleure que ce qu'il avait pu avoir dans les dernières semaines. Étrange que le destin l'ait conduit dehors au moment précis où Min Hwan passait dans le coin... Parfois, le hasard fait si bien les choses. Peu importe... Le petit Coréen devait avoir une preuve pour chasser le doute de son esprit et Seijûrô entend bien la lui donner. Il mord... et les effets se font sentir presque immédiatement. Ce sang était goûteux, comme il l'avait espéré. Le coeur de Min Hwan se détend, comme s'il venait d'avoir un shoot de morphine et nul doute qu'il devait présentement ressentir un début d'envie dont il pourrait avoir honte si on lui laissait le temps d'y réfléchir seul dans sa chambre.

Pourquoi est-ce qu'il faisait ça ? Min Hwan n'avait-il pas écouté le petit cours rapide qu'il venait tout juste de lui donner ? Naturellement... perdu dans les brumes de sa terreur, le délicat jeune homme ne devait plus penser comme il se devait. Peu importe, Seijûrô était étonnamment disposé à expliquer même les principes les plus évidents, ce qui n'était pas fréquent en soit vu sa patience toute limitée !

« La principale caractéristique du vampirisme est probablement celle de devoir boire aux veines d'humains pour se nourrir... », commence lentement Seijûrô, ne pouvant néanmoins pas retenir une petite pique moqueuse. « Tout le monde sait ça... Même les cinéaste sans talent qui pondent des horreurs à notre sujet. »

Un compliment suit et Seijûrô ne peut que l'accepter en souriant d'une façon un peu inquiétante. Beau. C'était tellement particuliers à entendre... Pour la simple et bonne raison qu'il savait exactement ce que ressentait Min Hwan présentement. D'ailleurs, il ne se prive pas pour le lui faire remarquer.

« La rencontre avec l'homme qui m'a engendré a été quasi identique... », murmure lentement le vampire, savourant chaque mot lorsqu'il parlait de Sensui. « Mais lui ne m'a pas laissé me blessé, Dieu merci. Et il est mille fois plus beau que tout ce que tu peux t'imaginer. Rien, ni personne n'est plus séduisant que Sensui. Ma mort avait un visage d'ange... La tienne a celui du démon. »

Il n'était pas sans savoir ce qu'il inspirait... et ne s'en émouvait guère. Pourquoi, après tout, en faire tout un plat ? Ne disait-on pas du diable qu'il savait comment se faire désirer ? Peu importe, car Min Hwan pouvait se vanter d'avoir été plutôt comique alors qu'il lui assure qu'il aurait eu beaucoup à offrir à ce monde si seulement il n'avait pas perdu la vie. C'était une drôle de supplique... Quoique c'en était pas tout à fait une. Et plutôt que d'irriter Seijûrô, elle le divertissait ! D'une main, il vient encore une fois caresser une jolie joue encore un peu rebondie, puis se penche pour déposer un baiser sur le front de ce longiligne garçon.

« Comme tous tes semblables, mon petit. », assure Seijûrô, la voix douce comme de la soie et chaude comme les braises. « Mais au final, qu'est-ce que tu aurais réellement apporté au monde ? Les élus qui le changent sont extrêmement rares et pas plus heureux que ceux qui apportent davantage au monde d'une ou deux personnes de choix. Voilà ce qui est réellement valorisant... Dommage que tu ne l'ais pas réalisé avant de mourir. »

Et à propos de la disposition de son corps... Eh bien, Seijûrô n'allait pas faire d'extra parce qu'il trouvait cet enfant fort appétissant.

