C'est la fin de Requiem. Merci de prendre en compte le sujet dans les news.

 

 Bad Day

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MessageSujet: Bad Day   Mer 22 Aoû - 11:39


Le 09 novembre 2011 à 22h36

    C’est un film sans accroche ni fin où seule la péripétie principale est claire dans mon esprit. Tout s’est passé tellement vite que je ne parviens pas à remettre les éléments dans l’ordre. Peut-être est-ce aussi parce que ma tête me fait un mal de chien ? Je ne vais pas ouvrir les yeux maintenant et préfère attendre de repasser la bobine. D’abord la vitesse. Plutôt convenable ou légèrement au-dessus des normes. Le feu tricolore ensuite. Vert. Je roule sans ralentir étant donné que les paramètres extérieurs vont dans mon sens. Je ne me préoccupe pas du type qui tangue sur le trottoir et semble dépourvu d’équilibre. Le reste n’est pas si difficile à imaginer : coup de klaxon, pédale de frein enfoncée au maximum, volant qui braque dans la direction opposée, collision. Le choc a été brutal, quand bien même le compteur n’affichait pas plus de 57km/h. Ou 67km/h ? Je ne sais plus. J’ai trop mal au crâne pour essayer de me rappeler des détails. Mes paupières tremblent lorsque je fais l’effort de les ouvrir et je constate que le décor a changé. Evidemment, je ne suis pas dans le bon sens. Je ne perçois pas encore les bruits autour de moi mais découvre plusieurs spectateurs, surpris, curieux ou inquiets. C’est du moins ce que je ressens en observant leurs expressions. J’essaie de me redresser en tenant une main sur mon front, comme si le soutenir pouvait atténuer la douleur. La sensation est désagréablement fluide et je comprends que je saigne. J’ouvre la portière et tente de m’extirper du véhicule avec précaution, des fois que toutes mes forces m’aient quittée ou que la voiture soit trop abîmée pour me permettre de sortir. Je trouve presque immédiatement un appui et me laisse guider, passant un bras autour des épaules de l’inconnu et sentant son propre bras me soutenir dans le dos. Aucune trace au sol, pas d’effusion de sang ni de réaction horrifiée. Je cherche l’ivrogne des yeux sans le voir, là, adossé à un tronc d’arbre en train de cuver. Il est indemne. Parfaitement en l’état et c’est pour moi un choc supplémentaire. Impensable. Comment se fait-il qu’il n’ait rien alors que je l’ai percuté ? Parce que je l’ai percuté, n’est-ce pas ? Je me retourne vers la voiture, obligeant la personne à mon côté à faire de même. Il y a bien eu un choc, mais pas à l’avant du taxi. Le coffre est plié, à moitié ouvert mais je suppose à vue d’œil qu’il n’y a rien d’irremplaçable, de réellement endommagé ou trop cher pour que je ne puisse pas réparer. Ce n’est que de la taule à remettre en l’état. Je soupire en guise de soulagement, baissant la tête et les piques qui me lancent dans la nuque m’arrachent une grimace. Le coup du lapin, classique ! Après tout, ce n’est que mon troisième en un an ! Je ne me fais pas de soucis quant à la durée du rétablissement et même si on ne peut pas dire que j’ai l’habitude, disons que je m’y connais un peu… Ce qui me préoccupe davantage, c’est la réaction de mon supérieur lorsque je me présenterai demain au boulot, une minerve autour du coup et sans outil de travail. La note va être amère et pas seulement parce que les réparations seront déduites de mon salaire ! Pour peu que l’assurance nous colle un malus et je peux dire adieu à mes primes ! Comme quoi, il y a des jours où on aurait mieux fait de ne pas se réveiller…

    Je suis tirée de mes songes par la personne qui me soutient toujours. Inutile de me détacher de ses bras, je suis trop sonnée pour marcher droit. J’ai l’impression d’avoir un énorme ballon sur les épaules et le moindre mouvement demande plus de temps que la normale pour être exécuté, ce qui est plutôt handicapant. Je suis entraînée sur le côté puis assise sur un banc improvisé aux allures de bac à fleurs. L’odeur humide de la terre parvient à mes narines et ses effluves me sont insupportables. Je ne peux même pas dire de quelle espèce il s’agit, quand bien même je me passionne pour l’horticulture ! Tu parles ! Des fleurs…ici. A-t-on jamais vu des plantes s’épanouir dans l’une des villes les plus polluées de la planète ? Tout ça pour donner un côté chic à la capitale, les riverains ont vraiment de l’argent à perdre ! L’argent… Je me relève en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et me dirige vers mon taxi. Les secours sont arrivés depuis quelques minutes et s’occupent présentement de l’homme ivre, de l’autre côté de la voie. Je m’approche de la portière côté conducteur et avant que je n’aie pu l’ouvrir, je suis interrompue. Les paroles qu’il -parce que je suis désormais consciente qu’il s’agit d’un homme- prononce sont comme une mélodie de fond, un trente-trois tours qui tourne dans une autre pièce et dont le contenu m’échappe. Je ne peux pas quitter la rue en y laissant mon taxi. Il faut qu’on le déplace ! Mais j’ai beau y penser très fort, le message ne se transmet pas. Je dois le formuler. Seulement voilà, dès que j’ouvre la bouche, mes mâchoires se mettent à fonctionner et accentuent la douleur au sommet de mon crâne. Je grimace une fois de plus, excédée par cette situation et dans l’incapacité de parler sous peine d’aggraver mon état. Je serre des dents et essaie, malgré tout, de lui faire comprendre.

