C'est la fin de Requiem. Merci de prendre en compte le sujet dans les news.

 

 Remember, remember, the fifth of November... ♥ Marie

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MessageSujet: Remember, remember, the fifth of November... ♥ Marie   Mer 1 Aoû - 10:48


Remember, remember, the fifth of November
11 novembre 2011 - 1h00

ft. Beaudoire Charlotte && Beaudoire Marie

Vingt-deux ans. Vingt-deux longues années. J'avais son adresse, il m'était arrivé de lui écrire, quelques fois. Mais nous ne nous étions pas revues depuis que je lui avais rendu sa liberté. Et elle me manquait terriblement. Alors j'avais résolu de gagner le Japon, même si je ne gardais pas vraiment un bon souvenir de ce pays, pour la revoir. C'était une décision que j'avais arrêtée le 5 Novembre, mais il m'avait fallu quelques temps pour préparer mon départ. Je ne souhaitais pas m'immiscer outre mesure dans sa vie, parce que je risquais fort de retomber dans mes anciens travers, si bien que non seulement je ne l'avais pas prévenue - je compter lui garder la surprise de mon arrivée - mais j'avais également pris mes dispositions pour ne pas m'imposer chez elle.

Un appartement m'attendait donc dans le quartier de Shibuya, rapidement réservé à mon grand soulagement, et j'avais prévenu de mon arrivée tardive, qui n'avait pas semblé choquer outre mesure le propriétaire. Quand mon avion toucha le sol nippon, il faisait déjà nuit, et le temps qu'un taxi m'amène jusqu'à destination, elle était bien avancée. N'en restait pas moins qu'on m'attendait devant la porte de l'immeuble. Et après avoir traversé un couloir sombre, nous avions débouché sur une cour proprette sur laquelle donnait mon nouveau chez-moi.

Je signai les documents nécessaires sans prendre la peine de lire leur transcription anglaise, gardai ma copie et pénétrai dans ma demeure après avoir salué dans un japonais très approximatif l'agent, qui s'inclina avant de s'éclipser. Son anglais au fort accent nippon m'avait semblé incompréhensible au départ, mais j'imaginais aisément qu'il me faudrait m'y habituer : ils n'étaient pas réputés pour leur aisance dans la langue de Shakespeare.

Avant toute chose, je m'installai, pris possession des lieux. Comparé à la chambre plutôt luxueuse que j'avais à Las Vegas, l'appartement semblait plutôt petit, mais seule, je devais pouvoir m'en contenter. D'autant que, comme à chacun des mes déménagements, je ne m'encombrais que du strict nécessaire. Il me faudrait acquérir un peu de linge de lit, et ajouter ma touche personnelle à l'endroit qui manquait cruellement de décoration, mais pour les premiers jours, je pouvais m'en contenter. Je défis ma valise, vérifiai l'état de mon violon après ce long voyage, et frottai quelques cordes. La musique m'avait manquée. Certes, j'avais un de ces appareils portatifs qui me permettaient d'en écouter n'importe où, mais c'était tout à fait différent que de la jouer.

Il ne me fallut guère longtemps, cependant, pour tourner en rond et me décider à quitter mon tout nouveau logis. J'avais beau vouloir ne pas me précipiter chez ma fille, elle occupait toutes mes pensées, et même le tour que je fis dans le quartier, remarquant quelques regards appuyés - pourtant moins fréquents que dans d'autres lieux où j'avais séjourné, et pour cause, le quartier en lui-même étant déjà peuplé de créatures au look tout aussi singulier que le mien - j'en vins vite à souhaiter gagner Chiyoda. Ce dont je ne privais pas, et je hélai le premier taxi passant par là.

J'observai les bâtiments devant lesquels nous passions pendant tout le trajet, ignorant les tentatives désespérées du chauffeur pour nouer un dialogue avec l'étrangère que j'étais. Non, je n'étais pas en vacances. Non, je n'étais pas ici pour le travail, ou en tout cas, pas officiellement, même si j'en viendrais certainement à chercher quelques cachets ici ou là dans un avenir proche. A moins qu'on considère ma deuxième activité comme un travail, mais là encore, je ne comptais pas évoquer le sujet, certainement pas avec un parfait étranger qui ignorait - et c'était primordial d'ailleurs - ma nature. Il finit par comprendre, après un long moment pourtant, qu'il ne servait à rien de continuer à parler, et se renfrogna. Même mon sourire charmeur au sortir du véhicule alors que je lui remettais ce que je lui devais ne le dérida plus, mais je n'y prêtai pas plus d'attention. J'étais parvenue à destination, le reste n'avait plus la moindre espèce d'importance.

Un peu fébrile, contrairement à mon assurance habituelle, je sonnai à l'interphone et attendis impatiemment que Marie réponde. Je lissai inutilement les volants de mon jupon, remontai une bretelle de mon corset qui était tombée sur mon épaule, entortillai nerveusement une de mes anglaises rouges. Il n'y avait bien qu'elle pour me faire cet effet, et j'espérais ne pas être venue à un mauvais moment, en son absence, ou pire, à un moment inopportun...