« Ton corps devra être placé là où personne ne le trouvera. », explique calmement le sombre vampire. « Maintenant, laisse-moi réfléchir. Je ne sais toujours pas si je prend le risque de m'encombrer jusqu'au temple pour peut-être rien du tout. »

Car tout le monde savait bien que Sensui était fine bouche... Peut-être que ce garçon ne lui plairait pas du tout. Et Seijûrô n'avait pas vraiment envie de se taper la honte, mine de rien ! Toutefois, il n'a aucunement l'occasion de penser davantage que des pas extrêmement furtifs se font entendre juste derrière lui. Ils étaient si près qu'il était évident que le vampire était plus âgé que lui. Et avant qu'il n'ait le temps de se tourner, un faisceau lumineux éclair la petite tragédie qui se passait sous le couvert des bois. Non pas pour l'aveugler... Mais, semble-t-il, pour que Min Hwan ne soit plus aveugle. Quelle était cette mascarade ?! Tenant toujours fermement le jeune homme par un bras, Seijûrô se tourne vivement vers la provenance de la lumière, fronçant les sourcils alors qu'il l'aperçoit soudainement... Eh bien ça, pour une surprise. Qu'est-ce qu'il foutait là ?! Son nom est prononcé comme une mise en garde très sévère et Seijûrô... montre les crocs.

Il n'aurait probablement pas dût, vu l'homme qui se tenait devant lui, mais c'était plus fort que lui. On parlait d'un vampire en chasse qui avait trouvé la proie idéale pour ce soir. Il ne voulait la lâcher à aucun prix.

« Vas-t'en ! Qu'est-ce que tu veux ?! », gronde Seijûrô avant de feuler comme un chat vers le conseiller. « Depuis quand un « sage » conseiller essaie-t-il de voler la proie d'un autre ?! »

Moquerie ? Sans doute aucun... Mais Seijûrô se calme doucement, car il voit bien dans le regard d'Hioki quelque chose de... particuliers. Une lueur de colère, voire de haine qu'il n'y avait généralement pas. Avait-il attaqué la mauvaise proie ? Se tournant vers Min Hwan, il observe brièvement son cou. Pas de marque... Peut-être l'intérieur de la cuisse ? Ce serait bien sa veine...


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Sayonara

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MessageSujet: Re: La mort rôde dans les bois   Dim 1 Juil - 16:23


L'esprit de Shinnosuke était tourmenté et nul doute qu'il ne faisait pas grand chose pour améliorer son sort. Après sa particulière petite rencontre avec le Chasseur de Morts, il était retourné à la fête vampirique avec tout le naturel du monde, comme si rien ne s'était passé et pourtant ! Alors qu'il riait, trinquait et discutait, il ne pensait qu'à lui. Sa pensé en devenait obsédante. Ça ne lui était certes jamais arrivé. Des amants, femmes ou hommes, il en avait eu et en avait encore à foison. Shinnosuke était de ces hommes qui n'avaient qu'à tendre la main pour trouver chaussure à leur pied. Enfin... pour une nuit, deux tout au plus. Il ne s'était encore pas stabilisé en plusieurs siècles, malgré quelques prétendantes ou prétendants qui y auraient bien aspirés. Il ne s'était jamais sentit confortable, en couple. Ce n'était pas méchant... et il en avertissait tous ceux qui se glissaient entre ses draps avant que l'irréparable ne soit commis. Comme quoi, on peut être un tombeur et un bon gars en même temps... Rien ne l'empêche !

Mais là... Là, c'était différent. Il pensait constamment à Yui et plus encore maintenant qu'il l'avait réellement vu en action. Il avait occis ce vieux vampire si aisément, avec tant de grâce, de souplesse et de précision que l'ancien samouraï en lui ne pouvait qu'être inspiré et impressionné. Yui n'avait-il pas tout pour lui ? Ce regard sauvage et délicatement rougeoyant, signe qu'il n'avait jamais réellement appris à dompter la bête en lui l'excitait. Ses traits étaient magnifiques et semblaient métisses, ce qui donnait l'impression à Shinnosuke de ne plus être seul, de Japonais avec des traits différents. Son corps mince et musclé avait quelque chose que ne peuvent posséder que les hommes qui combattent depuis des centaines d'années. Et pourtant, il était encore incroyablement fin. Et ce caractère... ! Ne désirait-on pas un peu trop ce qu'on ne pouvait pas obtenir ? Cet homme était tellement hargneux et réticent ! Mais de moins en moins et chaque centimètre qu'il gagnait, Shinnosuke les aurait souligné d'un trophée tant ça tenait de l'impossible !