    " Ch’il vous plait… Che dois déplacer mon taxi... ! "

    Nul doute que j’ai l’air fin, molaires contre molaires à tenter de converser avec cet inconnu. Pour appuyer mon propos, je pose mes paumes sur la carrosserie et fais mine de pousser le véhicule.

    " Vous voyez ? Déplacer…Mon taxi ! " Insistai-je en mimant.

    J’attendais donc la réponse voire même les questions de mon interlocuteur, des fois qu’il lui soit difficile de me comprendre. Grand Dieu, à défaut d’être télépathe, pourvu qu’il soit doué au Cranium !


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MessageSujet: Re: Bad Day   Sam 25 Aoû - 22:05



Il s'baladait sur l'avenue, le cœur ouvert à l'inconnu, il avait envie de dire « bonjour » à n'importe qui... Comme toujours, tout compte fait ! Jun Young était bel et bien de ces personnes capables d'aborder quiconque dans la rue pour lui taper la discussion, et essayer d'en savoir plus au sujet de cette personne, mine de rien... Mais soit, nous ne sommes pas là pour dresser le portrait psychologique de ce jeune coréen. Donc ! La scène ne se passait pas sur les Champs Élysées, comme l'on aurait put s'y attendre. Néanmoins, le décor n'était pas des moindres ; une longue avenue de l'arrondissement de Shinjuku, assez proche de l'endroit ou vivait l'étudiant. Cette immense allée, scintillante entre ses feux tricolores, les panneaux d'annonces publicitaires, les feux arrières des voitures... Décidément, le décor de l'endroit se voyait littéralement métamorphosé une fois la nuit tombée !

Or, en cet instant, Jun Young n'y était pas des plus sensibles. Il ne connaissait que trop bien cette peinture mouvante, à force de plusieurs années d'habitat dans le coin. Il fallait aussi préciser que le temps menaçant n'encourageait guère à s'attarder dehors ; la météo s'annonçait des plus capricieuses pour cette nuit de novembre. Et dernière chose, et certainement pas des moindres ; le jeune homme avait eut une journée assez exténuante, bien que sa belle humeur n'en soit pas entachée pour autant !
Certes, cette date n'avait rien eut d'exceptionnel. Une journée de cours des plus lambdas, commencée à huit heures du matin, terminée à presque dix-huit heures... A voir des journées de cette longueur, avec peu de pause qui plus est, il valait mieux pour Jun Young qu'il soit motivé... Et il l'était ! Puis franchement, ses études lui plaisaient énormément. Néanmoins, la raison pour laquelle il rentrait aussi tard à son domicile était tout autre ; non, il n'était pas sorti s'amuser, et il ne s'était pas non plus attardé dans une salle ouverte pour travailler... Mais il s'était rendu chez un de ses élèves particuliers, pour donner des cours de soutient. D'habitude, ses cours ne se prolongeaient pas jusqu'à aussi tard, mais l'élève en question semblait des plus démuni face aux examens qui l'attendaient prochainement. Donc, muni de conscience professionnelle, Jun Young était resté fidèle au poste jusqu'au bout, histoire de se dire que le travail avait été bien fait, et qu'il méritait pleinement sa rémunération.

Il était donc là, à vingt deux heures passées, heureux de pouvoir enfin retrouver son « petit » loft qu'il devait à ses géniteurs, arpentant cette longue avenue, silencieux. Et si son regard ne s'intéressait pas tant au décor, il ne restait pas moins insensible à ce qu'il se passait autour ; à savoir, aux gens qu'il croisait. Jetant parfois un petit coup d'œil amusé, adressant un sourire poli quand ça en valait la peine, Jun Young restait fidèle à lui même.

Parmi les gens qu'il vit, un ivrogne. Un classique à cette heure là, et dans cet arrondissement qui accueillait bon nombre de bars. Ne voulant pas sembler moqueur, le coréen gardait un sourire discret, mais présent, accordant tout juste un petit coup d'œil à l'homme qui... Dans un élan d'inconscience, certainement, décida de traverser la route sans vérifier que la voie était libre. Jun Young n'eut pas même le temps de le mettre en garde à voix haute qu'un strident bruit de klaxon se fit entendre, suivi par le couinement des freins sur le goudron et du fracas d'un impact. Tournant carrément les talons vers la scène, l'étudiant vérifia dans un premier temps que l'homme éméché n'avait rien, avant d'avancer à pas rapide vers la voiture emboutie, qui se révélait être un taxi. Parmi les badauds qui observaient la scène, tantôt curieux, tantôt inquiet, seuls quelques uns avaient eut le réflexe de pousser l'ivrogne de la chaussée. Une demoiselle, visiblement bien sonnée par le choc, sortit de la porte avant de la voiture heurtée. Le coréen offrit alors son épaule en guise d'appui, tandis qu'un de ses bras vint soutenir le dos de la conductrice. D'ailleurs, Jun Young était bien étonné de constater que certains chauffeurs de taxi puissent être aussi... Jolies ? Ben c'est vrai, quoi ! Il ne prenait pas le taxi très souvent, favorisant la marche et les transports en commun, mais le peu de fois ou c'était le cas, il tombait sur des hommes d'un certain âge, au physique assez ingrat pour certains... Taisant cette pensée, il hissa la jeune femme un peu plus loin, pivotant quand elle voulut examiner l'étendu des dégâts, qui n'étaient heureusement pas trop grave. L'arrière de la voiture était totalement plié, mais elle ne semblait pas avoir souffert de l'accident, si ce n'était qu'elle semblait pas en état de marcher seule.