Dernière édition par Beaudoire Charlotte le Mer 31 Oct - 14:33, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Remember, remember, the fifth of November... ♥ Marie   Mer 1 Aoû - 13:05


Marie regarda l’heure sur son ordinateur, partagée entre l’envie de sortir et l’envie de rester tranquillement chez elle à regarder la télévision ou à surfer sur le net. Elle aimait les nouvelles technologies, il fallait l’avouer, même si sa préférence allait – et de loin – à l’ordinateur, qui lui permettait tellement de libertés. Derrière un écran, elle était qui elle voulait. Simple humaine étudiant l’histoire européenne, généralement, pour pouvoir parler librement de la période qui était la sienne. C’était toujours avec le sourire qu’elle se rendait compte que bon nombre de Japonais s’intéressaient à la France. Certains d’entre eux, même, avaient gardé contact avec elle pour qu’elle leur parle encore du 18éme siècle, de la révolution française. Elle aurait pu être professeur d’histoire, disaient-ils, tant ces récits étaient pleins de vie et de passions.. Comme si elle avait eu l’occasion d’y être. Chaque fois que cette phrase apparaissait sur l’écran, Marie se mettait à rire. Si seulement ils savaient ce qu’elle avait vécu durant sa vie. Le mariage arrangé, la prise de la Bastille.. Tant d’autres choses dont certains détails lui échappaient quelques peu après plusieurs siècles à tourner en rond dans sa petite tête. Elle avait vu l’industrialisation, les nouveaux moyens de transport.. Elle avait touché l’ancêtre de l’ordinateur qu’elle avait désormais devant les yeux.. Sa curiosité l’avait poussée à découvrir multitudes de choses et elle profitait largement de sa non-vie pour cela. Ce fut finalement la soif qui la décida. Elle devait sortir, ne serait-ce que pour calmer son besoin de sang.. Et pour cela, pas besoin de s’habiller comme une star de cinéma.. Elle passa simplement un jogging noir, ainsi qu’un t-shirt blanc, coiffa ce qui lui restait de cheveux – elle avait été les faire couper la veille, pour changer un peu.. Cela faisait deux siècles qu’elle portait les cheveux longs, un peu de changement n’allait pas lui faire de mal – puis jeta un petit coup d’œil à son reflet. Ca ferait très l’affaire.

Elle sortit finalement de chez elle après avoir mis un petit gilet noir et commença sa chasse, qui semblait plus être une déambulation nocturne et sans le moindre but. Elle flânait, profitant du vent sur son visage, jusqu’à ce qu’elle croise une femme, assise à même le sol, à demi éveillée. Elle lança la conversation, s’asseyant à côté de l’inconnue comme pour lui tenir compagnie, luttant contre sa soif pour ne pas se jeter sur elle. Marie n’était pas un animal et mettait un point d’honneur à ne pas agir comme tel. Mais face au manque de réaction de la femme, elle se retrouva bloquée. La Japonaise était dans un piètre état et l’odeur du sang sur elle était tellement présente que l’on aurait pu croire qu’elle venait de se laver avec.. Mais, non, ce n’était pas ça. Le regard du vampire s’attarda quelques secondes sur les poignets de la femme. Des poignets ouverts, desquels coulait un sang que la lune rendait brillant. Une suicidaire.. C’était bien là une chance. S’excusant avant de planter ses crocs dans la gorge de l’inconnue, Marie se servit tranquillement, caressant les cheveux de la victime comme pour la rassurer et, lorsque ceci fut fait, elle porta le corps qu’elle avait privé de vie jusqu’à un petit terrain vague. Une pelle, dont elle avait l’habitude de se servir pour creuser des tombes de fortune à ses victimes, était calée contre un mur et il ne lui fallu pas longtemps avant de creuser un trou pour y enterrer la pauvre femme. Elle adressa une prière pour elle, puis s’en alla simplement, le regret commençant déjà à la ronger. Elle n’aimait pas tuer. Elle n’aimait pas prendre des vies humaines pour continuer à être. Mais elle ne voulait pas non plus se laisser dépérir.

Elle flâna encore un peu dans son quartier, simplement pour profiter du dehors. Pour ressasser ses pensées. Elle ignorait depuis combien de temps elle marchait ainsi, seule avec elle-même. Seule avec le monstre qu’elle était. En sept ans à Tôkyô, elle avait enlevé la vie à tellement d’humains qu’elle commençait à songer à quitter la ville. Mais ses sentiments la retenaient. Elle avait enfin retrouvé Izumi, après tellement d’années à vivre sans lui.. Elle ne voulait pas avoir à le perdre encore.. Elle ne voulait pas lui faire subir ce qu’elle a subit lorsqu’il avait décidé de rentrer au Japon. Oh non, elle ne lui en avait pas voulu, loin de là. Il avait décider de retrouver son père et c’était bien légitime.. Si elle-même avait eu l’opportunité de pouvoir rejoindre Charlotte, elle n’aurait pas hésité une seule seconde. Mais enfin.. Elle ne pouvait pas partir. Sa vie était ici, désormais. Elle devait simplement apprendre à vivre avec ses regrets.. Elle continua de marcher encore une petite demi-heure, avant de reprendre le chemin de son studio. Elle irait se mettre sur son ordinateur, parlerait avec des inconnus bien en sécurité chez eux, et puis finirait par aller s’allonger sur son canapé pour passer la journée à regarder la télévision. Elle n’aimait pas les soirs où elle ne travaillait pas, c’était une évidence. Elle s’ennuyait, même. Il lui fallut peu de temps avant d’arriver à l’entrée de l’immeuble où elle vivait et sourit en voyant une femme au style complètement décalé attendre qu’on lui permette de pénétrer dans le hall. Marie arriva derrière elle et, avec un grand sourire, fini par dire :