Non vraiment, cette pensée était obsédante. Et mal. Car, Yui était le plus grand tueur de vampires jusqu'à présent... C'était probablement signe qu'il aurait dût s'éloigner, mais eh... Lorsque Shinnosuke avait une idée bien plantée dans le crâne, il ne la lâchait pas si facilement. De fait, il avait continué à feindre, bien que toutes ses pensées soient tournées vers Yui. Et à un moment, aussi idiot que cela puisse paraître, il avait eu besoin de sortir... et avait espéré tomber à nouveau sur le dangereux vampire. C'était probablement la raison qui l'amenait à présent si loin du temple. Il n'était pas à mille lieux de là, mais assez loin pour ne plus être dérangé par le bruit des vampires qui étaient à l'extérieur de l'endroit souterrain. Ses pas, réguliers, faisaient à peine craquer les branches sous lui. Il se promenait fièrement, le dos droit, les mains derrière celui-ci. En le voyant, on pouvait immédiatement être plongé dans ces années où les samouraï régissaient encore ce monde... et ça lui manquait, bien qu'il n'ait jamais pu en profiter amplement, préjugés obligent.

Shinnosuke était paisible... jusqu'à ce qu'une odeur de sang lui parvienne et que la voix y étant associée, bien que lointaine, lui soit terriblement familière. Il savait qu'il ne l'avait pas entendue souvent... Mais il avait la mémoire de ces choses. Et s'il avait pu, son coeur aurait probablement fait un bond prodigieux dans sa poitrine alors qu'il comprend que Min Hwan est aux prises avec un vampire. Shinnosuke ne sait guère pourquoi le jeune homme est ici, mais nul doute qu'il n'allait pas le laisser dans cette situation. Il devait arriver en temps. Et sinon... sinon, le vampire responsable de sa mort allait le payer extrêmement cher, bien qu'il ne sache sûrement pas dans quel pétrin il avait sauté à pieds joints. Rapidement, les pas du conseiller le conduisent jusqu'à probablement la pire chose qui pouvait arriver... parce qu'il était déjà las de la conversation qui risquait de suivre.

Oui, il reconnaît le dos du bébé Kuromiya. Étonnant ? Pas tellement... Le Conseil l'avait drôlement à l'oeil, l'air de pas y toucher. Cet enfant était incroyablement en avance sur son temps et ça ne plaisait à personne de se faire parler de la sorte par un gamin, croyez-le ou non. Shinnosuke aussi l'avait dans le collimateur et voilà que justement, Kuromiya remet le couvert, se faisant cinglant avec lui du haut de sa petite centaine d'années. Une vraie blague ! Celui-là était clairement chanceux d'avoir Kuromiya Sensui en tant que père vampirique, sinon plusieurs semblables se seraient fait plaisir sur son cas.

« Kuromiya Seijûrô... », murmure lentement Shinnosuke, sa voix grondant comme le tonnerre. Nul doute qu'il était en colère... et c'était un avertissement.

Bien sûr, ils ne pouvaient en rester là. Kuromiya ne comprenait pas les messages subliminaux du genre. Ou plutôt, il se faisait une joie de les ignorer volontairement, se croyant dans son bon droit. Ce n'était cependant pas le cas et malgré ses belles paroles, Shinnosuke voit l'homme lancer un regard un brin inquiet au cou de Min Hwan. Tiens donc... Il avait peur ? À son arrivée, le conseiller avait pris la lampe torche qu'il avait vu au sol, l'avait secoué un bon coup, puis rouverte pour permettre à Min Hwan de ne plus être aveugle. Nul doute que son niveau de stress devait avoir baissé d'un cran... mais il devait être infiniment confus à le trouver là, n'est-ce pas ? Il allait tout lui expliquer... Quoique vu les deux petits points rouges sur le poignets du jeune homme, Seijûrô s'en était déjà permis. Et cette fois, c'est à Shinnosuke de montrer les crocs, grondant comme le loup qui était sur le point d'attaquer, pour sa part. Il n'avait rien de félin... mais pouvait être mille fois plus terrifiant, qu'on le croit sur parole !