Allant au delà de la petite foule qui s'était arrêtée à côté de la chaussée, il avança jusqu'à un bac à fleurs qui ornait l'allée piétonne, il y improvisa un siège ou il aida la conductrice à s'asseoir, avant de prendre place lui même, laissant son bras dans le dos de l'inconnue au cas où. Finalement, il se risqua dans un ;

« Tout va bien ? Vous n'êtes pas blessée ? »

Néanmoins, ce fut un silence qui accueillit la question du jeune homme... A l'observer, il remarqua que le regard de sa silencieuse interlocutrice était rivé sur sa voiture, et sans qu'il n'ait eut le temps de s'assurer qu'elle ait bien entendu, la demoiselle se leva pour se diriger vers la voie ou les secours se trouvaient déjà. La suivant pour l'interpeler, elle prit la parole en premier, disant devait déplacer son taxi. Visiblement, le choc lui avait fait mal à la mâchoire, tout compte fait, et Jun Young dut réprimer un petit rire à cet accent fort particulier. Elle fit alors mine de pousser son moyen de locomotion, réitérant sa demande.

« Sauf votre respect, mademoiselle, je ne pense pas que vous soyez en état de conduire, et je n'ai pas le permis non plus. » dit le coréen d'une voix navrée, sa phrase marquée pour son accent coréen très présent « Et honnêtement, je ne pense pas que nous pourrons aller très loin en poussant comme ça ! » termina t-il en lâchant un bref rire un peu gêné.

Et puis... De toutes façons, elle n'aurait certainement pas été autorisée à bouger son véhicule, si ? Le droit civil n'était pas vraiment la spécialité de Jun Young, mais il se doutait qu'il y aurait sûrement un paquet de paperasse à remplir, et d'autant plus si c'était son véhicule de travail. Donc en attendant, il proposa ;

« Vous ne voulez pas plutôt vous asseoir ? Vous avez eut un choc, et je pense pas que ça soit prescrit de s'agiter après un choc comme ça. Vous voulez boire quelque chose ? »



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MessageSujet: Re: Bad Day   Mer 29 Aoû - 22:55


    Tokyo a, depuis pas mal d’années déjà, passé la barre des dix millions d’habitants. Dix millions. Je ne pourrais même pas me les représenter tant ce chiffre parait énorme. Bien sûr, ils ne sont pas tous japonais mais cela dit, il est plus facile de croiser un nippon qu’un étranger dans cette capitale. Du moins, c’était ce que je croyais avant ce soir. Pas étonnant que je ne perçoive pas correctement ce que mon interlocuteur essayait de me dire ! En plus d’être sonnée suite à la collision entre mon taxi et un autre véhicule, je devais faire un effort de compréhension pour réceptionner les informations que mon sauveur tentait de me donner. Certes, son vocabulaire comme ses constructions de phrases étaient justement choisis, mais cela n’empêchait pas une prononciation différente. Légèrement plus…arrondie ? Cela ne changeait cependant strictement rien à la situation et tant qu’il pouvait me dépanner, je me fichais pas mal de connaître sa nationalité. Il aurait pu débarquer d’un vaisseau spatial, avoir trois têtes et quinze jambes, tant qu’il était en mesure de me donner un coup de main pour déplacer mon taxi, le reste était secondaire. Sauf que les mauvaises nouvelles sont du genre siamoises. Elles ne supportent pas l’idée d’être séparées, d’où la nécessité d’arriver à plusieurs… En résumé, il ne pouvait pas conduire. Je me serais volontiers jointe à lui lorsqu’il eut un rire bref mais ma mâchoire était trop douloureuse. D’ailleurs, le mien aurait été plus jaune que gêné… C’était tout bonnement impossible de vivre une expérience aussi burlesque ! Absurde ! Mais qu’avais-je fait, au juste, pour mériter ça ?!

    J’étais, sans me vanter, plutôt consciencieuse dans mon travail. Je n’étais pas contre des heures supplémentaires et ne bronchais pas lorsqu’une course devait s’éterniser pour cause de trafic intense, de travaux sur la voie publique ou je ne sais quel autre évènement en rapport avec la circulation en ville. Il m’arrivait de passer plus de dix heures dans mon véhicule, à respirer les gaz d’échappement, à écouter en boucle les dernières nouveautés transmises sur les ondes, à tourner en rond dans un même quartier. Parfois, je devais faire avec certains désagréments assez…inattendus. Les odeurs, par exemple. Accepter de prendre un restaurateur à Tsukiji pour le déposer aux pieds d’un centre commercial sur Ikebukuro, c’est s’assurer de transporter également les effluves marines, l’air iodé et les algues qui les accompagnent ! C’est surtout prévoir une quantité astronomique de désodorisants à la menthe et je ne sais combien de sapins autour du rétroviseur ! Pour sûr, ce serait le seul passager de la journée et peu importe la qualité du poisson repéré sur le marché… Je sais de quoi je parle, croyez-moi. J’ai été suffisamment confrontée à toutes sortes de situations pour savoir qu’il ne faut jamais sous-estimer un client. Bien sûr, on ne choisit pas un taxi comme un choisit un vêtement. D’ailleurs, on ne choisit jamais son taxi. On grimpe dans le premier qui s’arrêtera et en avant toutes ! Les trois premières minutes, du moins. Une fois la course annoncée et la ceinture attachée –encore faut-il qu’il y en ait une !-, l’inspection peut commencer : l’aspect intérieur du véhicule est-il convenable ? Ces sièges sentent le renfermé, non ? Je ne comprends pas comment on peut, à l’heure actuelle, rouler dans une carcasse sans suspension ?! Ce tas de poubelle n’est jamais passé au karcher ou quoi ?! Et le chauffeur qui broute son chewing-gum à la manière d’une vache…on n’est pas dans un champ de pâquerettes ! Oui. Il ne faut jamais sous-estimer un client. Car quand bien même il ne parle pas, il pense beaucoup. Il se pose au minimum une question ou deux sur votre vie de chauffeur. Alors, comme dans n’importe quel métier, vous êtes la vitrine de votre entreprise. Sourire, être courtois sans se gonfler en politesses, respecter l’intimité de son gagne-pain, ce sont les bases. Mais après treize ans de métier, essayez donc de faire entendre raison au grincheux qui ne s’est pas douché depuis trois jours et continue à laisser traîner des canettes vides dans son outil de travail ! Qu’est-ce que j’en sais, moi, de cette vie ? Je suis née avec des voitures qui avancent grâce au carburant et au moteur, pas avec des charrues et des bœufs !

