C'est la fin de Requiem. Merci de prendre en compte le sujet dans les news.

 

 Cheveux d'or, perle de lune parmi les morts

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MessageSujet: Cheveux d'or, perle de lune parmi les morts   Ven 3 Aoû - 22:58


Le 1er novembre 2011 à 00 h 48
Bal des vampires, Shizuoka


Spoiler:
 

Il y avait des nuits comme ça, des nuits où l'on se disait qu'on n'aurait mieux fait de ne pas bouger de chez soi, bal vampirique ou pas ! Après sa découverte miraculeuse mais macabre, Izumi avait tâché de retrouver ses esprits et de se concentrer pour retrouver un chemin jusqu'à une éventuelle trappe menant au temple...Durant près de trois quarts d'heure, il avait écumé cette forêt sinistre jusqu'à enfin atteindre son but et heureusement, aucune mauvaise rencontre sur la route...Mais du coup, sa soif avait eu le temps de remonter d'un cran, un vrai cercle vicieux. Il ferait sûrement parti des retardataires, les vampires les plus pressés devant être arrivés dès 21 h 30...Dommage qu'il n'ait pas eu de miroir pour se refaire un minimum présentable...Dans les faits, seuls les traits de son visage déformés par le stress et la faim pouvaient le trahir. Certes, il manquait un bout de tissu à sa tunique et quelques morceaux de feuilles ou brindilles s'étaient logées entre ses mèches mais à part ça, le déguisement de Roméo restait plus que correct.

Une fois arrivé dans un couloir éclairé menant au lieu de la célébration, il s’épousseta tout de même et recoiffa sommairement ses cheveux noirs à l'aide de ses mains, en retirant les résidus végétaux... Étrangement, il n'entendait pas de musique mais de nombreux éclats de voix paraissant tout sauf joyeux...Révoltés, offusqués plutôt...Mince. Qu'était-il en train de se tramer ? Une fois arrivé au niveau des escaliers, Izumi se fit très discret, rasant le mur tout en grimpant les quelques marches...Un grand nombre de vampires aux costumes plus élaborés les uns que les autres étaient rassemblés mais tout ce petit monde semblait en ébullition. Izumi avait la nette impression d'avoir raté quelque chose...Il se glissa près d'une table et se servit une coupe de sang l'air de rien, l'apportant rapidement à ses lèvres. Il ne tarda pas à la finir et en reprit une nouvelle qu'il bût à moitié...Il se sentait déjà significativement mieux, la soif se calmait...Relevant la tête, il tâcha d'apercevoir Takeru, Tsukio ou toute autre tête connue mais rien...à moins que..

Le jeune animateur marqua un temps de pause, immobile comme une statue de sel...Il lui avait semblé apercevoir au loin, entre deux mouvements de tissus brocardés, une chevelure blonde ondulée cachant partiellement un bras fin à la peau de porcelaine terminé par une main délicate...Non, ce ne pouvait être...? Mais un semblable le bouscula mettant fin à sa rêverie, et Izumi de s'excuser en y ajoutant un petit sourire confus alors qu'il n'avait rien à se reprocher...Puis un autre lui tapota l'épaule, visiblement content de le voir, une connaissance, vampire un peu lourdingue qui traînait au Miryô de temps à autre et n'avait d'yeux que pour Takeru et son groupe...Et comme Izumi en faisait partie en tant que guitariste de session, il avait aussi droit au pot-de-colle mais bon, il n'était pas méchant. Et mine de rien, cela faisait du bien à l'animateur de converser avec quelqu'un, il commençait à se sentir à côté de la plaque de manière phénoménale...Heureusement, son interlocuteur ne tarda pas à le mettre sur la voie.