Il s'approche de la petite scène et alors que la prise de Kuromiya se referme davantage sur le petit bras fragile, Shinnosuke explose.

« COMMENT OSES-TU ?! », hurle l'homme, terrifiant dans sa colère. « Comment oses-tu, du haut de ta petite centaine d'années, défier un conseiller, un de tes aîné ?! Ton père ne t'a-t-il pas élevé décemment ?! »
« Mon père m'a si bien élevé que j'ai la possibilité de m'élever contre des hommes comme toi ! », réplique vivement Seijûrô, piqué au vif.
« Mais pas l'intelligence de t'en abstenir, imbécile ! », gronde Shinnosuke. « DÉGAGE ! »

Seijûrô ne semble pas avoir peur, ce qui était encore assez impressionnant parce que Shinnosuke ne se mettant pas souvent en colère, lorsqu'il explosait, il le faisait avec intensité. Toutefois, il semble lui-même impressionné et finalement, relâche Min Hwan, non sans un regard cuisant pour le conseiller. Celui-ci l'encaisse sans rechigner, mais note tout soigneusement dans un coin de son esprit. Sensui allait entendre parler de cet affront... et il était mieux de mettre son fils à niveau question politesse envers ses aînés. Il ne pouvait se permettre de lui parler comme à un égal ! Après un dernière feulement qui en fait même soupirer Shinnosuke de découragement, Seijûrô tourne les talons, sans un seul regard pour eux. Il y a un moment de battement... puis finalement, le conseiller s'approche de son petit protégé, un peu hésitant. Il avait peur de la réaction de Min Hwan, forcément...

Avec douceur, il vient le prendre par le bras à son tour, quoi qu'avec une infinie tendresse. Et il l'attire tout contre lui, le berçant lentement. C'était horrible... il n'aurait jamais cru que quelque chose du genre arriverait avant qu'il ne l'ait mis au courant du monde vampirique. Pas ici, pas maintenant... et surtout pas entre les griffes d'un vampire aussi impressionnant que Seijûrô, il fallait l'admettre.

« Mon pauvre petit Min Hwan... », murmure lentement Shinnosuke, la voix douce. « Ne crains rien. Je ne te ferai pas mal, promis. Tu n'es plus en danger. »

Il caresse le dos probablement un peu écorché. Min Hwan semblait être sur le point de se briser, pauvre petite chose... De fait, après un nouveau moment de silence pour permettre au jeune homme de se faire à cette nouvelle situation, Shinnosuke en vient au second point.

« Je ne voulais pas te mettre au courant du monde vampirique de cette façon. Je sais que c'est une vérité difficile à prendre. Et si tu me fais assez confiance, nous pouvons aller chez moi et je t'en parlerai en te soignant. », propose le vieux vampire avant de finalement forcer le jeune homme à faire un petit pas vers l'arrière. La lampe torche est posée au sol et éclaire toujours la scène pour que Min puisse y voir quelque chose. Doucement, Shinnosuke retire une mèche sombre du front de Min avant de venir le baiser, comme s'il voulait effacer la marque de Seijûrô. « Mais que fais-tu dans ces bois ? »

C'était la question qui le taraudait le plus, il fallait l'admettre... et il ne pouvait même pas imaginer une réponse décente.