    " Che n’fe pas boire. Che fe que quelqu’un me déplach mon tacchi ! Oh, et puis merde ! " finis-je par lâcher en abandonnant la douleur quelques secondes pour articuler. " Il faut que je trouve quelqu’un pour ma voiture ! Vous avez un téléphone ? Vous connaissez peut-être une personne capable de m’aider ? Hey, vous là ! Vous ! " insistai-je en me dirigeant d’un pas vif vers un des pompiers…avant de perdre l’équilibre. Rattrapée une nouvelle fois par l’étranger que je n’aurais pu identifier avec certitude, je repris. " Merci… Vous ne savez peut-être pas conduire mais vous avez d’excellents réflexes… Peut-être que si je vous guidais..? Oh, ce serait trois fois rien ! L’histoire de quelques mètres seulement ! Je ne peux pas risquer de le laisser en plein milieu de la voie ! On va me le mettre à la fourrière sinon ! S’il vous plait..?! "

    Pour quelqu’un qui avait un mal de chien à la mâchoire et n'était pas prête à ouvrir la bouche, il me semble que toutes mes facultés me sont revenues en un rien de temps ! Comme quoi, un traumatisme peut en cacher un autre et le second prend vite le pas sur le premier. J’étais tellement obnubilée par ma voiture que je ne pensais qu’à ça. La gêne, le fait d’être un possible boulet ou de faire preuve d’importunité envers un inconnu qui n’a rien demandé à personne et se trouvait là au mauvais moment, cela n’existait pas. Je voulais une solution à mon problème et s’il était mon joker, j’avais bien l’intention de l’utiliser.


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MessageSujet: Re: Bad Day   Mer 19 Sep - 23:24



Gêne. Jun Young n’avait pas son brevet de secouriste… D’ailleurs, c’était chose assez étrange quand on le voyait ; il avait toute la panoplie du jeune homme bien propre sur lui, qui pourrait même avoir la prétention de frôler la perfection. Apte à s’occuper de gosses, les amuser, donner leurs dentiers à des vieilles grands-mères, capable d’expliquer les théorèmes mathématiques les plus difficiles, doué dans quasiment tous les domaines, cultivé à souhait… Mais sans brevet de secouriste. Mais pas pour autant dépourvu de bon sens et de courtoisie ; et en l’occurrence, il en avait bien davantage besoin qu’un quelconque diplôme qui attestait qu’il était apte à faire un massage cardiaque et avoir d’autres réflexes nécessaires à la survie d’autrui… Après tout, ce n’est pas comme si la scène d’accident était à feu et à sang, les corps en charpie, la voiture en carcasse carbonisée… Au final, aucun élément digne d’une scène d’apocalypse routier. Selon Jun Young, c’était dommage ; ça aurait été nettement plus classe s’il avait du sauver une demoiselle en détresse au milieu d’un tel décor. Mais soit, le moment n’était certainement à fantasmer sur le comment son amour propre aurait put être davantage satisfait ; il était déjà assez fier ainsi, tout compte fait. Heh ! On n’a pas l’occasion de se rendre aussi utile tous les jours.

Enfin, utile… En fin de compte, n’était ce pas là encore une notion tout à fait relative ? Visiblement si. Revenons-en à nos moutons ; Jun Young avait donc eut la foi pour aider cette demoiselle à sortir de son taxi complètement embouti, et de la poser dans un endroit plus calme. Et ça, l’étudiant en tirait une certaine fierté, logique ; on ne peut même pas avoir idée du nombre de badauds qui restent sans bouger, se contentant tout juste d’être spectateur. Mais voilà, tout aussi fier soit-il de ce geste, il se sentait quelques peu gêné. Okay, il avait fait sa bonne action du jour, mais il était dans l’incapacité totale de déplacer le véhicule de la jeune femme, qui semblait encore toute remuée par les événements. Et autant dire que l’idée d’être face à une ingrate n’eut même pas le temps de traverser les pensées du jeune coréen, qui se contentait de garder les lèvres pincés en un sourire quelques peu embarrassé, mais surtout navré. Et forcément, cette expression fut quelques peu renforcée quand son interlocutrice sembla arriver au terme de sa patience. Du calme Jun Young… Non pas qu’il avait l’intention de s’énerver, loin de là ; somme toute, il en fallait bien plus pour énerver le jeune homme. Inspirant, il regarda la chauffeuse droit dans les yeux, lui adressant un sourire serei, avant de faire un vague geste des mains vers le bas, signifiant bien entendu qu’il fallait qu’elle se calme. Il la laissa poursuivre, toujours silencieux, jusqu’à ce qu’elle essaye d’interpeller un pompier. Bien entendu, se remuer autant n’était assurément pas chose à faire après un tel choc ; la demoiselle perdit l’équilibre, mais fut rattrapée par le coréen, qui souffla tranquillement ;

« Calmez-vous. J’imagine que cette situation est irritante, mais ce n’est pas en brusquant les choses qu’elles s’arrangeront. »

Et oui… Des fois Jun Young semblait totalement déphasé par rapport à son âge. Si des apparences qu’il renvoyait de temps à autres il pouvait sembler sanguin et impulsif, il était au contraire pourvu d’une bonne dose de patience… Tout du moins, la plupart du temps ! Mais il faut ce qu’il faut, et s’adapter aux gens tel un caméléon demandait souvent bien de la persévérance. Bref !