Un humain avait été amené ici par un aîné, un humain qui apparemment travaillait pour un autre aîné, et ce uniquement par vengeance. Du coup, il avait été décidé que les fils vampiriques des deux aînés subiraient les conséquences d'un tel acte et celui de l'aîné visé pourrait se nourrir plusieurs fois à la gorge du second, dont le père avait enfreint les règles. C'était donc ça qui avait mis toute la salle en émoi ? Seulement, Izumi aurait bien voulu des noms car pour l'instant, tout ceci restait flou. Il prit congé de son admirateur (lui répétant pour la cinquième fois qu'il ne savait pas où était Takeru) et alla s'adresser à un duo de vampires qui lui semblaient amicaux pour leur demander plus de détails. Des noms qui n'étaient pas inconnus d'Izumi furent lâchés, Abarai, Kuromiya...Il connaissait ces deux-là, d'ailleurs aucun vampire fréquentant Shinjuku ou même Tokyo ne pouvait ignorer leur existence. Ils avaient à leur charge deux établissements de renom, un love hotel pour l'un, un bar-club pour l'autre. Il y avait vraiment dû avoir du grabuge entre eux pour qu'Abarai cherche à porter publiquement préjudice à son conscrit, en tous cas, même si il ignorait de qui il s'agissait, Izumi plaignait son fils, trouvant injuste qu'il ait à être puni suite au comportement de son père.

Il se serait davantage renseigné s'il n'avait pas une fois encore aperçut cette chevelure blonde qui lui semblait si familière...et cette silhouette...Elle se tenait près d'un vampire qui portait un hanbok...enfin, du moins il en avait tout l'air et elle, était plutôt habillée dans un style oriental, égyptien même à en juger par l'étoffe légère de sa robe et sa somptueuse coiffure presque digne de celle d'une reine.
Ils se tenaient la main et semblaient beaucoup s'amuser puis, quand il vit le profil de la Néfertiti blonde qui l'intriguait tant, Izumi crût qu'il allait en échapper sa coupe et un immense frisson le cloua net au sol. Marie...Aucun doute possible, c'était bien elle...Ces petites fossettes adorables qui se creusaient quand elle souriait, ces yeux noisettes aux reflets dorés et vert aquatique...Marie...Cela faisait quoi, dix ans...davantage encore ? Mais depuis quand était-elle au Japon ? Pourquoi ne l'avait-elle pas prévenu ? Avec leurs voyages successifs, ils avaient tous deux hélas fini par se perdre de vue et ne plus communiquer mais...malgré tout, Izumi avait toujours gardé une place au chaud dans son coeur pour la française. Ils avaient tant partagé tous les deux, après Henka, Marie était sans doute la seule personne pouvant se vanter de connaître Izumi par coeur et lui aussi se souvenait de ses moindres petites manies...

Son parfum à l'extrait de rose, sa petite fée nichée sur la cheville...Les batailles de boules de neige sur les toits blancs des villes scandinaves...Que de souvenirs...Le cyber-journaliste en sentait les larmes lui monter aux yeux, tout le manque qu'il avait pu éprouver vis-à-vis de la jeune femme rejaillissait, le rendant très nostalgique. Elle semblait si insouciante, si heureuse avec ce vampire qu'il ne connaissait pas...Pourtant, elle avait été très triste qu'il doive retourner au Japon, il se souvenait encore de ces au revoir déchirants. Et voilà qu'il la retrouvait par hasard, à ce bal, entichée d'un confrère. La Marie qu'il connaissait n'aurait jamais pu faire une croix comme ça sur un ami, il ne pouvait ni ne voulait le croire. Surtout pas sur un ami comme lui. Peut-être ne l'avait-elle pas retrouvé ? Peut-être était-elle fraîchement arrivée ? Une multitude de questions lui martelait le crâne et il finit par abandonner sa coupe sur une table d'un air absent, complètement confus. Si Marie avait été seule, il n'aurait pas hésite une seconde à l'aborder et à la serrer dans ses bras mais vu qu'elle était accompagnée...et ne semblait pas souffrir le moins du monde de son absence..Pourquoi être aussi pessimiste à la fin ?!