« Je peux vous ouvrir, si vous voulez. »

Elle fit encore un pas, s’armant de ses clefs pour entrer dans le hall, tout en souriant à la femme. Et s’arrêta net en voyant son visage.. Ce visage qu’elle aurait reconnu entre mille. Ce visage qu’elle avait vu si souvent.. Ses clefs glissèrent sur le sol, tandis que des larmes lui montèrent aux yeux et il ne fallu que quelques secondes pour que la Française saute dans les bras de la femme qu’elle avait prit pour une inconnue. Elle la serra contre elle, de toute force, priant pour que ce ne soit pas un rêve.. Charlotte.. Charlotte était enfin devant elle, après toutes ces années à être séparée d’elle. Elle pouvait enfin la toucher, la respirer, pleurer dans le creux de son épaule.. Et après les larmes virent les sourires, tandis qu’elle se décollait de sa mère pour mieux la regarder.. Elle n’y croyait pas.. Elle n’y croyait tellement pas..

« Dis-moi que je ne suis pas en train de devenir folle. Dis-moi que tu es bien là, que tu es bien devant moi, dis moi que tu es bien Charlotte.. Je t’en prie.. »

Avait-elle dit en français, d’une voix tremblante. Elle se refusait à la lâcher, presque de peur qu’elle ne s’envole, regardant le moindre trait de son visage.. C’était elle, elle en était certaine. Elle aurait pu la reconnaître même dans le noir. Son odeur, sa façon de se tenir.. Son visage. Son visage n’avait pas changé. Les larmes refirent leur entrée, noyant de nouveau le visage de Marie qui repartit se cacher dans les cheveux devenus rouges de sa mère, tout en reprenant la parole d’une voix étouffée et plus tremblante encore que précédemment, retentissant comme un cri du cœur ;

« Tu m’as tellement manqué, Charlotte.. Ne me laisse plus jamais, jamais, jamais seule.. Jamais.. »


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MessageSujet: Re: Remember, remember, the fifth of November... ♥ Marie   Mer 8 Aoû - 19:23


Remember, remember, the fifth of November
11 novembre 2011 - 1h00

ft. Beaudoire Charlotte && Beaudoire Marie

Presque vingt-deux ans. C'était beaucoup trop pour moi. Il m'avait fallu me faire violence, souvent, pour ne pas prendre le premier vol pour aller la rejoindre. Il m'avait fallu me convaincre que c'était pour son bien, pour préserver la liberté pour laquelle on s'était battues, il y avait si longtemps, que c'était le mieux à faire. Mais au fond, il m'en avait coûté et je n'étais plus prête à faire ce sacrifice. J'avais besoin d'elle, et secrètement, j'espérais qu'elle aussi, avait besoin de moi. Et je m'en voulais pourtant de succomber à cette tentation, craignant de l'enfermer de nouveau, de l'attacher à moi contre sa volonté. J'ignorais tout de ses années loin de moi, ou presque, et en patientant devant sa porte, je me pris à me demander ce qu'elle était devenue, ici, si elle avait changé, autant physiquement que dans son comportement. Je ne pouvais croire qu'elle fût devenue une tueuse impitoyable, et pourtant la peur étreignait mon coeur : et si j'avais finalement échoué, si elle était devenue comme les autres ? Non, c'était impossible, Marie était trop parfaite, elle ne pouvait pas avoir à ce point changé. Je repoussai ces pensées, qui ne me menaient qu'à l'hypothèse où mes retrouvailles devraient signifier son arrêt de mort, ce dont je me savais incapable, focalisant mon attention sur l'immeuble dont je détaillai l'architecture. Je me pris à tenter d'imaginer son appartement, incapable de parvenir à l'appréhender pourtant.