L’aidant à se redresser, il écouta la suggestion qu’elle fit. Au moins la gratifia t-il d’un sourire franc quand elle admit qu’il avait de bons réflexes… Avant que ce sourire se trouva figé en un rictus quelques peu embarrassé. Caresser dans le sens du poil avant de demander un service… Une technique ô combien connue, et dont le jeune homme avait beaucoup usé quand il voulait demander quelque chose à quelqu’un. Et voilà qu’il s’y faisait prendre. Alors certes, la perspective de prendre le volant alors qu’il n’avait quasiment jamais conduit de sa vie ne l’enchantait pas, mais voir la jeune femme sortir de ses gonds par sa faute l’insupportait. Soyons franc ; c’était bien plus une sorte de déformation professionnelle, que le véritable sens du service ou de la galanterie. Quand comme Jun Young on est accoutumé à charmer tout le monde, et à attirer les bonnes grâces de quasiment toutes les personnes qu’on croise, ben… C’est forcément dur d’admettre qu’on va énerver quelqu’un, et de fait, être dans sa liste noire. Question de logique, mais surtout d’amour propre en l’occurrence. Et donc, en tout esclave de son égo qu’il était, le jeune homme accepta – bien que quelques peu retissant néanmoins ;

« Je vais essayer, mais donnez moi les directives exactes à suivre, je n’ai presque jamais touché un volant de ma vie. »

Et puis bon… Ce n’était pas comme si elle lui demandait de véhiculer cette presque canette à l’autre bout de Tôkyô ! C’était juste histoire de débarrasser la chaussée… Donc à priori, il n’y avait rien de bien sorcier à faire. Se plaçant sur le siège avant, il plaça les pieds au hasard sur les pédales, posant ses mains sur le volant… Décidemment, avoir un chauffeur privé lors de ses premières années n’était pas une bonne idée. Et note pour plus tard ; passer le permis, et passer son diplôme de secouriste pour sa panoplie du parfait jeune homme ne serait décidément pas du luxe…



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MessageSujet: Re: Bad Day   Lun 24 Sep - 18:28


    Qu’y a-t-il de plus énervant dans une telle situation que d’être face à un interlocuteur qui ne comprend pas un traitre mot de ce que vous dites ? Parlez une autre langue et le résultat est le même ! C’est purement et simplement insupportable. Ou est-ce moi qui suis purement et simplement insupportable ? A choisir, je dirais que les deux se valent. J’ai conscience d’être un boulet une fois que les choses tournent mal et que la panique me saisit, mais comment aller à l’encontre de ma propre nature, je vous le demande ?! Se retrouver dans une pièce pleine de monde et hurler sans que quiconque ne vous entende, c’est à peu près ce que je ressens à l’heure actuelle. Je ne sais pas ce que je dois faire ou dire pour qu’il essaye de se mettre, ne serait-ce que deux minutes, à ma place et c’est bougrement agaçant. D’un autre côté, le fait qu’il garde son calme est sûrement une bonne chose car le contraire aurait certainement empiré l’état désastreux dans lequel je me trouve. Encore faudrait-il que je m’en rende compte ! Plus tard, peut-être. Le moment est mal choisi pour analyser le comportement irréprochable de mon salvateur. Il faut que je parvienne à me faire entendre, nom d’un chien ! Je tente donc le tout pour le tout en formulant une requête qui me semble juste et logique, mais paraît visiblement inappropriée au regard de cette expression figée sur son visage. Maintenant, je peux assurer sans me tromper qu’il est bien élevé. Du moins, ses manières sont celles d’un jeune homme de bonne famille qui, face à un environnement hostile ou délicat, ne se brusque pas et réfléchit avant de donner sa réponse. J’imagine un refus, je m’y prépare même, d’où mon manque de réaction immédiate lorsqu’il accepte. Il se dirige vers mon véhicule et s’installe côté conducteur. Je m’empresse alors de le rejoindre côté passager, des fois qu’il change d’avis comme de chemise -et vu ce qu’il porte, il doit en avoir une différente chaque jour- et décide de me laisser en plan. Pas question que je laisse filer cette opportunité !

    " Pied gauche enfoncé sur la pédale de gauche pour changer les vitesses. Pied droit sur la pédale de droite pour accélérer. Celle du milieu, c’est le frein. On va d’abord enclencher la première pour démarrer et surtout, trouver le point de patinage afin d’y aller en douceur, ok ? Bien. Maintenant tourne la clé et embraye. " Comme si j’avais le temps de jouer à la monitrice d’auto-école ! " Je veux dire, appuie sur la pédale de gauche à fond et passe la première vitesse, comme ça… ", continuai-je en exécutant moi-même la manipulation. " Voilà. Maintenant appuie doucement sur la pédale de droite tout en relâchant celle de gauche… " Au moins, je saurai comment me recycler !