Mais trop tard, Izumi venait de sentir une larme lui barrer la joue. Il fallait qu'il sorte prendre l'air, absolument...Comme si il avait besoin d'un choc de cette envergure après avoir déjà vécu autant d'émotions fortes cette nuit. Se dirigeant vers un couloir, Izumi releva une dernière fois les yeux vers Marie et le temps s'arrêta quand leurs iris se rencontrèrent...Elle regardait précisément dans sa direction et nul doute qu'elle l'avait reconnu à en juger par son expression...indescriptible. Pour toute réaction, Izumi ne pût que sourire tandis qu'une seconde larme décorait sa joue. Il apporta délicatement le bout de ses doigts à ses lèvres et envoya un baiser papillon à la jeune femme en les tendant vers elle ensuite. Puis il descendit mettant fin à l'échange...Il avança précipitamment tout en essuyant sa joue, un entrelacs d'émotions le terrassant...Il aurait dû aller vers elle, avoir ce cran. Qu'allait-elle penser maintenant ? Il espérait vraiment ne pas avoir gâcher sa soirée avec ses niaiseries...Bien sûr, lui ne les considérait pas comme telles étant donné qu'il avait toujours adoré Marie mais beaucoup de gens qui perdaient des amis de vue oubliaient de fait leurs sentiments pour eux, et c'était apparemment dans l'ordre des choses. Izumi n'avait jamais eu cette conception.
Il avait beau faire de nouvelles rencontres tous les mois, il n'oubliait jamais les personnes qui avaient marqué son existence et conservait toujours les mêmes sentiments pour eux que lorsqu'il les avait quitté. C'était ainsi, avec lui "loin des yeux, loin du coeur" n'avait aucune espèce de sens. Il arriva rapidement à l'extérieur et alla se caler contre un arbre, retirant sa coiffe pour passer une main dans sa chevelure sombre. Il soupira fortement avant de lever les yeux vers la lune. Qu'est-ce que cette maudite nuit allait encore lui réserver ?


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MessageSujet: Re: Cheveux d'or, perle de lune parmi les morts   Lun 6 Aoû - 9:38



Elle passait une très bonne soirée. Marie n’était pas arrivée trop tard au bal, de sorte qu’elle puisse en profiter pleinement. C’était, il fallait l’avouer, bien mieux que de rester chez soi ou que d’aller travailler pour un salaire certes convenable, mais presque inutile. Juste pour passer le temps. Car, oui, après deux siècles d’existence, le travail devient indispensable pour ne pas tourner fou.. Alors, elle ne travaillait que pour cela. Mais ce soir.. Ce soir, on lui laissait l’opportunité de pouvoir s’amuser et elle entendait bien en profiter pleinement. Et sa soirée, jusqu’à maintenant, avait été exceptionnelle. Certes, un bouleversement temporaire l’avait mise hors d’elle. Jamais elle ne comprendrait la bêtise de ses semblables s’amusant avec des vies, avec des destins humains. Pour se prouver qui est le plus fort, qui est le plus à craindre ou le plus à respecter. La hiérarchie vampirique même ne servait à rien dans ce genre de cas, avouons-le. Ce n’était qu’un prétexte pour mettre de stupides règles en vigueur. Règles que seuls les sots tels qu’elle suivaient à la lettre. Mais qu’importe. Ce n’était pas ce petit événement – dont les impacts ne seraient sûrement pas si petits que cela, quoi que cette partie de l’affaire ne la concerne en rien – qui allait gâcher le reste de sa soirée. Et pour cause.. La nuit était belle, quoi que fraîche. La musique avait été douce, reprenant timidement son assurance après le petit spectacle offert par Abarai & Co. .. Et Vivian l’avait embrassée. Elle n’allait pas jusqu’à dire qu’elle avait attendu ça pendant 7 ans, car ce serait mentir. Mais ça n’avait pas été désagréable. Pas plus que les mots qu’ils avaient échangés. Oui, elle s’était sentie importante pour quelqu’un. Une chose qui lui avait tellement manqué lorsqu’elle avait dû quitter Charlotte. Chose qui lui avait tellement manqué lorsqu’Izumi avait décidé de rentrer au Japon. Elle avait besoin de se sentir exister dans les yeux de quelqu’un, même si les sentiments qu’elle pouvait parfois ressentir n’étaient qu’un tissu de mensonge. Un vampire ne tombe pas amoureux aussi facilement que ça et Marie le savait pertinemment. Au mieux, il enchaîne les aventures sans lendemain.. Et elle, était-elle amoureuse de Vivian ? N’y avait-il pas d’autres personnes tournant dans son esprit ? C’était une question dont elle refusait de connaître la réponse car, au fond, elle le savait déjà. Mais faire l’autruche était tellement mieux, n’est-ce pas ? Moins blessant.