« Je peux vous ouvrir, si vous voulez. »

Oh oui tu peux, Marie, je reconnaitrais ta voix entre mille. Je sus que c'était elle bien avant de faire volte face, entendant le tintement de ses clefs, dans sa main puis au sol. Si son regard s'était embué lorsqu'elle m'avait reconnue, il en était de même pour moi, quand bien même je m'efforçais de ravaler mes larmes. Lorsqu'elle me prit dans ses bras, cependant, je ne pus me contenir davantage et la serrait contre mon coeur. Elle avait changé, plus que je ne l'avais imaginé. Mais cette coupe courte lui allait comme un gant, la rendant plus féminine encore, plus belle encore que dans mon souvenir. Elle s'écartait de moi pour m'observer, et je fis de même, détaillant la tenue décontractée qu'elle portait, et sentant l'odeur du sang et de la terre sur elle. J'imaginais sans peine qu'elle avait dû se nourrir peu de temps auparavant, et je me plus à songer qu'elle avait dû enterrer le corps du défunt. C'était donc toujours ma fille, ma si chère enfant, et deux larmes perlèrent sur mes joues malgré mon sourire, tant de soulagement que de joie de la revoir.

« Dis-moi que je ne suis pas en train de devenir folle. Dis-moi que tu es bien là, que tu es bien devant moi, dis moi que tu es bien Charlotte... Je t’en prie... »
« Je suis là Marie... »


Je n'eus guère le temps d'en rajouter davantage qu'elle revenait se blottir au creux de mon cou et je caressai ses mèches courtes d'une main, les bras refermés autour de ses épaules. Elle m'avait tant manqué. Comment avais-je pu imaginer un instant qu'elle aurait changé, qu'elle m'aurait oublié, et oublié mon enseignement, celui qu'Etienne m'avait dicté ?

« Tu m’as tellement manqué, Charlotte... Ne me laisse plus jamais, jamais, jamais seule... Jamais... »

Ces mots me déchirèrent le coeur. J'avais voulu lui rendre sa liberté, la laisser libre de ses choix, de ses décisions, de ses actes. Ces paroles démontraient qu'elle l'avait vécu comme une punition, une torture même. J'en étais dévastée, et les larmes roulaient de nouveau sur mes joues.

« Oh Marie... »

Je ne sais combien de temps je restai immobile, caressant doucement ses cheveux, la serrant contre moi, refusant de m'écarter de peur qu'elle se sente de nouveau délaissée. Ce n'était en aucun cas ce que j'avais voulu. Dire que j'avais lutté contre la furieuse envie de la revoir pendant toutes ces années ! Si j'avais su ! Après de longues minutes, je l'écartai délicatement de moi pour prendre son visage entre mes mains et plonger mes prunelles ambrées dans les siennes.

« Je ne t'abandonnerai plus jamais ma chérie, je te le promets... »

Je n'avais pas pensé, au tout départ, garder cet appartement dans Shibuya bien longtemps. A présent, j'avais la certitude qu'il serait mon pied à terre pour les années à venir, les dizaines d'années, peut-être même. Je ne partirai plus jamais sans toi, Marie, je t'en fais le serment.




Dernière édition par Beaudoire Charlotte le Ven 10 Aoû - 14:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Remember, remember, the fifth of November... ♥ Marie   Ven 10 Aoû - 8:50


C’était viscéral, fusionnel. Indescriptible. Vingt-deux années, une goutte d’eau dans l’océan de sa non-vie.. Mais ces vingt-deux années lui avaient semblé la plus terrible des tortures. Comme une punition, pour un crime qu’elle ne se souvenait pas avoir commis. On lui avait arraché sa mère, on lui avait pris ses repères. Elle avait eu la sensation désagréable de se retrouver propulsée trop tôt dans un monde qu’elle ne voulait pas connaître, extraite de force de sa petite bulle qu’avait crée Charlotte autour d’elle. Elle s’était pris la réalité en pleine face, sans avoir de tuteur pour la soutenir. Oh, bien entendu elle avait vécue des choses merveilleuses, vu des pays dont les richesses culturelles dépassaient de loin son imagination.. Mais elle avait vécue tout cela avec le goût amer de l’abandon dans la bouche, plus ferreux encore que le goût du sang. La présence d’Izumi dans sa vie avait su un peu calmer ce manque que Charlotte avait créé – peut-être pas volontairement – mais ça n’avait jamais été pareil. Marie avait toujours eu l’impression qu’elle aurait toujours besoin de sa mère. Qu’elle aurait toujours besoin de ses bras, pour s’y cacher. De sa voix, pour être guidée. De sa tendresse, pour être heureuse. Oui, leur relation était indescriptible. D’abord meilleures amies alors que la situation aurait dû les rendre ennemies, elles avaient su faire de leur relation particulière, une force. Elle était la femme de l’homme qu’aimait Charlotte, mais plus que cela, elle avait été la confidente de ce couple. Et puis, elle avait été l’enfant de la Versaillaise. Lien plus fort encore que l’amitié indestructible qui les avait rendues si inséparables dès les premières minutes.. Oui, personne n’aurait pu comprendre l’amour et l’admiration qu’avait Marie pour Charlotte. Personne n’aurait pu seulement imaginer à quel point c’était fort. A quel point c’était vital. Elle pouvait tout perdre, ça n’avait pas d’importance.. Mais si elle perdait cette femme, elle savait qu’elle ne se serait pas en mesure de se relever.