    J’essayais d’adopter un ton banal en cachant mon impatience du mieux que je le pouvais, même si ce n’était pas évident. Ce que je redoutais le plus n’était pas tant son manque de pratique, ou devrais-je dire son absence de pratique, mais les gens autour. Il suffisait que l’un d’entre eux s’intéresse à ma voiture pour qu’elle soit définitivement placée en fourrière. Un pompier pouvait débarquer d’une minute à l’autre et user de son autorité pour nous demander d’interrompre cette petite leçon improvisée. Je ne pouvais pas courir le risque de perdre ce qui me rendait la vie moins précaire sous prétexte que j’avais subi un coup du lapin ! Et tant pis si cela impliquait un bon samaritain, il n’avait qu’à être une enflure ou se trouver bien au chaud chez lui ! Maintenant, plus moyen de reculer. Il devait au contraire faire preuve de concentration et d’habileté pour avancer et malgré les saccades, le véhicule progressait. C’est tout ce qu’il me fallait pour reprendre du poil de la bête.

    " Très bien, deuxième maintenant. Avec un peu plus d’entrain sur la pédale de droite cette fois…Un peu ! " insistai-je en l’aidant à enclencher la deuxième. " Et troisième, parfait ! "

    Je n’avais pas l’habitude d’être conduite, si bien que je n’osais pas regarder de mon côté de la vitre. Je savais qu’en le faisant, je le trouverais trop serré à droite alors qu’il n’en était rien. Je n’avais pas d’autre choix que de lui faire confiance, jusqu’à ce que j’estime que nous soyons suffisamment loin.

    " Prends à gauche en suivant ta voie. Garde à l’esprit que la voiture suit tes yeux alors…ne t’amuses pas à regarder n’importe où si tu ne veux pas nous envoyer dans le décor ! "

    Est-ce que je le tutoyais ? Il me semble. Dès lors qu’il s’était installé à ma place, j’avais abandonné l’idée d’être respectueuse…Non. Ce n’est pas ça. Simplement…c’est plus facile de mettre à l’aise quelqu’un en abaissant les barrières de l’inconnu pour tenter de se familiariser avec cette personne. Du moins, j’espérais qu’il le ressente ainsi. Après tout, il ne devait pas être bien plus jeune que moi et si malaise il y avait, tant pis. Je ne cherchais pas une compagnie, ni même un ami sur qui compter, mais seulement une aide…et il avait répondu présent. A lui de subir les conséquences d’une éducation hors pair ^^.


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MessageSujet: Re: Bad Day   Jeu 4 Oct - 14:21



Point de... Patinage ? Les yeux tournés vers son interlocutrice, le regard de Jun Young se fit quelques peu interloqué à l'entente de ce mot. N'ayant jamais passé la moindre leçon de conduite, le coréen n'avait pas vraiment de connaissances dans le domaine de l'automobile, et donc le concept de « point de patinage » lui était bien inconnu. Certes, il en avait entendu parlé, savait que ça touchait au domaine des changements de vitesse, mais ses connaissances en la matière s'arrêtaient bien là pour l'instant... Le moment aurait certes été opportun pour plaisanter et rappeler doucement à la jeune femme qu'elle s'adressait à un parfait novice en conduite, histoire de détendre quelques peu l'atmosphère ; car visiblement, la demoiselle semblait quelques peu tendue et à la limite de sa patience. Jun Young voulait bien admettre que le moment n'était pas à apprendre les bases de la conduite à quelqu'un, mais il songea qu'en contrepartie, il l'aidait quand même pas mal. Enfin, faisant fi de l'éventuelle ingratitude de la victime, il resta dans la voiture, écoutant attentivement les explications de cette dernière tout en songeant que sortir maintenant et la laisser en plan ici n'aurait pas été digne du gentleman qu'il était. Réfléchissant, il songea que pour embrayer, il fallait logiquement appuyer sur la pédale de gauche, étant donné que les deux autres pédales permettaient de contrôler l'accélération et le freinage ; hypothèse confirmée par la jeune femme qui avait bien déchiffré l'expression perplexe du garçon. Appuyant pleinement sur l'embrayage, il tourna la clé tandis que sa vis-à-vis s'occupait du levier de vitesse ; il lui en était d'ailleurs bien gré de s'en occuper. Posant son attention sur la chaussée pour éviter de rendre l'état du véhicule plus pitoyable encore, il suivit les recommandations de la jeune femme, relevant la pédale d'embrayage tout en accélérant de façon un peu craintive. L'avantage d'être aussi craintif en conduite fut qu'il ne cala pas, exerçant la manipulation avec parcimonie. Inspirant un bon coup, il sentit la voiture avancer doucement, mains quelques peu crispées sur le volant. Soudainement, toutes ses craintes pénales s'étaient pour le moins envolées, et toute son appréhension était focalisée sur la route.

Donc, ils avançaient. Vraiment doucement, fort heureusement, et Jun Young aurait de loin préféré rester à cette vitesse assez réduite pour l'instant, mais la japonaise lui expliqua qu'un changement de vitesse était nécessaire, avant d'appuyer de nouveau sur l'accélérateur. Au final, conduire n'était pas si terrible, et mettant un peu trop d'ardeur à la tâche, l'étudiant appuya un peu plus franchement sur la pédale de droite, avant que la demoiselle ne change de vitesse pour la troisième. Un peu plus détendu, sans pour autant relâcher son attention sur les explications que lui fournissait la chauffeuse de taxi, Jun Young tourna très légèrement le volant sur la gauche comme on le lui recommandait, tandis que ses yeux ne surent pas trop ou se poser dans un premier temps. Certes, à vue de la vitesse à laquelle ils allaient, le temps d'anticipation était plus important, mais la mise en garde de la japonaise avait de quoi l'inquiéter. Finalement, il songea que regarder quelques mètres devant lui serait une bonne alternative ; réflexe normal pour quelqu'un qui n'a jamais conduit, qui n'aurait jamais l'idée de regarder au loin comme il était normalement nécessaire. Rassuré de voir que finalement, cette épreuve n'était pas aussi difficile que prévu, le jeune homme se détendit quelques peu. Sans détacher son regard de la chaussée, il dit tout de même à son interlocutrice ;