Vivian l’invita à retourner danser et, bien entendu, la jeune vampire ne déclina pas son invitation. Oui, après tout ils n’allaient pas passer la soirée dehors, à se dire des mots doux. Ils s’étaient déjà dit tout ce qu’ils avaient à se dire. Et ils devraient continuer à parler une fois le bal terminé. Marie était souriante, dansant pied nu en riant aux remarques de son cavalier. Et cette soirée aurait pu s’achever sur cette note joyeuse et légère, si elle n’avait pas vu passer cette silhouette qui la fit manquer un temps et trébucher sur le pied du vieux vampire. Mais oui, avait-elle était assez stupide pour croire qu’elle ne le croiserait pas ce soir ? Elle était presque convaincue que c’était lui.. Celui qu’elle avait évité pendant 7 ans.. Non pas par antipathie, mais plus par crainte. Crainte des reproches, crainte de ressentir des choses qu’elle n’avait pas ressenties depuis son départ. Crainte de voir tout ses raisonnements logiques s’écrouler comme un château de cartes. Elle s’excusa en souriant auprès de Vivian, reprenant sa danse. Elle n’était sûre de rien, ce n’était pas la peine de faire une montagne d’une silhouette qui lui ressemblait. Après tout, elle le voyait partout.. Alors pourquoi cette apparition ne serait pas que l’effet de son imagination ? Oui, elle devait se dire ceci. Ce n’était rien de plus qu’un effet de son imagination. Le désir de le voir arriver, de le sentir lui prendre la main. Qu’il l’emmène loin du bal, dans leurs aventures qui n’appartenaient qu’à eux deux. Qu’elle puisse rire à nouveau, aussi légèrement que pendant les cinq années qu’ils avaient partagés, presque comme un couple tout en se disant meilleurs amis. Izumi lui manquait. Aussi simplement que cela. Elle se souvenait de tous ces moments où ils retombaient en enfance, à se lancer de la neige, à jouer, à se courir après.. Jamais personne ne pourrait le remplacer, c’était certain. La complicité qu’ils avaient eu n’avait aucun égal. C’était évident. Mais elle avait beau se convaincre que le japonais n’était pas réellement dans cette salle, elle avait beau jouer l’insouciance, ses yeux n’avaient de cesse de le chercher dans la foule. Et ce fut comme si le temps s’arrêta lorsqu’elle croisa son regard.

Il était réellement là. Et ce fut une mélange de joie et de stupéfaction qui pu se lire dans les yeux de la Française. Un regard indescriptible, mais qu’elle n’arrivait pas à décrocher de lui.. Un mince sourire étira ses lèvres, alors qu’elle sentait des larmes lui monter aux yeux lorsqu’il lui adressa son bisou-papillon qu’elle fit mine d’attraper. Elle brûlait d’envie de courir vers lui, qu’importe ce que le vieux vampire allait penser. Elle brûlait d’envie de le serrer contre elle, de caresser ses cheveux, de le retrouver enfin. D’oser ce qu’elle n’avait pas osé pendant 7 ans. Elle aurait pu le retrouver bien plus tôt, mais elle n’avait jamais eu le courage de le faire. Elle ne voulait pas s’imposer.. Mais leur échange silencieux était comme une invitation, comme une porte entrouverte dans laquelle elle devait se glisser.