Il n’était donc pas difficile d’imaginer l’émotion qui submergea Marie lorsqu’elle reconnut Charlotte. Ca avait été comme un rêve éveillé, un espoir qu’elle n’osait plus avoir. Et il n’y eut pas la moindre once d’hésitation lorsqu’elle se précipita dans ses bras. Sa voix retentit comme la plus douce des mélodies aux oreilles de la Parisienne, lorsqu’elle lui assura qu’elle était là. Soulagement, bonheur, joie.. Il y avait tellement de mots pour décrire ce qu’elle ressentait à cet instant que ça en devenait presque indécent. Jamais elle n’aurait pu oublier sa mère, ni l’enseignement qu’elle lui avait donné. Jamais elle n’aurait pu la trahir ou trahir ses idées. Elle ferma les yeux lorsque sa mère commença à lui caresser les cheveux. Ce geste lui avait tellement manqué. Comme tout le reste. Elle se sentait en totale sécurité, maintenant. Elle se sentait heureuse et bien. Elle ne voulait plus se décoller de ce corps, par peur qu’elle ne parte à nouveau. Elle savait bien que jamais elle ne le supporterait. Elle n’avait rien dit la première fois, elle avait simplement accepté pour lui faire plaisir, mais elle n’allait pas le tolérer une seconde fois. C’était absolument impossible. Elle était encore jeune, elle avait encore besoin d’elle. Et même à 700 ans, elle savait qu’elle aurait toujours besoin d’elle. Elles restèrent enlacées l’une à l’autre pendant de longues minutes, paraissant encore bien trop courtes à la jeune vampire, avant de se décoller doucement, sans pour autant rompre leur contact physique.

« Je ne t'abandonnerai plus jamais ma chérie, je te le promets... »
« Je ne t’aurais pas laissé repartir, de toute façon.. »

Un sourire se dessina sur le visage de Marie, tandis qu’elle porta un doigt au visage de Charlotte. Elle aussi avait pleuré, cela se voyait à la trace qu’avait fait la larme. Avec délicatesse, comme pour effacer toute trace de leur séparation prématurée, scellant ainsi leurs retrouvailles, elle effaça toute marque de larme sur ce visage qui ne méritait que de sourire. Dieu qu’elle était belle.. Marie se l’était dit dès la première fois où elle avait vu aux bras de Germain. Cette femme était d’une extraordinaire beauté..

« Comme tu es belle.. » dit-elle en souriant et en venant caresser d’une main les boucles dans les cheveux colorés de sa mère « Ton visage m’avait manqué, plus que je ne saurais dire.. Ça a été si difficile sans toi, je crois que je n’étais pas prête lorsque tu m’as rendue ma liberté. Je crois que je ne voulais pas être prête.. Et j’ai compté les années sans toi, j’ai attendu et attendu.. Cela m’a rappelait les moments où tu me laissais seule, parfois, et où je n’avais pas le droit de te poser la moindre question.. Et je n’ai pas aimé, j’ai besoin de toi.. J’aurais toujours besoin de toi.. »

Elle avait dit tout cela d’une voix douce, lui faisant des reproches déguisés sur son départ.. Elle ne lui en voulait pas d’avoir cru qu’elle faisait le bon choix en la laissant voler de ses propres ailes, bien sûr que non.. Mais elle avait besoin de lui dire tout ça, de lui montrer comme il avait été idiot de croire qu’elle était capable de vivre loin d’elle. Mais, comme pour montrer qu’elle n’avait aucune rancœur, elle alla déposer sur sa joue un léger baiser avant de s’écarter pour ramasser ses clefs. Quitte à être ici, elles n’allaient pas passer la soirée dehors.. Marie ouvrit la porte du hall, invitant sa mère à entrer avec de grands gestes, histoire de la faire rire, la guidant jusqu’à une porte en bois qu’elle ouvrit doucement..

« Bienvenue chez moi, Charlotte. C’est petit, mais c’est suffisant pour moi.. Je vais te faire la visite.. » dit-elle, presque surexcitée d’accueillir cette femme dans son studio. Elle ne lui laissa d’ailleurs même pas le temps de dire quoi que ce soit, enchaînant directement : « Ici, la petite entrée. Comme il est de coutume au Japon, je te demanderais de bien vouloir ôter tes chaussures avant de continuer » Elle-même enleva les siennes, qu’elle posa anarchiquement à côté de la porte, attendant tranquillement que Charlotte en fasse de même avant de poursuivre « Voici mon salon ainsi que ma petite kitchenette qui ne me sers à rien. » Il n’y avait, dans ce salon, qu’un canapé installé en face d’une télévision à grand écran, ainsi que des consoles de jeux. Opposé au petit coin télé se trouvait un ordinateur, sur lequel Marie passait pas mal de temps à jouer ou à parler en ligne.. Et, bien entendu, sur le bureau juste à côté de l’écran se trouvait une photo de la Versaillaise, dans un petit cadre en bois.. « On va ensuite passer dans la salle de bain, petite mais fonctionnelle, avec une grande douche ! » Et hop, aussitôt dit, aussitôt fait.. La salle de bain était effectivement petite, mais très agréable et la douche pouvait contenir facilement deux personnes de poids moyens. « Et voilà ! Tu as un endroit où te cacher la journée ? Je sais que c'est petit ici, mais on peut y vivre à deux facilement.. »

Un sourire illuminait le visage de la Parisienne. Littéralement.. Elle avait tant de choses à lui dire, tant de questions à lui poser.. Mais elle garda le silence, l’invitant à venir s’assoir à côté d’elle sur le canapé. Elle ne voulait pas la noyer sous un flot de paroles.. Pas encore..