« J'imagine que je peux m'arrêter ici, sur le bord du trottoir ? Si non, ta technique de kidnapping n'est pas des plus élaborées... »

Un bref coup d'œil du côté du siège passager pour attendre l'approbation de la japonaise, mais aussi pour voir s'il avait réussi à lui décocher un sourire, tout de même ! Une bride de sourire vint esquisser les lèvres de l'étudiant, qui s'était risqué lui aussi à tutoyer son interlocutrice. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'elle ne l'envoie pas mourir parce qu'il s'était montré un peu plus familier... Tournant de nouveau le volant vers la gauche, d'un geste assez doux, il appuya pourtant de façon un peu trop brusque sur le frein sans embrayer, ce qui donna un léger à coup, sans pour autant que l'arrêt ne se fasse trop violent. Évidemment, la voiture cala, mais soit ; au moins la voiture n'était plus arrêté pleine route, mais à moitié sur le trottoir. Jugeant qu'il n'y avait plus rien à faire, il se tourna vers sa voisine ;

« C'est bon mademoiselle l'examinatrice ? Je suis reçu à l'examen ? »

Un sourire léger vint éclairer son visage, avant qu'il ne se fasse plus sérieux pour demander ;

« Non, blague à part j'espère que je n'ai pas fait n'importe quoi... »

Déjà qu'en soit, conduire une voiture en circonstance d'accident, c'était n'importe quoi. Mais visiblement, il n'avait pas embouti davantage le véhicule, n'avait pas écrasé de piétons ou rien d'autre de vraiment dramatique. Fort heureusement, d'ailleurs...



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MessageSujet: Re: Bad Day   Sam 3 Nov - 19:29


    Quitter la scène avant que le rideau ne se ferme et ce sans que les spectateurs ne s’en aperçoive, c’était du grand art ! Un enchaînement parfait, presque sans fausse note, réalisé grâce à l’intervention d’un bon samaritain au comportement irréprochable. Enfin, pas si imperfectible tout de même ! Si nous avions été arrêtés par la police, il n’aurait été qu’un complice malchanceux, embobiné par une fourbe qui aurait su comment tirer sur la corde sensible. Compassion, pitié, j’aurais plaidé coupable d’avoir sollicité l’aide de ce pauvre salvateur…et la sentence m’aurait été fatale. Depuis que j’avais pris place derrière un volant, je n’imaginais plus ma vie sans rouler. La conduite était pour moi un symbole de liberté, d’évasion et peu importe si la direction m’était imposée…du moment que je roulais. Etre sur le siège passager me mettait mal à l’aise et je ne parvenais pas à me détendre. Fort heureusement, le calvaire tant pour lui que pour moi allait bientôt prendre fin. Dans la bonne humeur je vous prie ! A croire que la pression était retombée dès que nous avions tourné au coin de la rue. Nous n’étions plus à la portée des pompiers, ni à celle des témoins et c’était déjà un soulagement. Et visiblement, je n’étais pas la seule à le ressentir de cette manière. L’apprenti conducteur qui se trouvait à mon côté s’aventura à faire une blague concernant un enlèvement pas franchement efficace et je me risquai à y répondre par un léger sourire. Vrai que je n’aurais pas été une kidnappeuse de renom. D’abord parce que je ne sais pas amadouer les enfants : je ne les ai pas en horreur mais je ne sais pas les distraire et n’ai jamais compris comment les appréhender. Ensuite, parce que mon esprit n’est pas assez tordu pour élaborer un plan diabolique consistant à attraper des enfants issus d’une famille aisée, les séquestrer et réclamer une rançon aux parents sans me faire prendre par les autorités. C’est tellement plus facile d’épouser un milliardaire septuagénaire ! Enfin, en l’occurrence, il n’est ni milliardaire, ni septuagénaire.

    " Pour une première fois, ce n’est pas mal du tout. Mais si je te délivrais maintenant une licence, on me radierait définitivement du volant ! "

    Je tournai mon bassin vers la banquette arrière afin de bien vérifier que personne n’avait remarqué notre absence puis souris.

    " Au lieu d’un diplôme sans valeur et fictif, que dirais-tu d’un bol de ramen ? Je peux aussi te proposer un trajet gratuit mais pas dans l’immédiat, vu l’état de ma voiture… ", ajoutai-je en ouvrant la boîte à gants pour en sortir un paquet de cartes professionnelles.

    " Tiens ", dis-je en lui en tendant une. " Je n’ai que trop rarement l’occasion d’en donner ce qui explique l’aspect vieilli mais j’ai toujours le même numéro, continuai-je en posant mon index sur celui indiquant la voiture. " Tu n’auras qu’à appeler la compagnie et le donner pour avoir ta course ! "

    C’est fou comme mon humeur pouvait changer en un battement de cils ! Dire qu’il y a de cela encore quelques minutes, je pestais intérieurement contre le monde et cet abruti d’ivrogne ! D’ailleurs, ma nuque commençait à me lancer et j’allais certainement finir la soirée aux urgences. Il fallait aussi que je prévienne mon patron de cette mésaventure et en alimentant la conversation avec mon bon samaritain, je retardais l’échéance. Seulement voilà…j’allais devoir y faire face à un moment ou un autre alors autant prendre le taureau par les cornes et foncer, non ? Non. Merci mais non merci. Je m’arrangerai avec un garagiste, quelques larmes de crocodile et même des dessous de table si cela pouvait m’éviter une confrontation avec mon employeur. Dans le genre j’aime mes voitures plus que les hommes…vous voyez où je veux en venir, n’est-ce pas ? S’il apprenait qu’un de ses bébés avait été maltraité par une mauvaise conductrice, alias moi, je ne donnais pas cher de ma peau…