« Excuse-moi, Vivian. J’ai besoin de.. d’aller me rafraîchir. »

Pourquoi mentir, au juste ? Elle ne voulait peut-être simplement pas qu’il la suive. Elle voulait disparaitre, retrouver un moment hors du temps avec la seule personne – hormis sa mère, bien entendu – pouvant prétendre la connaître par cœur. Et s’il pensait que Marie l’avait oublié, il pouvait se mettre le doigt dans l’œil. Jamais elle n’aurait pu l’oublier, faire un trait sur leur passé commun. Jamais qui que ce soit n'aurait pu avoir la place qu’il avait dans son cœur. Elle ne prit même pas le temps de remettre ses chaussures et, avant même que son cavalier ai pu dire quoi que ce soit, elle était déjà partie, courant presque vers l’endroit où Izumi avait disparu. Il était hors de question qu’elle le perde de vue à nouveau. Hors de question qu’elle laisse passer cette chance de s’expliquer, de reprendre contact. Elle aurait pu tout planter, pour passer seulement cinq minutes avec lui.. Même Vivian, même cette histoire naissante. Et c’était d’ailleurs ce qu’elle venait de faire.. Elle avança doucement, fébrile. De là où elle était, elle pouvait le voir regarder la lune et elle profita de cet instant pour venir se mettre derrière lui avec toute la discrétion que ses deux siècles de non-vie lui permettaient. Sans une parole, ses doigts allèrent se poser sur les yeux de l’asiatique, tandis que ses lèvres allèrent déposer un léger baiser sur son cou, juste à l’endroit où sa masse de cheveux ne barrait pas trop l’accès à sa peau. Et, murmurant à son oreille, Marie fini par dire quelques simples mots..

« Depuis quand Roméo fuit-il devant Juliette ? Prend-moi dans tes bras, Izumi.. »

Il était très clair à ce moment-là que Marie avait complètement zappé le vieux vampire, le bal et la merveilleuse soirée qu’elle passait.. Elle venait d’entrer dans un autre monde, au moment même où ses doigts avaient effleuré la peau du jeune vampire. Les larmes qui coulaient doucement sur ses joues n’étaient dû qu’à la joie et elle ne cherchait même pas à les cacher.. A quoi bon, après tout ?


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MessageSujet: Re: Cheveux d'or, perle de lune parmi les morts   Lun 13 Aoû - 17:09


S'étant remis à respirer pour émettre quelques soupirs, Izumi se perdait dans la contemplation de cet astre qui avait remplacé pour lui le soleil, il y avait de cela près d'un siècle et demi...Rarement, il pouvait jouir de moments aussi calmes et il s'en rendait à peine compte. Quand il était sur Tokyo, il se passait rarement une nuit sans qu'il n'ait quelque chose de prévu, qu'il s'agisse d'Undersound, de concerts, de soirées en tous genres...Il avait une non-vie des plus dynamiques et il était à peu près certain qu'un simple humain n'aurait jamais pu tenir un rythme pareil à moins de se doper à la caféine et aux boissons énergisantes. Izumi avait certes l'impression d'être occupé mais pas non plus overbooké parce qu'il aimait vraiment ce qu'il faisait mais extérieurement, les points de vue divergeaient. Henka par exemple l'aurait sûrement souhaité plus disponible même s'il n'avait jamais rien reproché à son fils. Il n'y avait que durant ses visites à Nikkô que l'animateur appuyait sur la pédale de frein mais ce n'était pas un hasard s'il n'y demeurait que quelques jours. En plus d'en garder quelques très mauvais souvenirs, il était conscient que lui et Henka n'avaient plus du tout le même mode de vie.

Rester enfermé dans une maison aussi luxueuse soit-elle jour et nuit ne convenait pas du tout à Izumi et son père l'avait depuis longtemps compris, ce pourquoi il insistait rarement pour qu'il prolonge ses séjours. C'était indéniable, Izumi adorait Henka et il était prêt à l'aider pour qu'il s'acclimate à cette époque, comme il l'avait déjà fait à son éveil. Rien à faire, ce dernier refusait catégoriquement, par crainte d'amorcer une nouvelle descente aux enfers. On ne pouvait pas faire plus nostalgique et Izumi s'en inquiétait car ainsi confiné en permanence, Henka n'aurait sûrement pas su se défendre face à qui que ce soit. C'était un vampire mais il n'agissait pas du tout comme tel et ignorait sûrement encore nombre de ses capacités car redoutant s'en servir, il n'avait toujours pas accepté et qui savait s'il l'accepterait un jour ? Tant qu'il ne serait pas à même d'apprivoiser la modernité, ce serait peine perdue d'imaginer qu'il puisse être en paix avec lui-même. Izumi se disait pour se rassurer qu'un jour, il y aurait bien un déclic, que son père ne pourrait pas vivre indéfiniment comme ça en marge du monde.