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MessageSujet: Re: La mort rôde dans les bois   Sam 7 Juil - 10:08


Seijûrô semble se faire un devoir de faire son éducation avant que la mort ne l’étreigne tout à fait. Il parlait de vampires, de sang, de morsure… Et comment ne pas le croire quand ses canines, pareille à des aiguilles, avaient transpercés sa peau. On était plus dans un film pour adolescentes ou dans une série B. Cette fois, tout était réel et ça n’arrivait pas non plus « qu’aux autres ». Ou alors il était bel et bien de ces « autres » dont il aurait tant aimé se détacher avant de mourir.

Etonnamment, Seijûrô n’était pas que mort. Il était également douceur et Min Hwan n’aurait su l’expliquer. Lorsqu’il était en pleine panique, il ne l’aurait probablement jamais remarqué mais tout comme son corps s’était étrangement soudainement détendu, il avait pu reconnaître cette tendresse paradoxale avec la situation.

- Mais au final, qu'est-ce que tu aurais réellement apporté au monde ? Les élus qui le changent sont extrêmement rares et pas plus heureux que ceux qui apportent davantage au monde d'une ou deux personnes de choix. Voilà ce qui est réellement valorisant... Dommage que tu ne l'ais pas réalisé avant de mourir.

Malgré sa sensation de bien être, Min Hwan sent ses yeux lui brûler alors que les larmes montent, débordant finalement de ses longs cils pour rouler sur ses joues. Lui qui avait rêvé de sortir un jour du lot, d’avoir quelque chose d’exceptionnel, de faire de grandes choses… Voilà qu’il allait mourir inconnu et au milieu d’une forêt qui garderait probablement secrète sa disparition. Il allait mourir anonyme et ça, décidément, c’était une bonne raison de laisser couler quelques larmes.

Finalement, après lui avoir confirmé qu’il mettrait son corps « là où personne ne pourrait le trouver », Seijûrô semble ne plus faire attention à lui. C’était fascinant et surtout, terrifiant. Pourtant, Min Hwan se sent encore un peu grogit quoi que le froid de la nuit revienne tout doucement traverser ses vêtements. Ses blessures le lancent également à nouveau et la peur revient…

Et c’est là… C’est là que sortant de l’obscurité, une lumière transperce les ombres, venant jusqu’à eux ! Min Hwan papillonne des yeux, ayant du mal à y voir après avoir été ainsi privé de sa vue. Il voit d’abord Seijûrô, forcément… Il l’entend gronder alors qu’une voix familière s’adresse à lui. Non pas s’adresser à lui d’ailleurs… Mais carrément le rabrouer. Et le ton monte rapidement…

- Comment oses-tu, du haut de ta petite centaine d'années, défier un conseiller, un de tes aînés ?! Ton père ne t'a-t-il pas élevé décemment ?

C’est à peu de chose près sur la réponse à cette réflexion haineuse de Seijûrô que Min Hwan voit finalement le visage de celui qui s’était interposé et son cœur rate un battement alors qu’il dégrise presque d’un seul coup. Il n’avait forcément pas oublié ce visage… Il y pensait même un tout petit peu plus tôt dans la soirée… Shinnosuke. Ils s’étaient rencontrés au milieu d’un cimetière, se laissant surprendre l’un comme l’autre par un orage.

Voilà que les deux hommes… Non d’ailleurs pas « hommes ». Voilà que les deux vampires s’affrontaient verbalement. Parce que ça ne pouvait être que ça vu le contenu de leur conversation.

- Shinnosuke…

La voix de Min Hwan était toute faible, surtout comparées à celles des deux vampires qui tonnaient littéralement à ses oreilles. Shinnosuke était « l’aîné » de Seijûrô qui n’avait « qu’une petite centaine d’année ». Lorsqu’il serait à l’abri, nul doute que Min allait se sentir… Malade. Désolé mais son esprit était malmené…

Quoi qu’il en soit, c’est Shinnosuke qui gagne cette petite joute et Seijûrô s’en va sans avoir pu faire plus que boire quelques gorgées à son poignet. Et ce souvenir le faire encore frémir alors que l’autre coréen vient finalement à sa hauteur pour le prendre dans ses bras, berçant et cajolant… Min ne pleure pas mais il a eu si peur qu’entre ses lèvres tremblantes, à voix très très basse, il se prend à réciter quelques mantra bouddhiques qu’il avait apprit enfant. Et tout en coréen, forcément !

