C'est la fin de Requiem. Merci de prendre en compte le sujet dans les news.

 

 Carpe Diem

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MessageSujet: Carpe Diem   Mar 24 Juil - 11:03


Aussi étrange que cela puisse paraître, en six cents ans d'existence, Shiro n'avait jamais connu l'amour. Jamais. L'amour, l'amour, l'amour... Un phénomène biologique parfaitement explicable par la science. Cependant, en tant que vampire, en tant que cadavre, Shiro faisait exception aux lois de la nature. Ainsi, connaîtrait-il un jour l'amour ? Il n'en était pas sûr... De toute façon, l'amour, il n'en voulait pas. Trop encombrant, un poids dans sa volonté de gravir les marches qui le mèneraient au pouvoir. L'amour ne lui avait jamais manqué, et ne lui manquerait très probablement jamais. Dans les aspects lui plus plaisants de l'amour, il y avait – et il pouvait le dire en dix comme en cent – le sexe. D'ailleurs, d'après Shiro, l'amour n'était pas un facteur obligatoire pour coucher avec quelqu'un. Aussi ne s'était-il pas gêné pour le faire un nombre incalculable de fois avec des personnes dont il ne se souvenait même plus, parfois – en six cent ans, difficile de se souvenir de tous ses coups d'un soir. Il se mélangeait rarement aux gens, mais quand cela lui arrivait, l'acte de chair ne le répugnait pas, et il en profitait un maximum.

La nuit. C'était toujours la nuit, qu'il le voyait. Premièrement parce qu'ils étaient des vampires. Deuxièmement parce que la nuit se prêtait plus à ce genre d'ambiance. Vivian était quelqu'un que Shiro respectait, et ce qu'il appréciait, c'était de pouvoir installer une distance sentimentale entre eux malgré leurs rapports charnels. Habituellement, Shiro dédaignait les partenaires réguliers car il craignait toujours que l'autre finir par s'amouracher de lui – c'était déjà arrivé plusieurs fois, aussi prenait-il ses précautions à présent. Avec Vivian, le risque lui paraissait moindre; il ne savait pas pourquoi, sûrement parce qu'il l'avait prévenu que l'amour ne faisait pas partie de son vocabulaire. Le vampire n'était pas une personne que le Conseiller appréciait particulièrement, ce qui ne l'empêchait pas de pouvoir entretenir de telles relations avec lui – selon Shiro, moins il y avait d'amour, meilleur c'était. Parfois, ils se contactaient, se trouvaient un hôtel et chacun rentrait chez lui avant le lever du jour. Le schéma se répétait régulièrement, sans aucune envie de la part de Shiro que les choses changent. C'était très bien comme c'était, pas besoin de plus, pas besoin de moins.

Ce jour-là, c'était Vivian qui l'avait contacté le premier – d'une fois sur l'autre, ça semblait changer, selon les humeurs et les envies de l'un. Le message était de ceux que Shiro n'aimait pas recevoir. Cela ressemblait plus ou moins à un 'nous devons nous parler', ce qui, dans quasiment tous les cas, n'annonçait rien de bon. Rien n'était plus irritant et de plus mauvais augure que ce genre de formulation, à se demander qui avait eu le premier l'idée d'inventer cette phrase. Shiro répondit par l'affirmative, indiquant un lieu de rencontre à Vivian – non loin du love hotel, on ne savait jamais. Cependant, à travers ce message, il devinait déjà que quelque chose entre eux allait devoir changer, et vu le peu de choses qui se passaient entre eux, il en déduit que les relations charnelles allaient cesser. L'instinct. Ce n'était pas si difficile que ça à deviner, il suffisait d'y réfléchir un peu, et en songeant à cela, Shiro ne savait pas trop si il devait être déçu ou simplement indifférent à ce changement. Bien sûr, ça lui faisait un partenaire en moins, mais ce n'était pas comme si Vivian était le seul... Et puis, pour l'instant, tout n'était pas encore officiel. Lorsqu'il fut au lieu de rendez-vous, Shiro attendit peu de temps avant que Vivian ne pointe le bout de son nez – heureusement, le Conseiller détestait attendre. Il le salua, avec un mélange de froideur et de sévérité, comme à son habitude.

« Tu voulais me parler ? », Demanda alors le vieux vampire, récitant à son tour la formule de circonstance, celle qu'on se devait de dire juste après un 'nous devons parler'.

Cette question paraissait d'ailleurs bien stupide puisque la réponse était évidente, mais elle invitait bien évidemment à un développement des choses et débouchait sur une explication que, quoi qu'il arrive, Shiro devrait accepter. Il n'allait ni protester, ni faire de scène – loin de lui cette idée. Si la relation devait s'arrêter, alors elle s'arrêterait. Ce n'était que physique, il n'y avait donc pas lieu de s'attacher, de s'accrocher. Si le Conseiller faisait preuve d'une grande insensibilité en songeant à cela, c'était tout lui. Indestructible. Inatteignable. Impassible. Dans ses relations, il n'y avait que la soif d'un intérêt personnel. Si il n'y trouvait pas son compte, alors la relation cessait, sans regrets aucun de sa part. Cruel ? Tactique de sa part, tout simplement. Si il voulait continuer de s'élever, il devait penser ainsi, comme un requin tournant autour de ses proies, et pas comme un bon copain gentil avec tout le monde. La gentillesse, d'ailleurs, n'était pas son fort. Il avait tendance à tout dire franchement, sans prendre de gants. Il en avait parfois récolté les pots cassés, mais il semblait que c'était de l'apanage des hommes puissants que de ne se soucier que de lui-même.