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MessageSujet: Re: Remember, remember, the fifth of November... ♥ Marie   Mar 14 Aoû - 15:55


Remember, remember, the fifth of November
11 novembre 2011 - 1h00

ft. Beaudoire Charlotte && Beaudoire Marie

Si j'avais su... Cette torture que je m'étais infligée en la gardant loin de moi, pour lui permettre de s'épanouir, nous avait fait du mal à toutes les deux, et à entendre sa voix, ses mots, criant de sa douleur, j'en avais le coeur brisé. Je nous avais fait du mal, tant de mal, à toutes les deux... Et pour quoi ? J'avais simplement voulu qu'elle puisse voler de ses propres ailes, qu'elle puisse faire ses propres choix, voir les choses à sa manière. J'avais espéré que cette nouvelle liberté lui permettrait de voir le monde à sa façon, loin du prisme de mon propre regard... Et résultat, nous étions là, toutes les deux, à pleurer de bonheur d'enfin retrouver l'autre, et à se promettre de ne plus jamais se séparer. Plus jamais cette distance douloureuse, cette solitude pesante, ce manque insupportable.

« Je ne t’aurais pas laissé repartir, de toute façon.. »

Je lui rendis aussitôt son sourire. J'aurais bien voulu voir ça, tiens, qu'elle essaie de m'empêcher de partir si j'en avais décidé ainsi, mais je ne prononçai pas ces mots. Je ne partirai plus, c'était ferme et définitif. Je resterai auprès de ma fille, jusqu'à la fin de mes jours, parce que c'était là que je devais être, parce qu'il n'y avait que comme ça que nous pourrions être heureuses, l'une comme l'autre. Je continuerai à m'absenter par moments, pour continuer mon oeuvre, mais je reviendrai, toujours. Et je me félicitai d'avoir pris les devants en réservant l'appartement qui m'attendait désormais dans Shibuya.

La main de ma fille sur ma joue. La plus enivrante des douceurs. Je l'observai comme elle séchait mes larmes, appréciant cette coupe courte qui la rendait plus belle que jamais, peut-être un rien plus sauvage, même, que ses boucles blondes.

« Comme tu es belle.. Ton visage m’avait manqué, plus que je ne saurais dire.. Ça a été si difficile sans toi, je crois que je n’étais pas prête lorsque tu m’as rendue ma liberté. Je crois que je ne voulais pas être prête.. Et j’ai compté les années sans toi, j’ai attendu et attendu.. Cela m’a rappelait les moments où tu me laissais seule, parfois, et où je n’avais pas le droit de te poser la moindre question.. Et je n’ai pas aimé, j’ai besoin de toi.. J’aurais toujours besoin de toi.. »

Je fermai un instant les yeux sous ses reproches à peine déguisés. Elle avait beau avoir usé d'un ton de voix des plus doux, je sentais la peine à chacun de ses mots. Je lui avais fait du mal alors même que je n'avais cherché que son propre bien.

« Je n'ai pas aimé non plus, et ça ne se reproduira plus. J'aurais sans doute besoin de repartir, parfois, comme avant, mais je ne serai plus jamais si longtemps loin de toi. Ca a été difficile pour moi aussi, tu sais. Moi aussi j'ai besoin de toi. »

Plus que je n'oserai l'affirmer, l'avouer. Et j'appréciai le baiser qu'elle déposa sur ma joue, comme s'il pouvait représenter son pardon, le seul qui me fût indispensable. Elle ramassa ses clefs, et nous fit entrer dans son appartement. Sans mot dire, observant les lieux avec une évidente curiosité, je la suivis à l'intérieur.

« Bienvenue chez moi, Charlotte. C’est petit, mais c’est suffisant pour moi.. Je vais te faire la visite.. Ici, la petite entrée. Comme il est de coutume au Japon, je te demanderais de bien vouloir ôter tes chaussures avant de continuer »

Je hochai simplement la tête avant de délacer consciencieusement mes bottes. Contrairement à ma fille dont les chaussures furent retirées en un instant, j'eus besoin de quelques minutes pour délester mes pieds des cuissardes à hauts talons que je portais, avant que la visite ne pût continuer.

« Voici mon salon ainsi que ma petite kitchenette qui ne me sert à rien. »

Je souris à cette remarque, m'ayant fait la même réflexion concernant mon propre appartement. J'avisais la télévision et ses consoles de jeux, et l'ordinateur. Ma fille avait manifestement le goût des nouvelles technologies. Mais ce qui retint particulièrement mon attention fut la photo trônant sur son bureau, qui me représentait, et je serrai le pendentif qui résidait contre mon coeur, dans lequel une vieille photo d'elle avait déjà passé de nombreuses années.