Au final, Shinnosuke était peut être bien une menace aussi grande que Seijûrô. Peut être même plus s’il était à ce point plus vieux ! Et pourtant, Min ne peut pas s’empêcher de se pelotonner contre lui, trouvant décidément cette étreinte des plus rassurantes et chaudes. Min Hwan se remet à pleurer un peu, perturbé, ayant froid, mal partout et son estomac menaçant de se retourner à tout instant.

- Ne crains rien. Je ne te ferai pas mal, promis. Tu n'es plus en danger.

Non, c’est vrai que la sensation d’urgence semblait avoir disparu entre les bras fort de celui qui venait mine de rien de lui éviter la mort.

- Il a essayé de me tuer.

Min le répète plusieurs fois, comme s’il avait besoin d’en convaincre Shinnosuke. C'est-à-dire qu’il avait encore un peu de mal à en revenir, pardonnez-le.

- Je ne voulais pas te mettre au courant du monde vampirique de cette façon. Je sais que c'est une vérité difficile à prendre. Et si tu me fais assez confiance, nous pouvons aller chez moi et je t'en parlerai en te soignant.

Min sent ses jambes trembler alors qu’il vient enfouir son visage dans les vêtements de Shinnosuke. Alors l’homme comptait le mettre au courant un jour ? Mais pourquoi ? Pourquoi lui ? Ils ne se connaissaient même pas ! C’était… Incompréhensible pour lui !

Shinnosuke le repousse juste un peu et Min lève un regard encore humide et rougit vers le vampire, n’ayant pas encore pipé un mot logique ou qui fasse beaucoup avancer la situation. Après un instant de flottement, Min finit par acquiescer.

- D’accord…

Sa voix est encore faible mais compréhensible. D’accord, il suivait Shinnosuke où il voulait. De toute façon, même si Shinnosuke pouvait représenter un danger, il ne serait jamais capable de rester seul chez lui pour le reste de la nuit.

- Il faut que j’aille… A l’hôpital. J’ai… Mon bras. Ma cheville aussi et…

Min lève sa main non blessé –si on exceptait la marque laissé par les crocs de Seijûrô- jusqu’à sa tête pour poser le bout de ses doigts sur la blessure qui avait presque arrêté de saigner mais laissait sur son front et sa tempe un liquide un peu poisseux.

- Et la police et…

Et il ne savait pas qui mais quelqu’un capable de le protéger et de prendre la menace des vampires au sérieux ! Pourtant, même lui réalise avec désespoir, ses yeux s’embuant à nouveau :

- Ils ne me croiront jamais !

Le coréen frissonne, autant de froid que de peur, et lorsque Shinnosuke lui demande ce qu’il faisait là, Min réfléchit, confus… Et finalement :

- Je suis venu avec des amis pour prendre des photos… Mais je traînais en arrière et je les ai perdus de vue. Et puis j’ai entendu du bruit en dehors du sentier, j’ai cru que c’était eux, je me suis perdu… Et je suis tombé dans un trou et là… Là…

La voix de Min Hwan se brise alors qu’il sanglote le nom de Seijûrô. Merci mais il lui faudrait encore un moment pour qu’il puisse affronter dignement le souvenir du vampire…

- Je ne comprends pas… Comment est-ce que c’est possible… ?

Puis relevant les yeux sur Shinnosuke, le détaillant comme s’il pouvait y déceler une réponse, il demande finalement :

- Toi aussi… ? Mais comment ? Qui es-tu… ?

Parce que finalement, lui qui croyait le savoir n’en avait pas la moindre idée… Et surtout, soudainement :

- Pourquoi est-ce que tu m’aide ? Pourquoi est-ce que tu comptais m’en parler ?