Il aurait été sûrement somptueux vêtu d'un costume à ce bal...Quel dommage qu'il ne puisse pas parler autour de lui d'une personne aussi extraordinaire, ou du moins très peu. S'il se rappelait bien, Marie avait elle aussi vécu de nombreuses années avec sa mère vampirique, elles s'aimaient aussi énormément. Leur séparation avait été au moins aussi dure que celle qu'il avait vécue avec Henka. Ah...Marie...Voilà qu'elle s'imposait à nouveau puissamment à son esprit, il n'avait qu'une envie, retourner dans cette salle, faire fi de son cavalier et la serrer contre lui. Il lui avait semblé lire énormément d'émotion dans son regard, comme si elle aussi avait toujours attendu cette nuit, qu'ils se retrouvent enfin. Il faudrait qu'il en ait le coeur net de toutes façons, hors de question de quitter le bal sans lui avoir parler. Plongé dans ses pensées, Izumi n'avait pas entendu l'intéressée se faufiler derrière lui. Quand des mains vinrent lui obstruer la vue, il eût un léger sursaut de surprise mais sentit une coulée de miel bienfaisant se répandre dans tout son corps au baiser qu'il reçut dans le cou...Sans se retourner, il savait de qui il s'agissait...Et il priait pour que ce ne soit pas une hallucination.

Les mots murmurer à son oreille le firent déglutir en même temps qu'entrouvrir les lèvres...Fuir ? Il avait réellement fui ? Et...Marie se rendait-elle compte de ce que sous-entendait sa comparaison ? Avait-ce un sens caché...? Elle voulait vraiment qu'il...la prenne dans ses bras ? Explosion neuronale. Assez de réflexion, mieux valait passer à l'action, il se morfondrait dans son delirium plus tard. Il en avait lâché sa coiffe qui était retombée dans un petit bruissement au sol mais elle était déjà totalement oubliée. Se retournant, il pût faire face à son amie...et elle resplendissait. Ce n'était pas qu'une métaphore, la lueur de la lune faisait briller tous les éléments de sa couronne en même temps que ses paupières soigneusement maquillées. Ses iris semblaient luire d'une poussière d'or car elle aussi venait de verser une larme. Izumi menaçait faire de même tellement il était heureux, non seulement de la revoir mais aussi qu'elle ait pris la peine de le rejoindre, délaissant ainsi son galant. Ca signifiait qu'elle ne l'avait jamais oublié et n'était pas décidée à le faire. Apportant le revers de sa main au doux visage de Marie, Izumi stoppa la larme dans sa course et lui caressa la joue avant de se pencher pour lui murmurer à son tour à l'oreille.


-Tu m'as tellement manqué Marie...Si je te prends dans mes bras, je ne suis pas sûr d'arriver à te libérer ensuite...

Puis il sourit pour lui-même et entoura la française de ses bras, faisant migrer sa main de la joue aux cheveux blonds de cette dernière. Accolant sa tête à la sienne, il en ferma les yeux de bien-être et remonta calmement ses doigts entre les mèches dorées pour aller caresser sa nuque, prenant garde de ne pas défaire la coiffure. Il aurait voulu que le temps s'arrête, que plus rien ne vienne troubler pareil instant. Même si Izumi était plutôt tactile pour un japonais pur souche, il faisait rarement des câlins aussi religieux et profonds et pour cause, Marie devait être la seule femme à en bénéficier...Malgré qu'il ait un certain succès auprès de la gente féminine, Izumi n'avait jamais été assez proche de l'une d'entre elles pour se permettre une telle familiarité. Marie faisait figure d'exception...Si le cyber-journaliste s'était toujours crût à forte tendance homosexuelle au vu de ses antécédents, ses tribulations avec Marie l'avaient fait douté comme jamais sur son orientation. Il avait toujours su apprécier la beauté des femmes, ça ne faisait aucun doute mais de là à les désirer charnellement, l'occasion ne s'était jamais présentée...enfin, presque.