« On va ensuite passer dans la salle de bain, petite mais fonctionnelle, avec une grande douche ! »

Je hochai de nouveau la tête, d'un air appréciateur, puis laissai planer mon regard un instant sur l'ensemble de son logis.

« Et voilà ! Tu as un endroit où te cacher la journée ? Je sais que c'est petit ici, mais on peut y vivre à deux facilement.. »

Comme elle s'installait sur le canapé, je pris place à côté d'elle avant de lui répondre.

« J'ai pris mes dispositions avant de quitter Las Vegas pour pouvoir m'installer correctement ici. J'ai un petit appartement à Shibuya, un peu plus grand peut-être, qu'il faudra que je te fasse visiter. Il faudra que j'y mette ma touche personnelle, mais j'ai donc un endroit pour me cacher la journée, oui. Ce qui ne m'empêchera pas de passer des journées ici, cela dit... »

Un instant encore, je détaillai le visage de ma fille, comme s'il allait disparaître subitement, comme si j'avais seulement pu en oublier les détails avec les années de distance. Il n'en était rien, cependant, et elle était toujours auprès de moi quand je repris la parole, souriante.

« Cette coupe te va à ravir. Il y a longtemps que tu t'es coupé les cheveux ? »

J'avais pourtant mille autres questions à lui poser, et c'était sur ce détail futile que je m'arrêtais... C'en était presque risible, mais je ne savais réellement pas par quoi commencer. Je mourrais d'envie de savoir ce qu'elle avait vécu pendant notre séparation, et je ne me retins pas un instant de plus pour l'interroger.

« Raconte-moi tout. Comment ça se passe, ici, pour toi ? Je veux tout savoir, dans les moindres détails. »

Et nous avions le reste de la nuit et la journée entière pour ça, n'est-ce pas ?


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MessageSujet: Re: Remember, remember, the fifth of November... ♥ Marie   Lun 8 Oct - 9:46


Bien sûr, la séparation lui avait permis de découvrir une multitude de nouvelles choses.. Elle s’était longtemps cherché lorsqu’elles s’étaient séparées, avait cru pouvoir retrouver dans certains regards la chaleur de sa mère.. Mais finalement, elle avait trouvé un compagnon de voyage pour ses nombreuses découvertes et elle avait vécu de nombreuses années de joie à ses côtés.. Qu’il était bon, cependant, de retrouver la douceur d’un visage que l’on connait depuis des siècles. Elle ne l’aurait pas laissé repartir. Qu’importe la façon, elle aurait trouvé. Elle aurait même été prête à mettre sa propre vie en péril juste pour la forcer à rester à Tokyo. Pour ne plus qu’elle s’en aille. Qu’elle ne la laisse plus jamais seule, perdue face à ses propres choix, face à ses propres regrets. Perdue face à toute la cruauté de sa race. Elle n’était pas encore adulte, elle ne pouvait pas se passer de sa mère. Elle avait encore besoin de conseils, d’aide pour vivre. Pour simplement vivre, car elle avait appris depuis longtemps à survivre.. Elle en avait passé des journées à pleurer, à se morfondre, à s’ennuyer des discussions qu’elle avait autrefois avec Charlotte.. Et aujourd’hui, elles étaient réunies. Marie lui lâcha, avec cette délicatesse qui lui était propre, des reproches. Des reproches qu’elle avait gardé enfoui en elle durant toutes ces années.. Des reproches qu’elle ne voulait pas méchants, mais qu’elle avait besoin d’exprimer.

« Je n'ai pas aimé non plus, et ça ne se reproduira plus. J'aurais sans doute besoin de repartir, parfois, comme avant, mais je ne serai plus jamais si longtemps loin de toi. Ca a été difficile pour moi aussi, tu sais. Moi aussi j'ai besoin de toi. »

Elle ne dit rien, petite Marie. Elle aurait voulu crier, lui dire que non, elle ne voulait pas qu’elle reparte comme avant. Elle aurait voulu lui balancer comme cela lui faisait mal lorsqu’elle était seule, à se poser des questions. De plus en plus de questions. Comme elle se sentait stupide à devoir rester à sa place, sans savoir le fin mot de l’histoire. Elle avait des questions, elle voulait des réponses. Mais elle ne dit rien, restant à sa place d’enfant. On avait fait d’elle un être respectueux et elle ne voulait pas paraître déplacée. Alors elle déposa simplement un baiser sur la joue de Charlotte, aussi tendrement que possible. Avait-elle le choix ? Pouvait-elle seulement imposer à sa mère de ne pas repartir par moment ? Elle ne devait pas être égoïste. Elle ne devait pas penser qu’à elle. Mais elle aurait préféré entendre autre chose de la bouche de la Versaillaise le soir de leurs retrouvailles. Elle aurait préféré entendre tout, mais pas la douloureuse promesse d’un nouveau départ. Il fallait qu’elle se console.. Elle ne serait plus jamais séparée aussi longtemps de sa mère. C’était déjà une victoire, en soit. Elle sourit tranquillement, tandis qu’elles les faisaient entrer dans son antre. Son sanctuaire, presque.