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MessageSujet: Re: La mort rôde dans les bois   Sam 28 Juil - 7:17



Shinnosuke berce avec douceur et tendresse ce fils qu'il désirait tant pendant que celui-ci, en état de choc, répète en une incessante litanie que Kuromiya Seijûrô avait voulu le tuer. C'était effectivement le cas, bien que le grand Conseiller n'en rajoute pas à ce sujet et franchement, il avait des envies de meurtre, présentement... Si ça n'avait pas été Kuromiya, le vampire coupable de l'état présent de Min Hwan serait fort probablement déjà réduit en cendres. Mais, ce n'était assurément pas le moment de créer un pur incident diplomatique duquel il ne se relevait pas. Et ça aurait été le meilleur moyen pour qu'une fois que lui-même aurait été mort et dispersé par le vent, Miyu soit torturé avant d'être abattu froidement. Il y avait parfois des choses, dans le monde de la nuit, qui ne fonctionnaient pas exactement de la même façon que dans celui des hommes. Et il fallait faire extrêmement attention aux conséquences politiques de nos actions. Malheureusement, trop de vampires n'avaient pas encore assimilé ce principe pourtant simple à comprendre.

Toujours en paniquant, Min Hwan essaie de s'occuper de tout à la fois et il est clair que ça ne fonctionnera pas. Lui-même constate les problèmes suivant ce qu'il essaie de trouver en terme de solutions. De fait, histoire qu'il arrête de s'agiter deux minutes, Shinnosuke pose deux doigts sur ses lèvres, un petit « shh shh » franchissant le seuil des siennes, comme le père qui essaie d'apaiser son enfant.

« Laisse-moi tout prendre en main, tu veux bien, Min Hwan ? », demande Shinnosuke d'une voix grave et réconfortante. « Je sais exactement ce que je dois faire et tu as raison : la police ne peut pas intervenir dans les affaires de mes semblables. C'est justement aux hommes comme moi de le faire. Mais je t'expliquerai tout ça en temps et lieux. C'est normal que pour le moment, ce soit très confus pour toi. Alors tu veux bien me laisser tous ces soucis ? Tu en as déjà assez à gérer pour le moment. »

Ils se connaissaient encore peu pour que Min Hwan lui fasse autant confiance et pourtant, le jeune homme était tellement dans tous ses états que Shinnosuke se doutait bien qu'il allait finir par abdiquer et remettrait toutes ces responsabilités à son bon vouloir. Après tout, le conseiller ne s'était-il pas présenté d'emblée à Min Hwan comme un homme solide, un roc sur lequel on pouvait s'appuyer en tout temps ? Il aurait pu croire que ce sauvetage imprévu aurait rapproché le joli Coréen de lui... Mais Shinnosuke doutait sur ce point, toutefois. Il aurait de loin préféré amener la révélation des vampires d'une façon beaucoup plus douce... et tentatrice. Là, Min Hwan avait d'emblée eu droit au côté le plus sombre du vampirisme. Kuromiya fils n'était décidément pas une figure de comparaison idéale... Et pour être franc, ça décourageait un peu Shinnosuke, qui avait pris l'habitude d'aimer tout faire lentement, mais à la perfection. Cette fois, il avait été un peu brusqué... En espérant qu'il saurait rattraper le coup, tout simplement.

Naturellement, de maintes questions fusent soudainement. Et s'il avait encore eu ce réflexe humain, Shinnosuke en aurait peut-être bien soupiré, qui sait. Ce n'était néanmoins pas le cas, aussi se contente-t-il de prendre un petit moment de silence, décidant rapidement de ce qui serait mieux pour Min Hwan. Qu'il lui réponde... ou qu'il se taise pour le moment ? Peut-être même les deux. C'était très possible de filtrer massivement les informations qu'il donnait au jeune homme jusqu'à ce que celui-ci soit chez lui, à Nikkô, soigné et au lit avec... il ne savait quoi encore. Shinnosuke était conscient que ses armoires étaient vides et qu'il était beaucoup trop tard pour aller faire des courses rapides. Où, de toute façon ? Tout était fermé... même si son principal problème, c'était le levé du soleil. Il pourrait toujours appeler une connaissance humaine à lui en journée pour que celle-ci vienne lui porter quelques petites choses pour que Min Hwan puisse manger... C'était un bon plan et, pour le moment, ils allaient s'en contenter. En espérant que le jeune homme ne voudrait pas le fuir.