Oui, Marie pouvait aussi se vanter d'être la seule à avoir clairement attiré Izumi et le charme caucasien n'y était que pour peu de choses en vérité. C'était Marie dans son entièreté qui avait toujours aimanté l'animateur, elle n'était pas qu'une jolie européenne, son tempérament et sa manière d'appréhender les choses, sa soif de découvertes et son empathie pour les humains...Izumi n'était que peu narcissique mais il s'était retrouvé pour une grande part en elle, il avait eût la sensation dès la première semaine passée à ses côtés d'avoir fait LA rencontre de sa non-vie. Pouvait-on parler d'âmes-soeurs ? Il n'en avait jamais rien su, comme à son habitude, il s'était perdu en cogitation et avait retourné la situation dans tous les sens...Ce qui lui avait sûrement fait perdre un temps précieux et il s'en était mordu les doigts au moment de la quitter. Cette décision avait au moins été aussi dure que celle de prendre son indépendance vis-à-vis d'Henka et il s'était toujours demandé s'il n'aurait pas dû la suivre en Russie...
Il s'en était vraiment voulu, elle lui avait manqué instantanément, au point que parfois, il se réveillait les cils collés car ayant pleuré dans son pseudo-sommeil. Il n'avait jamais ressenti ça pour personne et avait toujours gardé ça pour lui, de peur peut-être que Marie en soit effrayée ou ne le considère pas du tout de la même manière...

En matière relationnelle, Izumi avait dû parcourir un bout de chemin car si aujourd'hui, il aurait eût besoin de 4 répertoires remplis pour compter ses amis, son passé d'humain était pour le moins très décevant à ce niveau...Avant de rencontrer Henka, il n'avait jamais eût d'amis, n'avait jamais pu témoigner de l'affection et encore moins de l'amour à qui que ce fût. Etre contraint d'offrir son corps l'avait aussi dégoûter de l'acte pendant très longtemps et seul son père avait été à même de le décoincer aussi sur ce terrain. En somme, même si entretenir des amitiés s'était imposé naturellement chez lui, il perdurait dans l'indécision à chaque fois qu'il éprouvait quelque chose de différent, de plus fort. Et la plupart du temps, il fuyait...C'était triste à dire mais Marie avait eût raison, peut-être qu'il était retourné au Japon davantage par peur d'avouer ses sentiments réels que pour revoir son père. Et c'était dans le même élan qu'il avait quitté la salle de bal après l'avoir vue. Peut-être était-ce aussi pour ça qu'il perdait vite ses moyens face à Takeru et ne le voyait seul à seul que quand il n'avait pas le choix...Parce qu'il savait que ce dernier était réellement attiré par lui et vice versa, même s'il s'efforçait toujours de le prendre à la rigolade.

Bien sûr, ça n'avait rien à voir avec ce qu'il ressentait pour Marie mais le raisonnement était le même. Ayant perdu toute notion de temps, Izumi ne se rendait pas compte que ça faisait bien 5 minutes qu'il étreignait son amie et c'est à regrets qu'il se détacha, déposant au passage un bisou sur son front. Lui souriant chaleureusement tout en gardant leurs mains jointes, il lui dit.


-Pardonne moi d'être un cliché ambulant mais, tu es toujours aussi belle.

Puis il fronça des sourcils, faisant mine de l'observer et ajouta.

-Hum...Peut-être même plus, mets toi un peu de profil...Oui ! Bien plus.

Puis il sourit à nouveau, content de pouvoir retrouver l'humour familier qu'ils partageaient tous deux.

-Par où commencer...J'ai l'impression d'avoir 1000 questions à te poser. Depuis quand es-tu au Japon ? Et pitié, dis moi que tu vas rester et que ce n'est pas qu'une destination.

Izumi avait prononcé la dernière phrase de manière précipitée avant de faire des yeux de chaton meurtri à Marie. Même s'il donnait l'impression de le prendre avec légèreté, il était très sincère...Au point où il en était, il aurait presque été capable de repartir en voyage avec Marie si elle n'était que de passage, il voulait tout sauf la "perdre" à nouveau.

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