Elle lui fit la visite, la fixant dès qu’elle le pouvait. Elle la regarda ôter ses lourdes chaussures, avec un intérêt qu’elle ne chercha pas à masquer. Charlotte était si imposante, si excentrique que Marie se demandait parfois pourquoi elle l’avait choisi, elle. Autrefois, elle n’avait été qu’une simple bourgeoise si ce n’est timide au moins discrète qui n’avait rien fait d’autre que suivre ses convictions. Et encore maintenant, elle n’était qu’une simple serveuse qui souhaitait avoir une vie tout à fait normale. Qui souhaitait vivre, sourire, voir du monde, aimer.. Comme tout le monde. Mais une personne qui ne sortait pas de la masse. Si elle avait parfois quelques excentricités, ce n’était rien comparé à la femme à laquelle elle présentait chaque pièce de son chez elle.

« J'ai pris mes dispositions avant de quitter Las Vegas pour pouvoir m'installer correctement ici. J'ai un petit appartement à Shibuya, un peu plus grand peut-être, qu'il faudra que je te fasse visiter. Il faudra que j'y mette ma touche personnelle, mais j'ai donc un endroit pour me cacher la journée, oui. Ce qui ne m'empêchera pas de passer des journées ici, cela dit... »
« Oh.. » répondit-elle, un peu déçue avant d’ajouter en souriant ; « Tu pourras passer autant de journées ici que tu le souhaites.. »

Elle masqua avec quelques difficultés sa déception. Mais il ne fallait pas être trop gourmande. Elle aurait dû se douter que Charlotte n’aurait pas voyagé sans avoir pris ses dispositions au préalable. Cela lui ressemblait bien. Elle devait sûrement avoir déjà un travail ici, quelque chose pour subvenir à ses quelques besoins.. Marie se força à sourire, alors que le regard de sa mère ne lâchait plus son visage. Elle n’était pas gênée, bien au contraire, profitant de cet instant pour détailler elle-même chaque nouvelle chose qu’elle pouvait relever. Et elle se mit à sourire sincèrement à la question que Charlotte lui posa.

« Hier. J’avais envie de changer. De faire peut-être plus adulte. »

Elle était amusée que la première question de cette femme hyper protectrice ai été sur son changement de coiffure. Un détail futile, un changement infime. Elle avait juste eut envie de voir de quoi elle aurait l’air sans ses boucles blondes.. Et elle préférait largement. La coupe garçonne avait cette étrange cohérence avec son caractère qu’elle appréciait. C’était stupide, ce n’était qu’une coupe de cheveux.. Mais elle se sentait plus en accord avec ce qu’elle était.

« Raconte-moi tout. Comment ça se passe, ici, pour toi ? Je veux tout savoir, dans les moindres détails. »
« Je ne sais même pas par où commencer ! Tu sais déjà bien des choses.. Mais je ne t’ai fait que des résumés.. J’ai beaucoup voyagé avant de m’établir à Tokyo. J’ai visité tellement de pays, vu tellement de cultures différentes ! C’était tellement intéressant ! J’ai fais des batailles de boules de neige en Russie, j’ai dansé des danses traditionnelles dans divers pays.. Et j’ai rencontré des gens, qui m’ont tant offert, tant appris ! Si tu avais été là, Charlotte, je sais que tu aurais adoré ce bal de couleurs, de chaleur, toutes ces nouvelles langues, ces nouvelles cultures riches et dynamiques. Avant de voyager, mon monde se résumait à Paris et à ce que j’y avais vécu.. Mais il y tant de choses bien mieux que notre chère France ! L’histoire de certains pays est si poignante que je me trouve bien lotie avec celle de France.. Et puis, j’ai fini par tomber amoureuse du Japon. La culture, la langue.. Les traditions. C’est un pays si fier, si respectueux.. Je m’y sens à l’aise.. » Elle se stoppa quelques secondes, consciente qu’elle parlait peut-être trop.. Mais elle ne pu s’empêcher de continuer, cependant, entrainée dans son envie de tout raconter à sa mère. « J’ai porté allégeance au Grand Conseil de Tokyo. J’ai pensé que c’était un gage de bonne foi et cela a scellé mon envie de rester ici pour les siècles à venir.. J’ai trouvé un emploi de serveuse dans un bar de nuit.. Il est fréquenté davantage par les vampires, alors je peux y être moi-même. Et puis, le patron est lui-même un vampire. Tu en entendra sûrement parlé ; Kuromiya Sensui.. Et mise à part cela.. Je veux t’entendre, toi ! »

Elle avait volontairement omis de parler d’Izumi. C’était trop compliqué dans son esprit, pour le moment, pour qu’elle en parle ouvertement à sa mère.. Alors même qu’elle mourrait d’envie de lui dire qu’elle pensait être sincèrement amoureuse de ce merveilleux vampire..


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Remember, remember, the fifth of November... ♥ Marie

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