« Je t'écoute. »

Quel couple étrange formaient-ils dans ce quartier qui se prêtait si bien à l'amour et à la chaleur des corps collés. Probablement parce que dans l'esprit des deux vampires – dans l'esprit de Shiro au moins – ils n'étaient pas un couple.

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MessageSujet: Re: Carpe Diem   Dim 29 Juil - 13:14


    Si il y a bien une chose qui permettait à Vivian de se sentir un peu vivant, c'était les relations charnelles. Être encore capable de ressentir quelque chose alors qu'il était déjà mort, c'était terriblement grisant. Et c'est bien aussi pour cette raison qu'il voyait aussi souvent Shiro, pour pouvoir avoir du sexe, pour le sexe. Aucun sentiment, même pas de passion. Ils étaient simplement des amants étonnamment bien accordés, si bien dans leur façon de penser que dans leur façon de « s'unir ». Bref, vous m'avez compris. Si il n'y avait pas eu cela, ils ne ce seraient jamais fréquentés.
    C'était connu dans le monde des vampires que le jeune homme n'avait JAMAIS apprécié le Conseil. Hors, l'homme en était un membre influant, bien qu'il soit clairement plus jeune que lui. Ils n’arrêtaient pas de se disputer, sur cette différence, en général, et finissaient toujours par se réconcilier au lit.

    Pouvoir avoir quelqu'un qui saurait lui tenir tête était plutôt excitant pour le vieux vampire, pourtant il savait mieux que personne que jamais ca ne pourrait aller plus loin que cela. D'abord parce que l'un et l'autre n'en avaient aucune envie, mais en plus parce qu'a présent, le plus vieux était casé.
    Oui, casé. N'est ce pas assez drôle ? Lui qui n'avait jamais cru en l'amour était à présent fou d'une jeune vampiresse....Il avait encore pas mal de mal à s'y faire. Mais quelque chose était sur, c'est qu'il devait mettre une fin aux parties fines pourtant très agréables avec Shiro. Parce que quand il était passionné par quelque chose, il ne pouvait pas être passionné par une autre en même temps.

    Il hésita tout d'abord à en parler au membre du Conseil. Il ne voyait pas trop pourquoi il devait se justifier devant lui. Mais la plupart de ses amants et amantes, n'étaient que des coups de passage, alors qu'il voyait le plus jeune régulièrement. Il suffirait qu'il l'appelle un jour et Marie aurait un petit apercu de la vie débridée qu'il menait...Bien qu'elle devait se douter qu'il n'était pas vraiment ce qu'on pouvait appeler « le prince charmant », il tenait à ce qu'elle aie une bonne image de lui jusqu'au bout.
    Alors voilà, il envoya un message simple et court au plus jeune dans la matinée et lui donna rendez vous le soir même.
    Il n'attendit pas de réponse, sachant qu'il n'en aurait pas. Il se contenta d'aller dormir. Sans aucun doute que la soirée n'allait pas être de tout repos.

    Le jeune homme quitta son appartement plongé dans le noir après la tombée de la nuit, et se dirigea à Shibuya, ou il devait retrouver le jeune homme devant un love hotel ou ils se rendaient assez souvent. Non, cette fois ils ne loueraient pas de chambre, mais c'était l'endroit qui leur était le plus pratique pour se retrouver.
    L'homme était là, comme toujours, pile à l'heure. Avec le temps, le vampire avait apprit à connaître par cœur les habitudes du plus jeune, jusqu'aux moindres détails. Il y avait des choses qu'il appréciait, mais beaucoup de choses qui l'agacaient fortement.
    Comme le fait qu'il soit si grand par apport à lui qu'il soit obligé de se dévisser le coup pour le voir le regarder de haut (et pas que littéralement), avec son habituel air froid.
    « Tu voulais me parler ? »,
    -Ouais...Euuuh...On marche ?

    « Je t'écoute. »
    Le jeune homme hésita. Comment dire ca ? A vrai dire ce n'était pas comme si ils étaient des amis proches, pas vrai ? Il ne pouvait pas tellement évoquer ce genre de choses sur un ton détaché...Sans aucun doute que le jeune homme se moquerait de lui...Bref.
    -En fait, je suis venu ici pour mettre un terme à tout ca...
    Il fit un geste des bras. Les parties de jambes en l'air, etc....Tout ca devait s'arreter et le jeune homme n'éprouvait aucun regret. Il n'avait besoin que de Marie. Sa présence à ses cotés valait tout l'or du monde.
    Eh ? Quand est ce qu'il était devenu aussi sentimental ?
    -J'ai rencontré quelqu'un et je lui suis totalement dévoué.


    Dit il sur un ton sérieux. Il guetta la réaction du plus jeune qui serait sans aucun doute quelque chose comme « * haussement d'épaules * Ouais, c'est bien et alors ? » Ils passèrent devant une sorte de parc plongé dans le noir ou ils s’arrêtèrent pour s'asseoir sur un banc. Il pouvait sentir toute la vie derrière les buissons, une vie franchement corrompue. Mais il haussa les épaules. C'était mieux que rien pour parler en intimité.

    -De toute facon, ca devait bien finir comme ca, pas vrai ? Mais je proposes qu'on reste, « amis ». J'apprécie ta compagnie.

    Il lui tendit la main, attendant qu'il la serre pour lui montrer qu'il était d'accord pour qu'ils se revoient, comme amis ou connaissances. Peut etre pourraient t'ils aller chasser ensemble un jour. Il était curieux des miracles que pourraient faire un corps aussi musclé et agile.


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