    " Je suis vraiment désolée pour mon attitude ingrate et hargneuse. Et merci d’avoir pris le temps de m’aider… "

    Une autre esquisse en forme de banane à l’attention de mon interlocuteur avant d’ouvrir la portière pour sortir du véhicule. Mes mouvements étaient plus lents maintenant que la douleur se réveillait. Je maintenais une main sur mon cou et usais avec parcimonie de ma tête lorsqu’il était question de la tourner. J’allais devoir abuser des médocs si je ne voulais pas porter une minerve toute une semaine. Parce que qui dit minerve dit interdiction de rouler, donc congés imposés pendant sept jours. Pas de travail, pas d’argent, pas de pourboires et encore moins de week-end détente. Je n’allais pas me priver d’un divertissement hebdomadaire à cause d’un accident dont je n’étais même pas responsable ! Bref, je devais réfléchir et trouver rapidement une solution.


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MessageSujet: Re: Bad Day   Mer 14 Nov - 20:09


Jun Young poussa un soupir satisfait. Pas mal du tout ! Le jeune coréen aurait de quoi s'enorgueillir, lui qui n'avait jamais touché un volant de sa vie ! Pas même sur les genoux de ses parents, dans un chemin boueux au fin fond d'une campagne inconnue... Les inconvénients d'être un gosse de riches qui payent un chauffeur pour les trajets quotidiens, quoi. Mais bref, la question n'était pas là, et même si Jun Young n'était pas du genre à se vanter à tout bout de champ, il était clairement fier de se faire entendre que sa première tentative de conduite était convenable. Surtout venant d'une chauffeuse de taxi. Entre ça, et le fait d'avoir héroïquement sauvé une demoiselle d'un accident, il aurait de quoi se vanter avec ses copains de la fac... Sauf qu'il ne ferait pas. Pas dans ses habitudes, pas son genre... Il garderait jalousement ces petites anecdotes, jusqu'à trouver une bonne oreille pour les entendre, ou tout simplement une personne susceptible d'être amadouée par l'entente de ces belles prouesses. Peut-être les enjoliverait il quelques peu, son côté légèrement mythomane ne pouvant être nié. Mais une fois encore, là n'était pas la question. Et en l'occurrence, il valait mieux éviter de raconter qu'il avait aidé à déplacer un véhicule accidenté sans avoir le permis... Disons que ça ne ferait pas très sérieux pour un étudiant en droit qui connaissait ses cours sur le bout des doigts. A moins qu'il ne veuille se donner un côté rebelle, bad boy qui n'en a rien faire de l'opinion publique ou des interdictions... Mais une fois encore, il fallait trouver une bonne oreille pour les entendre, et surtout une personne qui ne serait pas susceptible de le dénoncer. Bref.

Heureusement en l'occurrence, personne n'avait remarqué cet affront aux lois. Il vérifia d'un petit coup d'œil dans les rétroviseurs que personne n'était là pour les interpeler, et c'est une fois rassuré qu'il adressa un nouveau sourire à cette jeune femme dont il ne connaissait pas même le nom. A défaut de pouvoir lui délivrer un quelconque diplôme, elle lui proposa alors un bol de râmen ou une course gratuite, au choix. Tout en disant ceci, elle sortit de la boîte à gants un petit carton rectangulaire sur lequel étaient inscrites son nom et son numéro de voiture. Sans même regarder le papier, il répondit

« Ça serait avec plaisir pour un bol de râmen, je ne prends pas souvent le taxi. » dit il en songeant que qui plus est, il n'avait pas encore diné. Il jeta un rapide coup d'œil à la carte que la demoiselle lui avait tendu, ou il déchiffra ; « … Setsuko, c'est ça ? Je m'appelle Jun Young, enchanté ! »

Tout de même, ne pas en oublier les politesses ! Pour ce qui était de ne pas prendre le taxi très souvent, c'était d'autant plus vrai que l'étudiant préférait de loin la marche à pieds ou les transports en commun... Budget oblige ! Si certes, les moyens financiers ne manquaient pas, faire ses trajets quotidiens aurait été un véritable gouffre à argent, inutile qui plus est. Et puis bon, il préférait de loin profiter d'un repas rapide en compagnie de la demoiselle, histoire d'en savoir plus à son sujet. Sinon, cette dernière poursuivit en présentant des excuses quant à son humeur peu amène, ce à quoi l'étudiant répondit par un sourire chaleureux ;

« Il n'y a pas de mal, c'est compréhensible. »

Sur ce, elle sortit de la voiture, la main sur la nuque. Avec toutes ces péripéties, Jun Young en avait presque oublié que la jeune femme sortait d'un accident, et qu'elle devait de faire avoir quelques séquelles physiques. Sortant à son tour, le coréen la regarda quelques instants avant d'interroger ;

« Il vaudrait peut-être mieux que tu ailles aux urgences non ? L'impact a été sévère, il faudrait pas que tu laisses traîner ça. »

Détournant son attention de Setsuko, il fit le tour de la voiture – qui était davantage semblable à une canette écrasée maintenant – pour constater les dégâts à l'arrière. Pensif quelques instants, il observa le coffre totalement embouti avant de demander à la chauffeuse ;

« Et pour ton taxi, qu'est ce que tu comptes faire ? Tu devrais peut-être appeler ta compagnie, non ? »

Et c'était d'autant plus vrai si elle devait se balader avec une minerve pendant quelques jours, non ?

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