Commençant par s'intéresser à ce qui avait bien pu amener le jeune Coréen dans ces bois austères en plein milieu de la nuit, Shinnosuke ne peut retenir une petite exclamation de réprimande.

« C'est extrêmement dangereux. Même le jour, cette forêt est mortelle, Min Hwan. Tu n'aurais pas dût. », reprend doucement le vampire, sans cesser de bercer doucement le jeune homme. Mais, il ne lui apprenait assurément rien de nouveau là... « Ce n'est pas exactement ce que j'entendais à l'idée de te réunir avec des photographes amateurs pour partager ta passion. »

Shinnosuke a un petit sourire en coin pour le photographe, levant une main pour caresser doucement sa joue avant de néanmoins réaliser quelque chose...

« Où est-il, d'ailleurs, ton appareil ? », demande le grand vampire tout en jetant un oeil au sol autour d'eux, aussi loin qu'il peut voir. Mais pas de trace de l'appareil en question... Il espérait que ça puisse changer les idées de Min, au moins, d'essayer de le trouver du regard. Toutefois, pour qu'il ne s'agite pas, Shinnosuke ajoute avec bienveillance : « Ce n'est pas le moment de le chercher activement. Je dois partir immédiatement si je veux arriver à Nikkô. J'ai pris du retard et il est hors de question que je me fasse surprendre par le soleil. Je reviendrai demain dans la nuit et, si jamais je ne le retrouve pas, je t'en achèterai un nouveau. Marché conclu ? »

Et puisque, comme il l'avait mentionné, ils devaient partir immédiatement, Shinnosuke observe un moment Min de la tête aux pieds. Il recule même d'un petit pas pour ce faire, analysant les endroits dont le jeune homme lui avait parlé et qui étaient blessés. Et finalement, avec d'extrêmes précautions, il le soulève de terre à la façon d'une mariée, histoire de lui éviter un trajet pénible et qui les ralentiraient trop pour que ce soit sécuritaire de retourner à Nikkô.

« Nous allons faire quelque chose, toi et moi. », commence à expliquer calmement Shinnosuke. « Je t'amène avec moi à Nikkô. Tu n'as rien à craindre, Min Hwan... Si j'avais voulu te faire du mal, j'aurais eu mille occasions au cimetière. Je te soignerai. J'ai été samouraï, lorsque j'étais encore un humain. Je connais les blessures des hommes et je sais comment m'en occuper. Et pendant que je prendrai soin de toi, je t'expliquerai ce que tu as à savoir et répondrai à toutes tes questions. Mais là, tu n'es pas dans l'état pour ça. »

Et c'était évident. Tout en parlant, Shinnosuke commence à avancer dans la forêt avec la souplesse du guépard. C'était probablement étonnant pour un humain, mais c'était un des avantages vampiriques... il pouvait avancer à une très grande vitesse tout en évitant soigneusement tout ce qui se dressait sur son chemin. Heureusement, parce que sinon, il aurait pu cramer dans ces bois, ce qui n'avait absolument rien de glamour à côté de son sauvetage d'un peu plus tôt.

« Nous risquons de rencontrer d'autres de mes semblables, Min Hwan. Ne t'inquiète pas. Je suis un homme respecté... Pas tellement parce que je suis « moi » que parce que je suis un homme politique, en fait... mais on fait avec ce qu'on a ! », essaie de blaguer Shinnosuke, tout en mettant en garde alors qu'ils arrivent de plus en plus près des sentiers balisés. « Tu rêvais d'aventure, mon ange ? Bienvenue dans mon monde... »


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